Tous les articles du Journal de bord de janvier 2019

Récapitulatif des publications sur les Gilets jaunes dont celles du Journal de bord regroupées par dates sur le blog Temps critiques

Les parutions sont à lire de bas en haut pour suivre chronologiquement le mois de janvier 2019.


 



Bonjour,

Nous quelques Gilets Jaunes là depuis les débuts du mouvement voulons vous faire quelques remarques sur vos manifestations.

1. Le fait que vos manifestations soient déclarées contrevient à tout ce que le mouvement à comme pratique d’origine et qui a fait la force du mouvement de par son imprévisibilité et ce même sur Lyon. En effet le droit de manifester n’a pas à être déposé voir négocié, il se prend. C’est ce que tous les GJ place Bellecour ont imposé chaque semaine. Il n’y a aucune volonté d’en découdre là-dedans. C’est la détermination sans faille des manifestants sur le droit de manifester eux dont la plupart ne l’ont jamais exercer qui est en soi violente à partir du moment ou le code habituel de la conflictualité régie par l’Etat et les syndicats ne tolère qu’un combat à fleuret moucheté entre partenaires sociaux. Contrat plus ou moins officiel qui explique en partie tous les échecs des dernières grèves de salariés. Posez-vous la question de savoir pourquoi Macron a en partie reculé après le 1er et le 8 décembre !

2. Il semble que ce principe simple d’expression d’une masse en fusion vous échappe (nous discuterons des motifs plus bas). Les manifestations qui partent de Bellecour, même si des groupes, qui ne sont pas reconnus comme des représentants, tout juste des références et des lieux de mobilisation à partir de FB, ont pu faire des dépôts, sont pour tout les présents (même quand ce n’est pas le cas car la plupart du temps ils n’en savent rien) des manifestations sans autorisation. Cela matérialise un rapport de force établi par le mouvement contre l’État.

3. Vos motivations « responsables » qui devraient justifier vos parcours déclarés sont contredites par la présence de GJ en fauteuil, en situation d’handicap, malade, etc. qui bravent le danger et ne demandent jamais votre apitoiement qui leur rappel un âge ou un handicap qu’ils oublient justement au sein du mouvement. Et ce malgré ce que vous tentez de mettre en avant comme prétexte pour faire Votre manif. Notre mouvement est ouvert à tous et chacun prend ces responsabilités. A ce compte vouloir être « responsable » de tous et de tout vous conduit droit dans une impasse car ce mouvement est profondément « irresponsable » : irresponsable en manifestant quand le résultat immédiat est une accumulation de morts induites ou de blessures graves directement imputables aux forces de l’ordre, en ne se dispersant pas quand on le lui demande, en occupant sans droit ni titre des ronds points, etc.

4. Nous nous rendons régulièrement à l’Assemblée du lundi soir. Rien n’a été annoncé à celle-ci. Que les groupes Fb constitués pratiquent la concertation c’est très bien, qu’ils décident entre eux sans ouvrir les décisions d’aucune manière, par exemple en en discutant de façon publique représente un grave problème. Ajoutons qu’imposer à tous les groupes une manif, et c’était déjà le cas avec celle de Gerland, en leur demandant dans le fond de s’aligner sur des décisions qui ne leur ont pas été soumises nous pose plus que question. Si aucun groupe ne vous le dit et bien la masse vous la bien rappelé encore ce samedi. La manif ou des fractions de manifs va et viennent en fonction des circonstances ou des opportunités du terrain. C’est d’ailleurs pour cela que les forces de l’ordre sont si désemparées … et vous avec. Sans malice et souvent avec la plus grande honnêteté vous avez joué les apprentis sorciers mais maintenant le mouvement vous déborde de tous les côtés.

5. Vous parlez à demi-mot de constituer un Service d’Ordre pléthorique. Non seulement, comme nous l’avons déjà dit, cela va complètement à l’encontre de la nature spontanée du mouvement qui déborde tous les schémas traditionnels, mais vous voulez l’imposer maintenant à un moment où vous ne maîtrisez plus rien. C’est en effet autre chose que de régler une occupation de ronds points avec trois gentils gendarmes envoyés faire la causette que de gérer 4000 manifestants face à des forces de l’ordre qui ont reçu l’ordre d’être agressives comme ce fut le cas samedi dernier.
D’ailleurs vous reproduisez les manifestations traîne savate des syndicats en pire comme quand depuis Gerland il nous était dit au mégaphone quand et à quel allure avancer !

6. Ce qui est le plus grave, c’est que pour justifier votre position vous opérez une distorsion des faits. Ainsi, quand vous parlez du moment où vous avez décidé de la dispersion en en avertissant pas grand monde vu le peu de poids organisationnel et le peu de légitimité que vous avez, ce qui a eu pour effet concret de livrer tous les derniers manifestants restés après le passage des motards à un gazage complètement imprévisible. Certains d’entre nous ont été blessés à cette occasion et pour votre gouverne sachez, bonnes âmes qui défendez les handicapés, qu’une personne en fauteuil roulant c’est trouvé victime de votre revirement pour ne pas dire de votre lachage.



Ci-dessous, d’abord, le communiqué qu’a publié le groupe Fb Gilets Jaunes périphérie lyonnaise et qui a circulé plus largement et, à la suite, des remarques que quelques proches GJ ont voulu publier le 30.01.2016 sur le mur Fb émetteur du communiqué. Ces remarques n’ont pas passé la barrière de la modération de cette page Fb.

🚨 COMMUNIQUE GILETS JAUNES PERIPHERIE LYONNAISE 🚨

Samedi 26/01/2019 notre collectif avait organisé une manifestation, déclarée en préfecture, dont le départ fut donné place Carnot à 13h45.

La thématique était « contre la répression du gouvernement », vous pouvez retrouver l’évènement Facebook ici https://www.facebook.com/events/1983029998664816/

Cette dernière faisait donc l’objet d’un parcours défini à l’avance.
Une réunion a eu lieu à la préfecture le vendredi après-midi, les représentants de la police nous ont conseillé à plusieurs reprises de ne pas faire passer le cortège par Bellecour. L’argument mis en avant étant la présence de casseurs constatée tous les samedis.

Les organisateurs ont clairement dit que le but était de faire converger les groupes afin de créer une masse compacte.

Au départ de la manifestation, un brief a été tenu auprès des gilets jaunes présents indiquant le programme de la journée avec arrêt au Fort Montluc pour déposer la motion de plainte contre l’Etat.

Il a été aussi signalé que nous nous réservions le droit de demander la dispersion à Guillotière, si jamais nous constations des difficultés pendant le cortège.

A l’aller, arrivés sur le Pont de la Guillotière nous avons tenté vainement de faire passer le message que devaient figurer en tête de cortège, les personnes âgées et les PMR.

Ce à quoi il nous a été répondu à plusieurs reprises « ON S’EN FOUT !!! ».
A ce moment-là, nous avons de suite compris que des fauteurs de troubles avaient infiltré le cortège et que la route serait longue.

Nous nous sommes retrouvés face à deux problèmes :

– Des Gilets Jaunes anti-manifestation déclarée déviant du cortège des personnes croyant suivre la manifestation déclarée
– Des groupuscules prêts à en découdre à n’importe quel moment.

La décision a été prise de ne pas faire d’arrêt au Fort Montluc (du coup pas de convergence avec les motards) et les forces de l’ordre ont été aussitôt tenues au courant de la décision des organisateurs.

Toutefois et bien malheureusement, nous avons été confortés dans notre choix lorsque notre service de sécurité à l’avant du cortège a fait l’objet de jets de projectiles de toutes sortes (bouteilles en verre etc….), sûrement destinés à la base aux policiers présents mais tombant tout proche de nous.

Nous sommes évidemment conscients que vu le nombre de manifestants, nous nous sommes vite retrouvés en sous-effectif.
Nous avons communiqué tout le long du cortège avec le mégaphone en annonçant la dispersion de la manifestation à Guillotière, nous heurtant à la volonté de certains voulant coûte que coûte emmener le cortège à Bellecour, de ne pas diffuser cette information.

Au final 2 constats d’échec :

– d’un côté la nécessité de coorganiser avec les différents groupes de Lyon afin d’avoir du personnel de sécurité supplémentaire et des gens concernés par l’événement (nous signalons quand même l’absence à la réunion de préparation du dimanche 20/01 à 14h00 à Gerland, de 2 personnes se disant représentantes de ces groupes)
– le manque de communication durant le cortège pour informer de la dispersion en amont de Bellecour, à ce titre les organisateurs n’ont pas quitté le navire comme nous avons pu le lire à certains endroits.

L’un des responsables de la sécurité : Monsieur Kaled AMIRA Amira Kaled Nadia vous invite à le contacter en MP pour toute question éventuelle, remarque ou autre.

Les Gilets Jaunes Périphérie Lyonnaise.



CR AG Lyon Bourse du 28 janvier

La salle tarde à se remplir, mais avec les circonvolutions habituelles et inutiles des personnes à la tribune, finalement, à 19h25, ça démarre doucement par un résumé des actions externes. Une intervention sur une réunion prochaine avec la CGT des municipaux par qui on à la salle tous les lundi soir à la Bourse et qui veulent se renseigner sur les personnes qui l’occupent ; des références à la manifestation du 5 de la CGT, à laquelle l’AG est favorable. L’information comme quoi il y a une manifestation interdépartementale à Valence le samedi 2 février ; une action projetée devant l’ONU contre la répression en France qui représente une atteinte aux droits de l’homme et à la liberté de manifester (référence aux armes utilisées et aussi au projet de loi anti-casseur).

Ensuite, c’est le bilan des actions de la semaine. En fait, cela va se résumer à un bilan de la manifestation du samedi après-midi. Les actions du groupe article 35 dont pourtant un des membres est présent et qui interviendra d’ailleurs plus tard sur un autre point, ne sont pas évoquées (ni l’action contre la répression au Palais de justice le vendredi après-midi, ni l’action aux Minguettes le samedi, ni le Manifeste qu’ils ont fait paraître ?). Référence est aussi faite à la chaîne humaine sur le climat et au manque de lien entre les deux actions (celle du samedi et celle du dimanche, malgré la présence d’une petite proportion de GJ ce dernier jour).

Les personnes disposées à intervenir doivent s’inscrire et faire la queue pour la prise de parole. On ne comprend pas à quel titre ils interviennent et surtout l’organisation bureaucratique de l’AG empêche quiconque voulant donner un autre avis d’intervenir dans la foulée (c’est pourtant ça qui fait l’échange réel et la confrontation des interprétations et non pas la démocratie formelle des tours de paroles. Pourtant, là, toute personne voulant intervenir de façon impromptue se voit renvoyer au bout d’une liste de prétendants à la parole. A l’évidence, cela décourage toute intervention. Déjà opposé à cette pratique j’avais dû la semaine dernière faire un passage en force pour expliquer le fait que l’AG de la Bourse n’était pas représentative des GJ jaunes de Lyon, mais au maximum du groupe GJ de Lyon centre. Cette fois cela va se reposer parce qu’après une intervention sur les fascistes qui foutent la merde dans les manifs, un intervenant croit en fournir encore la preuve en citant la manifestation de nuit qui a parcouru St-Jean et qui aurait commis des déprédations. Or, la personne en question n’y était pas présente et il y a eu une seule déprédation contre un restaurant de la part d’un mec bourré. J’y étais. Du fait que St Jean est maintenant considéré comme territoire fasciste, toute manif à St Jean devient fasciste ! Cette fake news, du fait du fonctionnement type Nuits debout de l’AG, va passer comme une lettre à la poste à l’époque du service public postal !

Le sujet me paraissant moins important que la semaine dernière et mon état physique aidant, je laisse courir et G. qui était à St-Jean avec moi n’est pas là pour intervenir, occupé qu’il est à rédiger le CR de l’AG de Ternay qui a pris du retard.

Dans la même obsession des fascistes, on a tout d’abord un mouvement de personnes qui sortent en courant parce qu’un sûrement fasciste serait en train de prendre des photos, puis on apprend qu’à la comparution immédiate qui a lieu parallèlement à 200 m, il y aurait les fascistes et la preuve c’est qu’ils crient « ahou » !!! Une interjection reprise par des milliers de personnes dans les rues depuis deux mois, certes sur l’imitation de supporters de foot, mais qui retentit particulièrement bien et dynamise les manifs. Très rapidement on apprendra qu’il n’y avait pas plus de fascistes que de beurre à la cuisine, juste 2 ou 3 familles venues soutenir leur vilain rejeton.

Tout à l’avenant Le bilan va être circonscrit à cela par ceux qui font de la question de l’intervention des fascistes et donc de la nécessité d’une intervention contre eux, le point central. Nous n’entrerons pas dans le détail de l’opposition entre ceux qui pensent que les fascistes doivent être virés de force par un service d’ordre dont pourtant par principe les GJ ne veulent pas et ceux qui pensent qu’il faut que ce soit la manif elle-même, sans spécialisation (SO officiel) qui fasse le ménage s’il y a lieu, c’est-à-dire s’il y a agression.

Cela occupe tellement l’AG que les violences policières passent quasiment au second plan. En effet, que dire d’une AG qui déciderait de concentrer ces forces »militaires » contre une centaine de « nervis » sans prévoir de service de défense contre les flics alors qu’on n’arrête pas de dénoncer leur violence bien plus effective ?

Ensuite vient le bilan des commissions. Un cri du cœur : depuis la semaine dernière il n’y aurait plus assez de monde dans les commissions. Ainsi la commission action serait passée de plus de 200 personnes à 6 personnes. Les « référents » des commissions poussent des cris d’orfraie devant cette situation en opposant leur imposant investissement (une dit qu’elle y consacre plus de 30 heures par semaine, ne se doutant pas que si elle était parlementaire ce serait 7à heures, certes payées, qu’elle ferait) contre le dilettantisme des participants de l’AG. Un moralisme de bénitier et des remarques de maître d’école contre ceux qui parlent entre eux par petits groupes et n’écoutant pas les gentils organisateurs, sont particulièrement contre productifs. En effet, aucun « référent » ne se pose la question politique du pourquoi de la chose, alors que, par exemple, nombre d’entre nous ont participé effectivement à une commission … et s’en sont retirés vu leurs conditions bureaucratique de fonctionnement.
L’appel de l’assemblée des assemblées de Commercy est alors lu par deux des observateurs de l’AG lyonnaise à Commercy. Son appel est approuvé, mais cela ne faisait pas de doute vu son caractère consensuel et général. De toute façon, il n’engage à rien, à part la participation à d’éventuelles futures AG des AG.

Une proposition de communiqué de presse dénonçant la présence des fascistes dans la manifestation est votée, même si des membres de l’AG pensent que la référence à l’appel de Commercy et sa prise de position sur le sujet est suffisamment claire et que, d’une manière générale, le mouvement n’a pas à sans arrêt se justifier aux yeux de l’opinion publique (et des médias), de ce qu’on l’accuse. En tout cas, c’est une déclaration de principe officielle qui vaut mieux que la sinistre photo de prétendus fascistes qu’on nous a fait circuler et qui sont en train de défiler tranquillement sans indication particulière de quelconque exaction ni même de signe visible d’appartenance à cette mouvance. Il y a même un africain qui figure à leur côté sur certains exemplaires, mais sur d’autres, les auteurs de cette dénonciation de type policière, ont fait disparaître l’africain de la photo en la coupant comme Staline faisait disparaître Trotsky et les vieux bolchéviks, de l’album de famille !

Parmi les propositions retenues, l’idée de pénétrer la presqu’île et son cœur de la rue de la République sans gilets jaunes sur le dos et de ne les revêtir qu’après, est celle qui porte le plus car ce cœur de la ville nous est refusé depuis deux samedi par un imposant dispositif policier. En effet, l’association des commerçants de la presqu’île est très puissante au sein de la mairie et d’ailleurs Collomb aurait poussé à mettre des moyens supplémentaires à la disposition des forces de l’ordre. Preuve de la hantise sur le commerce des soldes, d’après le Progrès, plusieurs millions auraient été accordés à ces commerçants en détresse.
Mais pour ce faire, il faudrait pré-organiser un peu cette manifestation d’un nouveau type puisque jusqu’à là une énorme proportion de GJ tient à aborder fièrement son paletot. C’est à la commission organisation de gérer ça, mais il semble là que les volontaires sont nombreux pour aider à la réalisation du projet.

Toutefois, une difficulté externe de taille. Une part importante des présents pense être à Valence ce jour là ! D’où on reparle de savoir ce qui est le plus utile pour le mouvement. Est-ce que la force vient du côté uni et compact du mouvement ou bien alors de sa multiplicité de son éclatement voulu ?

Il a été décidé que les GJ y participeront en « cortège » distinct. Il y a eu aussi une proposition de diffusion de tracts à différents points de Lyon et à différentes heures pour annoncer cette manif. Intervention faite sur le mode leçon de politique anti-capitaliste par une militante gauchiste « tendance prolétarienne » – comme si les GJ avaient besoin d’être éduqués et qui a fait rire une bonne partie de la salle.

J.



Retour sur l’Assemblée citoyenne de Ternay du 22/01/2019 organisée par des Gilets jaunes

Présent pratiquement 150 participants dont la majorité venaient des communes de Ternay et communes proches : Givors, Communay, Feyzin, Chasse.. dont le député de la circonscription de Ternay, Jean-Luc Fugit, LREM. Ce député est par ailleurs organisateur d’assemblées pour le Grand débat macronnien. Mais même s’il est présent il n’est pas en terrain conquis, loin de là. Assemblée filmée par des participants et par l’AFP.

