Sur une « porte d’entrée » à Temps Critiques

Voici un échange qui pose la question de la « porte d’entrée »,  c’est à dire de ce que l’on peut lire en premier lieu pour aborder les analyses développées par Temps Critiques. Le blog que vous parcourez ici et l’exposition des correspondances suivantes sont une réponse, sûrement imparfaite, à cette question.

Bonjour,

Je vous soumet quelques réflexions :

A mon niveau je réponds à plusieurs questions d’un étudiant qui nous a acheté « Évanescence de la valeur » mais qu’il n’a pas lu… En fait c’est par le dernier texte sur l’échange J.Wajnsztejn – E.Barrot (auteur qui l’intéresse) que des questions émergent.

Mais ce que je note, et c’est un problème récurrent, c’est que je ne sais jamais quel texte soumettre en premier à qq’un qui voudrait nous lire. Je trouve que les textes intermédiaires produit récemment par JW et moi aussi fournisse un bon support. Mais pour l’instant peu de retour même par un copain avec qui je bosse et qui participe à Table Rase (une asso d’autoformation de trotskyste lyonnais). En gros j’ai l’impression que c’est autour d’un réseau de personnes nous connaissant ou nous croisant régulièrement que des lecteurs émergent. Autant dire que je ne me satisfait pas d’un lectorat de proximité.

Mettre en avant la revue c’est bien car certaine avancé y son contenu mais il faudrait voir à donner une porte d’entrée claire aux gens qui butine (expression de bibliothécaire) et donc « goutte » avant de se plonger dans des textes plus complexe, c’est notamment très courant sur internet. Phil un copain qui a un grand intérêt pour nos textes (tout en étant prit par un mémoire de philosophie) m’a fait aboutir à la réflexion que d’une certaine manière imposer tout un corpus pour lire un seul article ne facilite rien. Les gens de l’Intervento m’avaient par exemple demandé pourquoi on ne faisait pas un glossaire dans nos livres, à voir ?

à vous lire
Gzavier


Salut Gzavier,

Le corpus de TC n’est tout de même pas si compact. Il est ventilé en articles aux titres clairs, donc l’approche peut s’effectuer par thèmes d’affinité. Je suis réticent, pour ma part, à la glossarition-indexation qui fige les concepts dans une grille qui semble installée une fois pour toute. Ou alors, chaque concept devra être mis en perspective et en relation avec d’autres, pour ne pas ressembler à une chape de plomb. S’il y a quelque curiosité à l’égard du contenu de la revue, il serait simple d’ouvrir le dialogue avec les lecteurs à travers un blog, selon le schéma auxquels les gens sont désormais habitués. Même si les blogs qui suscitent un tel dialogue sont rares (nous pourrions, quant à nous, compter au moins sur les remarques amusantes et les insultes de notre ami CH), cela peut valoir la peine d’essayer.

Bernard Pasobrola


Bonjour à tous,

La « porte d’entrée » de Temps critiques est certes mal exposée car comme je le disais dans un courrier précédent, nous avons justement refuser de faire des « thèses ». Tout au plus la 4′ de couv de la revue servait de référence minimum. En conséquence de quoi, il est difficile de se faire une idée de la ligne générale et donc de faire du suivisme, même bien intentionné. Mais en dehors du fait que certains d’entre nous se sont opposés depuis le début à toute vulgarisation de nos écrits, je crois que la raison principale de cet état de fait résulte de notre conception même de l’activité critique. A partir du moment où nous énoncions qu’il n’y avait plus de centre théorique ou de refondation (à la « Théorie Communiste ») parce qu’il n’y avait plus de sujet porteur de cette théorie, nous ne pouvions faire qu’œuvre modeste et débroussailler des chemins peu explorés. Si nous sommes arrivés à certains concepts, il n’en demeure pas moins que nous avons des évolutions qui nous font douter de leur portée. Ainsi nous avons pu affirmer en quelques années la notion de « système de reproduction capitaliste » et le fait que le capitalisme n’était pas un système ; que la valeur était essentiellement représentation et en même temps qu’elle était évanescente ; la communisation comme refus de toute transition, mais la critique de la communisation comme fuite en avant devant la question des classes, de la politique et de l’Etat ; une position de retrait type Ecole de Francfort ou Invariance et la nécessité de l’intervention politique ; nous ne pensons plus centrale la contradiction des classes, mais nous continuons à faire des conflits du travail un des ressorts de la mise en crise du capital etc.

