Journal de bord autour du mouvement des Gilets jaunes

Notes et retours autour et sur le mouvement des Gilets jaunes au jour le jour, ou presque…


 

 
Journée du 14 décembre 2018 vécue côté lycéen

Au rendez vous habituel des lycéens de la presqu’île à Ampère-Bourse dès 8H du matin, environ 300 personnes : tension immédiate jet de projectiles divers contre grenades lachrymo en nombre. Atmosphère difficilement respirable d’Hôtel de ville aux Cordeliers. Certains manifestants se réfugient dans des magasins comme le petit Auchan. Un blessé aux côtes par une grenade (de grosses capsules grises au lieu des noires habituelles). Nous reculons par la rue Neuve jusque vers St Nizier. La police nous poursuit. Nous sommes encerclés à la hauteur de la rue des Farges, mais la police laisse un passage pour rejoindre la rue de la République ; la manifestation se disperse alors et une partie passe par le pont Morand avec blocage momentanée du quai Gl Saraï. Deux minutes plus tard, une dizaine de camionnettes des forces de l’ordre traverse aussi le pont et libère ses policiers. Nous ne sommes plus que 150 environ. Certains manifestants descendent sur le bas port pour ne être nassés.

A partir de là la dispersion est plus importante, il ne reste que quelques petits groupes. Les « baqueux » interviennent matraques au vent et coursent tous les lycéens en train de courir, ignorant ceux qui restent de côté. Un groupe est contrôlé, mais parmi ceux qui ont réussi à échappé au contrôle, un lycéen subit une balayette et est arrêté. Il sera libéré le soir.

Un petit groupe franchit alors à nouveau le pont Morand et ce sont les CRS cette fois qui les poursuivent en courant. C’est là qu’un des lycéens, de St Exupéry, apparemment ciblé par la police, est rattrapé et subit une balayette, est projeté au sol avant d’être arrêté. Tout cela se passe entre 9H et 10H. Il doit passer en comparution immédiate demain matin pour caillassage.

Le reste des manifestants se regroupe vers le lycée Edouard Herriot, une grosse centaine de lycéens décide de rejoindre la manifestation de 11H30 à Jean Macé, par petits groupes pour éviter toute nouvelle arrestation.

Au départ, presque personne quand nous arrivons vers 11H. La manifestation va faire ensuite le plein, mais petit à petit. Elle démarre avec trois quart d’heure de retard. Une certaine confusion au départ quand des jeunes (lycéens ou étudiants) empruntent des drapeaux à une CGT apparemment toute contente de son succès. Mais elle déchante rapidement quand elle s’aperçoit que les jeunes enlèvent les drapeaux pour ne garder que les piques. Le service d’ordre de la CGT intervient alors et récupère sans incident apparent les fameuses piques.

La manifestation plan-plan habituelle peut commencer, même si nous nous sommes regroupés plutôt en tête de la manifestation, sans pour cela faire véritablement « cortège de tête ».

Lelio

Ce qui est exaspérant dans ces manifestations syndicales, en plus du contenu des slogans, c’est le fait d’empêcher tout rythme de la manifestation, de casser toute intensité, toute volonté de confrontation, de ralentir alors qu’il faudrait accélérer ; de se complaire dans la mollesse et le contentement de soi. C’est en revanche le point commun des gilets jaunes et des lycéens de vouloir au contraire toujours accélérer y compris sans attendre ceux qui sont en retard (qu’ils se débrouillent, qu’ils mènent des actions ailleurs car il ne s’agit jamais de faire nombre ou masse), alors que les syndicats espèrent toujours que le retard grossira les rangs. Pour GJ et lycéens, c’est en quelque sorte une course de vitesse qui est menée contre les forces de l’ordre, les médias, les habitudes.

J. et L.

 



 

Lyon :

lundi 10 décembre, incidents toute la matinée dans le centre de St Etienne avec les habituels jeux au chat et à la souris avec des manifestants très mobiles. Quelques interpellations.

mardi 11 décembre, rassemblement de lycéens devant le lycée Ampère-Bourse pour un blocus des cours à 8H. Blocage de la porte centrale jusqu’à intervention de la police. La petite centaine de présents se met en position de sit in avant de recevoir l’ordre de dégager par la police. Peu à peu, les lycéens de St-Exupéry et de Diderot descendent de la colline pour rejoindre Ampère qui, depuis deux semaines est devenu le point de départ des manifestations de la presqu’île. Des lycéens d’Ampère-Saxe sont aussi là comme ceux de Colbert. Présence d’un nombre relativement important de lycéens de la JC. On est environ 400 quand la tension monte parce que la police veut dégager la rue qui est bloquée et n’arrête pas de vouloir nous déplacer. Quelques œufs, cailloux et bouteilles commencent à voler ; résultats : gazage plus quelques tirs de flash ball La manifestation reflue où après de nombreux détours et blocages du tramway avenue Berthelot, passage devant Colbert qui semble un lycée mort,  nous arrivons vers 11 H au Rectorat. Face à face avec la police qui nous attend. Tension, mais pas trop. Des manifestants discutent avec des policiers, pendant que certains entonnent « tout le monde déteste la police », enfin domine le « une seule solution, la révolution » scandé de nombreuses fois avant que La Marseillaise ne retentisse !!!