Il existe un compte rendu complet de l’Assemblée réalisé par les organisateur du groupe Fb Gilets jaunes Feyzin que nous mettons à disposition. Dans ces conditions notre retour se situe sur un plan qui n’est pas celui, classique, de la revendication. Le centre de cette Assemblée citoyenne est dans le fait de donner la parole, même de façon contrainte à 1’30 à quelques secondes près. Comme pour Givors et contrairement à Lyon désormais, l’expression même maladroite de ce qu’il y a dire est au centre des débats. Les organisateurs intervenant de façon très claire et aussi pour dire à quel point la contrainte de temps est frustrante pour tout le monde.

Même si l’on demande au GJ venant à la tribune de décliner rapidement qui il sont, ont peut être frappé par le caractère solennel et rituel des présentations des participants qui ont désiré parler à cette assemblée : je m’appelle… j’ai tel âge… je suis éducateur… Je suis GJ depuis… Une forme d’appartenance revendiquée publiquement… qui confère aussi légitimité de la parole qui va suivre. On est loin des bavardages inconsistants de l’assemblée de la Bourse du travail, où peu de participants s’engagent dans leur prise de parole et où le débat est absent (catalogue de prises de paroles).

A Ternay ce qui se formule est bien plus large pour des GJ du secteur de la santé (aide soignante..), (avec la difficulté des autistes à être accueilli dans des centres), du social (éducateur…), de l’EN (aide maternelle, auxiliaire aux hancipés), du secteur de l’entreprise (avec le poids des « charges » pour les petits entrepreneurs) :

Et donc est revenu l’étranglement quotidien des taxes sans retour sur ce que l’État en fait, pour continuer sur les CDD à répétition avant de miraculeux CDI bancal, des politique qui ne représentent qu’eux même et un souci de parler des personnes fragiles qui sont abandonnées (handicap et vieillesse par ex.), etc. Un contenu social mais pas au sens strict du terme, une approche de tout ce qui pose problème avec pleins de détails très précis (voir le comppte rendu de Feyzin) sur leurs conditions de vie, de travail. Peu de paroles sur le RIC : à partir de quel nombre ? Et sur quoi ?

Nous avons été surpris des paroles qui se sont échangées sur les violences policières, les blessures racontées par un gars de St Etienne, qui a vu un gars avec la joue déchirée par un LBD, un autre (ancien gendarme ?) qui a parlé de sa femme partie à l’hôpital, des coups de matraque données par ci par là, gratuitement… Des gazages alors que rien ne se passait, etc. C’est le député qui a ouvert ce barrage en tentant de mettre sur le même plan violences policières et violences de manifestants… et qui a provoqué dans les interventions suivantes, l’expression d’une dimension importante du mouvement des GJ, celle de la répression, qui n’avait jusque là pas atteint ces proportions.

A propos du député de la circonscription, il n’a pas été ménagé, quelqu’un allant jusqu’à lui demander s’il faisait partie de ceux qui fraudent avec ses indemnités ! Cela s’exprime aussi par le fait qu’une partie de la salle ne voulait pas de discours bon teint et donc qu’il ait une intervention de 1’30, comme tout le monde… Mais son argument de passer après plusieurs questions/interpellations lui a permis de parler même si ce fut presque toujours à coté de ce qu’on lui demandait (l’art du politique). Il n’a pas eu le simple loisir de dérouler son argumentaire car lorsque le débat avec le député s’est formalisé avec des questions/réponse, un membre de l’assemblée a dit qu’on n’était pas sur un plateau de télé, et que l’assemblée devait poursuivre le débat… Après le calme demandé par la tribune les interventions repartent de plus belle par exemple avec un appel à faire grève le 5 février.

Un aspect étonnant est la présence d’un conseiller municipal de Bron et un autre ex-conseiller de St Symphorien d’Ozon tout deux sans étiquettes qui dénoncent la manière dont la politique locale fonctionne : tu est censé voter ce que l’on te dit de voter, pas besoin de siéger !

Pour finir un intervenant à quand même dit qu’il fallait renverser Macron et « ont verra après » dans une envolée révolutionnaire qui a largement été applaudie.

Dans un autre registre, du surplus de nourriture apportée sur les ronds points s’est monté une association La Maraude des Gilets Jaunes.

Et puisque l’anecdote n’est pas absent de ces réunions l’une sympathique mérite d’être relaté : le fils d’un GJ lui a demandé si le nom de Macron était… « démission » ?

Nous apprendrons en discutant avec des organisateurs que des comptes Facebook sont fermés à la chaîne, que les vidéos restent en ligne parfois 1 h et disparaissent ensuite, bref qu’il existe bien une censure Facebook.

Pour résumer, nous avons vécu une assemblée ou se dit des maux de la société actuelle dans un langage qui n’est pas celui des syndicats ou de la gauche traditionnelle. Une assemblée qui ne se voile pas la face sur sa portée autre qu’immédiate mais est éminemment combative.

G. et Livia

Plusieurs retours ont eu lieu sur l’Assemblée de Ternay dans les médias :

https://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-est-lyonnais/2019/01/22/ternay-150-gilets-jaunes-presents-au-foyer-rural-ce-mardi-soir-pour-une-assembee-citoyenne

https://www.liberation.fr/depeches/2019/01/23/a-ternay-un-depute-lrem-face-aux-coleres-des-gilets-jaunes_1704795

https://www.publicsenat.fr/article/politique/a-ternay-un-depute-lrem-face-aux-coleres-des-gilets-jaunes-137172



2 courriers qui se répondent :

Le 20.01.2019

Évidemment se centrer sur l’amnistie des GJ condamnés (leur libération immédiate) et l’arrêt des armes de la police « à létalité réduite » (!) peut sembler une tactique de fin de mouvement qui essaierait de panser les plaies de ses éclopés, pour une retraite dans l’honneur (?).
Cependant ce serait établir la priorité du seul débat qui compte : en quoi le monopole de la violence légitime de l’État l’autorise à mutiler des manifestants, en quoi ça paraît aller de soi qu’un pouvoir politique utilise la machine d’État pour s’imposer militairement : ce pourrait être mettre l’État en accusation; ce serait plus intéressant que le RIC.

V.

Le 21.01.2019

Je pense que poser comme préalable à « toute négociation » un décret d’interdiction des armes mutilantes et l’amnistie de tous les inculpés est intéressant. ce serait de toute façon une victoire. Y a t’il d’autres objectifs à portée de main immédiate ? Je ne le crois pas..Donc intensifier la pression jusqu’à l’obtention de ces deux revendications en perturbant systématiquement les débats.(par exemple)
On ne discute pas, non armé, avec qui nous tient en respect par la force brute.

A.



Compte rendu de la manifestation du 26 janvier à Lyon (non exhaustif)

Le groupe Article 35 (cf. notre CR sur le rassemblement de vendredi et leur « Manifeste » que nous avons reproduit) a décidé d’intervenir aux Minguettes à Vénissieux ce samedi. Ils ont réalisé une vidéo disponible sur leur compte Facebook.

Beaucoup d’entre eux sont issus des banlieues et ont entre trente et quarante, c’est-à-dire l’âge d’avoir connu la révolte de 2005. Ils insistent sur ce point qui est le fait que les banlieues se sont trouvées alors complètement isolées, et sans soutien, et que cela expliquerait leur passivité actuelle par rapport au mouvement. Ils proposent donc concrètement de remédier à cela.

Pour le reste, une manifestation était organisée contre la répression à partir de la place Carnot à 13 h, initiée par les groupes GJ des ronds-points de TEO et Feyzin et elle a été déclarée sur un parcours Carnot-Bellecour-Fort de Montluc, pour un dépôt symbolique devant l’ancien Fort, désormais commissariat de Police, de « motions » contre les violences d’État (le vrai dépôt aura lieu lundi). Retour (par le même chemin ?) et dispersion au niveau du pont de la Guillotière et chacun fait ce qu’il veut à partir de là. L’annonce du parcours est faite par ce qui doit être une des personnes à l’initiative de cette manifestation.

13 h place Carnot, en dehors des camions de GM et de CRS, c’est le point de départ de la Marche contre les violences policières. Retour de la banderole vue à Gerland et sur le TEO « N’enterrons pas nos droits – Liberté – Égalité – Fraternité » et aussi celle « 100 balles et ça repart » et son dessin de CRS.

Le chef du SO d’à peine 30 personnes donne les multiples consignes avant le démarrage de la manif : demande de rester au centre de la rue, toute personne sur le trottoir sera considérée comme en dehors de la manif ; dans la rue Victor Hugo rester à 1 min 50 s des vitrines ; pas de banderoles : syndicale, politique ou raciste.

Départ dans la rue Victor-Hugo à 100 Gilets jaunes avec peu de personnes sans le gilet hormis le SO avec brassard. Démarrage avec un rythme correct qui affole le SO qui nous arrête plusieurs fois pour une raison de timing, le but étant d’être à 14 h à Bellecour ce qui prend 10 minutes à peine par cette voie. Un ruban de signalisation est déployé de chaque côté pour délimiter la manif dans la rue piétonne…

Arrivée à Bellecour au milieu des autres GJ déjà présent pour la manifestation devenue traditionnelle de la place Bellecour et au son de « Police partout, justice nulle part ». Ce groupe de manifestants (moins nombreux) et qui a prévu d’aller jusqu’à Montluc essaie d’entraîner le groupe plus nombreux qui les attend sur la place Bellecour. Nous partons donc tous alors (un millier environ) vers Montluc, mais dès la place du Pont, une partie de la manif prend la rue Paul-Bert sur la gauche et va se faire gazer un peu plus loin rue Bonnefoy. Peu à peu regroupement sur le cours Gambetta en direction de la trémie Garibaldi. Défilé de nombreux motards après que le Fort Montluc a été interdit. Au plus fort nous sommes autour de 3000. Le parcours de la manif change donc directement sur le terrain, mais sans raison apparente et sans sommation, les grenades pleuvent avenue Vivier-Merle (plusieurs blessés légers) et nous font refluer pour retourner sur le point de départ par l’avenue Félix-Faure. Un groupe de GJ en provenance de Bellecour rejoint la manif place Aristide Briand.

Sur le cours Gambetta des affrontements violents ont lieu entre militants d’extrême droite et d’extrême gauche sans que l’ensemble de la manifestation ne comprennent vraiment de quoi il s’agit. Ils se répètent jusqu’à la place du Pont où la police envoie une énorme bordée de grenades de type paralysantes-suffocantes (elles ne font pas spécialement pleurer mais prennent le haut de la poitrine et donnent l’impression de suffoquer et d’avoir envie de vomir). Les fafs ont cogné un gars qui aurait dézingué une pub pour l’abbé Pierre. Ils se sont justifiés auprès des manifestants qui n’y comprenaient rien en disant qu’ils chassaient les casseurs. Un certain nombre de personnes se sont progressivement regroupées et leur ont mis la pression. Les fachos semblaient en difficulté et selon les versions, soit les flics les ont fait dégager en les ciblant avec leurs lacrymos, soit ont protégé leur fuite en gazant à mort.

Traversée du pont de la Guillotière, mais Bellecour nous est, semble-t-il, fermée par les cordons de police et par les lancers de grenades. Tentative d’avancer sur les quais direction Terreaux avec une voiture folle qui manque de peu de tuer quelqu’un. Pendant environ deux heures, il va se produire des heurts sporadiques, mais plus violents que les semaines précédentes, tout le long du quai Gailleton. Grenades contre bouteilles de verre et cocktails Molotov, la police recule puis avance, puis recule et avance encore. Pour la première fois et sans barricades se crée un abcès de fixation pour les manifestants qui permet de discuter et d’échanger sur les différentes tactiques possibles, car il n’y a pas un seul membre des différents groupes Fb qui se rende visible ou indique un plan possible. Certains veulent réoccuper l’acte Nord-Sud comme ces dernières semaines, mais d’autres pensent que cela gêne plus les automobilistes qu’autre chose et qu’il faut retourner coûte que coûte à Bellecour pour envahir la presqu’île là où sont les magasins et les gens qui font leurs soldes. Bien sûr que beaucoup de très jeunes manifestants des quartiers et des manifestants peut-être plus aguerris se manifestent, mais ce qui est nouveau c’est que la demande d’aller au contact provient de GJ lambda et particulièrement de femmes qui veulent en découdre pour foncer sur Bellecour. Très difficile de discuter avec elles et de leur faire comprendre que si la détermination active a été un atout du mouvement, ce n’est pas la même la même chose qu’attaquer la police, a fortiori quasiment à mains nues pour la plupart des manifestants. Du fait que la réaction policière est aujourd’hui plus violente à Lyon, les discussions sur les moyens à se donner vont bon train. Tout à coup une partie de la manif présente sur l’axe et qui n’est pas dans la confrontation plus ou moins directe à hauteur de la librairie Joseph-Gibert et du pont (elle était pour occuper l’axe) se met à courir sur la droite, du côté de la Poste centrale afin de prendre la police de vitesse et revient sur Bellecour qui n’est, de fait, plus le seul point de fixation des manifestants ce samedi.

Réussite, mais grenadages à Antonin-Poncet, grenadages qui avaient déjà été précédés d’autres contre les manifestants qui avaient quitté le quai aux premières charges de police pour se replier sur les jardins qui précèdent cette place. Il y plusieurs groupes de Gilets jaunes qui vont circuler entre Antonin-Poncet et les rues attenantes à Victor-Hugo, ne rien lâcher, occuper le terrain semble être le maître mot.

Nous nous regroupons et faisons une charge en direction des quais qui est repoussée par les grenades. La situation se stabilise quelque peu quais Gailleton donc, quand nous décidons de repartir sur Perrache, nouvelles grenades et, finalement, reflux sur l’autre rive.

Certains commencent alors à dépaver la voie du tramway qui est bloqué, comme d’ailleurs les autres moyens de transport, mais nous passons devant St-Luc et tentons de reprendre le pont de l’Université. Les flics bloquent et contrôlent les identités de ceux qui se laissent contrôler car en fait ils nous permettent de faire demi-tour et ne tiennent pas le pont de la Guillotière même si des motards ont fini par se positionner afin de barrer l’accès aidé de quelques voitures de police.

Sur la place Bellecour, vers 18 h 30, quelques centaines de personnes qui discutent, boivent et reprennent « Antisocial » diffusé par une sono. Quelques personnes vident des extincteurs : fumée blanche et ambiance boite de nuit. Rapidement les flics se regroupent, gazent à mort et chargent. Avant 19 h, Bellecour, est gazée et ratissé par les flics et des GM venus avec leurs barrières anti-émeutes bloquent toutes les rues permettant de sortir de Bellecour, sauf une. Quand un groupe de manifestants se retrouve coincé rue de la Barre, les GM ne laissent passer personne mais sont très polis… Derrière eux, les flics se rassemblent et mettent la pression, mais rien de bien grave ne se passe au final. Dispersion mais un bouche à oreille indique un rendez-vous aux Cordeliers à 20h30.

Une centaine de GJ se retrouvent à 20h30 et partent direction Hôtel de Ville, ils sont chargée devant le commissariat place Louis Pradel puis sur les quais. Arrivés en retard nous les rejoignons et marchons en direction de la Saône. Le groupe est jeune, une majorité de 25-30 ans, très déterminés et en même temps à l’humeur joyeuse avec trompettes et compagnie. Nous investissons la rue St-Jean très propice puisque malgré notre nombre assez faible nous occupons toute la rue, la manif est très visible et beaucoup de personnes sortent des restaurants pour voir et profitent d’une cigarette. Quelques sapins et poubelles sont enflammés. Nous passons devant la cathédrale St-Jean où la police commence à nous suivre, la rue Adolphe Max direction le quai de Saône et la passerelle. Nous sommes pris en sandwich entre les flics derrière et les bacqueux sur le côté. Une partie de la manif franchit la passerelle, pendant que la police la ferme. Nous sommes bloqués et sommes violemment priés de dégager. Nous essayons de rejoindre les autres par le pont Bonaparte, pendant que des cars de police s’agitent de tous les côtés (pour moins de 150 personnes !), mais à Bellecour nous ne retrouvons personne. A 21 h 45 nous décrochons de ce qui aura été la première « nuit jaune lyonnaise ».

Aujourd’hui, 27 janvier, le matin chaîne humaine GJ. À partir de 14 h 30, chaîne humaine pour le climat. Beaucoup de monde l’après-midi (7/8000 personnes au moins) quelques GJ sur la chaîne et à l’arrivée à Bellecour. Certains ont dû aussi faire l’action GJ (chaîne humaine) prévue le matin qui semble très LFI / Nuit debout

J. ; G. ; J-P.



Lyon, le 25.01.2019

A l’initiative du groupe Fb « article 35 Insurrection » en référence à la constitution de 1793 (an III) jamais appliquée mais qui envisageait un droit à l’insurrection contre un gouvernement jugé illégitime.

De la bouche d’une de ses figures marquantes, le groupe Fb en question est plutôt petit puisqu’il ne comprendrait qu’un millier de personnes. En tout cas il y a peu de monde au rassemblement contre la répression, mais 14H un vendredi ?

