Journal de bord autour du mouvement des Gilets jaunes

Journal de bord : notes et retours autour et sur le mouvement des Gilets jaunes au jour le jour, ou presque…


 
MàJ le 19 avril 2019

 



 
CR AG Bourse, Lyon du 15/04

120 présents.
L’AG (en autogestion disent les administrateurs de GJ-Lyon-centre) commence par quelques infos :

Référence à un blessé devant le magasin le Printemps le 6 avril, victime d’un coup de matraque à la tête au moment d’une charge après un déglingage des barrières de travaux rue de la République et admis aux urgences. Appel à témoins et photos pour dépôt de plainte.

Intervention pour une action « blouses blanches ». Une commission regroupant des hospitaliers et GJ est mise en route, mais difficile de savoir à quelle mobilisation réelle cela correspond.
Une hospitalière GJ signale que 25 services d’urgence sont en grève à Paris (mais donc pas à Lyon). Par ailleurs il faut souligner les pressions exercées par la police sur les urgentistes pour qu’ils révèlent les noms des blessés.

Un Gilet jaune qui a dans les semaines précédentes a proposé des actions en direction des hôpitaux et EPHAD de la colline de Fourvière, intervient pour dire deux choses importantes, la première selon laquelle les GJ ne doivent pas se transformer en supplétifs des syndicats (on a vu ce qu’il en était déjà pour l’action mitigée à Carrefour Confluence, puis celle à l’hôpital E. Herriot) ; la seconde qu’il ne faut pas oublier certaines catégories de personnel plus défavorisées comme les aides-soignants et aussi, ce qui est complètement négligé par les syndicats, à savoir les patients.

Diverses actions de soutien aux éboueurs de Pizzorno sont mentionnées dont certaines déjà effectives comme le blocage des camions-bennes.

L’habituelle étudiante de service vient nous dire, comme toute les semaines, que les étudiants sont en lutte (ça ne se voit pas beaucoup) et une organisatrice des Youth for climate vient se vanter du succès de la « manifestation anticapitaliste » (sic) de vendredi dernier qui a vu le chiffre des participants passer de 15000 à 1500 !
Alors que beaucoup dans la salle demandent un bilan de la manifestation de samedi dans la mesure où il semble nécessaire de tirer les leçons de la première manifestation organisée et déclarée par GJ-Lyon centre, cela est repoussé par une majorité à après la discussion sur l’appel de St-Nazaire.

Il s’agirait de voter un certain nombre d’amendements au texte initial au sein de chaque AG locale puis de faire remonter cela à St-Nazaire.

Un intervenant fait part de son doute de l’intérêt de la chose puisque de toute façon ce texte a déjà été rendu public comme « Appel de l’assemblée des assemblées » de St-Nazaire. Plusieurs personnes interviennent alors à la tribune pour donner leur avis. Un participant au journal de bord signale que ces amendements ne sont pas du même niveau d’importance, qu’on mélange tout comme si toute proposition était équivalente à une autre en fonction du goût de chacun (l’anticapitalisme comme l’écriture inclusive). Il lui est répondu qu’effectivement tout est équivalent car qui pourrait juger de ce qui est prioritaire. On croit être encore à Nuit debout et pas dans un mouvement social dans lequel ce n’est jamais la forme détachée du contenu qui est important. Quand on pense qu’à part l’intervention pour réintégrer le RIC, presque personne ne s’étonne que le « Macron-démission » disparaisse pratiquement de l’écran de l’AG et qu’il faut que quelques « aouh » retentissent pour avoir l’impression d’être dans une AG de lutte, il y a de quoi douter de l’avenir de l’AG

Justement, une personne fait remarquer qu’il est scandaleux que le RIC ne soit même pas mentionné dans « l’appel », alors que, quoiqu’on en pense sur le fond, il est bien un marqueur du mouvement des GJ. Une autre fait l’apologie lyrique du RIC qui manifesterait l’intelligence collective des GJ sans qu’on sache pourquoi. La déléguée de TEO à St-Nazaire fait remarquer que l’appel de St-Nazaire est trop « à gauche » et peu représentatif des GJ dans leur ensemble, une idée déjà largement discutée la semaine précédente pendant toute une partie de l’AG. Mais au lieu de prendre le temps de discuter de tout cela et de trouver un terrain d’entente ou de compromis, pour les administrateurs de Lyon-centre, le seul but c’est de faire voter, car « c’est ce qui se fait dans les autres AG ». Le formalisme passe en force quand ils se mettent à nous distribuer des cartons de couleur pour le vote. Il aurait pourtant été possible de détacher la question du RIC (fondamentale) des amendements et d’en faire un préalable pour son intégration à l’appel et en dehors de tout vote, parce que ça s’imposait comme une évidence qui n’a pas à être votée.

Discussions préalables et éclaircissements n’ayant pas eu lieu nous nous trouvons, comme souvent dans les référendums organisés par le pouvoir, dans la situation ubuesque d’avoir à voter comme sous l’effet d’injonctions contradictoires. En effet, ceux qui accordent le moins d’importance à l’appel, comme par exemple les participants au journal de bord, sont contre les amendements non pas tellement parce qu’ils les trouvent inutiles, mais parce qu’ils veulent passer à autre chose parce que « l’appel » ne leur paraît ni fondamental ni représentatif. Leur « non » aux amendements les conduit à ne pas intégrer la question du RIC dans l’appel ce qu’ils jugent pourtant souhaitable si on veut respecter l’avis de beaucoup de GJ qui ne sont guère présents dans les AG, mais qui l’étaient beaucoup plus sur les ronds-points … où les participants de l’AG étaient par contre, eux, peu présents car essentiellement urbains ; et aussi à joindre leur voix à celles des membres des organisations d’extrême-gauche qui ont fait le forcing à St-Nazaire pour faire passer leur anticapitalisme. Il faut dire qu’à l’AG de Lyon la situation est différente puisque les membres de l’UPR n’y viennent pas.

Le vote a lieu finalement et comme souvent son résultat est une caricature des défauts de la démocratie formelle avec des scores très proches qui font plus de mécontents que de contents (50 contre, 46 pour et une quinzaine d’abstentions que les administrateurs essaient en vain d’ajouter aux oui pour emporter le morceau). La caricature de démocratie continue quand une dizaine de GJ parmi les défenseurs de l’intégration du RIC dans le texte, partent ostensiblement, certains en enlevant leurs gilets. Or, même s’ils ont de très bonnes raisons de se sentir flouer sur la question du RIC, le fait de partir après le résultat du vote est significatif de l’ambiguïté même de leur démarche basée sur le vote, mais ils ne l’acceptent que s’il tourne en leur faveur.
Une fois passée cette sorte de psychodrame l’AG ne pouvait accoucher de rien d’autre. Peu de temps disponible, peu d’envie.