Lelio

Pendant ce temps, au rond point de Feyzin une Pussy riot qui avait troublé la finale de la coupe du monde à Moscou, de passage à Lyon, est venu se rendre compte par elle-même de la nature et de l’ampleur du mouvement. Après des discussions qui se déroulent en anglais (!), elle affirme son soutien au mouvement de résistance

J. (info Le Progrès)

 



 

Tarare/Anse/ Villefranche

Voilà ce que j’ai vu et ressenti samedi:

Tout d’abord j’ai voulu allez sur Tarare pour allez voir à un des ronds points qui est à la sortie du péage gratuit, où celui ci est aménager en petite maison faite en palettes pour rencontrer, parler avec les personnes présentes. Je me suis présenté avec du café à 7h mais personne à mon arrivée en faite le rdv était fixé à 9h . Dans cet endroit les gilets jaunes dorment le samedi matin alors que les jours de semaine ils sont présents vers 6h30. Donc retour à la maison..

Je suis allez sur Villefranche (quartier de Beligny) de 14h00 à 17h30 sur la route à Anse sur un des ronds points , beaucoup d’hommes tout âge présents qui font un léger ralentissement de voitures , on se croirait un peu au “Tour de France” quand les personnes encerclent les cyclistes sauf que là ce sont les voitures. Plusieurs panneaux “ répartition des richesses; Macron démission”
J’arrive sur le quartier de Beligny où les gendarmes mobiles sont bien présents + drone au dessus de nos têtes . Les gendarmes bloquent l’accès à l’Autoroute, paraît t’il depuis ce matin .

La Zone Commerciale de Décathlon et plusieurs grandes enseignes est éteinte , l’ensemble des magasins ont baisser leur rideau. Pas de société de consommation aujourd’hui à 3 semaines de Noël . On est une centaine sur ce rond point (beaucoup de femmes des tranches d’âge très variés, pas beaucoup de jeunes , quelques habitants du quartier sont en bas des bars d’immeubles le long de l’avenue les CRS sont sur le parking. Le blocage des voitures est plus présent il y a plus de ralentissement mais aucune agressivité de la part des gilets jaunes.

Sur les 3 heures où je suis resté , il y a eu une charge des CRS avec gazage nous avons pu nous rapatrier et bloquer l’avenue Edouard avec des barrières de chantier , à ce moment là on était une vingtaine, l’essentiel des autres personnes préférant laisser passé les CRS sur le rond point de blocage . Pas de blessés graves, 2/3 gars ont pris des coups de matraque . Sur ce moment difficile de discuter , beaucoup de petits groupes qui restent ensemble j’y ai retrouvé un pote qui faisait partie du projet de départ de la Ruche .

L’ambiance est tendue liée à la présence des CRS et je ressens un sentiment d’étrangeté que viennent précisément défendre comme -projet de société- les personnes autour de moi .

Autant dans une manif/rassemblement on sait plus ce qui nous lie; là c’est plus compliqué ; mais contrairement aux manifs/rassemblements beaucoup de personnes en voiture klaxonne et soutienne le mouvement . Vers un magasin, une mère de famille me dit avec un sourire que sa fille de 7 ans veut être un gilet jaune..je n’ai pu que lui répondre avec un sourire…

On me dit que les péages sont ouverts notamment par l’Etat qui a négocier cela avec les sociétés qui gère les péages car ces sociétés peuvent ainsi se faire rembourser par l’Etat leur manque à gagner… information à vérifier.
Je n’ai croisé aucun militant (des orgas,collectifs) de Villefranche durant cette après midi..

R.



 

Apport sur le 8 décembre lyonnais

Une vidéo : https://youtu.be/xzGWzhk_Q2k

Et un témoignage :

Arrivé aux alentours de 14h à la Guillotière, la tension était vive entre les forces de l’ordre et les manifestants. Les premiers bloquant l’accès au pont et devant l’impossibilité d’avancer, il fallut rebrousser chemin le long du quai Claude Bernard vers les universités. Puis un groupe commença à traverser le pont de l’université suivi d’autres vagues de GJ. Quelques CRS se trouvait de l’autre côté du pont et nous pensions avoir de nouveau affaire à un barrage mais ces forces de l’ordre ne bloquait pas tout le flux et nous pûmes passer par la droite dans un passage étroit sans heurts ni accrochage. Nous suivîmes la direction de Bellecour et arrivés sur la place, nous fîmes la jonction avec ceux déjà présents dans une ambiance festive. Une fois tous rassemblé, le cortège se mit en marche rue de la République en direction de l’Hôtel de ville. Arrivée sur la place de la comédie, les manifestants en recouvrirent toute la surface. Quelques appels « macron démission ! » retentirent et chacun resta en mode « on occupe la place ». A un moment, les esprits s’échauffèrent. Après un refus du garde de les laisser entrer, des jeunes qui se trouvaient près des grilles de l’Hôtel de ville commencèrent à les secouer violemment. Au bout de quelques minutes, elles cédèrent et la porte s’ouvrit ! Aussitôt, certains rentrèrent en courant. Aucun GJ ne les accompagna dans cette escapade qui se termina aussitôt par une course poursuite en sens inverse avec les gardiens de police. Une fois les protagonistes dehors, les grilles furent refermées.