Discussions intéressantes entre diverses personnes déjà très averties des problèmes de groupes GJ entre unité et indépendance ou diversité : sont présents des membres du groupe article 35 évidemment, un membre du groupe FB Lyon-centre, des personnes qui se demandent pourquoi tant de divisions parmi lesquelles un enseignant contractuel et des gilets jaunes anonymes, mais très intéressés par tout ce qui s’échange. + Jos et moi (à peine une quinzaine en tout et donc la marche projetée d’un palais de justice à l’autre n’est pas maintenue).

Le groupe article 35 dit que le groupe Lyon-centre est trop fermé (plus que trop politisé comme le pense le groupe Fb-Bellecour au sujet du groupe Lyon-centre). Le groupe article 35 privilégie l’action y compris dans les banlieues puisque certains de ses membres y sont nés ou y vivent et ils prévoient par exemple d’aller, ce samedi à un rond point des Minguettes. Ils partent de l’idée que le mouvement ne prend pas dans les banlieues car celles ci ont le sentiment d’avoir été abandonnées en 2005 au moment de la révolte. Mais il privilégie aussi les actions parce qu’il dit que la réflexion ne peut partir de lui car il n’a pas les « compétences » pour aborder certains sujets. C’est assez étonnant quand on voit le contenu de leur proclamation qui a été lu publiquement (lire ci-dessous). En effet, il est très construit et constitue une sorte de Manifeste politique d’avant-garde qui n’a rien de commun, ni dans sa conception, ni dans son contenu avec ce qu’on peut lire par ailleurs. Il y a là une nette filiation insurrectionniste mais dans un langage très éloigné de celui de « L’insurrection qui vient » et une référence à la patrie (plus qu’à la nation) qui n’existe évidemment pas dans l’IQV.

J.

Vendredi 25 Janvier / APPEL À LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE
Organisé par Article 35 Insurrection

Désobéissance civile…

Mais que veulent dire ces mots ? Comment refuser de payer l’impôt quand celui-ci est prélevé à la source ? Comment refuser d’obtempérer face à un LBD. Un combat perdu d’avance, la désobéissance civile ? Certainement pas.

Car derrière ces mots s’en cache un autre, aussi nécessaire à l’humain que l’est le mot Démocratie ; celui de Résistance.

Résistance à ce nouveau fascisme qui conjugue pensée unique et pouvoir centralisé, c’est-à-dire ce totalitarisme du 21e siècle, qui fait qu’aujourd’hui nous sommes dans la rue.

Résistance à ce totalitarisme qui seul permet à une élite auto-désignée de se reproduire par cooptation via des filières réservées. Pseudo-élites qui verrouillent notre société en castes et sous castes ; catégories ou se rejoignent pour le plus grand bonheur des dividendes versés, aides-soignantes sur-exploitées et migrants sous-payés

Résistance à ce totalitarisme propagé par les grands algorithmes supra-nationaux qui diluent l’individu dans la bouillie uniforme que nous servent ces GAFA dont le but avoué est de gommer nos cohésions et nos différences pour mieux nous transformer en consommateurs obéissants.

Résistance à ce totalitarisme qui nous dépossède de notre culture et de notre histoire ; de nos régions devenues Hauts-de-France ou Bas-de-Seine… on ne sait plus ; de nos écosystèmes transformés en bassins agricoles ; de nos banlieues qui s’éloignent de plus en plus des centres-villes jusqu’à se confondre avec cette « France d’en bas », c’est-à-dire nous, dans un grand réservoir de main-d’œuvre, tenue et contenue par des salaires assurant tout juste de quoi survivre.

Résistance enfin, à ce totalitarisme qui nous dépossède de notre patrie ; ce pays, la France, qui pourtant est à nous ; et qui nous vole jusqu’à cette idée, si belle, d’une Europe appartenant aux peuples qu’elle unit par un passé et pour un avenir commun et non aux banques et aux fonctionnaires de Bruxelles.

La tache paraît immense, la cause perdue d’avance.

Que faire ? Que pouvons-nous faire ? Certainement, et pour commencer, mieux connaître notre ennemi

Ce totalitarisme est facile à identifier car il est mondial, et c’est son premier critère ; le second étant qu’il repose sur une quadruple dictature, à la fois technique, administrative, sociétale et médiatique pour mieux nous enfermer dans sa pensée unique.

Dictature technique, parce que la multiplication des règlements et critères, sous des prétextes divers, n’a d’autres buts que de faire rentrer les citoyens dans la norme tout en finançant les instruments de la puissance d’état.

Dictature administrative, parce que le service public est diminué et appauvri jusqu’au point où seules les fonctions de contrôle et de normalisation des populations sont maintenues à leur maximum d’efficacité ; et seulement celles-ci.

Dictature sociétale, car il est là, ce levier qui permet de fracturer la société, de la diviser en groupes et sous-groupes aux intérêts divergents, en faisant des uns, les victimes des autres. Jusqu’aux parents que la fessée désigne comme bourreaux de leurs propres enfants. Et pourquoi ne pas nous retirer nos propres enfants, puisque l’enfance elle-même est devenue une marchandise.

Dictature médiatique enfin, ce quatrième pouvoir qui alimente le conditionnement sociétal. Si vous entendez ces mots : partage, justice, enfance, solidarité, écologie, responsabilité… relevez la tête, regardez votre écran, c’est une pub ou un député LaREM

Et ce soir, vendredi 25 janvier, nous allons assister à la quadrature du cercle, Marlène Schiappa chez Hanouna. L’incroyable spectacle de la communion intime entre pouvoir en place et médias qui ramènera le combat pour la justice sociale à une simple variable de l’audimat.

La désobéissance civile est une réponse certes désarmée et non-violente puisqu’elle se veut civile ; mais virale et irrésistible.

Face à ce totalitarisme qui s’introduit par tous les pores de notre société, un vent nouveau s’est levé et ce vent porte une très ancienne forme de résistance qui s’appelle le refus.

Le refus d’entrer dans la norme, car la norme c’est l’uniformité ; le refus d’obtempérer, car ce pouvoir a perdu toute légitimité ; le refus de déclarer, car nos colères n’en sont plus à s’annoncer ; le refus de débattre, car l’heure des paroles est depuis longtemps passée ; le refus de consommer sans conscience, car il nous reste une planète à sauver ; le refus de payer, car ce serait financer nos propres chaînes ; le refus de prendre son poste de travail, car le travail de l’homme doit être le symbole de sa dignité et non de son abrutissement ; le refus de l’injustice sociale, car sans cette justice, nul espoir n’est permis.

Tous ces refus qui se résument en un seul, celui de se soumettre, que ce soit individuellement dans nos décisions quotidiennes ou collectivement dans l’expression de nos volontés communes.

Aujourd’hui le vent de la résistance continue à souffler ; il souffle même de plus en plus fort.

Aujourd’hui nous sommes ici, devant ce palais de justice qui appartient au peuple, c’est à dire nous.

Demain, samedi 26 janvier, nous serons aux Minguettes avec les Gilets Jaunes de Banlieue, au rond-point Herriot-Cagne de Vénissieux.

Après-demain, nous serons là où il s’agit de lutter…

Il est puissant ce vent qui nous mène et c’est grâce à lui que nous allons gagner.

Ugo Pao
23/01/2019



Lyon, le 24.01.2019

Il avait été décidé d’une manifestation spécifique des lycéens/étudiants avant celle des enseignants au cours d’une AG en plein air qui s’était tenue la semaine dernière devant le rectorat, mais qui regroupait peu de personnes. Entre temps, cette annonce n’avait pas été suivie d’une préparation particulière prenant le pouls des établissements qui pouvaient être concernés, ni du nombre de participants attendu dans chacun (en fait tout s’était fait par smart phone ou autres). L’intervention d’un lycéenne et d’une étudiante à l’AG Bourse du 21 s’inscrivait d’ailleurs dans cette perspective de convergence des mobilisations dont on sait le caractère artificiel surtout quand le terme de « mobilisation » s’avère souvent un vœu pieu énoncé par quelques « responsables », qui remplace la lutte sur le terrain. Le contraire des pratiques de GJ en quelque sorte.

Bref, à Jean Macé à 9H 30, environ 100-120 lycéens et étudiants derrière de nombreux drapeaux rouges, dont certains avec la faucille et le marteau. Pas un élève de lycée de quartier (Lumière ou Faÿs comme en décembre), de banlieue ou de LEP. Rien à voir ni en nombre ni en composante avec les manifestations de novembre-décembre, ni non plus en pression policière quand la répression avait frappé durement les lycéens. Ici, le « Une seule solution la révolution » se fait avec l’accord d’une police sympathique qui autorise le blocage de toute l’avenue J. Jaurés par une poignée de manifestants. La manifestation est déclarée ; l’étudiant qui mène la manif avec le mégaphone fumera la clope avec deux flics en civil qui ont suivi la manif tout le long, à l’arrivée place Guichard. Sur la place, une étudiante prend le relai pour faire voter à main levée par cinquante personnes et à peine 4 ou 5 lycées représentés (dont Ampère, St-Ex, St-Just, les hauts lieux de la sélection de classe !) un rassemblement devant le Rectorat pour le vendredi de la semaine suivante, les quelques présents de chaque lycée étant chargés de discuter ensemble, sur la place, de la marche à suivre dans chacun de leur établissement. Comment joindre les autres lycées, savoir ce qui s’y fait ne semble pas avoir été évoqué.

Environ un millier d’enseignants à 11H. Quelques discussions parmi les premiers arrivés, non dépourvue d’intérêt, puis départ pour une manif ramollie où le but de la majorité des présents semblent être de retrouver des amis ou des collègues qu’on ne voit qu’à ce genre d’occasion. La sono de la FSU est un peu pénible au départ parce qu’elle empêche qu’on puisse discuter tranquillement de choses et d’autres. Dispersion toute aussi tranquille à l’arrivée.

J.



Reçu le 23.01.2019

Un petit mot sur la venue de Macron à Souillac le vendredi 18 janvier.

Je n’ai pas réussi à m’approcher en voiture de cette commune (3350 habitants), car tous les accès par autoroute, ainsi que tous les ronds-points à une trentaine de km à la ronde, étaient occupés par les gendarmes ou les flics. Mon coffre n’a été fouillé qu’une fois, mais j’ai sans doute eu de la chance. J’ai fini par tomber sur un rassemblement à Martel, moitié Gilets jaunes, moitié syndicalistes (CGT, Confédération paysanne…) qui, eux aussi, avaient été refoulés. Mais ils venaient de découvrir par hasard, en circulant sur les petites routes, que les journalistes et autres dignitaires faisaient escale en ce moment à l’école intercommunale inaugurée en septembre qui est située dans le village de Saint-Sozy non loin de Souillac. Un jeune GJ très motivé (il était venu manifester après avoir quitté l’usine à 5 heures du matin) a essayé en vain de rameuter du monde pour y aller interpeller Macron, d’autant que les gendarmes étaient en très petit nombre sur place.

J’ai appris par la suite que cette destination a été dissimulée jusqu’au dernier moment aux journalistes transportés officiellement en autocar. En tout cas, les mêmes manifestants se sont rendus par la suite à Rocamadour où ils ont pu engueuler le ministre de l’Agriculture (Didier Guillaume) devant un restaurant. Ils ont notamment réclamé que le gouvernement reprenne les dividendes versés aux actionnaires pour les distribuer aux gens qui en avaient besoin. En réponse à l’objection que ce n’était pas envisageable, l’un d’eux a dit : « Comment ça ? La valeur ajoutée, c’est pas les patrons qui la créent, c’est les ouvriers ! »

En soirée, j’ai pu assister à Figeac à une réunion organisée par deux jeunes partisans du RIC, néophytes en politique de leur propre aveu et venus récemment s’installer dans le Lot. Ils avaient fait un bon travail de préparation, un peu scolaire certes, qui aurait pu être utile à un autre public moins averti, sauf que la salle était plutôt remplie de militants associatifs où la ligne « Il nous faut une nouvelle constitution » semblait prédominer, du moins dans les prises de parole. Je noterais au passage, sans vouloir faire de la démagogie, que les intervenants semblaient être issus d’une couche sociale plus aisée que les GJ que j’avais rencontrés dans la journée (beaucoup d’entre eux n’avaient d’ailleurs pas l’accent local, étant sans doute, comme moi, des transfuges d’autres régions). Bref, une étrange impression de décalage entre deux mondes qui, sans prendre les formes extrêmes dont tu fais état à Lyon, laisse quand même un mauvais goût dans la bouche.

Larry



De l’assemblée lyonnaise du 21 janvier 2019 à la Bourse du travail

L’AG décline en nombre chaque semaine et si on est encore environ 200-250, il y a de moins en moins de ce qu’on ne peut qu’appeler les « vrais GJ » et non pas ceux qui, pour diverses raisons les ont rejoints ou les rejoignent encore.

Sermonnés la semaine dernière pour leur dirigisme, les responsables du groupe Fb « Gilets jaunes Lyon-centre » annoncent qu’ils s’effacent momentanément à la tribune pour faire tourner, mais en fait leurs supplétifs sont des ex-Nuits debout qui n’ont pas de différences fondamentales avec eux, comme par exemple, plus concrètement, ceux de la commission « Organisation » dont J. vient de se retirer vu le formalisme bureaucratique de l’organisation pour l’organisation qui y règne.

Un bilan des actions de la semaine est tenté et il en ressort le manque d’organisation des manifestations du samedi après-midi à Bellecour. On a encore ici la preuve du changement de composition de l’AG qui comprend de moins en moins d’anciens et de plus en plus de nouveaux qui ignorent la genèse de la lutte, sa dissémination/division originelle et on pourrait même dire structurelle entre plusieurs groupes de GJ (il en existe 5 minimum rien que sur Lyon). On en arrive donc à la situation ubuesque d’interventions qui reprochent au groupe GJ Lyon centre et de fait à l’AG, de ne pas appliquer les décisions prises en AG afin de contrôler les objectifs et le déroulement de la manifestation de l’après-midi, de ne pas avoir de SO (alors que l’AG de la semaine précédente a refusé tout SO), de partir à 14 h pétante alors que tout le monde n’est pas encore là, etc. Personne ne semble tenir compte du fait que la manifestation de Bellecour est « organisée » par un autre groupe Fb, celui de Lyon Bellecour, un groupe rejoint par une masse de personnes qui savent que c’est un lieu de RV récurrent tous les samedis. Pourquoi toujours ce doute entretenu ? Et bien sans doute parce que le groupe Gilet jaune Lyon-centre a tout intérêt à faire croire que lui et l’AG qu’il convoque sont représentatifs du mouvement à Lyon. Il ne s’agit d’ailleurs pas pour nous de tirer à boulets rouges (sans jeu de mots) sur ce groupe, mais de lui rappeler de temps en temps qu’il est illusoire de penser « organiser » cette lutte, de la même façon qu’il est illusoire, pour le groupe Fb-Bellecour de croire qu’il contrôle Bellecour parce qu’il décide que la manifestation part à 14h. Cela a d’ailleurs été clairement démontré le 19 janvier. Comme nous le disions dans le CR de la manifestation, celle-ci n’a pas voulu partir avant 14h30.

Après cela on a deux interventions d’antifas sur les agressions des fascistes ou de « hooligans » (!) qui posent quasiment comme préalable le règlement de cette question complètement extérieure aux Gilets jaunes, les rares présents « historiques » parmi eux renvoyant dos à dos ce qui apparaît comme le conflit, certes violent, entre deux bandes. Au lieu de poser une stratégie à effets pratiques qui isolerait les fascistes (ou toutes autres personnes) du fait de leur extériorité à la manif à partir du moment où ils interviennent contre des personnes, ils imposent leur vision idéologique comme si elle devait être reprise par le mouvement, comme s’ils n’étaient pas aussi extérieurs à lui que les fascistes. En effet, s’il peut y avoir aussi des gens de sensibilité de droite dans le mouvement, ils ne sont pas fascistes, alors que les fascistes le sont et la tactique des antifas est d’imposer un préalable, une position de principe comme quoi les fascistes doivent être évincés en tant que tels, finalement même quand ils n’attaquent pas. Un signe de plus qu’ils ne comprennent pas un mouvement qui leur est étranger, mais auquel ils sont venus se coller au même titre que les fascistes qui ne le comprennent pas plus, mais au moins ne peuvent rien lui imposer parce qu’ils n’ont ont pas la possibilité publique (ils n’agissent que souterrainement par les réseaux ou par coups de force rapides qu’ils ne peuvent tenir longtemps comme à l’ancien Palais de justice le samedi matin 19 janvier ou quand ils déploient rapidement une banderole sur les accords de Marrakech).

Une des rares GJ présente, et active depuis le 17 novembre, bondit à la tribune, elle, on ne l’empêche pas de parler car elle a la « sauvagerie » que les organisateurs de l’ordre de la parole et du temps de parole (les « maîtres du temps » comme ils disent dans leur méta langage) ne peuvent contenir, tellement elle subvertit leur civilité, pour crier son dégoût de tout ça… et prendre la porte. Encore un Gilet jaune qu’on ne reverra pas dans ce genre d’AG !