Le bilan de la manif du samedi est quand même abordé. Les administrateurs de GJ-Lyon centre expliquent que même entre eux ils ne sont pas d’accord pour savoir si il faut déclarer ou pas, mais que l’essentiel est de rester uni une fois la décision prise et quelle qu’elle soit. C’est vrai que c’est important. Un participant au journal de bord fait remarquer que déclarer ou ne pas déclarer n’est pas une question abstraite, mais elle est liée à un rapport de force. Le fait de ne pas déclarer est ce qui a fait la force des GJ à l’origine car cela a montré leur détermination et bouleversé le rapport à l’Etat, la position de soumission des individus atomisés ; mais ce qui a crée un rapport de force favorable au début du mouvement n’empêche pas d’évaluer le rapport de force général aujourd’hui. Or, il n’est pas en notre faveur parce que le mouvement perdure sans s’étendre, donc il faut parfois composer comme on l’a fait samedi dernier sans que cela ne devienne la norme.

Pour les administrateurs, ce qui compte dans tous les cas c’est de pacifier les manifestations, qu’elles soient déclarées ou non et ils se défendent de pactiser avec la police mais veulent éviter que les petits jeunes des quartiers foutent le bordel en balançant des pierres sur la police et même sur les manifestants puis se mettent à courir sans assumer leurs actes … à l’inverse de la violence organisée par les Black Bloc qui elle serait à la fois anticapitaliste et assumée.

Après cette prise de position quelque peu étonnante, rassurons-nous, ils ne nous ont pas proposé de former une section BB à Lyon. Peut être parce que ce qui serait plus urgent de mettre en place, ce serait non pas un service d’ordre (mot qu’ils n’ont pas prononcé), mais une force organisée de défense pas contre les jeunes « déter », mais contre les interventions de la police au sein des cortèges. La question n’a pour le moment pas été envisagée.

 



 

Compte-rendu de la manifestation du 13 avril 2019

13 h Place Louis-Pradel

Les syndicats signataires, partis et la LDH mobilisent 400 personnes (c’est dire le faible pouvoir de l’inter-orga ; c’est dire aussi le peu de sensibilisation à la question, comme si les gens pensaient que cette interdiction ne menaçait que les sauvageons Gilets jaunes) ce 1er jour de périmètre interdit sur Lyon avec un départ vers 14 h 15. Tout le monde derrière une banderole : Pour la liberté de manifester. Abrogation de la loi antimanifestants. Arrêt de la répression.

Passage du pont Morand, remontée du quai Général-Sarail, puis quai Augagneur pour repiquer par le pont de la Guillotière vers Antonin-Poncet.
Au milieu des slogans ou « ça va péter » les Gilets jaunes sont bien là, mais attendent la suite… Arrivée place Antonin-Poncet sans problème et sans défiance des GJ déjà présents.

14 h Place Antonin Poncet

Les organisations de la première manifestation remballent, quelque uns de ces manifestants restent (un peu toujours les mêmes déjà présent dans le mouvement) mais la plupart vont disparaître. Les forces GJ sont de 700-800 présents. En dehors d’un réflexe qui fait penser à certains que nous allons emprunter le pont de la Guillotière c’est bien dans l’autre sens qu’on part. Quai Gailleton et nous voyons, juste après la poste, les CRS se positionner devant nous comme tout au long du parcours…

On attend les motards, mais ça avance jusqu’au pont de l’Université où les rangs de la manif semblent avoir gonflé, quai Claude-Bernard avec un arrêt devant l’Hôpital Saint-Luc–Saint-Joseph pendant 15 minutes. Les motards stoppent là pour les personnels hospitaliers et en profitent pour sortir une banderole : Stop lynchages Police-Bac sur motards [comprendre : Stop au lynchage des motards par la police]. On est plus de 2000 et bien motivés. Redémarrage pour ensuite tourner sur l’Avenue Berthelot ou résonne révolution ! Passage par Jean-Macé direction Saxe-Gambetta. Avant Saxe une tentative d’attaque de banque est stoppée par une personne et à la place c’est un abribus qui s’écroule. Un peu plus loin une tentative plus fructueuse se fait sur une banque sous les applaudissements, mais ce sera les seuls vrais moments de ce type.

Passage de la Guillotière et son pont avec une escorte de policiers sur les côtés à partir de ce moment. Ils devaient craindre pour l’Hôtel-Dieu et ce dispositif va bien fonctionner. Arrivés à hauteur des Cordeliers gazage et grenade assourdissante, mais aussi utilisation du LBD après une tentative de dévier sur la zone interdite et un jet de projectile. Le piège simple de cette manifestation consiste à nous obliger à garder le parcours prévu et cela n’est pas dans les habitudes du GJ, cela commence à sérieusement échauffer du monde.

Contourner les Terreaux va donner lieu à des moments de tensions entre GJ et ce parce que le tracé va être modifié en direct par les forces de l’ordre qui imposent de passer par la place Tolozan puis la rue des Feuillants. Nouveau parcours qui donne, quand même, droit à un gazage et une coupure de la manif puisqu’une partie des manifestants restent sur place et ne veulent pas monter à la Croix-Rousse, mais plutôt retrouver le trajet initial rue Puits-Gaillot, place des Terreaux et avancée sur les quais de Saône depuis le pont de la Feuillée. Le plan improvisé ne fonctionne pas, regroupement sur cette place et on avance vers l’Hôtel de Ville ou les dépositaires de la manifestation vont “négocier” en direct. Mais l’initiative semble être du côté des GJ qui décident d’emprunter la rue Désirée. 

Cela suit ensuite par la rue Sainte-Catherine direction le quai de la Pêcherie par la rue d’Algérie. La tension monte au niveau du café Ké pêcherie parce que la manif a regrossi et la moyenne d’âge a fortement baissée avec de plus en plus de jeunes. Les insultes pleuvent sur les cordons de policiers et après un face à face de quelques minutes, la manif repart et profite des travaux pour accroître le bruit et la fureur en tapant sur les tôles. La manif a semble-t-il passé le plus difficile, mais en remontant le quai, à l’approche de Bellecour, une attaque de GM au niveau du pont Bonaparte, pour faire une arrestation ciblée, nous fait penser que les forces de l’État ne vont pas nous laisser de répit. Contournement de Bellecour sous bonne garde et arrivée à 17 h 45 place Antonin-Poncet. Les GJ occupent la place et discutent tranquillement jusqu’à ce que des policiers se positionnent et arrêtent quelqu’un, là aussi de ciblé, comme il y a du monde qui suit la scène et les entourent, ils balancent du gaz en quantité, y compris sur les personnes assises sur la pelouse et ils vont aussi utiliser leur LBD40.