A partir de là, la réplique fut radicale. Pendant que des GJ s’était agenouillés en scandant : « Mantes la jolies, on n’oublie pas ! », un groupe de CRS arriva par la rue Joseph Serlin et se mit à lancer des bombes lacrymogènes sur toute la place. Le résultat fut que tout le monde détala sur les côtés puis des camions de gendarmerie arrivèrent en force suivis de nouvelles équipes de CRS et en dix minutes, la place était quadrillée et bouclée.

J.M.



 

Paris, 9 décembre 2018

Bonjour,
De retour de Chine, j’ai été aux différents lieus de manifs samedi à Paris. A République, mélanges d’écolos et de gilets jaunes qui oont participé à la même manifestation pour le climat. Beaucoup de ceux qui portaient des gilets jaunes étaient aussi des gens qui ne manifestaient pas pour la première fois (des syndiqués, etc.), il y avait aussi pas mal d’écolos en gilets jaunes. Il y avait énormément de flics qui bloquaient et qui ne permettaient beaucoup de débordements. Assez grosses manifestation quand même.
Je me suis rendu ensuite sur les Champs, Grands-boulevards, etc. Tout était bloqué mais il y a eu pas mal de dégâts du côté de l’Opéra (magasins), pas d’agressions de riches comme on l’entendait parfois. Là aussi les gilets jaunes que j’ai vus ne correspondaient pas à l’image que que l’on donnait d’eux. La plupart des gens avaient déjà participé à des mouvements comme le montrait leur façon de parler, les comparaisons qu’ils faisaient, etc. Les destructions ont été le fait de jeunes de banlieue et de quelques black blocks. Pas vu de gilets jaunes. Pas vu non plus beaucoup de drapeaux français. Très peu même, un peu de Marseillaise quand même.
Mais on est à Paris.
On  a vu comment la stratégie de la peur avait été assez bien organisé. Des tas de bruits sur les 10 à 30 morts qu’il y aurait dans la journée, les riches qui seraient lynchés, etc. Dans les quartiers du sud de Paris c’était la panique, les gens disaient faire leurs courses rapidement pour rester le week-end calfeutré chez eux. Tout cela a été repris par la presse internationale. Des copains chinois et italiens m’ont fortement conseillé de rester chez moi, que c’était le chaos partout.
Au total, je n’ai pas vu plus de destruction que pour n’importe quelle manifestation du printemps dernier. Les lieux ont changé mais le résultats est à peu près le même.

J-L

 



 

Lyon, journée du samedi 8 décembre (compte rendu non exhaustif).

Manifestation pour le climat le matin, très fournie. Des Gilets jaunes puisqu’ils ont été invités, mais pas en très grand nombre car ils mènent conjointement des actions dans la ville. A 12H les forces de l’ordre empêchent le passage sur la presqu’île où doit se tenir la manifestation des Gilets jaunes. Les organisations écologistes et vertes jouent leur rôle en donnant la consigne de se répandre sur le bas port comme pour un pique-nique, d’autant que la manifestation de Bellecour est dite interdite, mais progressivement une part non négligeable des 7-8 mille manifestants pour le climat vont emprunter les autres ponts que celui de la Guillotière qui est bloqué. A 14H, la foule grossit ; il arrive aussi des Gilets jaunes de tous les côtés. La manifestation part rue de la République au milieu des touristes de la fête des lumières.

La foule grossit, peut-être 5000 personnes et se dirige vers l’hôtel de ville par la rue de la République. Elle bifurque et en passant par les Terreaux rejoint les quais de Saône puis les Gilets jaunes poussent à un passage sur l’autre rive du Rhône. Pour certains l’objectif est la préfecture.

Mauvais choix tactique parce que nous nous trouvons en plein après-midi à découvert dans un no-man’s land où il n’y a quasiment personne à part nous. On ne peut passer et ce sont les premiers gazages. Nous repassons sur la presqu’île, Bellecour puis à nouveau l’Hôtel de ville ? Cette fois la tension monte et très rapidement les portes en fer de la mairie cèdent sous les coups et s’ouvrent. La police riposte et referme les portes. Une cinquantaine de Gilets jaunes se mettent alors en position « lycéens de Mantes la jolie », mais riposte immédiate et disproportionnée ils sont gazés.

