La valeur à toutes les sauces et le capital fictif pour la bonne bouche

La valeur, les théories de la valeur, « l’école critique de la valeur », la « création de valeur », les « valeurs », le plus grand flou artistique règne au dessus d’un concept qui s’est transformé en une simple idée ou même tend à n’être plus qu’un mot. Le résultat en est que les discussions autour de la valeur sont biaisées par le fait qu’il est devenu un mot valise qui emporte toute sorte de contenu en voyage. Il est donc nécessaire de revenir ou de remonter au concept comme nous avons essayé de le faire dans L’évanescence de la valeur, mais sans invoquer la moindre antériorité dans ce travail puisqu’il est le fruit de toute une décantation théorique et historique qui a commencé bien en dehors de nous et dès le début des années soixante. C’est pour cette raison que j’ai adressé cette lettre aux organisateurs d’un débat autour de la théorie de la valeur à partir de la lecture de textes de la revue allemande Krisis et de Moïshe Postone qui en a inspiré nombre de positions1.

Ce courrier a entraîné des échanges avec un des participants au débat (non organisateur), que nous faisons suivre. Lire la suite →

  1. Ces positions sont rassemblées sur le site palim-psao.fr. []

Quelques réactions à la suite de « Not in my name » d’A.Jappe

Ce texte d’Anselm Jappe aurait dû faire l’objet de quelques remarques de ma part (JW) mais les lettres qui suivent montrent que le projet en fut abandonné. Plus d’un an après il m’apparaît utile de représenter tout ça en l’introduisant.

La notion de « masque de caractère » que Marx utilisait ne nous est pas étrangère puisque, très prisée en RFA dans les années 1970, elle fut reprise plusieurs fois au début de Temps critiques, par Bodo Schulze, dans sa perspective d’un « capital automate ». Une perspective que nous avons progressivement abandonnée à partir du n° 8 pour poser la question de la nécessité ou non de l’intervention politique d’une part et celle de la puissance du capital d’autre part, les rapports sociaux d’exploitation ne nous paraissant plus rendre compte de la globalité du processus de domination en cours. C’est une voie que nous avons continué d’explorer, surtout à partir du n°15 et du livre Après la révolution du capital quand nous avons voulu analyser le redéploiement de l’ancien État-nation dans sa forme réseau plus récente au sein de ce que nous avons décrit comme les trois niveaux de la domination du capital. Non pas donc un capital toujours plus impersonnel, mais un capital comme pouvoir pour reprendre le titre du livre de Nitzan et Bichler. Lire la suite →