18 h 30 fin de la journée avec 3 interpellations.

Bonne détermination de la manifestation qui malgré le contexte ne s’est pas laissée abattre. Par contre ce fut une manifestation complètement perméable aux interventions de la police en tenue pour des arrestations ciblées en son sein quitte à attendre le moment le plus propice.

 



 

CR manifestation Youth for climate Lyon, le 12/04/2019

Environ 1500 personnes contre 12 à 15000 le 15 mars. Une baisse de mobilisation très forte, mais que laissait déjà prévoir l’échec de la grève hebdomadaire des vendredis dans les lycées. Le titre même du tract « Écologie ou profit : les jeunes ont choisi ! » trahit une gauchisation par le haut du mouvement, confirmée d’ailleurs par l’emploi de l’écriture inclusive (« Soyons encore plus nombreux.ses et déterminé.es le 12 avril ». La présence policière est importante (une compagnie entière de CRS), mais relativement discrète et de toute façon les militants d’Alternatiba assurent un encadrement de la manifestation. Nous sommes une cinquantaine de Gilets jaunes éparpillés dans le cortège et nous distribuons les tracts pour les deux manifs du lendemain.

Un arrêt devant le Starbuck de la rue de la République a lieu pour lui reprocher son évasion fiscale puis, pour les mêmes raisons, devant le Mc Donald de Bellecour où quelques poubelles sont amassées devant l’entrée. Mais qui sont les clients de ce type d’établissement ? La manifestation entame ensuite sa promenade sous le soleil du quai de Saône pour se disperser vers Confluence.

CR commission action du 11/04

Une quinzaine de personnes en l’attente des résultats de l’entrevue avec la Préfecture pour une autorisation de trajet de manifestation. La décision de déclarer a été prise après un vague sondage réalisé sur le groupe Facebook de Gilets jaunes-Lyon Centre, mais sans que cela passe par des discussions sur les listes mails. Donc sur simple clic oui ou non. Les responsables Lyon-centre expliquent tant bien que mal que la déclaration est exceptionnelle et que de toute façon la décision prise en AG au début du mouvement sur le fait de ne jamais déclarer les manifestations est finalement amendable au coup par coup. Mais le fait est que nous sommes mis devant le fait accompli de la déclaration de manif. Alors que certains responsables de Lyon-centre pensent que ce sont les commissions qui portent les initiatives, que d’autres pensent que c’est l’AG, en fait, en sous-main ce sont les gestionnaires du groupe qui prennent les décisions.

Un consensus se fait pourtant ce soir là dans la mesure où la manifestation de la LDH et CGT étant autorisée, le fait de pouvoir s’accoler à la suite est considéré comme une opportunité tactique pour entraîner les manifestants de la première vers la seconde manifestation surtout si elle est autorisée.

On décide alors immédiatement de faire un tract appelant en ce sens qui va être réalisé dans la nuit et au petit matin puis diffusé pendant la manif Youth for climate de l’après-midi et au métro La Soie le soir. Un tract très court allant à l’essentiel, c-à-d appelant aux deux manifs en précisant heures et lieux et qu’elles sont déclarées avec comme thème justice sociale et fiscale, fin des violences policières et démission du gouvernement. Une personne intervient pour faire rajouter « justice environnementale ». Une personne chargée de rédiger concrètement lui signale que cela ne veut strictement rien dire, mais de guerre lasse et parce que ça urge, on laisse courir de façon à ce que le tract sorte à temps. Il n’empêche, qu’à la réflexion, on est ici dans un cas assez similaire à celui qui a vu les gauchistes essayer d’imposer la formule « anticapitaliste » à St-Nazaire, en tapant des pieds et en fin de débat, mais de façon plus subtile. Il s’agit sans arrêt d’imposer des choses comme des évidences alors qu’elles ne le sont pas et de fait d’empêcher toute discussion sur ces évidences. Il en sera de même d’ailleurs bientôt sur la question de l’écriture inclusive.

Finalement le négociateur revient de la Préfecture en expliquant que le premier parcours proposé passant par le centre-ville a été refusé, mais que le second qui en épousera les bordures sera toléré plus qu’accepté. Bizarrement, il voit ça à la fois comme une victoire dans la négociation (la police a reconnu « l’effort de dialogue » des GJ pour une fois) et comme un échec politique puisqu’il anticipait positivement un refus total contre lequel on se serait porté en justice !

 



 

CR de l’AG Bourse du 8/04/2019.

La plus grande partie de l’AG va être consacrée à la rencontre de St-Nazaire et plus particulièrement aux conditions d’élaboration de « l’appel de St-Nazaire » qui fait suite au premier appel de Commercy. Le texte aurait fait l’objet d’un consensus sauf sur un point qui est celui de la « sortie du capitalisme ». Or un amendement en fin de journée l’a imposé de la plus mauvaise manière. Comme il ne restait qu’un quart environ des délégués et que le vote s’apparentait à un coup de force des « anticapitalistes » qui tapaient des pieds et hurlaient, les délégués de Lyon se sont abstenus. Malgré le fait que le bruit et la fureur aient produit un mouvement de foule en faveur de l’amendement anticapitaliste alors que les voix du vote se reportaient sur ce point auparavant également entre oui, non et abstention, le texte de l’appel est resté en l’état..

Suit une discussion sur ce point, certains envisageant de discuter la question au fond et d’autres de la rapporter directement au texte de l’appel puisque c’est ça l’urgence vu que le texte va être rendu public. Contre tout radicalisme des formules choc cherchant à affirmer des postulats idéologiques classant le mouvement à l’extrême gauche, une majorité semble se satisfaire de la formule de « sortie du capitalisme », à la fois modérée (peu clivant) et déterminée et permettant de ne pas imposer une orientation unilatérale alors que le texte manifeste par ailleurs sa volonté de rechercher l’unité d’action sans exclusive. Une troisième position apparaît dans la salle qui est qu’on aurait pu se contenter d’une énumération plus concrète : contre les 1%, les lobbies et la finance, mais trouve peu d’écho. Elle a de toute façon l’inconvénient d’être reprise aussi bien par l’extrême droite que par l’extrême gauche. Et aussi d’avoir son parfum complotiste sous-jacent.