Quelques autres interventions sur la convergence hypothétique des luttes : jeudi la manifestation des lycéens contre la réforme, mais d’un mouvement qui, dans son ensemble et pour le moment, n’a pas manifesté un véritable désir de lien avec les GJ et qui sera très encadrée par des organisations de jeunes qui reprennent en fait les revendications des syndicats enseignants, présentées d’ailleurs par un adulte probablement enseignant qui nous prédit quasiment l’apocalypse, la fin de l’Éducation nationale et tout le toutim. Plein de l’incohérence de sa propre idéologie, il nous raconte l’hécatombe de postes d’enseignants en moins en 2019 tout en mentionnant que pour l’académie de Lyon, c’est plutôt en hausse, bref de la fake news pour l’applaudimètre d’AG peu critiques ; et le 5 février l’appel à la grève de la CGT, présenté (on peut toujours prendre ses rêves pour la réalité) comme un appel à la grève générale (mais où vont-ils chercher ça ?).

Puis, plusieurs interventions pour parler des personnes qui passent ce jour là au tribunal juste à coté. Rappel que lorsque la répression frappe il y a la nécessité de demander à préparer sa défense, ce qui revient à refuser la comparution immédiate qui n’est qu’une justice d’abattage. L’existence d’une caisse de solidarité pour ne pas être simplement perdu face à la machine qui s’enclenche lors d’une arrestation, etc.

Qui croit encore en l’assemblée lyonnaise ? Les plus à gauche assurément et des personnes n’ayant pas encore intégré des réseaux actifs, c’était très net hier soir. Ceux qui organisent cela du groupe Fb Lyon-centre réunissent, au fond, sur cette base « de gauche » (la presse l’avait compris dès la 2de AG) et ils pensent, sincèrement, que c’est la bonne voie. Mais eux-mêmes sont débordés par les gauchistes type anti-fa qui eux n’ont franchement aucun rapport avec le mouvement et ne sont préoccupés que par leur chasse particulière. Comme ils voudraient que la Croix-Rousse soit leur territoire, ils veulent que l’AG de la Bourse soit leur territoire, un territoire qu’ils désertifient par leurs interventions aux antipodes du principe simpliste mais efficace des GJ : « Tous GJ ».

Dans le même ordre d’idée l’obsession compatible de la parité est affirmée sans problème à côté de l’obsession gauchiste de la grève générale quand ceux qui l’expriment soit ne travaillent pas comme salariés soit travaillent dans des secteurs où la grève est un problème. Mais comme au gouvernement, les effets d’annonce ne manquent pas.

Pendant ce temps les GJ les plus impliqués n’ont pas besoin de venir à l’AG, ils sont au courant de ce qui est important, ont leur relai, les bonnes informations et en plus ils refusent le clivage droite/gauche de la politique et encore plus le jeu marginal entre fachos et antifas pour préférer une unité du gilet jaune. Les Gilets jaunes du cœur du mouvement s’en vont souvent écœurés comme hier soir et c’était déjà le cas dès la constitution des commissions ou bien, quand ils sont en périphérie ou surtout dans les villages alentour, ils organisent leurs propres rencontres coordonnées comme celle de Ternay prévue le 22 au soir. La pacification des relations empêchant d’exprimer une colère réelle dans un carcan organisationnel toujours plus fin achève même les plus endurants : des personnes qui peuvent être de toutes les manifs sont traitées avec condescendance par des individus qui découvrent maintenant le mouvement et veulent se l’approprier.

Comme nous l’avons dit plus haut, cette AG passe pour l’AG d’un seul groupe, elle est donc aussi désertée pour cette raison par les GJ et ce même si un effort est fait dans le sens d’une déprise sur celle-ci par Lyon centre. Malheureusement il semble qu’il est trop tard, c’est un piège qui se referme lentement mais sûrement. Et ce d’autant plus que l’AG ne correspond pas à la carte des réseaux, celle que pratiquent les individus par smartphones interposés avec des groupes constitués sur Facebook et autres Telegram. Et l’on constate tous à quel point les décisions ne se prennent pas à ce moment-là, elles sont le fruit de ces réseaux. Ces AG sont, à la limite, le moment pour prendre des contacts mais quoi d’autres ?

Que faire ? ne plus perdre de temps dans une assemblée qui se vide de semaine en semaine et qui éjecte les Gilets jaunes les plus combatifs. Nous pouvons encore attendre une semaine et ce qui se dira dans les commissions (sans parler du fait que certains d’entre nous s’en sont déjà retirés), mais qu’en attendre vu sa composition ?

Anecdote : l’un d’entre nous s’est retrouvé avec un animateur du groupe Action, T. à la fin de l’AG lorsqu’il critiquait vertement le gars emblématique du groupe Lyon Bellecour parce que celui-ci aurait appelé à « charger les flics » alors que le cortège « se compose d’enfants et de familles » le samedi après-midi, sans compter son « ambiguïté avec l’extrême droite », comme si ce groupe avait le contrôle de la manif de Bellecour le samedi à 14h. Toujours la même incompréhension devant un mouvement qui ne se laisse pas contrôler ! C’est sûr qu’opérer un filtrage sur 4000 personnes dans une manifestation que refuse les SO et les ordres ça risquerait d’être rigolo pour pas dire grotesque. Autant le dire, à notre intervention sur ce qui se disait de l’organisation des manifestations l’une des réponses a été : « mais prends ma place si tu as des idées ». Donc, après notre retrait de la commission organisation, nous le disons pour la commission action de ce mercredi soir : si le but est de faire des personnes présentes des Gentils organisateurs quand ce n’est pas l’essence de la manif, de nous rendre « responsables » de tous et de tout, il faudra savoir en partir. Notons que ce T. ne viendra pas à la commission mais… à la réunion sur cooptation avec Lyon-Bellecour au même moment ou presque. Peut-être a-t-il choisi là où il faut vraiment être… si on veut garder du pouvoir.

Dans le désordre ou presque et de façon pas vraiment exhaustive, les commissions qui ce sont succédé :

Commission Revendications dont la première intervenante se félicite de la parité de sa propre commission sans autre explication (toujours, avant toute chose, placer de l’idéologie pour remplir le vide) avant les nécessités de clarification sur, par exemple : est-il bien judicieux, pour garder sa force, de se disperser sur 48 revendications, qui font plus penser au « Grand débat », que sur les quelques-unes fondamentales à maintenir ou déterminer celles qui font que ça vaut le coup de se battre et d’en prendre plein la gueule. Pour le reste, rappel de la méthode de recueil des revendications, et ce sans limites, a priori. Et enfin, une intervention quasi ignorée pour demander comment pourrait s’appliquer ces revendications qui partent dans tous les sens.

Est ensuite présenté un mini texte voté en fin d’AG précédente ayant comme but de mettre en avant la grève comme seul moyen d’obtenir les revendications (lesquelles ?) : 3 interventions à la suite pour la grève générale. Pour la première, le but consisterait à déborder (sans rire) la grève nationale du 5 février de la CGT. Une seconde est adressée aux « camarades » présents (dans une AG de GJ !) dans le but de renverser le gouvernement et d’obtenir satisfaction sur tout (mais tout quoi ?). La troisième en provenance d’un cheminot prêt à expliquer à quiconque comment faire grève, même seul… Cela présage mal du succès de la « grève générale » tant invoqué !

Assemblée de Commercy. Trop tard pour des représentants mais possibilité d’observateurs. Mandat en 3 points qui ne donne pas la latitude de prendre la parole au nom de la présente assemblée, mais plus modestement de rendre compte du mouvement à Lyon. Normalement les personnes qui se présentaient devaient être tirées au sort globalement mais la « parité » ayant été votée il y a un tirage au sort séparé… sauf que seules 2 femmes se sont présentées, dont celle de la commission revendications.

Pour la commission Action appel de T. du groupe Lyon-centre à être autonome et à prendre en main ce qui est décidé. Réunion mercredi soir.

Commission Communication qui parle de créer un site accessible en dehors de Facebook. Volonté de faire des communiqués de presse avec appui juridique (peur de la plainte), relayer les décisions d’AG et cadrer ce qui est dit aux journalistes. Insistance sur l’importance de communiquer entre nous tels une toile (pour les anglophones c’est le web).

Commission Grand débat avec, en préalable, une amnistie de tous les inculpés du mouvement. Après cela l’AG se perd dans la nécessité ou non de faire notre propre débat. Rappel par une intervention que c’est le rapport de force qui a été établi par le mouvement qui constitue notre base de discussion et rien d’autre.
Fin de l’AG dans la précipitation à 21 h 30

G. et J.



Le 22.01.2019

Retour de Haute Loire ou x actions ont eu lieu ce week-end… d’Est en Ouest..

Des banderoles flottaient accrochées à différents ponts enjambant la RN 88

Des copains/copines qui bloquaient le centre commercial de Givors étaient sur le pont enjambant l’autoroute Lyon St E, tous en jaune avec des ballons., saluant les automobilistes.

Livia



Compte-rendu des manifestations du samedi 19 janvier à Lyon

Matin 10 h, rue de la République

Rassemblement du matin à 10 h devant le Crédit Mutuel, 12 rue de la République, appelée par le groupe GJ Lyon centre, action envisagée en AG le 14 janvier. Une centaine de personnes au départ et des journalistes. Une prise de parole pour expliquer l’action, car cette banque a été à l’origine des « cagnottes », sauf qu’elle a fermé au bout de 48 h la cagnotte ouverte par le « boxeur du peuple » et que la directrice générale de cette banque s’avère être un soutien inconditionnel de Macron et une amie de Xavier Niel, propriétaire de Free, Le Monde et Le Nouvel Obs.

À la suite, une personne intervient pour dire qu’elle a lancé une pétition sur « Change » contre la consommation comme moyen de faire céder le pouvoir. Une initiative étonnante quand on sait que les dépenses « incontournables » des ménages modestes sont de l’ordre de 60 % de leur budget et que celles des plus pauvres atteignent plus de 80 % (cf. article d’Alain Trannoy, EHESS et école d’économie d’Aix-Marseille).

« En coulisse » se fait jour un conflit entre d’une part, le groupe Fb Lyon Bellecour, des GJ qui sont à l’origine des rassemblements à Bellecour tous les samedis matin à 9 h, et qui soutiennent les manifestations à partir de ce même lieu à 14 h, et le groupe Fb Lyon centre des GJ qui, de fait, organise le mouvement formel à Lyon et est à l’origine des AG à la Bourse et entretient des rapports avec la CGT pour un soutien logistique (salle et éventuellement tirages de tracts).

La coordination Bellecour reproche au second :

– de déclarer les manifestations (ce que ceux-ci nient) ;

– d’être dirigés par des mélenchonistes et de faire de la politique ;

– d’être organisés de façon pyramidale.

Malgré ces différends, il semble qu’il y ait une volonté de rapprochement entre les deux points de vue et donc entre les deux groupes. Par exemple, concrètement sur le terrain aujourd’hui les seconds ont participé ce matin à l’action des premiers et inversement cet après-midi. À noter que le groupe Fb « Article 35 : insurrection » semble s’être mis un peu en retrait afin de préparer une action pour le 25 janvier.

Après le rassemblement nous sommes allés à la Préfecture. La manifestation atteint à peine le chiffre de 150 personnes. Pas un membre du service d’ordre à l’horizon. Bizarre pour une manifestation non déclarée et surtout aux abords de la préfecture !

Après-midi 14 h, Bellecour

L’après-midi 14 h Bellecour, pas mal de monde, plus que d’habitude. Les organisateurs veulent démarrer à 14 h pétantes. Grosse résistance de la base qui préfère attendre les retardataires. Enfin, on démarre, par la seule voie que nous laisse la police, direction quais du Rhône, direction nord sur l’axe Nord-Sud, car elle bloque toutes les entrées sur la presqu’île. Nous tournons à gauche direction Terreaux par les quais.

Mais à l’une des premières rues après l’ancien Hôtel-Dieu (rue Stella) sur la gauche des groupes de GJ essaient de forcer le passage. La police qui suit latéralement la manif recule et le début du cortège peut s’enfoncer assez profondément presque jusqu’à la rue de la République. Mais tout à coup déluge de grenades et nous devons reculer à nouveau sur l’axe Nord-Sud. Même problème à hauteur de la rue Gentil sauf que les CRS sont plus prêts et qu’ils bombardent immédiatement.

On reprend donc l’axe et trajet habituel on se prépare à passer par les Terreaux.

Nous sommes très nombreux. Si notre estimation de la semaine dernière oscillait entre 2500 et 3000 personnes ce samedi ont peut estimer à environ 3500 manifestants. On se dirige vers le quai de Saône, à hauteur du pont La Feuillée où, pour une fois nous ne sommes pas attaqués par la police (allez savoir la logique de leurs ordres !). Vers les travaux de la place d’Albon, tout le monde fait tambouriner les tôles pour faire du bruit. Mais par rapport à la semaine dernière, toutes les rues d’accès à la Presqu’île sur la gauche sont fermées par la police.

S’ensuit une baston entre manifestants que personne ne comprend sur le moment, à la hauteur de la rue Dubois et un peu après. Relevé par Rebellyon.info au niveau du pont Alphonse-Juin c’est un affrontement entre antifa et fachos qui a eu lieu.

À hauteur de la place Antonin-Gourju, la police, devant la Voûte (chez Léa) envoie des grenades sans raison particulière. 2 manifestants sont blessés par des tirs de flash-ball aux jambes.

Retour sur Bellecour. Discussions et hésitations et tout à coup un groupe, à partir de la place Antonin-Poncet, décide de repartir très rapidement sur l’axe Nord-Sud, mais en direction du sud cette fois. Des lacrymos sont lancées au niveau du Sofitel avant d’être renvoyées aux GM qui stationnaient sous la trémie.

Une toute petite partie des manifestants va stagner devant ce même Sofitel, hésitation générale, avant de se rabattre sur Bellecour.

Le plus gros des forces forment un cortège direction Confluence, au milieu des voitures, toujours favorables au mouvement, mais la police tente un blocage entre Perrache et Confluence. Nouvelle hésitation. Alors que des manifestants ne veulent pas se heurter au barrage policier et indiquent de passer à droite sur le cours Charlemagne, les autres progressent en direction de la police et, contre toute attente, tout à coup la police recule pas à pas et leurs cars devant avec. Étrange impression, mais notre nombre est tel, il y a tellement de voitures spectatrices, qu’ils n’ont sans doute guère d’autre solution. Puis tout à coup nouvelle initiative spontanée, des manifestants décident de prendre de vitesse la police et on change de côté de l’axe en abattant les barbelés de protection pour faciliter un passage moins acrobatique. La manif fonce vers le côté droit de l’axe laissant pas mal de dégâts sur le trajet : nombreux gazages, passage à Perrache et retour rue Victor-Hugo où tous les magasins ont fermé. Toujours se pose la question de la stratégie de la police. À 14 h et même après, la rue Victor Hugo semble être un passage à interdire, sans doute parce les commerçants font pression sur la Préfecture, mais aussi peut être parce que la rue étant en travaux, elle peut fournir du matériel aux manifestants ; mais alors pourquoi nous la laisser l’emprunter en grande partie 2 heures plus tard dans l’autre sens ?

Pendant tout le temps de l’escapade sur Lyon Sud une masse de 500 GJ restés sur Bellecour tentent d’avancer par exemple rue de la République, mais sans grande conviction, avant de se faire repousser. Gazage de ce début de la rue de la République par une poignée de CRS stationnant là avec leur seul camion anti-émeute.

Regroupement à Bellecour vers 17 h. Sans réelle tentative de départ et petit à petit à partir de 18 h la place Bellecour va être interdite d’accès avec de nombreux gazages de la place. Vers 18 h 30 ratissage large sur la place donnant lieu à des arrestations.

7 interpellations selon la presse et dix blessés pour la police !

À noter le chiffre ahurissant de manifestants donné par le journal Le Progrès : 1000 ! Alors que la semaine précédente ils avaient avancé le chiffre de 2000…



Montpellier, le 17 janvier 2019

Aujourd’hui à midi (17/01), je suis allé au « pic-nic Gilets jaunes » de l’esplanade du Peyrou à Montpellier. Il y avait rassemblées là environ 150 personnes. Les gens arrivaient sans GJ et certains l’enfilaient sur place. Des petits groupes de discussion se formaient ; une petite majorité de présents se connaissaient déjà ; d’autres étaient venus seuls et ne s’associaient pas immédiatement aux discussions. Une petite sono portative cherchait à créer une ambiance de lutte mais les slogans « Tous ensemble, Tous ensemble.. » et autres « Macron t’es foutu » n’étaient pas repris en coeur loin s’en faut. Montées sur le plus haut escalier de la statue équestre de Louis XIV (l’État-royal dressant sa puissance dans un monument de 15 m de haut), trois activistes (ce mot n’est pas péjoratif, il est plus expressif aujourd’hui que militant) criaient dans le porte-voix une chanson composée par des GJ de Montpellier m’a-t-on dit.