 Nous reculons et retournons direction Bellecour où un jeu du chat et de la souris commence entre la police et nous. Des unités mobiles sont en place et les gendarmes mobiles se positionnent en haut de la place Louis Pradel. Nous refluons sur Bellecour sous les gaz. Touristes et personnes âgées dégustent et on les aiguille dans les petites rues, mais nous sommes moins nombreux et on remonte sur Bellecour qu’on occupe à nouveau. Nouveaux gazages. Des gilets jaunes jouent avec des installations de la fête des lumières et tout à coup la décision est prise, on ne sait par qui, mais appliquée par la police, d’éteindre toute les lumières de la place et de l’interdire au public.

Chose essayée mais impossible à tenir, nous la réinvestissons ainsi que le coin du métro à côté du Mac Do. De plus en plus de lascars nous ont rejoints. Ils ne pillent rien, mais provoquent un peu comme par jeu. La police riposte maladroitement en repoussant à l’aide de bouclier deux femmes qui manifestaient. La tension monte, les premiers jets de bouteilles ou autres commence et la police lance grenade sur grenade pour dégager l’espace, nous nous replions à grand peine le long de la rue de la République en direction de la place des Jacobins. Toutes les barrières de triage de la fête des lumières sont descendues ou installées en obstacle pour empêcher l’avancée de la police. Mais soudain, il est 18H30 elles attaquent par les unités mobiles. Quelques arrestations. De fait nous nous disloquons.

Mais ce n’est pas un échec, il y a eu un grand nombre de personnes de la manifestation pour le climat qui ont rejoint la manifestation Gilets jaunes, ainsi que pas mal de gens qui jusque-là restaient méfiants par rapport au mouvement. Beaucoup de discussions, mais toujours aussi peu d’organisation. De mémoire de lyonnais, c’est la première fois que la fête des lumières a été troublée de cette façon. Même en décembre 68 quand nous avions décidé de troubler le caractère religieux de la fête et avons cru, dans le sillage de Mai, que la chose serait facile, nous avions lamentablement échoué devant la masse de forces de police déployée et la stupeur des promeneurs de la fête qui nous prenaient pour des zombis alors que là ce n’était pas du tout le cas. Tout le monde était au courant même si tous n’était pas d’accord.
J.

 



 

Lyon, vendredi 7 décembre

Premier rassemblement pour les lycées du centre au lycée Ampère. Une centaine d’élèves des trois lycées de la Croix-Rousse qui avaient décidé de se concentrer tôt le matin sur le lycée Amère, plus facilement blocable, se fait gazer dès 7H20. Heurts physiques entre deux lycéens et deux policiers. Pas d’arrestation, mais premier gazage. Des pentes de la Croix-Rousse les élèves de Diderot haut et Diderot bas ainsi que ceux de ST-Exupéry nous rejoignent. Des élèves des différents lycées villeurbannais et de Décines arrivent vers 9H avec d’autres de St-Just et défilent à environ 2000-2500 sous l’arche du lycée. A 9H30 tout le monde arrive vers Jean Macé, environ 3 à 4000 élèves avec le renfort des élèves du 8ème arrondissement et de la banlieue Est. On se fait à nouveau gazer, avant de se diriger vers Saxe-Gambetta où se produit le plus gros gazage. Dispersion et direction place Guichard, but initial de la manifestation. Il y a eu un peu de perte d’élèves car la manifestation s’est effritée mais nous restons nombreux (2000 ?) sur la place où les CRS barre le passage et finalement tout cela se traduit par un nouveau gazage et l’installation d’une nasse qui laisse toutefois une voie de sortie et un passage pour entrer dans la Bourse du travail où est prévue une AG sous haute surveillance syndicale des adultes qui ont « offert » la salle. Quelques chiens policiers sont aussi sortis des camions, on ne sait trop pour quel usage. Mais il n’y a pas de tabassage, visiblement les flics n’ayant pas reçu les mêmes ordres qu’en banlieue.

L’AG est pleine à craquer, mais alors que ce sont les élèves des lycées périphériques qui sont les plus actifs dans la lutte depuis 8 jours, ce sont ceux qui sont le moins tentés d’entrer dans la Bourse et de participer à l’AG. Cela a une conséquence directe sur la tenue de l’AG où les lycéens deslycées de centre-ville sont les moins enclins à vouloir rejoindre les Gilets jaunes demain faisant valoir leurs valeurs et en avant d’entonner cette bêtise italienne du Siamo tutti antifascisti qui tombe chaque fois comme un cheveu sur la soupe.

L’intervention la plus intéressante est celle d’une jeune fille (voilée) qui tient à peu près ce langage : peu importe la présence chez les Gilets jaunes, de fascistes, racistes, homophobes, croyants de différentes religions, ce qui nous réunit est plus fort que ce qui nous sépare à partir du moment où nous faisons confiance au mouvement, à sa capacité à nous transformer. Chapeau !

Des propositions de blocage général pour la semaine prochaine et surtout à partir de mardi où une grève des enseignants semble se profiler, sont avancés, mais sans qu’une coordination se mettent véritablement en place. En gros, le mouvement lycéen reste dans la même phase que celui des gilets jaunes. La spontanéité avant tout.