Remarques générales par rapport à l’appel de Commercy :

    Le mouvement ne se définit plus par ce qu’il n’est pas pour répondre aux attaques du gouvernement (maturité et autonomie plus grande ?)
    Le terme d’assemblée citoyenne remplace assemblée populaire (confusionnisme accru).
    Absence de toute référence au RIC (oubli ou décision volontaire ?)
    Le recours à l’écriture inclusive semble avoir été envisagé, ce qui devrait faire l’objet d’un amendement à voter. Une incohérence de plus dans un mouvement qui se veut le peuple mais n’en a pas le langage et qui ne comprend pas que la langue commune est au moins le minimum à préserver pour l’unité. Comme l’anticapitalisme affirmé bêtement par les anti-capitalistes tapeurs de pieds, mais de façon plus insidieuse, même s’il s’agit souvent des mêmes plus les « branchés » de Nuit debout, le travail de sape de l’extrême gauche pour la mainmise sur un mouvement qu’il ne comprend pas, continue, facilité par le peu de représentativité de l’assemblée.

Un rapide retour sur la manif du samedi précédent est fait, mais sans aborder la question du pourquoi avoir abandonné la presqu’île alors que la manif avec arrivée des motards avait été un succès jusqu’au Monoprix.

Un motard vient expliquer qu’ils n’ont pas, contrairement à ce que dit la presse, enfoncé un cordon de policiers ce qui aurait entraîné gazage et matraquage, insultes des bacqueux et un blessé gardé à vue chez des motards qui se déclarent prêts à revenir nombreux samedi prochain. La police reprocherait aux motards de « rebooster » les gilets jaunes après leur dispersion par les forces de police. C’est effectivement un fait !
Des actions sont ensuite proposées, comme celle de soutenir les éboueurs de Pizzorno sur leurs piquets de 5h du matin à Vénissieux. Un problème d’acheminement se pose à cette heure là.

Des « youth for the climat » viennent faire amende honorable en disant qu’ils regrettent d’avoir méprisé jusque-là les GJ et disent maintenant les rejoindre.

On les attend samedi et on verra si dans leur manif de la veille ils feront du battage pour le lendemain.

Un GJ et une hospitalière viennent reproposer un samedi entier de manif consacré à faire le tour des hôpitaux lyonnais, une variante de ce que la commission poésie avait proposé il y a environ deux mois, mais dans les deux cas on ne voit pas bien ce qui relèverait des GJ si les hospitaliers eux-mêmes ne sont pas plus mobilisés. L’action de vendredi dernier devant Edouard Herriot ayant été particulièrement peu probante.

Deux étudiantes viennent ensuite nous dire que les étudiants sont en lutte et nous attendent pour une convergence des luttes. Mais là encore le fait de dire qu’on est en lutte ne fait pas la lutte (que contestent-t-ils d’ailleurs, le plan Blanquer ? Bof, même pas l’institution ni leurs profs !) et on attend toujours les étudiants le samedi pour les manifs où force est de dire que la moyenne d’âge des manifestants est assez élevée. Il ressort de tout ça une sorte de sentiment étrange comme quoi le Gilet jaune serait une sorte masse de manœuvre disponible pour des « luttes » en cours.

Certains proposent une occupation de rond-point en ville, mais on s’aperçoit vite que ce n’est pas un rond-point de lutte dont il s’agit et d’ailleurs on passe de l’idée de rond-point à celle des escaliers près de la piscine zone de bronzage, de beuverie et de tout ce qu’on voudra de la part d’une jeunesse désœuvrée et que des GJ voudraient transformer en lieu convivial ! Une zone que la police avait d’ailleurs pris malin plaisir à gazer il y a deux semaines en fin de manifestation.

 



 

CR de la manifestation du 6 avril 2019 à Lyon.
14 h Bellecour

La place est bien bouclée et aucun Gilet jaune à l’horizon ou presque.

14 h Place de la République

Monde modéré, nous devons être 400 sur ce lieu de rassemblement avec autour des policiers en faction à trois ou quatre dont on se demande ce qu’ils veulent. À noter que la rue de la République est en travaux et ce n’est pas pour nous avantager. On stagne en se demandant si cela vaut la peine de démarrer jusqu’au moment où on est encouragé au mégaphone à partir direction les Terreaux par la rue E. Herriot. Au niveau des Terreaux, comme la place de la Comédie, mais aussi le bas des Pentes, sont sous bonne garde, c’est vers les quais de Saône qu’on avance. À la sortie de la rue Constantine le cortège tente de passer par le pont La Feuillée, pourtant bloqué par les forces de l’ordre et va rester à ce croisement montrant une forme de détermination. Seulement deux sommations de la police et le cortège repart en direction du sud de Lyon. L’opportunisme de cette manif lui fait rapidement couper vers la rue de la République par la rue de la Platière avec des bars aux terrasses pleines. Remontée, rue de la Ré, vers la place de la Comédie sous bonne garde et c’est la petite rue Joseph-Serlin qui est laissée ouverte par les FO. L’idée d’aller dans le 6e est lancée par un membre du groupe GJ-Lyon-Centre, idée récurrente souvent énoncée à l’AG du lundi, sous prétexte qu’il faudrait aller y embêter la bourgeoisie ; une vision très années cinquante qui semble réimporter auprès de personnes peu au fait des changements socio-économiques de Lyon. Mais bonne idée ou pas, cela ne sera pas possible. Le pont Morand est bloqué et comme d’habitude sur les quais : gazage.