Manifestement la sono était gauchiste, de la variété trotskiste (NPA sans doute) puisqu’on entendait : « On est là, on est là pour le peuple travailleur/ pour un monde meilleur ». J’ai commenté la phrase dans le petit groupe de discussion où j’étais en soulignant l’ordre des aspirations : d’abord les travailleurs puis le pouvoir d’achat et la vie quotidienne. On peut aussi, à froid, relever le compromis contenu dans l’expression « le peuple travailleur » ; compromis entre « les travailleurs » c’est-à-dire la classe du travail et « le peuple ». Le dessin d’un drapeau bleu blanc rouge était collé sur le flanc du tambour qui scandait les slogans. Des participants ont découvert, au loin, un ou deux individus susceptibles à leurs yeux d’être des indicateurs de la police mais, le pic-nic s’est déroulé dans une « ambiance bon enfant » comme disent les journalistes de faits divers… Les violences policières et les affrontements passés et à venir occupaient beaucoup de discussions et de la rage contre la police (notamment la Bac) enfiévrait certains. Quelques gilets portaient la mention « Ici une blessure de LBD » avec une flèche indiquant le haut du thorax. Il était aussi question des futurs rassemblements nationaux proches de Montpellier prévus pour samedi prochain (19/01) à Béziers et à Toulouse.
Au détour d’un échange, un participant a défini le but politique à obtenir : « une démocratie directe participative ».
Hormis la poignée de gauchistes à la sono, le rassemblement était composé d’individus très divers ; les discussions n’avaient rien de sectaire ni de dogmatique ; la parole circulait directement, sans préjugés ni présupposés idéologiques. Un journaliste de France 3 et son cameraman circulaient d’un groupe à l’autre. Une personne en GJ qui connaissait le journaliste lui a indiqué les deux GJ à interviewer. Je n’ai pas entendu de fortes critiques à l’égard de France 3 ; seulement des remarques du type : « Depuis deux jours les médias commencent à parler des nombreux blessés depuis le début du mouvement. Des listes qui dénombrent les blessés graves sont publiées. Ils auraient pu commencer plus tôt ! Bien sûr c’est le jour où Macron lance son « Grand Enfumage » que les médias parlent des blessés et des violences policières ».

JG



CR de l’AG du 14/01/2019 Bourse du travail, Lyon

Environ 300 personnes contre 500 la semaine dernière alors que la mobilisation du samedi 12 janvier a été plus forte que celle du 5.
Tout le monde peut en tirer des conclusions (en fonction aussi de notre CR de l’AG du 7 janvier).
L’AG commence par les représentants habituels à la tribune c’est-à-dire ceux du groupe FB Lyon centre qui d’emblée veulent nous envoyer en commissions.
G et JP interviennent alors successivement pour demander :

– Un bilan des actions de la semaine dernière parce que c’est quand même le minimum qu’on peut attendre d’une AG.

– Des explications par rapport à l’annulation de dernière minute du rassemblement de Fourvière d’une part et du maintien de la manifestation « commémorative » de Gerland d’autre part, alors qu’à l’AG du 7, il avait été dit que personne n’était pour son maintien, d’autant plus que c’était une manifestation déclarée. La confusion à l’AG et même après (cf. la réponse de JP à Jos) est qu’elle n’était pas déclarée par JG Lyon-centre, mais par un relai inter-régional. Mais peu importe le détail ; ce qui compte c’est que cette déclaration inhabituelle depuis le début du mouvement, à Lyon en tout cas, a autorisé les journalistes du journal Le Progrès à louer le calme et l’organisation de cette manifestation par rapport à la pagaille et à la violence de celle de Bellecour aboutissant ainsi à créer deux catégories de manifestants : les bons Gilets jaunes d’un côté et les autres un peu inclassables de l’autre, mais qui comprennent aussi des Gilets jaunes.

Des explications sont données alors à la tribune. Pour Gerland, la situation échappait de fait aux organisateurs lyonnais puisque c’était une manifestation interdépartementale prévue à l’avance et le fait que l’AG de Lyon du 7 ne soit souveraine de rien ne permettait pas de la remettre en cause et aboutissait à ce qu’il y ait deux manifestations au même moment. Cela n’aurait pas été trop grave (ça occupe l’espace) si les organisateurs de Gerland avaient de ce fait pensé à rejoindre celle de Bellecour alors que les fins des parcours respectifs étaient proches. Or il n’en fut rien ce qui fait que les deux manifestations, au lieu d’être complémentaires, devinrent concurrentes et qu’une partie seulement, certes importante de la manif de Gerland a rejoint celle de Bellecour au niveau des Terreaux.

Mais blocage de la discussion puisqu’aucun des organisateurs de Gerland ne semble être venu à l’AG (et je crois qu’il en était de même la semaine dernière), donc les reproches apparaissent mal ciblés sur ce premier point.

Pour ce qui est de la Basilique, les explications sont plus confuses sur le risque d’intervention de fascistes qui seraient là sur leur « territoire » et qu’il ne faudrait pas défier ici parce que ces derniers auraient ciblés quelques gilets rouges. Sans doute une réalité (puisqu’il y avait eu des blessures et des menaces), mais incompréhensible pour les Gilets jaunes peu au fait des questions de « territoires » entre fascistes et gauchistes qui cherchent à se les interdire mutuellement (5ème arrdt pour les premiers, Croix-Rousse pour les seconds). La seule position possible pour les GJ c’est de ne pas tenir compte de ces éléments extérieurs. Si l’appel a vraiment un sens et que les manifestants s’y rendent, alors le danger fasciste ne peut exister car nous serons suffisamment nombreux. D’autant que le projet de la Basilique était plutôt plus « comestible » que beaucoup d’appels précédents pour des matins aux Brotteaux et à la Part-Dieu. L’explication accablante du cheminot est là pour montrer qu’il y a eu véritablement une erreur politique de commise qui n’est pas à mettre que sur le dos des apprentis chefaillons. Des réactions dans la salle à ce propos montrent que les choses ne sont pas claires parce que les gauchistes ne veulent pas admettre que : premièrement, le mouvement n’a pas peur des centaines de flics qui cherchent à l’empêcher d’aller où bon lui semble, il ne risque pas d’avoir peur de dix fascistes et que si ils arrivent à cibler individuellement quelques « ennemis » c’est que ceux-ci se sont démarqués d’une façon ou d’une autre du gros de la manifestation (par exemple par une tenue particulière ou un comportement particulier visant à recréer une situation bande contre bande, premièrement inefficace, deuxièmement hors mouvement car à Lyon on ne peut pas dire que ce sont les fascistes qui en ont la direction ; deuxièmement, que tout gilet jaune est un gilet jaune sauf s’il se met à en agresser un autre, que cela leur plaise ou non, sinon, d’ailleurs, les GJ expulseront aussi les gauchistes des manifs. Cela a été très clair dans la réponse d’un cheminot de la salle à C. et ses gilets rouges CGT.

Un deuxième temps de la discussion va opposer un promoteur de l’étiquette « Gilets jaunes de banlieue » en provenance de Vénissieux et qui se fait fortement applaudir (on a l’impression d’un renfort puisqu’il fait justement remarquer qu’en 2005 la banlieue est restée toute seule) … jusqu’à ce qu’un Gilet jaune de Vénissieux fasse remarquer qu’il est dans la lutte depuis le 17 novembre et qu’il n’a non seulement jamais vu le « Gilet jaune de banlieue » en question sur le terrain, mais qu’en plus il n’y a aucune raison d’avoir cette référence-là . Tous Gilets jaunes point à la ligne, c’est ça l’unité du mouvement. À propos du rond-point de Vénissieux et en attendant la sortie des inculpés, J.P est allé interpeler le GJ de Vénissieux pour qu’il explique ce qui se passait. Il a dit que le gars qui était intervenu était un opportuniste qui avait été de tous les partis (UMP…). Pour sa part, il refusait que les gens des quartiers soient instrumentalisés à des fins politiciennes et il veillerait à éviter qu’on les manipule.

Pourtant son intervention ancre dans beaucoup de têtes le fait que le mouvement se divise, les prises de position ou paroles contradictoires s’accumulent sans qu’il y ait clarification et approfondissement de ce qui est en jeu (par exemple ici le fait de savoir si l’unité repose sur le fait qu’il n’y a que des GJ ou personnes s’y assimilant anonymement et même sans gilets ou bien est-ce qu’il y a des Gilets jaunes particuliers : GJ de banlieue ou de la CGT-cheminot ou étudiants de l’université jaune … ou gauchistes !

D’autres interventions ne peuvent avoir lieu (sur les procès en cours par exemple) car « la tribune » décide qu’il est temps de passer aux commissions. Admettons, mais un peu de surprise quand même car certaines commissions proposées sont différentes de celles de la semaine précédente comme si on avait suffisamment avancé pour passer à autre chose alors que leur CR en fin d’AG la semaine dernière a été écouté par à peine un quart des présents à l’AG de départ.

C’est ainsi que je me sens obligé ( J ) de relever l’incongruité de la disparition de la commission « organisation » dont je faisais partie la semaine dernière, alors pourtant que tout le monde dit qu’il faut s’organiser. Finalement la commission est réintégrée. Nous sommes à peine une dizaine au départ (comme d’habitude la grande majorité de l’AG s’est précipitée sur la commission « Action ») car les commissions tardent à se constituer parce que la commission « revendication » a fait passer un papier pour cocher par ordre d’importance 48 revendications sorties du CR de cette commission la semaine précédente.

Remarque : alors que l’une des forces du mouvement a été de se centrer sur un tout petit nombre de revendications initiales qui ont été ensuite colorées socialement pour ne pas dire « socialistement » et que le mouvement a fait reculer le gouvernement au moins sur deux points, il semble se diluer dans un citoyennisme constitutionnel et législatif qui est exactement contre dépendant de celui que lui propose Macron avec son grand débat(lage). Même si on est contre ou critique par rapport au RIC, le mouvement restait encore, avec cette revendication, dans une sorte de pédagogie de l’action revendicative sans se prendre pour le Pouvoir politique au risque d’abandonner ou de secondariser cette coloration sociale qu’il avait tant eu de mal à se donner.

Mais je reviens à la commission organisation.
Je ne vais pas m’étendre sur ce qui en est ressorti puisque Jos en a fait un très bon CR qui a été intégré par un administrateur de liste à un CR déjà existant pour être lu à la prochaine AG du 21 janvier.

Je vais plutôt essayer de décrire les discussions qui s’y sont déroulées. Quand je dis discussions c’est un bien grand mot car au moins la moitié des présents ne les conçoivent que dans le carcan des ordres et temps de paroles ce qui est déjà le cas pour les AG, mais qui ne devrait pas l’être pour les commissions surtout quand elles ont la taille d’un groupe de travail. En effet, ne pouvant nous répondre directement, la plupart du temps nous sautons du coq à l’âne, le 5ème répondant au premier intervenant dont le 3ème et le 4ème ont oublié le pourquoi du comment, etc. Toujours l’influence des pratiques mise en place pour Nuit debout … qui était sûrement lui aussi un OVNI comme les GJ, mais pas un mouvement agissant.

Si on veut faire une synthèse : plusieurs idées au sens fort ressortent sur lesquels d’ailleurs il n’y a pas forcément accord et même parfois opposition :

Crainte que la commission organisation, de par son nom devienne une organisation et dicte sa volonté de par sa fonction centrale (peur de la prise de pouvoir donc) auquel un délégué interrégional présent sur le RP de Feyzin à l’origine répond que jusqu’à maintenant, le mouvement a écarté « naturellement » tous ceux qui étaient en recherche de pouvoir ou qu’ils se sont lassés eux-mêmes devant les caractéristiques anti-hiérarchiques de celui-ci. Autre idée : ne pas confondre investissement personnel important qui peut amener une mise en avant et prise de pouvoir qui ne correspondent pas mécaniquement.

L’AG est-elle le lieu et le moyen idéal d’expression du mouvement ? Est-elle ouverte ou fermée parce que qu’est-ce qui peut déterminer sa légitimité si elle est composée d’individus abstraits alors que l’organisation par RP reposait sur la rencontre entre individus concrets et singuliers se coordonnant entre eux ? C’est un point important déjà avancé par un occupant de TEO la semaine dernière. Mais la fin de l’occupation de TEO depuis quelques jours remet cette perspective en question puisque c’était le dernier point de fixation de la région lyonnaise, alors qu’autour des petites villes et villages, ces RP sont plus ou moins tolérés à condition qu’ils ne soient pas permanents.

L’AG doit-elle souveraine ? Est-ce que le vote est le seul moyen d’arriver à une décision et doit-elle mandater des délégués (révocables ou non) ou des représentants (par exemple pour des tâches précises) ? Pour Jos qui participait à la commission organisation : Si en début d’AG, et à l’issue des discussions qui suivront chaque restitution des groupes de travail, les personnes présentes actent certaines propositions ou au contraire rendent nécessaire de les rediscuter en commission, peut-on parler d’AG décisionnaire ?

La commission Action

Elle a commencé à définir quelques axes pour le week-end qui arrivait (celui du 19/01/2019) et ce dans l’amphithéâtre de la place Guichard :

  • Une manif le matin à 10h et celle de 14h place Bellecour qui est désormais bien comprise comme un rendez-vous incontournable.
  • Lieu privilégié des manifestations : la presqu’île.
  • Une présence voulue sur la rue de la République comme axe commercial majeur et plein de grandes enseignes.
  • Des idées de points de rassemblements intermédiaires pour éviter toute dispersion.
  • Action de remplir les caddies (de produit non périssable) et les laisser aux caisses… Une caissière fait alors remarquer que les personnes que cela emmerde le plus, ce sont justement les caissières, mais la tendance « plus radical que moi, tu meurs » n’en a cure. L’impression qui se dégage (entre les appels à la création de SO pour attaquer les flics et le pillage de Carrefour city) est que pour certains, un nouveau terrain de jeu vient d’être ouvert, pour eux, sans considérations tactiques, stratégiques ni prise en compte de la dynamique et l’histoire du mouvement.

Mais encore une fois la question pratique de comment arriver à ces quelques buts énoncés est absente pour passer à des discussions autour d’actions diverses. Le côté « Nuit Debout » des actions prend le dessus et il est difficile, au final, de savoir ce qui a vraiment été décidé dans cette commission. Ceci d’autant plus que les locaux de la Bourse du travail ont fermé au moment des votes (G).

Des actions ont aussi pu être proposées mais non débattues :
– Présence rond point La Feyssine
– Blocage plateforme centrale achats (certains ont fait référence à ces actions dans d’autres villes)
– Reprise des ronds points…
– Rejoindre la grande réunion manif de valence le 2 février.
– Faire des opérations « Cheval de Troie » au niveaux de la rue de la République pour y manifester, gêner le tourisme et nous donner de la visibilité sachant qu’elle est bien bloquée depuis le début des soldes…
– Bloquer l’entrepôt de la société Amazon pour paralyser le chiffre d’affaire pour les impacter car il ne paye presque rien en France.
Etc (Livia)

Voici ce qui est arrivé dans la boîte mail des inscrits à la liste GJ de l’AG le 16.01 :

1.Actions à venir

1.1 Actions du week-end

– Rdv, 10h, devant le Crédit Mutuel, 12 rue de la République, 69002 Lyon :

https://www.facebook.com/events/247561616180124/?active_tab=discussion

– Rdv, 14h, place Bellecour :

https://www.facebook.com/events/221464242135328/

1.2 Actions à suivre (non encore discutées en AG, mais annoncées à titre informatif car s’inscrivant dans un cadre national et régional)

– 27/01, 10h-12h, événement national, plusieurs chaînes humaines traversant la France sur plusieurs axes. Note : Il s’agit de la marche pour le climat, qui refait régulièrement surface dans l’AG.
L’événement national est ici : https://www.facebook.com/events/278212029511557/ ;
L’événement pour la chaîne humaine n°2, celle partant de Marseille jusqu’à Montargis, passant donc par Lyon, est là : https://www.facebook.com/events/230796061193361/
Celui pour Lyon : https://www.facebook.com/events/368444267068117/

– 02/02, Rassemblement régional à Valence, 14h. Là cela concerne le mvt GJ.

https://www.facebook.com/events/380156999414431/

https://www.facebook.com/events/2499743453431383/

G., J-P

À propos des procès qui avaient lieux au même moment à deux pas

  • Contrairement à l’AG les personnes présentes devant le tribunal étaient majoritairement Gilets jaunes. Certains ont réussi à rentrer dans la salle mais vu l’affluence, on nous a interdit l’entrée de la salle, prétextant qu’elle était pleine. Et nous avons eu droit à un déploiement de CRS.
  • En attendant, l’ambiance a été festive !
  • Les verdicts ont été lourds (6, 8, 3 mois avec sursis ou aménagement de peine ; retrait du permis de conduire ; interdiction de manif ; amendes), les charges retenues, la plupart du temps disproportionnées et les réquisitoires abjects : le procureur a demandé de la ferme pour tous. Voir CR sur Rebellyon : https://rebellyon.info/Compte-rendu-des-comparutions-immediates-20081.
  • Les inculpés ne sont pas lyonnais : Taluyers, Vienne, Givors…
  • Rendu très, très dur. Heureusement une jeune et excellente avocate a tenu tête politiquement à la proc et à l’avocate générale.
  • À la sortie des inculpés, acclamations, émotions, discussions.
    Pour finir : Le rond-point de Feyzin se remet en place à partir du 15 et était prêt à tenir son lieu d’origine ou ailleurs si présence policière trop entreprenante.

Jos



Le 17/01/2019

Lundi, les Gilets jaunes de Cahors ont « fait la jonction » avec les
salariés des Impôts qui manifestaient contre les dégraissages prévus. On
est certes loin d’un mouvement ouvrier classique, mais on perçoit bien
une forme de solidarité de classe, moins le discours traditionnel.