Nous n’avons tenu bon finalement que sur la tension individu/communauté, l’inessentialisation de la force de travail et nous sommes actuellement d’accord pour faire valoir les notions de société capitalisée, d’institution résorbée, de fictivisation du capital, d’Etat-réseau et de restructuration mondiale du capital en trois niveaux. C’est à la fois peu et beaucoup.

Je suis d’accord avec Bernard sur le fait que qui veut nous lire trouve là-dedans et sur le site de quoi avancer dans son propre cheminement pour parler comme Camatte, mais ce l’est pas facile individuellement et ça doit passer par une multiplication des échanges. Pour ne prendre que mon côté, j’ai actuellement des questions de Curtis sur apartirdecc, de Max sur le réseaudiscussion, de Pierre M sur journées critiques qui concernent différentes questions sans parler des longs échanges récents avec Coleman. Donc ça existe mais c’est assez dispersé et un blog Temps critiques pourrait resserrer cela. Je suis tout à fait pour sa mise en place, mais ce n’est pas moi qui vais le faire. Everest ?

Toutefois, ceci et ce qu’a répondu BP me semblent plus concerner les personnes déjà actives du point de vue critique que les personnes qui « s’intéressent » (j’en ai pour preuve le courrier que je reçois sur tempscritiques@free.fr et qui est purement technique (demandes d’abonnements ou de renseignement sur des numéros). Nos textes « Interventions » paraissent pourtant fournir de bonnes approches de la mise en pratique de nos concepts dans les luttes ; ils circulent de mieux en mieux si je prends l’exemple « d’oct-nov » et surtout de « résistance et indignation », mais les retours « théoriques » nous restent pour le moment inconnus.

Pour résumer, je pense que le blog interactif serait une bonne chose et peut être pouvez-vous reparlez de tout cela entre les 3 de Montpellier pendant Noël ; je pense aussi que le contenu du n°15 de la revue et particulièrement le premier article qui représente une synthèse et est signé Temps critiques peut servir de réf de base et de questionnements directs ou indirects. Continuer en ce sens me semble d’ailleurs un objectif pour le 16 et c’est pour cela qu’il me semblait prioritaire d’avancer sur la question des réseaux, de l’Etat et de la compatibilité ou non de ces notions avec celle d’oligarchie.

J.Wajnsztejn

 

9 Commentaires for “Sur une « porte d’entrée » à Temps Critiques”

jl darlet

dit:

Au detour d’une recherche web sur « capital fictif » je suis tombe sur votre site . Vos quelques references a mon ami j Camatte m’ont ramene 40 ans en arriere a une epoque ou, jeune ouvrier d’industrie, je tentai de comprendre… J’ai commis a l’epoque quelques textes dans Invariance, dont une severe critique sur le dogme de la loi de la valeur. Jacques a eu du mal a admettre… Cette remise en cause etait une ouverture vers le capital fictif.Une affirmation du depassement d’une domination formelle, du rejet des bequilles. J’adhere a votre ton generalmais j’ai radicalise mon « discours »! A vous lire. Jld

dit:

Bonjour Jean-Louis Darlet,
C’est une bonne surprise de lire ton message. Pas seulement parce tu évoques Invariance et aussi que tu dis partager le “ton général” de Temps critiques, mais surtout parce que tu nous dis avoir “radicalisé ton discours”. Peux-tu nous en faire connaitre davantage sur ta perspective? Peux-tu nous envoyer tes écrits à ce sujet ou nous dire où les lire? Cela nous permettra d’aller plus avant dans l’échange. ”
Jacques Guigou

Jean Louis Darlet

dit:

…Ma vie « intellectuelle » aura été largement marquée par des personnes importantes se prénommant « Jacques »!.. Les échanges que je pourrai avoir avec TC seraient un réveil d’une activité depuis longtemps abandonnée par moi: l’échange des idées, la réponse a des questionnements pertinents sur le monde, autant de choses fortement intériorisées et n’émergeant a l’occasion que sous forme de boutade ou remarque cinglante. Ma « carrière professionnelle » (ma vie!) m’a menée en des lieux de réflexion scandés, bordés, par une profonde croyance en la pertinence de Marx dans sa critique du « CAPITAL ». Cet attachement a Marx ne m’a pas empêché de considérer son oeuvre comme un tremplin, un relais que je devais saisir et porter; Jacques Camatte fut pour moi, ouvrier de l’industrie, un guide, un passeur, que nécessairement je devais un jour quitter, car nos chemins de vie fondamentalement différents ne pouvaient nous mener en un même lieux, sinon a me tirer dans un monde « intellectuel » qui n’est pas le mien. Profondément immergé dans le concret, le « faire », le « construire » qui nourrit ma pensée, mon « intelligence du geste », je n’ai pas perdu de vue le rôle essentiel que joue LA MARCHANDISE sur la vie profonde des « gens » , des peuples et leur culture. De quelques voyages en Egypte, j’ai tiré par exemple l’image d’une immense vague de marchandises (chinoises pour la plupart) au fort contenu de valeur d’usage aux yeux du peuple, allié a un très faible contenu de Valeur pour le Capital, qui déferlait sur un monde déchiré entre culture et agriculture traditionnelles d’une part, et consommation effrénée dans la mesure des pauvres moyens dont disposent les gens d’autre part. Ce désir de consommation sans les moyens de la consommation devait fatalement mener a la révolte, d’autant que LA MARCHANDISE véhicule sa propre idéologie révolutionnaire: LA DÉMOCRATIE! J’ai été heureux de lire a ce sujet que J.Wajnsztejn parlait de « Mai 68 » égyptien , alors que, au moment de cette révolte, lors d’un échange téléphonique avec un ami directeur d’une revue sur le moyen orient , je lui disais sous forme de boutade que ces jeunes faisaient leur propre « Mai 68 »! (Je noterai ici que pour moi le « Mai 68 » de l’époque n’était qu’une crise de représentation, un ajustement idéologique de la représentation qui permettrait de mieux s’approprier la réalité nouvelle des rapports humains que le Capital avait nouvellement tissé). Recentrer le débat sur la marchandise est pour moi essentiel, surtout en regard du changement climatique qui pourrait entraîner l’Humanité et bien des espèces a leur perte définitive!Le réchauffement climatique d’origine humaine n’est dû qu’a la PRODUCTION des marchandises, au TRANSPORT des marchandises et a la CONSOMMATION des marchandises… Ce même réchauffement n’est-il pas porteur d’une nouvelle espérance pour la MARCHANDISE?A vous lire, JLD. (Jean Louis DARLET)

Jean Louis Darlet

dit:

PS: La Marchandise dans Ce monde, comme pour « Le Capital » de Marx, est peut-être une bonne « Porte d’entrée »
a une critique radicale…

JLD

dit:

Bonjour,
Centrer l’activité critique contre la marchandise est-elle une bonne « porte d’entrée » ? Pas si sûr.
À la lumière de l’histoire de ces vingt dernières années, tant sur le plan des luttes que sur celui de la théorie, les interventions contre la marchandise ont fait long feu et se sont retrouvées dans des impasses. Impasses politiques des mouvements altermondialistes (cf. le mot d’ordre des contre-sommets du G20 : « Le monde n’est pas une marchandise ») empêtrés entre un insurrectionnisme activiste et des alternatives localistes. Impasses théoriques des revues et des groupes dits de la « critique de la valeur » (cf. A.Jappe « Les aventures de la marchandise ») qui n’ont pas perçu l’évanescence de la valeur comme représentation et sa domination par le capital devenant société capitalisée.
Pratiquement depuis ses débuts, en 1990, Temps critiques s’est attaché à comprendre les profondes transformations du capitalisme et à tirer les conséquences de ce que nous avons désigné il y a une dizaine d’année comme « la révolution du capital ». Pourquoi la dialectique des classes n’opère plus ? Quelle sont les conséquences de la disparition de l’identité ouvrière, de la culture ouvrière et de la conscience de classe ? Pourquoi la suppression massive de travail humain n’a pas entraîné une baisse des taux de profit ? Pourquoi le capital fictif n’est pas une «dérive économique » mais constitue le moteur de la dynamique du capital? Pourquoi tous les « mouvements sociaux » depuis les années 70 ont-ils trouvé leurs limites sur la question de l’État ? Peut-on encore rechercher un « sujet de la révolution » ? Le cycle historique révolutions/contre révolution est-il achevé ? Les techno-sciences, les bio-technologies, les puissances « connexisnistes », ont-elles formé une « seconde nature » pour homo sapiens ?
Sur ces questions et quelques autres, toutes les interprétations marxistes de Marx (aussi bien léninistes que gauchistes ou qu’ultra-gauche) ayant échoués, tous les programmatismes étant devenus caduques, nous avons cherché, avec d’autres, à tirer les conséquences de cette « rupture dans la théorie de la révolution » pour parler comme les courants dits « communisateurs ».
Mais laissons les étiquettes et partons d’une entrée plus concrète : ces égyptiens du peuple submergés par les marchandises chinoises que tu as observés lors de tes voyages là-bas et dont tu dis qu’elles ont pour eux un « fort contenu de valeur d’usage » alors qu’elles n’auraient qu’un « très faible contenu de valeur pour le capital » ; ces égyptiens ont-ils été conduit à la révolte « par le désir de consommation sans les moyens de la consommation » comme tu l’avances? Pas sûr.
Même si quelques régions d’Égypte restent majoritairement rurales, même si des jeunes insurgés de la place Tahrir ont utilisés les réseaux sociaux pour se rassembler et lutter, dans ce pays comme ailleurs dans le monde, cette distinction des deux valeurs n’opère plus. Le « travail abstrait » coagulé dans la marchandise, puis dans l’échange, n’est plus la substance de la valeur. L’exploitation du travail vivant n’est plus essentielle à la dynamique du capital. La forme-valeur (cf. Chap. I du Capital) n’organise plus les rapports sociaux.
Dans sa fuite en avant nihiliste et catastrophique, dans son procès de totalisation (non totalitaire), le capital domine la valeur. La place me manque ici pour développer l’argumentation de ces thèses. Elle se trouve sur les textes du site de Temps critiques. Sur la question de la valeur, tu peux trouver des éléments dans la rubrique « autres textes ». Je peux aussi t’envoyer le fichier du livre « L’évanescence de la valeur ».
Ceci dit, les luttes de type alternatif contre la capitalisation des activités humaines, telles que la conquête d’espaces de gratuité, le système d’échange local (SEL), les monnaies fondantes, les énergies durables, les habitats éco-bio, les AMAP, etc. constituent pour nous des modes d’action importants et nous y participons. Nous ne dissocions pas alternative et révolution mais nous les relions.
Un dernier mot à propos du soulèvement en Egypte et de sa désignation comme un « Mai 68 ». Même en faisant abstraction de la différence d’époque, les analogies entre les deux mouvements ne sont pas si nombreuses. Les seules qu’on peut percevoir sont de type paroliste et assembléiste : libération d’une parole collective qui donne à l’individu une place primordiale d’une part, pratique de l’assemblée générale et de la gestion directe de l’action d’autre part. De ce point de vue, les insurgés de la place Tahrir ont bien commencé un mouvement historique puisqu’ils (et « elles », les femmes, dans un moment bref) se sont organisés sur les modes d’action des dernières révolutions « prolétariennes », celles du cycle historique qui s’est achevé avec Mai 68 et le « Mai rampant italien ». Un « bon début » donc puisqu’ils renouaient — plus ou moins explicitement d’ailleurs — avec le fil historique des révolutions du cycle précédant. Mais les forces étatiques, religieuses et le contexte mondial ont très vite conduit à la répression et à l’étouffement du mouvement.
A suivre
JG

Henri

dit:

Bonjour Jean-Louis , Jacques ,…
Au fil d’une recherche sur la toile sur le  »Capital Fictif » …que je fait assez régulièrement …
J’ai aussi dans ma vie été fortement marqué par des êtres nommés Jacques et Jean Louis , je suis Henri … Non ce n’est pas une blague ! le troisième laron .. d’Invariance de ces années.
J’ai été des 3 qui ont tenté de comprendre et de formaliser dès 1971 les déterminations essentielles de la nature concrète du ca^pital et du dépassement de cette domination formelle esquissée par Marx .Très attaché à cette intelligence du geste ,dont parle Jean-Lous ,qui ne peut trouver de réalité qu’au sein de la transformation du réel , et donc au coeur de ce qui constitue cette communauté humaine et de sa praxis , j’ai avec ma compagne Claudie ( qui ne peu être exclue de ce début de synthèse comme nos enfants plutard …) fait fondre le texte dans le geste , et poursuivi notre démarche qui devint plus loin assez rébarbative aux autres .
Invariance eu du mal … .
L’éloignement progressif fut la rançon de l’autolimitation que certains s’imposaient …. ou subissaient …
Les exigences forgées ne poursuivaient que le refus de l’autonomisation du concept . Quelques décennies aprés l’apparition de Jean Louis D. dans les commentaires de votre blog est pour nous un signe … et nous en remercçions fraternellement les collaborateurs de T.C. que nous n’avons pas encore découverts .
Bonjour Jacques ,
Centrer l’activité critique contre la marchandise est-elle une bonne « porte d’entrée » ? en effet , Pas si sûr.
Nous nous sommes aventurés dans ses sphères où le Capital dans ses manifestations éthérés mais emminenment concrètes se joue de ses formes antédéluviennes qui fascinent tant les hommes ,au point même ceux qui se croient bardés de la puissance critique n’en finissent pas de se battre contre des chimères (les formes manifestées).
L’autonomisation du capital échappe maintenant à la vue , grace à l’anthropomorphisation de celui-ci qui guide les référentiels cognitifs de tous et constituent nos abimes personnels .
Nous allons prendre connaissance de vos travaux .
et vous remerciant pour cette rencontre …
Henri