Cela repart et c’est la rue de l’Arbre-sec qui donnera l’occasion à tout ce monde de revenir rue de la République (ça c’est de l’obstination  !) à hauteur des Cordeliers. Malgré les travaux, remontée de la rue de la République où les grilles du chantier en cours tombent. À l’avant de la manif, jet de cacatov et autres joyeusetés vers la place de la République avec une BAC en embuscade du côté du passage de l’Argue. Gros gazage de la place de la Ré jusqu’aux Cordeliers avec pas mal de mouvements des forces de l’ordre qui éclatent la manif dans diverses rues adjacentes. Rue Herriot flottement jusqu’à ce que l’on entende des motards qui arrivent de Bellecour. C’est la tempête des moteurs, tout le monde applaudit, l’ambiance est à la fête, mais une fête combative et un cortège se reforme motards à l’avant, ça avance jusqu’aux Cordeliers. Là grand rassemblement, la manif occupe tout le passage, on est bien 1200 à tout bloquer, pendant une vingtaine de minutes, le cœur de la ville sans plus aucune présence policière visible immédiatement !Puis, nouveau départ avec les motards qui passent le pont Lafayette ; cruelle erreur que de les suivre, car une fois sortis de la Presqu’île, la police peut reprendre l’initiative. Le cours Lafayette est bloqué et elle nous laisse le quai Augagneur… Sommations et gazages en nous poussant vers la Guillotière. Les motards sont à la traîne ou juste ont décidé de ralentir les forces de l’ordre. Les rues perpendiculaires qu’on nous ferme sont parfois attaquées avec l’appui de tout ce qui se trouve sur notre passage, dont des containers à verre, et ce jusqu’à la Guillotière.
Gazage à la Fosse-aux-Ours. Les motards veulent partir par la place du Pont, mais sans pouvoir passer un des leurs est tabassé par la BAC puis envoyé en GAV. D’autres motards ont aussi été matraqués au passage et des menaces physiques et des injures inadmissibles ont été proférées par les bacqueux au cas où les motards manifesteraient à nouveau. Il leur est précisément reproché de servir directement au regroupement des manifestants une fois que les forces de l’ordre les ont dispersés.

Le reste de la manif va être repoussé par un véritable rouleau compresseur de FO jusqu’à Berthelot et gazage à Jean-Macé pour rabattre tout le monde sur l’avenue Jean-Jaurès et Gerland. Nous avons décroché à ce niveau.

Pendant ce temps, une petite trentaine de GJ qui n’ont pas voulu traverser le pont… et qui n’ont pas non plus voulu décrocher complètement, se retrouvent en point de fixation pour discuter place de la République. Mais très rapidement ils sont avalés par les passants qui se massent pour regarder un spectacle de rue bien plus intéressant apparemment.

19 h

Le point de rendez-vous aux Terreaux “bénéficie” d’un contrôle de police et c’est des Cordeliers qu’une manifestation de nuit va partir avec bien peu de GJ portés, mais bien décidés à défiler. À Opéra les gens ne savent pas trop quoi faire, mais un petit groupe a dégagé des barrières qui empêchaient l’accès à la cour de l’Hôtel de Ville, puis on a vu un joli gilet jaune suspendu en étendard en haut du portail de la cour de la mairie. Vers 20 h 30, ils sont une petite centaine à passer rue Chavanne en provenance de la rue Mercière.

3 interpellés : un motard et deux mineurs selon la presse.

 



 

Depuis le 3 avril le site Printemps-jaune.fr est en ligne après avoir été annoncé durant l’AG Lyon centre plusieurs fois. Il regroupe des contributions de qqes-uns des groupes GJ sur Lyon et des environs et espérons, à terme, des contributions plus large.

 



 

CR de l’AG GJ Bourse, le 1er avril

120 personnes environ.

Les petits chefs donnent de la voix dès le début afin de contrôler une AG qui leur échappe depuis au moins deux séances. D’ailleurs la première prise de parole, censée faire un retour de l’inter-commission, commence par énoncer ce que peut être une « bienveillance » autoritaire en amalgamant la contestation de certaines positions émises à la tribune à des agressions (sexistes en plus !?) sans que la présence des « agressées » puisse permettre de mettre au clair la situation reprochée. Dans la même veine, l’AG ou certaines personnes de l’AG, sont accusées d’empêcher le fonctionnement d’une commission « organisation » qui ne fonctionne plus qu’à deux personnes (va savoir pourquoi hein !) et qui ne s’est pas réunie.

Il s’ensuit un bilan des actions de la semaine avec le succès du soutien à Cogepart et le blocage du rond-point de Chaponnay, fruit de l’inter-coordination des GJ (soit plusieurs groupes GJ de la région), appuyés par des GJ Lyon-Centre. L’action a empêché la livraison de nombreux Mac Do de la région le lendemain. Cette lutte commune aux deux groupes relancera peut-être une coordination plus étroite entre ceux des ronds-points et ceux de l’AG.

La continuation de l’occupation du rond-point de La Feyssine le lundi, le mercredi et vendredi soir.

Un auto-satisfecit de la tribune à propos de la manif de ce dernier samedi, alors même qu’elle a mécontenté pas mal de monde. La faible réponse policière (sauf en fin de journée) semble plus tenir à l’actualité de « Quai du polar » qu’à un changement de tactique de la police. Des accrochages ont lieu sur la question de la violence ou non-violence, sur révolution ou évolution, mais de façon très abstraite (par exemple notre attitude devant la police a l’Opéra n’est pas questionnée).

Parmi les actions proposées, il y a eu une intervention d’une GJ qui est présente sur le rond-point de La Feyssine et qui proposait que tout le monde vienne pour un barbecue le vendredi. Par ailleurs elle a proposé qu’une des manifs parte/passe par Villeurbanne.
Des actions sur les hôpitaux en soutien devant l’Agence Régionale de Santé, 241 rue Garibaldi ce jeudi à 11 h et surtout devant l’hôpital E. Herriot ce vendredi à 14 h 30.

Une déléguée CGT de Carrefour vient présenter l’action du lendemain à Confluence (cf. CR).
Un nouveau débat général est annoncé pour le lendemain (!) dans le cadre des dialogues populaires ou « vrai débat ».

Des représentants de l’inter-coordo annoncent une action nationale prochaine (avec Rodrigues) pour envahir Monaco ! Et par ailleurs ils annoncent leur participation à Saint-Nazaire en tant qu’assemblée de Givors.

Une information est donnée sur le sort de Mike, membre de la commission action, au trou depuis une semaine à Corbas avec une autre personne, suite à un projet d’action en janvier et des investigations policières avec utilisation du flicage génétique.

La suite de l’AG se concentre sur la participation à l’assemblée des assemblées de Saint-Nazaire.