Larry



Compte-rendu de la manifestation lyonnaise du 12 janvier (non exhaustif)

Rassemblement de Fourvière à 10 h.

Cette action avait été décidée en AG du lundi 7 janvier par le groupe de préparation de la journée du samedi 12 cf compte-rendu précédent : pas de rendez-vous à 10 h à Gerland). Le lien FB renvoie alors à cette action et aux autres.

La veille, à 12 h 32, sur la liste du Front social une personne liste les actions prévues dont le rassemblement à Fourvière. À 18 h 40, le même annonce : « Pour des raisons de sécurité, le point de départ de la manif » demain matin à 10 h à Fourvière est modifié. Nous partons de Part-Dieu place Béraudier devant la gare pour rejoindre Gerland et la marche en hommage aux Gilets jaunes victimes de la répression. Il est signé « Solidairement, GJ Lyon Centre »

La page FB des GJ Lyon Centre est alors modifiée en ce sens.

Après quelques échanges un peu vifs, il apparaît que c’est parce que les fafs auraient prévus de parasiter l’action : « mais si tu souhaites manifester aux côtés du GUD/Bastion, des identitaires, etc., libre à toi (elles sont là les raisons de sécurité, pour ne parler que de cet aspect). » Merde, me voilà en odeur de nazification.

La presse locale qui avait eu ses infos par les mêmes réseaux sociaux annonce le rassemblement de Fourvière (Progrès de samedi). Sur place, un dizaine de GJ informés par la presse venus du centre-ville et d’hors de Lyon (Meyzieu). Sur place encore, une visite guidée du site de Fourvière par des ensoutannés et surprise, pas l’ombre de la queue du moindre faf ! La journaliste du Progrès présente apprend alors que la rassemblement a été annulé. Elle fait quelques photos cf. article.

https://www.leprogres.fr/actualite/2019/01/13/l-intelligence-connective-qui-se-federe

Nous descendons pour rejoindre Bellecour pour le RDV matinal organisé depuis le début par les GJ Bellecour.

Après avoir discuté avec les présents sur place, une petite manif (50/60 personnes) s’élance rue de la République. Arrivés aux Terreaux (après une pause pour attendre qu’une personne contrôlée par les gardes mobiles soit relâchée), retour à Bellecour par les quais de Saône. Et là encore pas le moindre faf.

Pour finir, cette citation de 1793 sur la démocratie dite « représentative » : « J’avoue que je n’ai jamais pu réfléchir sur ce système de représentation sans m’étonner de la crédulité, je dirais presque la stupidité avec laquelle l’esprit humain avale les absurdités les plus palpables. Si un homme proposait sérieusement que la nation pissât par procuration, on le traiterait de fou ; et cependant penser par procuration est une proposition que l’on entend, non seulement sans s’étonner, mais qu’on reçoit avec enthousiasme. » John Oswald, révolutionnaire écossais, rallié dès 1789 à la Grande Révolution, mort au combat en 1793 en Vendée.

J-P

Rassemblement à la Part-Dieu à 9 h 30/10h

Reprenons le fil de cette journée, un rendez-vous dans le centre commercial de la Part-Dieu dès 9 h 30 nous avait échappé mais a-t-il eu lieu ? A posteriori pas trace de celle-ci.

Il n’a pas eu lieu et une des personnes qui avait prévu de l’organiser, s’est aperçue (d’après ce qu’elle m’a dit) que leur proposition d’action avait été squeezée, sans qu’ils le sachent) Cela a donné lieu à la Part-Dieu à une explication entre la quinzaine de participants à cette action et les GO (Gentils Organisateurs).

Autre rendez-vous à 10 h devant la gare, place Charles Béraudier, point de rendez-vous signalé donc moins de 24 h avant qu’il ait lieu. On se rend compte rapidement que l’on se trouve avec la bis repetita de la semaine précédente (aux Brotteaux) même heure pour ce cortège et même composition de Gilets jaunes assez réactif aux réseaux sociaux. Speech avant départ afin de rassurer une manifestation « qui doit bien se passer ». Nous apprenons que le préfet n’a pas émis d’objection à ce point de départ malgré tout non déposé (mais la limite est mince en l’occurrence, là). Il y a des forces de l’ordre qui stationnent mais qui ne font ni contrôle, ni arrestations. Démarrage du cortège presque 1 heure après le rdv soit vers 11 h pour faire, classiquement, le plein mais la vérité c’est que nous n’étions pas plus de 120.

Direction Gerland par la rue des Cuirassiers, avec passage devant l’entrée du centre commercial de la Part-Dieu mais sans slogan qui résonnerait avec ce parcours. À propos des slogans cela s’est un peu renouvelé par rapport à la semaine précédente avec un « On est là, même si vous ne voulez pas, nous on est là » adapté pour l’occasion qui donne, quand même, une vie à ces manifs au rythme très lent et avec même des points d’arrêts… Nous remontons la rue Paul-Bert, passage par la Guillotière, rue de Marseille, rue de l’Université jusqu’à Jean Jaurès et remontée par cette avenue et une fois passé Jean-Macé son no man’s land pour enfin arriver devant le palais des sports de Gerland vide de monde.

A noter cette grosse différence avec les manifestations Gilets jaunes des trois premières semaines où les manifestations avançaient au contraire très vite ne facilitant pas les regroupements. Bien sûr on peut dire que c’est le fruit de l’expérience, mais comment ne pas remarquer que ces manifestations qui avancent de plus en plus lentement sont aussi celles qui sont déclarées et quasiment autorisées, alors que celles de l’après-midi qui ne le sont pas se caractérisent par leur mobilité ?

G.

Gerland 14 h

Gerland à 14 h manifestation en hommage aux victimes du mouvement, marche silencieuse déposée en préfecture. Il était attendu des cars avec des personnes des départements voisins pour ce cortège « coordonné » même si l’on se demande à quel point cela a porté ses fruits. Départ à a peine 14 h à 300 tout juste avec SO tenu fermement. Un SO ne portant pas de gilets jaunes pour une manif de GJ cela laisse songeur. Le trajet est annoncé et il ne dérogera pas : Jean-Jaurès jusqu’à Saxe-Gambetta avec un petit grossissement des rangs à partir de Jean-Macé. Passage par la Guillotière et son pont avec bifurcation juste après pour les quais du Rhône avec évitement de Bellecour. « Évitement » bien maitrisé par la préfecture pour cette manif qui va passer ensuite par Cordeliers, rue de la République jusqu’aux Terreaux. Il était envisagé sur la presqu’île d’être rejoints par le cortège principal, rien qu’au niveau de la rue de la Barre, rien ne se passe et certains à plusieurs moment vont déroger aux injonctions du SO qui montre la marche à suivre même si cela ne changera rien au final. Le script de la manif prévoyait une mise en scène avec un faux cercueil porté à l’avant rue de la République, lâché de ballons jaunes sur les Terreaux, chants de la Marseillaise et dispersion.

G.

Bellecour 14 h

La manifestation de la place Bellecour démarre à 14 h 10 de la place direction les quais du Rhône. Comme d’habitude on a l’impression qu’il n’y a pas la foule (environ 500) et on prend à gauche en direction des Terreaux mais par les quais. Assez rapidement la foule gonfle ; une grosse majorité de manifestants en gilets jaunes, mais difficile de savoir si c’est parce que de plus en plus de manifestants enfilent le gilet jaune ou si c’est parce qu’il y a plus de « Gilets jaunes » d’origine contrôlée présents.

Dès la passerelle et à hauteur du lycée Ampère, les premiers gazages ont lieu, suite à une attitude un peu offensive d’une petite partie de la manifestation qui essaie de forcer le passage sur la presqu’île. Après une halte et des hésitations nous continuons. La tension descend d’un cran et nous filons en direction des Terreaux en coupant la circulation sur l’axe Nord-Sud. Sur l’esplanade de la place Louis Pradel un accrochage a lieu avec les fascistes qui sont éjectés de la manif. On arrive aux Terreaux. La manifestation a enflé autour de 2000. On repart direction quai de Saône par la rue Constantine et là les flics nous attendent par la rue d’Algérie. Nouveaux gazages. Nous continuons sur le quai St-Antoine et nouvelle agression de la police à hauteur de la rue de l’Ancienne-préfecture avec forces charges. Le gros de la manif rejoint la place des Jacobins pour se diriger vers Bellecour. Mais pour des raisons diverses un gros groupe de manifestants restent à hauteur du pont Bonaparte, peut-être pour échapper au gaz et une quinzaine d’entre eux descendent sur le bas-port où ils se trouvent tout à coup pris pour cibles par une trentaine de flics de la Bac qui descendent et les frappent gratuitement.

À Bellecour, on ne s’en rend pas compte sur le moment et l’agitation est à son maximum. Comment ressortir de Bellecour ? Un groupe d’une cinquantaine de Gilets décident de forcer le passage par la rue Victor-Hugo et ils chargent efficacement en descendant les barrières de travaux au passage puis se dispersent, mais tout à coup les flics sortent de partout et grenadent la place comme, peut-être, ils ne l’ont encore jamais fait depuis 9 semaines. Re-tentative de passage rue Victor-Hugo pour rejoindre ceux qui sont passés et là regazage après engouffrement dans la rue. Certains refluent vers la rue de la République où ils continuent leurs grenadages que les consommateurs venus nombreux pour les soldes dégustent comme nous-mêmes.

Après une accalmie d’une demi-heure, regroupement sur la place Bellecour car le principe de base du Gilet jaune c’est de n’être jamais dispersé et de toujours revenir. Et la mobilité avant tout. Au passage autant dire qu’il y a une difficulté à bien rendre compte de certains moment de l’après midi car la force de débordement de ce mouvement est incomparable et crée des situations non linéaires.

La manifestation redémarre en direction des quais du Rhône direction blocage de l’axe Nord-Sud mais en direction cette fois du sud de Lyon et au milieu des voitures. Mais, alors que nous savons qu’ils nous attendent un peu plus loin, nous faisons demi-tour et reprenons en sens inverse pour aller vers Bellecour où la plus grande confusion règne. Mais les GJ n’aiment pas trop faire du surplace et nouveau départ pour bloquer à nouveau l’axe Nord-Sud en direction du sud.

Après le Sofitel des cars de CRS, semble-t-il vides, cherchent à passer mais nous les bloquons pendant une quinzaine de minutes avant que les bacqueux nous dégagent à coup de gaz. On riposte avec des pierres, ils chargent, matraquent à tout va mais comme ils n’ont aucune logistique cellulaire, ils ne peuvent arrêter personne et relâchent une personne coincée entre les véhicules garés du centre, après l’avoir tabassée à 5-6 pour se défouler un bon coup. Nous sommes très nombreux. Peut être 3000. Au milieu des voitures nous avançons sous un concert de klaxons approbateurs pour un blocage en règle de l’A7. Petite remontée du pont mais redéploiement au niveau du Luna Park de Confluence et nouveaux gazages précédant des charges. Nous nous dispersons un moment pour nous regrouper 100 mètres plus loin direction nord cette fois direction Perrache puis retour à Bellecour vers 18 h 30. Quelques tentatives hésitantes de s’avancer vont suivre mais la journée est globalement finie vue les 200 personnes restantes.

Selon la presse : 22 arrestations, 10 blessés dont 6 policiers.

On peut légitimement s’inquiéter du rôle médiatico-politique négatif joué par les organisateurs de la manif de Gerland. En effet, le compte-rendu du Progrès oppose clairement, les « gentils » (ceux qui ont déposé un parcours et organisé un SO) aux « méchants » (sans SO ni parcours déposé) qui ont foutu le bordel dans Lyon. La Préfecture a elle aussi joué les « bons » contre les « méchants » !

J. et alii
Voir les CR du Progrès qui suivent.

https://www.leprogres.fr/rhone-69-edition-lyon-metropole/2019/01/13/retour-sur-l-acte-ix-des-gilets-jaunes-un-mouvement-a-deux-visages

https://www.leprogres.fr/rhone-69/2019/01/12/en-direct-mobilisation-rassemblement-manifestation-gilets-jaunes-acte-9-acte-ix-lyon-venissieux-genay-villefranche-sur-saone-saint-romain-de-popey-givors-confluence



Compte rendu de l’AG Gilets jaunes de Lyon le 7 janvier à 19 h (Bourse du travail)

Nous sommes très nombreux et la jauge de 300 personnes de la salle s’avère vite trop petite.

Environ 150 personnes ne peuvent pas entrer. Celles-ci insistent lourdement pour que l’AG se déroule sur la place.

Les organisateurs de la coordination proposent de descendre sur la sorte d’agora que forme la place Guichard, agora ayant déjà servi de point fixe dans le mouvement des places pendant Nuit debout. Malheureusement ce nombre élevé sera la seule vraie bonne nouvelle de la soirée. En effet, très rapidement des apprentis bureaucrates vont imposer leurs méthodes : tout d’abord un comptage digne de maîtres d’école à l’ancienne, tout cela sûrement pour faire pièce à l’idée transmise par le gouvernement et les médias que le mouvement est en recul et donc qu’il nous faut nos propres chiffres comme contre-information (pourtant Le Progrès annonce ce matin plus de 500 personnes, donc cela correspond à notre propre comptage et ça nous aurait fait gagner du temps) ; ensuite nous répartir (diviser ?) en 6 commissions du fait qu’on ne peut discuter en si grand nombre (à noter que c’est aussi ce qu’imposent comme mode d’AG les chefs d’établissement scolaire quand ils veulent faire avaler la soupe de la énième réforme aux enseignants).

Ces groupes sont invités à discuter de choix qui semblent avoir été décidés/proposés par celles et ceux qui ont préparé l’AG avant que celle-ci ne commence. Ainsi sur la partie « actions » les GO proposent d’aller en délégation à la Préfecture, le vendredi, et pour le samedi 12 de manifester le matin en « hommage aux morts » à Gerland. Pour les organisateurs, les choses sont calées et les participants sont invités par ex, pour la Préfecture à agir en allant soutenir la délégation ! On retrouve d’une part encore et toujours les sempiternelles tartinades de représentation citoyenne et de pleurnichage contre les violences policières et d’autre part l’autoritarisme citoyen qui décide et transforme les manifestants et l’AG en matériel humain chargé de faire masse pour leurs activités politiciennes.

On peut donc se poser la question de la nature technique ou politique de la méthode. Mais passons, à 19 h 30 on a encore un peu de bonne volonté.

Quoi qu’il en soit, la méthode ne brille pas par sa fluidité puisqu’il faut que chaque groupe rejoigne un « administrateur » de la coordination qui animera la discussion ou distribuera les temps de paroles « maîtres du temps » disent-ils, ce qui montre incidemment leur recrutement social et ce qu’ils regardent sur leurs écrans. Comme c’était prévisible aussi, les groupes sont de taille disproportionnée, les groupes actions et revendications totalisant quasiment les deux tiers des participants.

Nous prendrons les exemples des groupes où nous étions :

  • Dans le groupe « organisation » nous sommes une vingtaine et la discussion est assez fructueuse, même si les positions varient entre ceux qui sont contre toute délégation et plutôt pour rester en réseaux de connaissance sur les ronds-points ou/et Face book et ceux qui pensent qu’il faut faire masse, dans les manifestations et des assemblées, une coordination nationale, des délégués mandatés et révocables. La position la plus proche des débuts du mouvement semble celle d’un protagoniste du blocage du péage de TEO qui est le seul et dernier point de fixation, type rond-point sur la région. Il pense que tout doit partir de ces lieux fixes, mais sa position est fragilisée par le fait que ces points de fixation sont en net recul. Si on veut résumer les deux tendances principales qui se font jour, on trouve une opposition entre celle qui pense que la dissémination est un atout parce qu’on est partout et celle qui pense qu’il faut maintenant coordonner centralement parce qu’autrement on est nulle part. Le problème, c’est que derrière ce qui apparaît comme une opposition de stratégie se cache aussi une différence de situation objective, la première position étant tenue par les gens de la périphérie, la seconde par les habitants de la grande ville.

La confusion courante entre les termes de « représentants » et « délégués » ne semblent pas poser problème. En tout cas nous n’avons pas le temps ou l’opportunité de l’aborder et pourtant elle a de l’importance puisque par exemple un porte-parole est un représentant et donc plus qu’un délégué. Il est donc a priori plus difficile de révoquer le premier que le second. Ceux qui se sont exprimés sont des personnes investies dans le mouvement depuis le début et qui semblent partir de leur vécu concret du mouvement. Mais nous sommes assez rapidement renvoyés à d’autres problématiques provenant, à notre sens d’un autre type de personnes : celle tout d’abord d’un alignement sur la coordination de Marseille ou sur celle de Toulouse, alors même qu’un participant fait remarquer qu’on a encore rien coordonné sur Lyon, alors penser au niveau national serait prématuré. Celle ensuite, complètement saugrenue de la constitution d’une liste Gilets-jaunes aux européennes qui fait réagir une participante qui dit que elle, son problème, c’est le 15 du mois pas les élections. Et enfin, une intervenante venant demander que ce soit une femme tirée au sort qui devienne représentante, le tout avec le plus grand sourire de celle qui est venue là en touriste genrée.