A noter que quelques enseignants, surtout de la banlieue, ont accompagné leurs élèves jusqu’au rassemblement de centre-ville. Par contre, dans certains lycées du centre, des enseignants ont plutôt joué le rôle de chien de garde de l’établissement, comme à Ampère, en campant devant les entrées.

Lelio et J.

 



 

A Lyon,

-Jeudi 6 décembre

Blocages de lycées. 33 interpellations surtout regroupés après les affrontements dans le 8ème arrondissements autour de plusieurs lycées généraux, techniques et professionnels. Tous les lycéens interpellés sont inscrits en lycée. Comme chez les Gilets jaunes, le « casseur«  n’est pas un Ovni.

J.

 



 

De Belgique

Bonjour,

C’est un exercice difficile que tu me demandes. Je suis tellement débordé que je n’ai pas encore réussi à lire votre analyse mieux qu’en diagonale. Je crois en partager l’essentiel, je reviens vers toi si j’ai des remarques critiques.

Dimanche passé, 75 000 personnes prenaient la rue pour défendre le climat dans une grande marche citoyenne consensuelle, soutenue par les autorités. Autorités qui se sont empressées de… se montrer timorées à la COP24, ce qui a le don d’en énerver certains1. Mais est-ce que ce sera au point de sauter ce qui semble être un profond fossé sociologique et faire le lien avec les gilets jaunes ?

Vendredi passé, ambiance bien différente, les gilets jaunes appelaient à venir manifester à Bruxelles. C’était un moment assez fort2, d’autant plus qu’on est plutôt habitués aux défilés bien policés par ici. Il y avait relativement peu de personnes, quelques centaines seulement, mais bien plus déterminés que les gens qu’on croise habituellement aux diverses manifestations. Ça a aussi pété à Charleroi, mais je n’ai pas d’info particulière sur le sujet.

Il est difficile d’y voir clair, car les mouvements semblent très spontanés et hésitent entre rejet total de la politique et rencontre avec le Premier Ministre3, listes de revendications (de gauche d’ailleurs)4, ou encore volonté d’aller aux élections fédérales à venir5.

Au niveau des forces politiques organisées, le parti NATION, un groupe de fachos qui balance entre les élections et l’agitation de rue, est très présent dans les rassemblements, mais pas de façon ouverte : ils viennent avec des drapeaux belges et wallons, lancent des slogans, se mettent au premier rang mais ne semblent pas assumer leur appartenance partisane. À voir s’ils seront encore acceptés ce samedi ou s’il sera possible de les dégager.

Les gauchistes étaient eux totalement absents vendredi passé. Bien qu’entre eux, ils se disent qu’ils devraient soutenir, ils ont trop peur de se mouiller, trop peur de sortir de leur zone de confort, trop peur de la récupération d’extrême droite, trop peur des « gueux ». Mais ça bouge ! Le « front social », un regroupement d’associations et syndicats se réunissaient mercredi soir6 et des trotskistes appelaient à une discussion jeudi7. Un premier appel à manifester est sorti sur facebook8 avec des revendications de gauche, et le « front social » appelle à rejoindre les gilets jaunes ce samedi9. Fait exceptionnel, ils demandent « à chacun-e de respecter la volonté d’indépendance des Gilets Jaunes, de venir sans couleur politique et sans intention avant-gardiste. ».

Par ailleurs, il y a quelques initiatives antiautoritaires pour s’impliquer concrètement dans les mouvements, faire des blocages, des actions, aller aux rassemblements et y apporter des éléments de critique anticapitaliste, antiautoritaire, antinationaliste, antisexiste, contre le travail, ou sur les limites de la « non-violence » et des revendications, etc. On verra bien si ça réagit positivement ou non.
à mes yeux, tout ça reflète des évolutions importantes, notamment sur la perte d’emprise des syndicats, pourtant encore très forts en Belgique. Mais il va falloir plus de temps pour analyser ça sérieusement.

Amicalement,
Lukas

 



 

Mardi 4 décembre dans les lycées de Lyon et région.

Dix lycées concernés par les actions. Nombreux heurts avec la police : 19 interpellations et trois blessés chez les policiers, un à Bron devant J-P. Sartre, un dans le 8ème arrdt vers La Martinière-Montplaisir. Des postes de police municipaux attaqués par des lycéens de Faÿs et de Brossolette et blocage momentané du cours Tolstoï.

Caillassage contre la police devant Condorcet (St-Priest) et véhicules incendiés à Vénissieux (Marcel Sembat et J. Brel).

Des incidents à la Croix-Rousse à hauteur de la place Rouville et du lycée Diderot ou une voiture C3 est déplacée en travers de la chaussée pour bloquer les bus. Incidents aussi à Colbert et Lumière (8ème arrdt) avec des feux de poubelle et situation plus tendue à Lacassagne (toujours dans le 8ème) ou une dizaine de policiers ont essayé d’endiguer l’avancée/charge d’une centaine d’élèves. Des tensions aussi à Branly dans le 5ème arrdt.