Les quatre personnes volontaires se présentent à nouveau sur la demande de certains membres de l’AG comme si la question principale était celle de la confiance ou de la défiance alors que le contenu de ce qui sera remonté de l’AG à l’AG des Assemblées Générales, n’est même pas déterminé par des synthèses de commissions et éventuellement un vote. Alors que la logique voudrait de n’y envoyer que des observateurs, un compromis est passé pour envoyer deux mandatés et deux observateurs, puisque cela a été voté il y a trois semaines, mais finalement ils n’y porteront que l’état de la situation à Lyon et donc des manques comme des quelques réussites. Certains essaient quand même de faire voter des sortes de motions dont celle d’un avocat de l’Ouest de la France (François Boulo), qui commence par définir ce que le mouvement n’est pas (raciste, sexiste, homophobe) soit la ritournelle habituelle du politiquement correct, reprise par Macron pour accuser le mouvement et inversée dans la plus grande contre-dépendance. De la même façon, certains ont essayé de faire positionner l’AG par rapport à une conférence de Juan Branco à la Bourse du Travail de Lyon. Proposition reçue sans enthousiasme et critiquée par ailleurs pour son côté spectaculaire et peu populaire.
Une partie de l’AG a été consacrée à un débat (sur la proposition d’une dame) sur ce que l’on pourrait dire/apporter à cette coordination, sans forcément y aller avec des positions communes (ce qui semble difficile, vu le contexte).

En vrac :

    – les points priorisés suite aux réponses au questionnaire dépouillé ?? ;
    – l’expérience lyonnaise, les actions menées, la pratique de l’AG ;
    – une proposition d’AG locale extraordinaire dont on ne saisit pas ce qui pourrait la rendre exceptionnelle.

Enfin, pour un meilleur fonctionnement de l’AG, un ordre du jour flexible est prévu et pour les discussions, le choix d’un sujet par AG.
Finalement, sans commission d’organisation, l’AG s’est plutôt bien passée et les « trublions » de la semaine passée ont été remplacés par d’autres plus ou moins pertinents sur d’autres sujets (une intervention pour insister sur l’importance d’une coordination nationale dont Saint-Nazaire pourrait être le point de départ, mais n’est-ce pas s’illusionner sur la responsabilité de ces AG marquées à gauche pour ne pas dire LFI/NPA ?).

 



 

CR de l’action à Carrefour Confluence, le 2 avril 2019 à Lyon

A la demande d’une déléguée CGT, par ailleurs GJ et qui est venue présenter l’action à l’AG du 1er avril après avoir participé elle-même à l’action de la semaine dernière contre Cogepart, nous nous retrouvons à une douzaine de GJ ce matin à 9H devant l’entrée du magasin. Une quinzaine de salariés cégétistes distribuent des tracts contre les suppressions d’emplois prévues par les rationalisations de la Direction (mise en place de caisses automatiques, suppression de certains rayons comme l’électro-ménagé depuis les accords avec Darty, pressions sur les salariés pour qu’ils conseillent aux clients de payer par les cartes sans contact de façon à accélérer les flux, etc).

Nous entrons ensuite à l’intérieur du magasin où les militants s’adressent aux collègues au travail mais l’ambiance est bizarre car les cégétistes sont en fait des salariés de tous les Carrefour de la région et ne connaissent pas forcément les salariés de chaque centre et de plus ils les appellent à rejoindre leur lutte alors qu’eux-mêmes ne sont pas en grève mais en heures de délégation ou en journée de repos ou de récupération. Le fait qu’il y ait aussi peu de clients à ce moment de la journée rajoute au malaise. Des discussions s’engagent aux caisses automatiques pour sensibiliser les clients sur le « travail » que leur impose de fait Carrefour en tant que client.

Finalement la CGT décide d’aller jusqu’au bureau de la Direction et nous demande de venir. Nous suivons bien que certains d’entre nous se posent des questions (nous sommes en intrusion dans des locaux privés !) sur le bien fondé de la chose. Nous faisons pression devant le bureau au son de l’Internationale. On se demande quel rôle jouent des membres de la CGT qui appellent à la révolution devant le bureau alors qu’ils ne sont pas capables de déclencher une grève. Et fin du fin, une déléguée CGT indique que si la Direction n’ouvre pas les négociations, une nouvelle vague de GJ va déferler sur le magasin. Bien sûr il y a de la provocation là-dedans, mais on se sent de plus en plus instrumentalisés, à part la militante NPA et GJ par ailleurs qui a l’air contente d’elle et de la situation.

De fait, une délégation de représentants de tous les magasins est reçue et nous quittons les bureaux de la Direction.
Aucun agent de sécurité, aucune force de police à l’intérieur du magasin ne s’est manifestée, mais que ce serait-il passé dans le cas contraire ?

Ce sera un point à aborder à la prochaine AG. Soutenir des grévistes en lutte oui, cautionner de fait des stratégies syndicales, non.

 



 

CR de la manifestation du 30 mars à Lyon.

Un appel à l’AG du lundi puis par les réseaux à rejoindre la place de la République sans gilet à 14h30 pour éviter les blocages policiers sur Bellecour. Néanmoins, une centaine de personnes présentes à Bellecour à 14h, mais finalement tout le monde va rejoindre la presqu’île où la présence policière est moins visible que d’habitude. Aux environs de 14h45, Une seule ligne de forces de l’ordre s’approche du rassemblement mais leurs intentions ne semblent pas coercitives et après un léger flottement, ils se retirent. Dès lors, la manifestation s’élance en direction de l’hôtel de ville.

Vers 15H on doit être 300, la manif interrégionale de St-Etienne ayant attiré du monde.

La manifestation se dirige vers l’opéra où une partie d’entre elle décide de monter à la Croix-Rousse, sans qu’on en connaisse vraiment les raisons. Pour changer pensent certains ; d’autres ( GO du groupe GJ Lyon Centre) à cause, semble-t-il, du succès de la nocturne (sans FO aux basques) et la volonté d’être un peu visible auprès des bobos croix- roussiens ; parce que la police nous pousse à quitter le centre-ville disent ceux qui ne veulent pas monter. Valse hésitation, encore plus qu’à l’accoutumé. Le Starbuck devant lequel nous stationnons baisse sa grille. Notre présence à proximité de « Quai du polar » ne semble pas concerner les personnes qui font la queue. Mais de toute façon nous n’avions absolument rien prévu par rapport à cet événement.

Pour ceux qui montent le trajet croix-roussien se fait à vive allure avec quelques incidents au passage (voitures endommagées) et le retour sur les Terreaux est assez impressionnant. La manifestation a sensiblement grossi quand ceux restés en bas rejoignent le cortège qui vient de la place Sathonay.

