La beauté capitalisée

Pour la critique sociale portée par les mouvements révolutionnaires historiques, l’art n’a que rarement été considéré comme un terrain de lutte décisif. Si la question des « modes de vie » est toujours restée, aux yeux des militants comme des théoriciens, une dimension politique et morale essentielle, la transformation de la vie quotidienne et notamment son cadre esthétique devait quasi automatiquement accompagner la dynamique révolutionnaire. Bolchevisme et national-socialisme promurent un art d’État qui accroissait leur pouvoir sur la société mais il resta un art relativement séparé des rapports sociaux concrets et quotidiens de la majorité des individus.

Il n’en va plus de même aujourd’hui avec « l’art contemporain ». Les dispositifs, les installations, les interventions dites artistiques qui occupent les espaces privés et publics visent désormais à produire un effet de « sidération » sur le plus grand nombre. C’est là, pour Annie Le Brun, une des opérations idéologiques autant qu’émotives que l’union entre le capital et l’art conduit à grande échelle. Dans son dernier livre, Ce qui n’a pas de prix, elle expose les causes et les conséquences de cette conquête des sensibilités par ce qu’elle nomme une « esthétisation du monde ».

Dans le texte ci-dessous Jacques Guigou analyse les forces et les faiblesses des thèses d’Annie Le Brun. Comme il y a plus de vingt ans, il avait déjà mis en évidence les mutilations de la vie par « le plaisir capitalisé », il désigne aujourd’hui les ravages de « la beauté capitalisée » telle que la dénonce Annie Le Brun. Toutefois, la forte portée politique des nouvelles notions critiques avancées dans Ce qui n’a pas de prix coexistent avec des fluctuations et des incertitudes concernant la question de la valeur.

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Les boîtes noires de l’extrême gauche

Cet échange est né d’une réaction à nos interventions autour des attentats de 2015 à Paris mais quittant le domaine proprement événementiel il s’efforce de poser et discuter les questions du rapport des « révolutionnaires » à la religion, de leur incapacité, qu’ils soient plutôt marxistes ou libertaires n’y changent rien, à comprendre le fait que la religion n’a pas été dépassée par le progrès, le rationalisme, la révolution, mais perdure et nous saute encore à la figure avec l’islamisme militant. C’est que cette question n’a que très rarement été reliée à celle de la communauté humaine. Soit elle était vue du point de vue de l’individu rationnel opposé à toute communauté donc a fortiori religieuse soit du point de vue de classe ne reconnaissant que la communauté ouvrière. Lire la suite →

Plus que l’émancipation, écart et sécession en questions

Dans la correspondance que nous vous présentons ci-dessous s’est d’abord affirmé une interrogation des différentes initiatives, récemment développées, sur l’émancipation. A la suite de différents développements s’est ouvert la question de l’écart ou de la sécession, leurs définitions comme leurs différences, et plus encore…

Bonne lecture

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