  • Groupe Actions pour le 12 janvier : il est composite : des gilets jaunes ou assimilés, des étudiants, peu de militants professionnels. Il y a un refus quasiment unanime de déclarer un parcours et d’aller s’enterrer le matin à Gerland (pas un chat et dangereux). Il est proposé : une manifestation matinale avec un rdv à 10 h sur l’esplanade de Fourvière, passer rue St Jean s’arrêter au Palais de justice, puis rejoindre la place Bellecour pour une manif (heure peu claire : 13 h-14 h) non déclarée. La question d’un service d’ordre est abordée.
  • Le groupe Actions pour le 19 janvier était assez réduit ce qui a facilité l’échange mais toujours pressé par le temps.

Une ligne de différenciation est apparue rapidement entre une position privilégiant le « faire masse » et son cortège unique avec la nécessité du dépôt du parcours en préfecture (option syndicale classique) et ceux qui tiraient le bilan des manifs actuelles pour en conserver la dimension spontanée, d’une « foule » qui, même si cela n’a pas été dit ainsi : déborde et impose sa manière d’aller de l’avant. Cette différence d’appréciation conduit à un moment à attribuer tout le problème des gazages aux « casseurs » dans une ville ou rien, ou presque, n’a été cassé depuis le début du mouvement, et donc à vouloir un contrôle de la manifestation, mais déterminer concrètement de quelle manière ? On en arrive à la formation d’un « groupe sérénité », novlangue de SO, mais en n’envisageant pas le problème immédiat qui se poserait à lui : comment organiser le cortège pour qu’il aille où l’on voudrait sur la presqu’île, par exemple, tout en faisant tampon face aux attaques des forces de l’ordre puisque ce sont elles qui attaquent.

C’est vrai les acquis en terme de manifestation du mouvement sont bien là et ont permis à cette commission d’avancer, mais il ne tient à pas grand-chose que se produise une reprise en main en forme de pacification des manifestations au nom d’un phantasme d’extension de la mobilisation (« il faut rassurer les familles ») qui n’a pourtant jamais vraiment rassemblé les familles.

Après vient le temps des rapporteurs à l’AG, mais on s’aperçoit tout à coup qu’on est nettement moins nombreux et qu’on est passé des Gilets jaunes qui soit se sont lassés ou simplement travaillent le lendemain, à une sorte de réplique des Nuits debout, ce qui va d’ailleurs se confirmer plus tard. Tout d’abord, le rapporteur de la commission organisation (on nous dira plus tard qu’il provient d’un obscur groupe stalino-maoïste et aussi qu’il avait déjà sévi pendant Nuit debout) se met à sur-interpréter volontairement ou à mésinterpréter (qui sait ?) ce que nous avons dit ce qui suscite notre indignation parce qu’en plus c’est la première commission qui propose un vote alors que les avis exprimés par les membres du groupe ont été transformés en des positions figées qui ne tiennent aucun compte de l’interaction dans la discussion et de la synthèse qui aurait pu en être faite. Elles sont toutes présentées comme ayant égale valeur (l’idéologie des Nuit debout et d’ailleurs du vote) et donc à la sortie, ce qui en ressort c’est évidemment qu’aucune n’a de valeur particulière, ce que finalement l’AG les avalise toutes, fatigue et froid aidant, en levant vaguement quelques doigts pour ou contre sans que la majorité, devenue d’ailleurs une minorité ne se prononce, parce que finalement on a glissé vers ce que le mouvement des Gilets jaunes a toujours évité jusque-là : la parlotte.

La caricature de tout cela apparaît dans le CR de la commission revendication qui, trop nombreuse s’est divisée en sous commissions qui ont établi un florilège de revendications au moins aussi abondant que celui des 42 propositions de départ des Gilets-jaunes, en prenant soin de gommer les quelques points trop droitiers pour les remplacer par leur idéologie de gauche. L’un des rapporteurs, dans sa juvénile naïveté gauchiste ira même jusqu’à crier publiquement « qu’on a réussi à faite passer nos valeurs de gauche », montrant par là qu’il ne comprend rien au mouvement et pas plus à sa propre manipulation considérée comme naturelle puisque tout est combat idéologique pour ce genre de militant. Et puis là, sur la fin, c’est la France Insoumise qui entre en action, une action facilitée par le fait que l’administrateur principal de la coordination en fait partie. Un catalogue de mesures, parfois contradictoires entre elles et toutes mises sur le même plan, de la plus petite à la plus grande ou globale (la VIéme République) est déversée sur une assemblée devenue amorphe. La pratique est courante et habituelle : la multiplication des revendications permet d’autant plus facilement de les faire passer toutes, par acclamation sans réflexion. Là encore la procédure est celle de Nuit debout et d’ailleurs les trentenaires qui squattent maintenant, ce qu’on ne peut pas appeler une tribune, mais au moins le micro, ont vraisemblablement fait leurs premières armes de magouille politicarde à cette occasion.

Quant aux rapports des commissions action, ils proposent quelques actions acceptables par tous pour les quinze jours à venir, mais montrent involontairement à quel point ce type d’AG est inutile.

Ainsi, la commission « actions pour le 12 janvier » a décidé pour le matin de ne pas partir de Gerland (voir les raisons données plus haut). Apparemment cela n’a pas plu à une des organisatrices auto-proclamée de l’AG qui intervient à la fin de celle-ci pour annoncer que cette action est maintenue car elle a déjà été préparée, que d’autres coordos d’autres départements ont prévu de venir et tutti quanti…

Bref, les « animateurs » ont prévu en amont des choses pour le mouvement et on est prié de s’y conformer, si cela ne marche pas on tente de passer en force.

Résultat des courses : la manif sera maintenue à côté des deux autres actions décidées pendant l’AG elle-même !

Une militante d’Alternatiba invita, aussi, les Gilets jaunes à rejoindre la prochaine manif pour le climat presque à contrecœur… Tant sa voix était peu enthousiaste à l’idée d’associer les Gilets jaunes à son mouvement, qu’on devinait, plus acceptable. D’ailleurs après avoir rappelé les règles et le déroulement de ladite manif sous une forme assez stricte, comme si le mouvement des GJ étaient inévitablement initiateur de violence et de désordre, elle termina en invitant ceux que cela intéresserait à consulter le site (sic) sans en dire plus. Comme si le combat des GJ était radicalement différent de celui d’Alternatiba alors qu’il est fort possible que l’un soit l’accélérateur de l’autre…

Parmi les actions à mener, l’inflexion est typiquement gauchiste avec l’insistance à lutter contre la pub et les lieux de consommation pendant que débutent les soldes. C’est symptomatique du retournement ; alors que le mouvement des Gilets jaunes, de par son action concrète de blocage des hypermarchés ou des voies d’accès, ou encore par ses manifestations qui faisaient fermer les magasins le samedi, avait engendré une baisse de la consommation et l’idée rendue matérielle qu’il y a mieux à faire que consommer quand on est plongé dans la lutte et la solidarité, voilà que nos gauchistes transforment tout ça en idéologie anti-consumériste d’avant-garde !

Dans le même ordre d’idée, de ce qui ne sera pas du tout discuté et malgré une lettre que nous avions déjà adressée à la coordination il y a une dizaine de jours1 (mais restée sans réponse) à propos de l’action contre l’agence de la banque Rothschild, une nouvelle action est programmée contre cette banque. Vu l’ambiance dégradée nous ne pouvons intervenir au micro, mais dans le coin de l’agora où nous sommes nous avons le plus grand mal à poser la question : pourquoi cette banque plutôt qu’une autre ? Et à faire comprendre que cette banque n’est pas le symbole du capitalisme en France et que, surtout, au diable les symboles, ce sont bel et bien le Crédit Agricole et la Société Générale les plus grandes spéculatrices de ces dernières années en France et qui plus est, contrairement aux banques d’affaires, jouent avec les sous de tout le monde (par les comptes courants) et se font renflouer par l’État via les impôts quand elles sont en semi-faillite (Too big to fail). Mais rien n’y fait ; à la limite le seul argument qui porte c’est que cela ouvre la voie à une dénonciation du mouvement pour antisémitisme. Ouf provisoire mais probablement sans lendemain puisqu’il ne s’engage pas véritablement de débat de fond sur la question.

G, J et J-P



Échanges à propos du CR de l’AG Gilets Jaunes du 7 janvier place Guichard

La critique générale faites sur la méthode et les aspirations du groupe Gilets jaune Lyon centre (apparenté à nuit debout, très proche du mouvement des places citoyenniste et rappelant les techniques des éducateurs sociaux-culturels) fort éloignées de celles des gilets jaunes tel qu’on les retrouvent sur la périphérie avec des moyens d’actions spontanés, toujours dans la réaction type matérialiste ressemble un peu à un règlement de compte et manque, je trouve, d’aspects constructifs. Je m’explique, les branches organisatrices dans les villes ont pris fait et cause pour le mouvement des ronds point mais cependant n’entendaient pas se fondre pour autant en adoptant leurs démarches. Elles apportent leur méthodos expérimenté pendant les expériences passés (nuit debout, militance de tout poil) en s’appropriant le mouvement et travaillant sa structure selon leurs critères. Je ne dis pas que c’est bien ou mal, je constate. Effectivement cela crée une multitude de façons de procéder et chaque développement dans le pays se retrouve en décalage et parfois en contradictions de valeurs. En cela la différenciation avec les premiers temps de la révolution française est nette. Mais franchement pas surprenant dans une société où chacun pense avoir les outils les plus pertinents et les agitent comme modèle vers les autres. Je pense que les acteurs des villes ne pouvaient échapper à cette variation des formes et nous même en tant que groupe citadin, sommes pas les plus justes pour descendre des personnes dont le sérail est malgré tout proche du notre si on le compare à nos amis de Feyzin ou d’ailleurs. Il n’y a tout simplement pas de modèle type Gilets jaunes mais attention effectivement à ne pas d’essentialiser le caractère hors norme du mouvement.

M.

Rats des villes, rats des champs

Il est normal qu’il y ai des différences entre GJ par territoires, certes, mais comme tu le dis nous avons une expérience et elle est marqué par l’unité d’un mouvement. L’expérience, celle de l’assemblée de Givors par exemple, montre que l’on peut faire une assemblée correcte, avec plus ou moins de frictions, sans que cela soit une prise en main comme nous l’avons vécu. Doit-on se satisfaire du biais qui correspondrait à un « GJ citadin » ? Je ne crois pas car tout le monde ne l’était pas comme dans mon groupe par exemple. Dans ces conditions que viennent faire ces GJ idéologisés avec leur recette « d’organisation » qui se constitue avec tous les travers des expériences passée justement. N’en ont-ils pas fait un bilan ? J’en ai des doutes contrairement à d’autres comme toi ou moi. Dès lors il est clair qu’il faut dénoncer la teneur bureaucratique et idéologique indubitable et qui tuerai tout mouvement réel. Ce qui en ressort ? Toute la dynamique d’expression et de refus de la représentation comme de l’organisation correspondante n’est pas dépassé, elle risque tout bonnement d’être phagocyté au profit du statu quo. Ce n’est pas un procès fait à l’ensemble des personnes présente et pleine de bonne foi, non, c’est bien parce que nous connaissons les travers que je viens d’énoncer qu’il faut les exposer et ce sans se cacher.

Gzavier

D’abord il faut tenir compte du contexte. Le compte rendu est à chaud même si on a mis 24h à le mettre en place puisqu’on a été trois à le faire. Donc, malgré ce que nous pensons être l’objectivité des faits il y a peut être un peu de dépit amoureux par rapport à ce qu’on attendait.

D’accord avec toi pour dire que tout n’est pas négatif dans ce forçage de gauche des GJ dans les assemblées de ville, surtout si on pense que la majorité des « de gauche » est contre le mouvement, effrayé par ce qui serait son inculture et son illégalisme antirépublicain. Mais ce que nous soulevions, ce n’est pas que des individus d’extrême gauche participent au mouvement (nous sommes au moins une vingtaine à le faire depuis ses débuts), mais justement en tant qu’individus et sur cette base étroite et limitée, il nous revient effectivement de maintenir des principes, d’appeler à une réflexion sur les propositions ou actions spontanées comme nous l’avons fait pour celles visant la banque Rothschild, une action encore perpétrée ce mercredi 9 janvier à une trentaine. Non, ce qui est grave, c’est que ces individus interviennent en tant que militants de groupes politiques (LFI ou gauchistes), le drapeau dans la poche certes, mais en faisant passer insidieusement ou même en plaquant carrément leur propre programme sur les revendications GJ d’origine. De la même façon, sur la toile, on voit tout un tas de mini groupes soutenir les GJ à l’aide tracts ou textes en écriture inclusive comme si c’était l’écriture officielle alors même qu’une des caractéristiques du mouvement GJ est d’avoir balayé le discours politiquement correct imposé par les médias et l’Etat. C’est à la fois ne rien comprendre au mouvement, se poser à l’extérieur et en même temps vouloir lui imposer des « problèmes de société », alors que le mouvement exprime les problèmes de la société, c’est-à-dire celui de la perpétuation de ce rapport social et non pas quelque lubies à la mode des milieux branchés dont la caractéristique est justement de n’avoir aucun langage commun avec les GJ, mais de ne pas s’en rendre compte puisqu’ils vivent et ronronnent entre eux, entre semblables. A ce niveau, la position des « de gauche » contre le mouvement, est beaucoup plus cohérente : ils ont choisi Macron contre Le Pen, même si c’est à contre cœur et ils le confirment car le mouvement des GJ leur fait encore plus peur que Le Pen qui a été normalisée dans le Rassemblement national.

J.

Ok merci pour cette réponse double. C’est une critique qui se poursuit avec le mouvement mais qui existe depuis très longtemps. C’est vrai que la flopée de revendications met un peu sur le même plan la question sociale et l’évolution des mœurs. Ce dernier thème étant garni de mesures souvent creuses qui prennent régulièrement le dessus sur le combat originel contre le mode de vie capitaliste. Ils cherchent à faire vivre leur fond de commerce tout en ralliant les idées des gilets jaunes à partir de leur base historique. Effectivement, il faut être vigilant sur une possible dévitalisation du mouvement par les groupes actifs en ville par ce biais. Après il faut aussi signaler tout de même la création d’actions d’aide et de soutien à Téo ou Feyzin. Les gilets jaunes périphérique sont une bouffée de respiration et un retour au source mais leur façon de s’organiser est selon certain soit terriblement chaotique (par manque d’expérience ou excès d’horizontalité) soit trop confiante envers les rouages institutionnels, bref très partagé et donc fragile. Le relais citadin en agrégeant la périphérie peut faire perdurer le mouvement social voir le solidifier vers une possible « convergence des luttes ». Il propose un modèle d’AG constitutive et reprennent des recettes très discutables, ok. Le manque d’expérience d’une partie des gilets jaunes en matière de lutte permet ce passage en force mais c’est aux aguerris de la critique de dénoncer certaines pratiques. L’expérience « Athénienne » de Givors et « citoyenniste » de la place Guichard montre aussi que le déroulement et le fonctionnement d’une AG à 90 ou 600 personnes prends un tournure forcément différente. Quoi qu’il en soit, je n’oppose pas les Gilet des villes et gilets des champs même si ces deniers ont, c’est certain, une plus grande légitimité comme base de départ. Je comprends les craintes bureaucratique mais je méfie autant des valeurs en sous main des uns ou des autres.

M.

Pour préciser : la forme organisée qu’a prise l’intervention des « de gauche » dans l’AG annonce, à mon avis, une possibilité de sortie autoritaire à gauche à travers un populisme rouge-vert et souverainiste qui pourrait être le pendant du populisme de droite, type Cinq étoiles. Face à cette offensive, il me semble que notre rôle est de maintenir le refus des GJ de toute centralisation et hiérarchisation qui court-circuitent aussi bien populisme de gauche que populisme de droite et en conséquence de refuser autant que faire se peut des revendications de type large, démocratique et politique faisant comme si le mouvement des GJ pouvait se constituer en parti politique à même de tout diriger ou tout orienter. Donc et au risque de paraître restrictif et « poujadiste », revenir à des revendications « négociables », sans pour cela qu’on essaient de les négocier, mais en les imposant par le rapport de force parce qu’elles sont à portée de main et peuvent entretenir la dynamique : ISF, CSG, revenu minimum garanti et démocratie directe puisque se serait un déni que d’ignorer cet aspect du mouvement.

J.



Compte-rendu des manifestations du 5 janvier à Lyon (non exhaustif)

Le matin, un rassemblement était prévu à 10H devant l’ancienne gare des Brotteaux par la Coordination des Gilets jaunes de Lyon. Il est placé sous le signe des « attentes pour une véritable démocratie, pour une justice sociale, fiscale et pour une transition écologique ». L’objectif de cette manifestation est « de faire de bruit », et les participants sont invités à amener sifflets et instruments. Nous ne sommes pas enthousiasmés par la perspective (pas de précision sur le type même d’action au cours de ce rassemblement), mais ce n’est pas une raison pour lâcher l’affaire. On décide donc de s’y rendre.

A noter que l’action n’a rien de « secrète » contrairement à celle du samedi matin précédent et qu’elle est même annoncée dans la version numérique du journal Lyon capitale.

200 à 300 personnes au départ, mais on se rend vite compte que cette action n’a pas de but défini, qu’il n’y a pas de blocage prévu alors que nous sommes assez nombreux pour en tenter un. Malgré l’habituel laïus des porte-voix de la Coordination sur les consignes en cas d’arrestation, on comprend bien vite qu’un parcours a dû être déposé puisque c’est une simple manifestation promenade dans le quartier résidentiel du 6ème arrondissement qui nous est proposée.