La police nous attend vers opéra. Forte densité de manifestants (petit millier ?), mais indétermination complète quand la police fait ses sommations puis avance en nous indiquant la sortie vers les quais du Rhône. Ils n’ont même pas les casques, mais ça suffit à disperser la foule alors qu’un sit in aurait été envisageable puisque la majorité des GJ semble vouloir éviter le contact et que par ailleurs le cortège aurait pu emprunter le péristyle de l’opéra où il y avait très peu de policiers et où on pouvait passer très facilement, pour s’installer sur la place en sit in… A noter aussi la récurrence accentuée d’un traitement différent, de la part de la police, entre manifestants en gilets jaunes repoussés plus violemment que manifestants sans gilet. Et visiblement la police avait mission de nous bouter du centre et nous pousser vers l’axe Nord-Sud. De ce point de vue, leur stratégie est un échec puisque ce ne sera qu’un départ provisoire.

En effet, par différents parcours les manifestants rejoignent la place de la République, puis certains, la place Bellecour. On est à nouveau à un chiffre assez bas (environ 300 personnes) et des jeunes s’amusent et vident un extincteur en direction de la police. Puis, ils énervent le barrage de policiers qui tient l’entrée de la rue Victor Hugo. Premier gazage un peu avant 17h. Quelques projectiles lancés et la police avance pour nous renvoyer vers le métro et la rue de la République, quand tout à coup nouveau gazage très important qui vise aussi bien les manifestants que les badauds qui sont refoulés vers les rues de la Barre et rue de la République, mais là barrage des forces de l’ordre ; un handicapé en fauteuil roulant, des enfants, les gens, suffocants, hurlaient de les laisser passer… Quelques uns d’entre nous forçons le barrage de la rue de la Ré. « Habituellement », on pouvait s’enfuir par une des rues. Là la seule issue criée par mégaphone était d’emprunter la rue Poncet. Avec le vent du Sud, les grenades vont incommoder jusqu’aux Terreaux et par exemple les bouquinistes et farfouilleurs du quai de Saône. Les manifestants qui ont choisi de partir par la place A. Poncet se font pourchasser jusque sur le pont de la Guille et parce qu’un gros pétard aurait été lâché, les gradins proches de la Fosse aux ours sont copieusement arrosés de grenades. Le « bronzing » n’est plus ce qu’il était !

Pendant ce temps on se regroupe à nouveau place de la République pour des discussions entre manifestants. Nous conseillons à un syndicaliste de la fonction publique et à un chef d’équipe du BTP de venir aux AG du lundi soir. Discussions aussi avec deux Blacks Bloc qui semblent se plaindre à la fois du fait qu’à Lyon c’est difficile de faire quelque chose (!), qu’il y a trop de fascistes et puis que de toute façon, les Gilets jaunes c’est pas évident parce que quand même avec leurs slogans type « machin enculé », c’est un peu homophobe quand même. Incompréhension complète et pas de discussion véritable.

En fait, nous traînons dans l’attente de rejoindre le point de ralliement pour la manifestation du soir à 19h vers les Terreaux où nous ne pouvons que constater le fiasco.

D’une manière générale et bien plus que la semaine précédente on a l’impression d’une manifestation sans impact. Tant qu’il n’y a pas de gazage on semble faire partie du paysage et les gens passent à côté de nous quasiment sans nous voir. Les passants s’habituent, comme le montre cet échange entre deux personnes « à 17h on peut encore aller au cinéma, car c’est à 18h que ça dégénère »… et intègrent les cortèges du samedi dans leur emploi du temps !

 



 

Manifestation régionale du 30 mars 2019 à Saint-Étienne

13 h — Le rond-point de Monthieu est le 1er lieu de rendez-vous de la journée pour le départ du Carnaval de l’inutile et des Gilets jaunes. Il est largement surveillé (fouille des véhicules et des passants) comme une partie du centre-ville. Du côté de l’objectif, en ce début de journée, des Gilets jaunes stéphanois, ils sont simples : se réunir sur la très centrale Place du Peuple, proche de la zone interdite. Le reste est du domaine de l’inconnu.

Départ de Monthieu un peu avant 14 h à 1200 en mode festif. Arrivée sur la Place du Peuple 30 minutes plus tard, là sont présentes 400 personnes, la jonction envisagée a bien lieu et l’interdit n’a pas empêché notre présence. Les rangs enflent, l’humeur est festive et donc cela repart sans qu’on sache ou l’on va (tient ça rappelle quelque chose…). Grand tour de la ville, mais jamais sans réel retour sur le centre commerçant, bien désert ce samedi après-midi (le préfet fait le boulot pour nous ?). La manif s’agrandit et à un moment on est bien 5000, c’est impressionnant mais c’est sans effet, car la détermination qu’on pourrait espérer n’est pas vraiment là quand il faudrait revenir sur ce centre-ville barricadé. Pourtant il est clair que les flics, qui sont 700, auraient du mal à contenir tout ce monde en confrontation effective, même brièvement. Des pyromanes radicaux, au milieu de GJ pas toujours consentants, opèrent mais aussi un peu de casse sur une banque et des abribus. A quoi bon en réalité quand la cible du cortège ne peut qu’être le centre-ville sous surveillance. Nous arrivons à la gare de Châteaucreux, allez savoir comment, gazage (les gazages sont peu fréquents sur Saint-Étienne), on se retourne et là le monde à comme disparu, dispersé ou presque. Contre les résistants encore là les flics sont désormais plus pressants et gazent, voire chargent : le pas se fait plus rapide. La manif se désagrège et certains prêts à en découdre sont un peu estomaqués de ne pas avoir réussi à faire de cette manifestation autre chose qu’une promenade. Retour sur Monthieu où les flics en profitent, gaz encore et surtout contrôles avec l’appui d’un hélicoptère qui scrute de façon oppressante.

44 interpellations ! Beaucoup de personnes relâchées car il y a un manque de cellules pour tout ce monde… 11 GAV effectives le samedi soir.

 



 

Retour GJ sur la réunion Lyon climat lundi 25 mars

Pour tenter de comprendre l’échec de la convergence GJ/GV lors de l’organisation de la manif pour le climat le 16 mars dernier, je me suis rendu ce lundi 25/03 avec un camarade à lAlternati bar où se tenait à 19h une AG de la coordination Lyon climat dont l’objet était un retour sur la marche pour le climat.

Nous ne connaissions pas la composition précise des personnes présentes ce soir-là. Nous nous sommes concentrés sur les paroles les plus saillantes émanant des organisateurs. Ceux que l’on a pu repérer et essentiellement les propos autour des GJ car notre présence était aussi motivée par la façon dont Lyon Climat perçoit le mouvement. Nous devons également préciser que nous relatons de mémoire et non à partir d’enregistrement. Il y a forcément un risque de recomposition. Mais il y a eu une relecture.