Jacques Guigou

dit:

Bonjour, Henri,
Décidément, le site et de blog de Temps critiques engendrent des rencontres qui nous placent dans des continuités et des ruptures par rapport au passé, au présent et, espérons-le à l’avenir. A la suite de la lettre de Jean-Louis Darlet, nous avons fait un retour sur les thèses d’Invariance du début des années 70 en les reformulant et en les mettant en rapport avec les analyses de Temps critiques des années 90 et 2000. Cela a donné un texte intitulé « Quarante ans plus tard : retour sur la revue Invariance »; Comme cet écrit est un peu long, nous l’avons placé sur le site de la revue, ici http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article301
Il me semble qu’il peut constituer une base de départ pour une discussion.
Qu’en penses-tu? Qu’en pense Jean-Louis D.?
Jacques

Henri

dit:

, mais j’ai été pas mal à la bourre … et fatigué…
Bien évidemment , un contact me semble judicieux.
Je ne peux répondre pour J.L. Mais ….
Votre travail sur  »Quarante ans plus tard … » est assez remarquable de précision et de pertinence …Avec quelques oublis toutefois déterminants pour la suite des espaces de sens rencontrés ou peut-être à découvrir. Mes orientations se sont sensiblement infléchies sur la base de la poursuite du dépassement organiquement impératif des dualités produites en constance par le Capital .Dualités dont certains d’entre vous ont bien perçu la puissance d’enfermement potentielle .
J’essaierais de vous donner quelques jalons pour engager
une discussion .
bien à vous
Henri

Jean Louis Darlet

dit:

Bonjour

Je suis entièrement responsable d’avoir commis l’article: »Au-delà de la valeur, la surfusion du capital »
Ceci devrait préciser ma position d’alors quand au capital fictif, la démonétisation de l’or, le dollars comme référence a une valeur( « evanessante »?), la loi caduque de la valeur, la valeur en tant que représentation etc… Les lettres et leurs extraits que vous citez ne sont que de brefs moment de la réflexion en marche et ne constituent aucunement des positions théoriques définitives a cette époque.

Ma réflexion actuelle marque une différence épistémologique fondamentale par rapport a vos travaux. Le fondement de ma critique partira toujours de la vie réelle des gens, essentiellement leurs activités objectives par quoi ils se manifestent au monde et se l’approprie. Le Capital, fut-il fictif, trouve sa vérité, sa justification, sa preuve du pouding, au contact de l’humanité, avec l’échange entre lui et les hommes.

Hegel aurait sans doute montré une contradiction dans ces deux manifestations phénoménales du Capital et de l’humanité, mais n’en aurait-il pas donné leur vérité?
« Ces formes ne sont pas seulement distinctes, mais encore chacune refoule l’autre, parce qu’elle sont mutuellement incompatibles. Mais en même temps leur nature fluide en fait des moments de l’unité organique dans laquelle elles ne se repousse pas seulement, mais dans laquelle l’une est aussi nécessaire que l’autre, et cette égale nécessité constitue seule la vie du tout. » (Préface a la phénoménologie de l »esprit, Aubier Montaigne, page 6)

Désolé de citer Hegel mais, au temps de ma jeunesse dévoyée n’ai-je pas, toute honte bue, affirmé que le Capital réalisait la philosophie de Hegel?.

Très cordialement.
JLD

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