Instagram et snapchat relaient les échanges des élèves en dehors des organisations, mais les positions sont très variables :

-quant au rapport aux Gilets jaunes

-au respect de la légalité et à la violence

L’UNEF de son côté freine des quatre fers et au moins sur Lyon n’appelle pas à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes ni d’ailleurs celui des lycéens car le syndicat est polarisé sur la défense des étudiants étrangers assujettis à une augmentation des droits d’inscription (une campagne nationale initiée avant les événements actuels).

J.

 



 

Lyon, mardi 4 décembre

Après la relation du mouvement lycéen en centre ville de Lyon, quelques nouvelles du 8éme arrondissement et de la banlieue.

Plusieurs rassemblements dans ces établissements qui se sont organisés indépendamment des organisations lycéennes qui ont joué un rôle dans la mobilisation des lycées de centre-ville. Là, la mobilisation semble être passée par snapchat au nom d’une « revanche lycéenne ».

Si le plus gros des rassemblements a eu lieu à jean-Paul Sartre (600 élèves), c’est là aussi que l’administration a réagi le plus vite en fermant tout bonnement l’établissement sous prétexte qu’une camionnette garée devant l’établissement devenait la cible des manifestants (stratégie de « lock out » utilisée massivement à Montpellier et depuis fort longtemps pour couper l’herbe sous le pied aux agitateurs lycéens dès le début du mouvement et empêcher blocages et occupations).

La police est intervenue pour délogés les bloqueurs à Doisneau (Vaulx-en Velin) et Jean-Paul Sartre (Bron), ainsi qu’à La Martinière-Montplaisir, Charlie Chaplin (Décines) et Albert Camus, tous établissements de l’est lyonnais.

Dans tous ces établissements, c’est l’intervention de la police qui a entraîné les caillassages, feux de poubelle. A Bron, les vitres du tram ont été brisées et le trafic momentanément interrompu. 4 blessés légers.  A Sembat échange projectiles-gaz lacrymo et une centaine de jeunes ont bloqué l’avenue. C’est à la Martinière que les incidents ont été les plus importants entre 300 jeunes et la police après que les deux entrées de l’établissement ont été bloquées par barrières et poubelles. Une lycéenne a été blessée au visage et conduite à l’hôpital.

Visiblement le mouvement hésite entre une organisation autonome par les réseaux sociaux (plus en provenance des lycées de banlieue) qui sont pour le reconduction d’une action quotidienne et les organisations qui prévoient des temps forts sur le modèle des syndicats de salariés (FIDEL jeudi, UNL vendredi).

Jacques

 



 

De Lyon, lundi 3 décembre

Mouvement de blocage ce matin dans plusieurs lycées : l’objectif : A 10H rassemblement au rectorat et chaque lycée doit bloquer ou faire passer l’info dès 8H. Les plus mobilisés : lycée Lumière (300) et lycées professionnels du coin (200) (8eme arrdt et Vénissieux) et environ 60 de St-Ex (40)-Ampère (20)-St-Just (20) plus une trentaine de militants étudiants ou autres plus âgés qui étaient restés après que leur premier groupe (100 environ + des lycéens en avance) réuni au Rectorat dès 9H se soit fait chassé après de légers affrontements avec la police. Total vers 10H30 : 700-800 au rectorat. Slogans contre la Réforme et parcours-sup (« Plus de places à la fac pour ne pas finir à la BAC », « Lycées sans options, lycées sans passion »).

Peu dynamique.

« >Puis blocage du tram de Lyon 2 à Guillotière-G. Péri. Pas d’intervention de la police. Beaucoup de bruit puis blocage du carrefour de la place du pont puis avancée par le quai jusqu’au pont Wilson, traversée et blocage de l’axe nord-sud sur 200 m pendant un quart d’heure. Beaucoup d’automobilistes sortaient les gilets jaunes des voitures et klaxon plutôt favorables, encouragement par la parole de la part de personnes âgées. Passage bruyant sous le passage Ampère, on fait le siège se mettent sur les voitures, tapent sur les portes d’entrée d’Ampère. Les militants anars ou autonomes cherchent à encadrer le mouvement en évitant des incidents qui auraient pu faire intervenir la police qui a pris l’habitude d’intervenir depuis la manif pour Théo a Ampère. A 11H des lycéens qui jusque-là étaient en cours (pas de blocage à 8H) rejoignent la manifestation alerté par le bruit d’enfer qui raisonne particulière sous l’arche. Puis direction Terreaux pour attendre les retardataires (les lycéens n’ont pas de rythme et ceux de l’avant décroche ceux de derrière. Puis direction St Ex pour rameuter les élèves comme il avait été fait à Ampère par montée de la grande côte car la police a manœuvré pour imposer cette large voie piétonne alors que nous avions prévu de monter par la ligne du 13 et du 18. A la deuxième rue perpendiculaire à la montée , deux cars de CRS se mettent en position. La manif s’arrête, hésite puis repart. Une vingtaine de CRS sortent alors des cars et sans sommation chargent les manifestants qui reculent ou fuient. Arrestation violente de deux manifestants qui étaient simplement restés sur le côté au lieu de se retirer franchement. Retour vers Hôtel de ville de ceux qui ne se sont pas dispersés complètement (environ 200 personnes, vers 12H). Discussion avec les CRS pour remonter sur St-Ex et par quel trajet autorisé. Quelques accrochages entre « radicaux » (antifa) plus âgés qui veulent s’approprier la parole du mouvement (ou au minimum jouer les frères ainés) et les lycéens dont une large majorité d’élèves de classe de seconde. Pendant la réflexion collective qui suit sur la suite à donner, la police manoeuvre insidieusement de façon à encercler le rassemblement. Devant cela dispersion car au bout d’un quart d’heure de parcage, une seule solution la dispersion puisque la police impose de fait des départs individuels ou par touts petits groupes.