Une autre différence avec la semaine précédente, la police est discrète, n’interpelle personne et nous laisse partir. Au lieu du maximum de bruit attendu, c’est une manif atone du type syndicale à peine troublée par quelques Marseillaises, des « Tous ensemble » des « deux pas en avant trois pas en arrière ». Malgré la présence de quelques militants libertaires ou Lutte ouvrière, mais sans leurs badges, on peut dire que le cortège est plutôt de tendance « nationale » (type Frexit), « apolitique » plus que « social » et fortement différent des cortèges des samedis après-midi qui se caractérisent par un débordement systématique par rapport aux « apprentis organisateurs ». Ici ce qui l’emporte c’est le « Gilets jaunes-pas casseurs » scandés vers l’Hôtel de ville après un bref arrêt coupant l’axe Nord-Sud au niveau du Pont Morand où la majorité des Gilets jaunes vont se mettre en position « lycéens de Mantes la jolie ». Ce point est intéressant parce qu’il montre comment fonctionne le mouvement ou du moins une partie de celui-ci. En s’agenouillant (ce que nous »les militants » nous refusons de faire car ce serait adopter une position victimaire), les Gilets jaunes indiquent qu’on les traite comme des moutons à l’abattoir, mais en même temps ils gueulent « résistance », alors que nous nous aurions tendance à penser, surtout à Lyon, en canuts : « Mieux vaut mourir debout que vivre à genoux ».

C’est un peu comme si les manifestations du matin, décidées et organisées à partir des réseaux sociaux et surtout de Facebook regroupaient et façonnaient une sorte de militant type des Gilets-jaunes : un peu refermé sur ses propres sources parallèles d’information, ses vidéos qui tournent en boucle, son gilet jaune, occupé à fabriquer ses propres références qui ne sont pas trop celles du passé, au risque de tendre vers une sorte d’entre soi. Quoi qu’il en soit, cette manifestation comprenait une énorme proportion de porteurs de Gilets jaunes par rapport au reste des manifestants, alors que les après-midi, c’est-du 50/50 et encore à grand-peine. C’est une dimension que la presse, nationale comme régionale ne semble pas prendre en compte alors qu’elle nous semble importante non seulement pour rendre compte fidèlement des faits, mais aussi des devenirs possibles du mouvement, c’est-à-dire de savoir si, comme le pensent la plupart des Gilets jaunes tout le monde doit devenir Gilets jaunes ou si le mouvement va grossir de telle façon que le Gilet jaune ne sera plus le signe de reconnaissance ou qu’un signe parmi d’autres.

Par exemple, les personnes qui viennent sur Bellecour, y viennent assez indépendamment des réseaux sociaux parce qu’elles savent que c’est le point de fixation de 14H tous les samedis quoiqu’il advienne, que s’y opère un vaste brassage et que le nombre de présents augmente vite, que c’est là que le mouvement fait masse et montre sa force. C’est encore ce qui s’est produit aujourd’hui avec une manifestation partie très vite (à peine 14H), comme si ça pressait, comme s’il fallait prendre un chemin bien précis, celui que nous laissaient les forces de l’ordre (que cela ait été négocié à l’avance ou pas).

Nous empruntons donc la rue de la République jusqu’aux Terreaux puis la manifestation essaie de franchir le pont la Feuillée en direction de St Paul, mais pour des raisons que nous ne connaissons pas un mini affrontement a lieu avec la police ; quelques coups sont échangés. Malgré cette situation conflictuelle la manif prend le quai rive gauche de la Saône. Arrivée au pont Bonaparte, nouvelle tentative, minoritaire de passer sur St-Jean, mais le gros de la manif avançant assez vite tout le monde se regroupe et passe sur le côté de Bellecour. Après la grande Poste le cortège vire à droite en direction de l’axe Nord-Sud qui n’est que partiellement bloqué. Nous sommes environ 2000. Les forces de l’ordre contrôlent la situation, mais de loin.

Comme le week-end précédent, les automobilistes manifestent toujours autant leur empathie pour le mouvement malgré le tracas occasionné lors de cette remontée de l’A7. A l’arrière et tout à coup, à hauteur de l’ancienne prison St-Paul, la police bloque complètement la circulation aussi bien sur les deux voix que par les deux côtés. A l’avant elle nous expose au choix entre grenadages à découvert ou prendre le pont Pasteur en direction de Gerland, parce qu’elle nous coupe complètement un retour vers Perrache puis la presqu’île via le cours Charlemagne. Malgré cela le centre commercial Confluence à fermé en prévision car quelques groupes de manifestants semblent avoir atteint ses parages.

Nous nous retrouvons donc à Gerland, mais là changement de décor, après la visibilité aux yeux de tous les automobilistes, c’est le no man’s land qui nous attend … avec les grenades qui vont avec. Sur ce terrain défavorable fait de grandes avenues, nous essuyons, sans aucune sommation de la part de la police, toute une série de grenadages par exemple sur le boulevard Yves Farge et les petites rues alentours accompagnée de charges de police auxquelles répondent quelques tentatives inutiles de petites barricades faites de poubelles et barrières.

Passant à grandes enjambées Jean-Macé les flics nous suivent de près et balancent des lacrymos plusieurs fois depuis l’arrière dans cette traversé du 7éme arrondissement. Nous rejoignons malgré tout les quais, mais les ponts de la Guillotière et Wilson sont fermés aux piétons par des cordons de CRS ; certains d’entre nous passent alors par le pont de l’Université d’autres par le pont Lafayette car les flics ne peuvent apparemment pas tous les tenir et nous revoilà à Bellecour. De fait la rage et la ténacité des GJ est incroyable. Il est impossible de les disperser. Sans cesse ils se regroupent et là encore vers 17H3O tentent de quitter en manif la place Bellecour en direction du Vieux Lyon. Nouveaux grenadages. Les gens s’insurgent, insultent les flics, les bacqueux chargent à nouveau et bastonnent quelques manifestants sans toutefois les arrêter. Un flic se permet même de répondre aux insultes des manifestants en disant : « moi je suis républicain ». On ose penser au bourrage de crâne qu’ils doivent subir contre l’image des extrêmes qui leur est proposée par leurs supérieurs ! Mais en même temps leurs ordres ne sont pas clairs car ils n’ont pas arrêté ceux sur lesquels ils ont tapé. Ils les ont laissé repartir ; il faut dire que c’était sous les huées de dizaines de témoins qui les insultaient à leur tour. Tout cela a duré un moment où sur la place des jets de pierres ou autres répondaient à des grenades avec les paumés de la BAC qui, dans la nuit tombante, cherchaient à tout prix à mettre la main sur un « casseur ».

Après un énième copieux grenadage nous nous sommes dispersés pour nous retrouver devant le ciné Pathé rue de la République. Moins de Gilets jaunes visibles et ce pour éviter de ce voir refoulé mais une réelle détermination à être présent là ou il y a du monde. Nouveau grenadage puis ensuite aux Célestins et ainsi de suite jusqu’à la rue Mercière puis à hauteur du lycée Ampère. Ce qui est remarquable c’est la peur qui habitait les policiers dans les petites rues qu’ils ne connaissent absolument pas vu que la plupart ne sont pas de Lyon. Par petites cohortes de 10-12, ils étaient là à chercher s’il en manquait un, pauvres chiens sans collier. Un « spectacle » à la fois lamentable et dérisoire laissé par le pouvoir.

A 19H tout était terminé.

7 interpellations selon la presse locale à qui aucun décompte officiel du nombre de manifestants n’aurait été donné, mais Le Progrès annonce 1300 … en faisant remarquer que cela aurait constitué le double de la semaine dernière, alors que nos estimations tournent autour des mêmes chiffres pour ces deux samedis à 2 ou 300 près !!!

G et J


Dernière minute. 6 janvier.

Un groupe de femmes Gilets jaunes d’environ 250 à 300 personnes sur Lyon (avec deux ou trois hommes au sein du cortège) se sont rassemblées entre 12 et 13 h devant l’ancien palais de Justice et sur les escaliers sur les motifs de :

  • visibiliser les femmes du mouvement Gilets jaunes
  • dénoncer les violences policières contre les manifestants
  • impact médiatique que peut avoir l’image de groupes de femmes face à la répression

Après y avoir entonné la Marseillaise, elles ont pris la passerelle en direction de la place des Jacobins puis de la place Bellecour. Pas l’ombre de « féministe ».

A noter que cet appel a été fait pour toute la France et que la presse numérique en fait déjà mention.

J.



Salut,

Un petit témoignage de ce qui a pu se vivre ce samedi 29 décembre à Montauban.

À quelques uns nous sommes arrivés vers 14h du fin fond de notre cambrousse tarn-et-garonnaise.

Le rassemblement se met juste en marche. Cette fois-ci nous allons non pas directement vers le rond-point d’Aussonne, mais vers les rues piétonnes et commerçantes du centre. Nous sommes moins nombreux que les samedi précédents. Mais tout le monde s’accorde à dire que nombreux sont les absents qui ont promis de revenir début janvier aux rassemblements du samedi et sur le rond-point.

Premières halte à la préfecture avec quelques prises de paroles inaudibles au mini-méga-phone.

Quelques drapeaux rouge-blanc-bleu et la marseillaise qui se chante aussi deci delà.

Il y a aussi une minute, non pas de silence, mais d’applaudissements en la mémoire des gilets jaunes morts au cours de ces dernières semaines.

On reprend la marche et on s’arrête devant le commissariat, la porte y est ouverte et certains y hurlent la marseillaise le point levé dans le couloir d’entrée pendant que d’autres seraient allés porter plainte contre Macron et d’autres encore réclamer la libération de gilets jaunes qui ont été arrêtés les jours précédents sur Montauban. Nous sommes plus loin, ça discute à bâtons rompus…

Ensuite, on redémarre vers la place des fontaines d’où nous étions partis plus tôt.

Là, on laisse les personnes qui ne peuvent rejoindre à pied le rond-point d’Aussonne et nous continuons la marche au travers de la ville puis nous nous engageons dans la zone industrielle et commerciale. La circulation est bloquée, nous marchons lentement, les gendarmes à motos ouvrant et fermant le pas. Trois quart d’heure plus tard nous arrivons au rond point d’Aussonne que longe l’autoroute A20. Là nous retrouvons beaucoup de monde, l’ambiance est joyeuse, ça grouille de partout, plein de vie, de discussions, de sourires, de feux de palettes, de traces de gommes brûlées, le rond-point est investi, les voitures sont pour ainsi dire presque à l’arrêt tout autour.

L’autoroute est rapidement bloquée. Pneus et autres objets sont placés en travers des deux voies. Ce qui fait plaisir aujourd’hui c’est que ce sont les camions qui sont directement visés. « Faut bloquer la marchandise ! » Voilà ce que j’ai pu entendre à plusieurs reprises et c’est nouveau… Les camions sont donc bloqués pendant plus de trois heures. Ils sont moins nombreux qu’il y a deux semaines où il y avait plusieurs kilomètres de camions bloqués. Après plus de deux heures, l’autoroute a du être fermée car il n’y a plus ni nouveaux camions ni voitures qui arrivent, ni du sud de Montauban ni de Caussade…

Au centre du rond-point ça discute malgré le froid. On nous offre un bol d’une très bonne soupe aux légumes, bien venue, suivi de raviolis « faits maison », succulents, on se jette un canon et ça discute encore…

De très belles rencontres, de longs coups de gueule, des témoignages poignants, des vies qui se racontent en toute simplicité, le bonheur de les partager, palettes en feu, saucisses grillées, le groupe électrogène qui gueule lui aussi, tables et canapés sous les étoiles – Les flics ont brûlé les cabanes « Élysée I » et « Élysée II » – et toujours ces sourires…

Nous repartons dans la soirée vers la campagne.

Chargés de nouvelles et belles énergie, nous avons vécus ici en quelques heures de vrais et beaux moments…



Le 02.01.2018

Nous nous permettons de publier un message envoyé en commentaire sous l’article présent sur Rebellyon ici : https://rebellyon.info/Acte-VII-compte-rendu-de-la-manifestation-20011 … message qui a été refusé par le site :

Loin de moi l’idée de minimiser l’action des identitaires de droite (ont a les yeux ouverts dans les cortèges !) mais, quoi qu’il arrive , ce mouvement et ces manifestations ne vous conviennent pas : pas assez ceci, trop cela et ce depuis le début. Ne venez pas en manifestation pour en faire un compte rendu pareil. Vous invalidez la présence de centaines de présences à l’aune de votre lecture groupusculaire. Vous êtes incapable de penser une intervention politique saine et vous reprochez votre propre impuissance à tous. Comme cela été dit dans un texte sur la rupture en cours : l’extrême gauche est la « triste voiture-balai » de ce mouvement, elle se bouche le nez dès qu’elle doit se confronter à une altérité radicalement différente : différente de ses lubies, différente de sa composition sociale, de ses perspectives soi-disant « révolutionnaires », de son train-train.

Soyons plus précis, il y a eu de multiples cortèges et nous avons été et avons fait ce que jamais les manifs de gauche vont ou font et ce depuis des décennies : rue de la République, A7, Confluence, Vieux Lyon, etc. Vous n’êtes même pas capables de voir la différence entre les manifs mouroirs habituelles (et celle de l’inter-coordo en était une la semaine précédente) et ce qui se passe. Pour exemple le Vieux Lyon n’appartient à personne et c’est bien votre lecture idéologique qui vous fait le « laisser » à d’autres. Mais la vérité c’est que le moment du vieux Lyon, au milieu de touristes, avec une batucada courageuse à été un moment magique ! Mais votre interprétation plaquée sur la réalité vous fait passer à côté de celle-ci. Dans ces conditions vous serez toujours en dehors du mouvement à moins que votre simple « réussite » à le rallier à votre façon de voir n’en signale sa mort.

Gzavier

  1. Bonjour,

    Nous sommes deux participants aux actions depuis le 17 novembre (que ce soit aux diverses manifestations des samedis ou au rond point de Feyzin et à la réunion de Givors).

    Nous ferions deux remarques :

    – La première par rapport à ce que vous avez fait circuler. Nous éprouvons en effet un certain étonnement par rapport à la consigne que vous semblez donner, selon laquelle il faudrait dorénavant éviter de se retrouver sur la place Bellecour qui serait soi-disant notre propre Champs Elysées alors que la situation géographique et stratégique des deux lieux n’a aucun rapport et que Bellecour a toujours été un centre de regroupement naturel de manifestants, à l’inverse des Champs. D’autre part la tactique des forces de police étant très différente en province qu’à Paris, les encerclements que nous avons pu y subir n’ont jamais été complets et nous avons su, à chaque fois rompre cet encerclement. Nous n’avons jamais non plus été empêchés d’y arriver. On peut même dire que c’est sur cette place Bellecour que nous avons pu nous regonfler le moral quand nous avons imposé le droit de manifester (contre l’avis de certains portes voix autoproclamés) sans autorisation préalable et déclaration de trajet et rompu l’enfermement par notre seule volonté et sans véritable violence.

    – Par ailleurs, le mouvement ne nous semble pas avoir atteint le niveau de clarté et d’organisation permettant de donner des consignes quand on s’aperçoit qu’il n’y a aucun contrôle des initiatives comme on a pu s’en rendre compte le samedi 29. Nous avons ainsi été étonnés de la dernière action sur et contre la banque Rotschild ce dernier samedi 29 décembre de la part d’un petit groupe Facebook (article 35) qui n’a pas motivé son action et nous avons d’ailleurs refusé d’y participer pour ce motif alors que nous avions participé aux actions de la matinée appelé par eux aux alentours de la Part-Dieu et de FR3. Or, la vidéo disponible qui relate cette action montre une profonde ambiguïté de la personne qui se présente ou est présentée comme une forme de représentant du groupe (c’est en tout cas celle qui parle le plus comme cela avait déjà été le cas avec les journalistes de FR3) et qui, à aucun moment ne va expliquer l’action. Par exemple, à la question de celui qui film « Pourquoi une agence Rotschild ? », la personne ne répond pas « parce que c’est la banque dans laquelle travaillait Macron », ce qui était quand même une réponse attendue, mais se perd, sur le fil du rasoir de l’antisémitisme dans des « Rotschild, si les gens ne savent pas ce que ça représente, ce qu’est la famille Rotschild dans l’histoire, ils n’ont qu’à aller voir sur Wikipédia ». Pourtant les plus gros scandales financiers touchant les banques en France ces dernières années ont concerné la Société Générale et le Crédit Lyonnais et non pas la banque Rotschild dont la puissance de frappe en France est bien inférieure à celle de la BNP l’une des plus puissante banque d’Europe.

    Que pensez de ce genre d’action et que vont en penser les médias tant vilipendés le matin, mais à qui on donne le bâton pour se faire battre en étant incapable de justifier ensuite son action devant les caméras ? Vous ne la justifiez d’ailleurs pas plus dans le texte de référence que vous faîtes circuler dans lequel vous insistez lourdement (deux fois) sur la seule banque Rotschild comme si elle représentait à elle seule toute la finance et particulièrement son aspect malfaisant.

    La spontanéité des initiatives a certes constitué jusqu’à maintenant la force du mouvement, mais le mouvement peut-il se passer de principes sur lesquels on ne transige pas ? []