Mais le mouvement n’est pas terminé, une AG était prévue à Lyon 2 dans la journée.

Lelio, classe de seconde au lycée St Exupéry de Lyon Croix-Rousse

 



 

Le 3 décembre 2018

Salut,

Nous avons participé avec un groupe de cheminots aux manifestations sur Paris le 24/11 et le 01/12 et il faut bien avouer si il y a des du drapeau tricolore les significations sont variées . Des groupuscules fascistes étaient présent sur les champs ou rue de rivoli ou nous avons assister à ce qui ressemble fort à une émeute/insurrection aux mots d’ordres divers : macron démission, paris soulève toi, du pognon il y en dans les caisses du patronat. En discutant sur des barrages filtrants sauvages à bastille ce qui m’a le plus frappé est de voir des groupes hétérogènes n’ayant jamais manifesté mais qui effectuent leurs premiers baptême du feu et sont parfaitement conscient de la suite à donner au mouvement : blocage de l’économie pour peser dans le rapport de force .

En 3 semaines ils invalident les positions réformistes de toutes les OS sur le dialogue sociale et le : « tout sauf la chaise vide ». Ils sont déterminés et leurs désir de s’autorganiser en dehors de toute forme de structure de prise de décision verticale afin de « négocier » en direct avec l’exécutif est d’une fraicheur revigorante. L’aile la plus modéré ; il faut regarder en replay sur bfm tv l’émission du 02/12/2018 intitulé : en même temps ou « les trois représentants » détonne par leurs lucidité certes ils ne parlent pas de l’abolition du capitalisme mais leurs déterminations ne faiblit pas.

Pour une minorité fascisante le drapeau tricolore est le symbole identitaire, racialiste mais pour un plus grand nombre nullement politisé cela renvoi à l’imaginaire de la révolution française. Il se passe quelque chose c’est évident et c’est la première fois ou je vois cette armée de l’ombre des travailleurs pauvres toutes origines confondues réunis autour d’un désir commun d’en découdre pour vivre dignement de son salaire

David

 



 

Le 2 décembre 2018

Quelques remarques sur samedi 1er décembre à Lyon

– le rassemblement du matin place Bellecour : une centaine de personnes à 10H tourne en AG où les gilets jaunes « élisent » quelques représentants qui se présentent tour à tour, chômeurs, femmes au RSA, retraités à 800 euros par mois, c’est la tendance. Mais quand on écoute ce qui se dit dans les petits groupes, on voit que la question de la représentation n’est pas réglée et qu’elle se discute entre personnes qui semblent plus au fait des choses, mais qui, pour des raisons X ne se présentent pas là où ça pourrait compter c’est-à-dire au niveau national des porte-paroles.

-à la manif à Lyon (je parle de celle qui a rejoint le rassemblement étudiant pour marcher sur la préfecture entre 13 et 16H et non de celle de la presqu’île qui allait d’Hôtel de ville à Bellecour et qui a fini par qq escarmouches. Aucun drapeau tricolore à part un enroulé autour d’un manifestant donc discret et en plus j’ai discuté avec lui pas patriote du tout, mais c’est vrai qu’il y a un aspect « peuple français » marqué, par exemple sur une banderole du rassemblement quotidien à la raffinerie de Feyzin. Par contre, à Paris, il y a beaucoup de drapeaux tricolores.

Pas beaucoup de monde au grand maximum 1000 personnes se sont réunies dont un tiers d’étudiants, mais les gilets jaunes sont très éclatés et il y en a toujours à plusieurs endroits en même temps ou alors en temps décalé.

Les manifestants se sont mélangés et ont discuté, mais bon. Les étudiants d’un collectif récent : « université jaune »avaient sortis un tract un peu minimaliste, sans genrisation d’orthographe, c’est à signaler, à peu près du niveau gilets jaunes, c-à-d basique et très anti Macron, très anti. A certains moments des « radicaux » pavloviens gueulaient en italien « nous sommes tous des antifascistes », mais c’est resté un peu isolé comme les référence aussi aux travailleurs immigrés. A noter aussi pas de drapeau rouge, un ou deux drapeau noirs mais pas tout le temps. Bref, c’est passé, mais le nombre de gilets jaunes est allé en décroissant au fur et à mesure. D’après ce que j’ai vu et entendu, mais c’est forcément partiel une première anicroche a eu lieu quand les étudiants qui avaient pris la tête de la manifestation ont pris la direction du Rectorat, dans la mesure où ils avaient quelques revendications propres et non celle de la préfecture. Certains gilets jaunes et d’après moi les plus combatifs se sont sentis trahis et se sont séparés de la manifestation pour rejoindre Bellecour. Pour ceux qui restaient il s’est agit de savoir qui prendrait la tête de la manifestation commune ou plus exactement il semble que c’était une exigence des étudiants les plus politisés. Finalement les gilets jaunes et un représentant de la coordination récente « Université jaune », à l’origine du tract ont « imposé » un mélange général qui s’est effectué même si les gilets jaunes traînaient un peu la savate et se plaignaient du train trop soutenu des étudiants (les gilets jaunes sont relativement âgés, ont peu l’habitude de rythmer une marche pour lui donner tonus et combativité et ils attendent toujours des renforts que leur promettent les réseaux sociaux car leurs actions sont éparpillées et là ils espéraient être rejoints par ceux du rassemblement de Feyzin qui sont en fait directement allés sur Bellecour ou d’autres les attendaient et non sur la préfecture !)

– le mot « fédérer » au sens le plus simple revient souvent chez les manifestants. Cela change du « convergence » que la CGT vient encore d’avancer. Je ne pense pas que ce soit parce que comme le dit JG les manifestants remettent toutes les formes précédentes en question, mais peut être parce qu’ils ont du mal à concevoir leur mouvement comme une lutte à côté d’autres luttes. Pour eux finalement leur lutte (celle du « peuple ») engloberait toutes les autres et il suffirait donc de fédérer les initiatives. Mais c’est un peu abstrait comme on a pu le voir hier avec les étudiants.

– à regarder les images à la télévision il est évident que les ordres de la police, une fois décidé l’interdiction des Champs et tous les moyens ont été bons pour le faire, était de simplement refouler les manifestants y compris en allant au contact et en gazant … mais après ils ont complètement laissé le champ libre aux manifestants et à la casse. Sur toutes les images je n’ai pas vu un flic courir et ils n’ont pas employé de moyens motorisés pour se déplacer. Stratégie ou simple tactique de containment ou incompétence/débordé devant des manifestants qui ne respectent pas de parcours précis.

En tout cas, si c’est voulu c’est prendre un risque car un gouvernement ne peut se permettre ces débordements que si il est fort (même Joffrin le rappelle dans Libération de samedi, donc avant même les derniers affrontements, la révolution c’est qand le peuple ne veut plus et que le pouvoir ne peut plus), or celui-ci n’est fort que de l’acceptation démocratique (élections) et syndicale (eux qui acceptent toujours les parcours et d’être parqués par la police). C’est une des raisons de l’échec de la lutte contre la loi travail. Imaginons non pas une « convergence des luttes », mais une conjonction du temps à ce moment là !

– les destructions parisiennes laissent place à toutes les interprétations, mais un phénomène comme la prise de la préfecture du Puy en partie brulée raisonne un peu comme une prise de château ! Dernière nouvelle d’un contact de la région de Bourg. Il y a eu des affrontements qui font la première page du Progrès de l’Ain. Des tracteurs étaient présents. Des blessés et interpellations.

Pour en savoir plus :

https://www.leprogres.fr/ain-01/2018/12/02/gilets-jaunes-revivez-les-affrontements-de-bourg-en-bresse et https://www.leprogres.fr/ain-01/2018/12/01/gilets-jaunes-800-manifestants-a-bourg-dans-un-face-a-face-tendu

Voilà pour le moment

JW

  1. https://www.lesoir.be/193827/article/2018-12-04/bouli-lanners-tres-enerve-contre-la-ministre-de-lenvironnement-faudra-pas-vous []
  2. https://www.rtl.be/info/regions/bruxelles/direct-gilets-jaunes-a-bruxelles-nous-sommes-a-arts-loi–1081254.aspx []
  3. https://www.sudinfo.be/id89194/article/2018-12-04/la-rencontre-entre-des-gilets-jaunes-et-charles-michel-seme-la-zizanie-au-sein []
  4. https://www.lesoir.be/193749/article/2018-12-04/les-gilets-jaunes-de-liege-reclament-linstauration-du-referendum-dans-la []
  5. https://www.lavenir.net/cnt/dmf20181118_01258357/les-gilets-jaunes-creent-un-mouvement-politique-en-vue-des-prochaines-elections []
  6. https://bxl.demosphere.net/rv/13852 []
  7. https://bxl.demosphere.net/rv/13874 []
  8. https://www.facebook.com/events/549535642124423/ []
  9. https://www.facebook.com/events/271932513524299/ []

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