A noter que l’ambiance de la réunion durant notre présence fut bien sage. Chacun parla l’un après l’autre, on n’interrompt pas la parole, pas d’invectives, on dit « oui » avec les mains. etc.

Communication et animations autour de la manif :

Un moment d’enthousiasme général introduit le début de la réunion avec le chiffre de 35 000 personnes.Ce qui a pour effet de mettre en avant la bonne communication que la coordination a mise en place pour cet événement relayé à travers des médias tel que la presse régionale ou des radios comme France Inter.

Par contre on relève que Le contexte d’encadrement avec des Forces de l’ordre n’a pas été très apprécié pour un rassemblement qui chercher à accueillir dans une communion sympathique le maximum de monde.

Puis l’on aborde la participation des enfants qui globalement a été une réussite. Seul bémol, les animations restées en tête de défilé. Ainsi, certains gamins qui s’étaient étalés à la longue sur toute la longueur du cortège ne purent en profiter.On se félicite du grand nombre présent et on se rassure qu’aucun incident n’ai eu lieu pendant leur encadrement. Leur présence est une belle réussite et l’on propose que cela soit acté à chaque nouvelle marche dorénavant.

Propos généraux sur les GJ :

Peu à peu, dans les discussions sont abordées des remarques sur la présence des GJ.

Plusieurs personnes indiquent la présence de 3000 GJ (chiffre délirant que j’avais déjà noté sur le site web de la marche pour le climat et que je finirai par contredire, car tout au plus 500GJ rejoignirent le tribunal). Mais ce chiffre n’est pas significatif non plus car d’habitude au moins la moitié des manifestants GJ ne portent pas le gilet !

L’une fait remarquer que cela a été dommage qu’ils n’aient pas pris la parole pendant les interventions en début de rassemblement. Faiblesse de l’organisation ou timidité des GJ se demande la coordination.

La présence des motards GJ est évoquée par quelque un comme un point négatif durant le rassemblement et une totale incompréhension demeure chez les participants quant à leur venue à l’événement. Une personne notera aussi que ce fut une situation très anxiogène pour les enfants dont certains se mirent à pleurer devant le vrombissement des grosses cylindrées.

On reparle des autres rassemblements de décembre et janvier et de la présence des GJ. Notamment en janvier où une haie d’honneur avait été improvisée pour qu’ils puissent accéder en tête de cortège. Cela avait surpris et agacé plusieurs manifestants de la marche. Beaucoup de travail encore à faire dans chaque camp respectif pour mieux s’accepter reconnaît une personne.

Au sujet des GJ, une personne fait remarquer une absence de structure ce qui complique la moindre coordination. C’est à ce moment que je décide d’intervenir.

Intervention

Je me présente comme GJ et j’indique que, selon moi, la convergence a été un échec et que je déplore une certaine opacité quant à l’organisation car des tentatives de contacts de GJ pour travailler ensemble sont restés sans réponse quelques semaine avant la date. Que les GJ ne sont pas tous restés dans le cortège car la moitié s’est senti pas trop à leur place et parfois mal accueillis et donc sont partis. J’indique qu’il existe une « structure GJ » qui s’appelle GJ Lyon centre et qui fait des actions, des AG et organise des tas de choses.Je parle aussi des organisateurs de la marche qui avaient parlé à l’AG Gilet jaune une semaine avant pour nous inviter à rejoindre leur cortège. Les règles à respecter avaient été précisées en ajoutant l’impossibilité qu’ils rejoignent notre rassemblement place Bellecour suite à la présence de publics trop hétéroclites dans leur rang. Je propose d’imaginer une possible convergence en amont sur une manif ou ne se trouverait, par exemple, pas d’enfant. Ou alors de faire une autre forme de cortège vraiment ensemble incluant les deux luttes.

On me répond que l’organisation n’était pas possible du fait du peu de temps qu’il leur restait lors de la proposition par les GJ d’une organisation commune. On me dit que les enfants sont actés et il n’est pas question de les exclure. Et on élude la possibilité d’un cortège commun en me renvoyant aux actions de désobéissance civile ou se trouve des GJ qui participent aux formations d’actions d’Alternatiba ayant émaillées le parcours.

Une personne ajoute que les GJ n’ont pas toujours été en phase avec le discours écolo et qu’au début il était foncièrement contre leur présence (ex. contre la taxe carbone, défense du pouvoir d’achat et absence de critique de la consommation). Sa crainte c’est que si on imagine une marche commune, le message des GV sur l’environnement risquerait de se perdre dans les multiples revendications des GJ et donc que cela s’avère contre productif pour leur mouvement.

D’autres répondent clairement que le contexte des manifs GJ est dangereux et que leur but n’est pas de drainer une image médiatique brouillée par les lacrymos.

Un gars de Greenpeace reproche à la personne en charge des actions d’Alternatiba un excès de danger avec un moment où les FO ont fait usage des lacrymos (ce qui était très mauvais médiatiquement) et donc que les actions n’avaient pas été suffisamment préparées et sécurisées. La personne d’Alternatiba lui répond que l’on ne peut pas prévenir les mouvements des FO et que par contre, les personnes qui ont menées les actions étaient parfaitement au courant des risques (disposés à être gazés, sic) et que tout était clair dès le début. Et surtout aucun enfant n’a été exposé au danger ni les publics non consentant, en gros.

Un des organisateurs fait remarquer que si des revendications teintées de slogan effectivement écolo sont présent chez les GJ, aucune véritable démarche d’envergure dans des actions typées verte n’a encore été entreprise pour les convaincre de la possibilité d’un rapprochement organisationnel.

On en arrive à la présence des « blackblock » lors du rassemblement au départ des 24 colonnes.

Des personnes tout de noir vêtus, masquées, avec des outils cachés dans leur vêtement s’indigne une dame âgée. « Ce sont des anticapitalistes » précise un autre.

Un des organisateurs explique que cela a eu pour effet de tendre les Forces de l’ordre et à donner une très mauvaise image et surtout une incompréhension de leur présence dans ce contexte bon enfant. Il poursuit en racontant son échange avec un policier en civil pour rassurer sur leur intention après qu’il ait était les voir pour leur expliquer les règles et le contexte pacifique de la manif. A ce sujet, la dame âgée laissera échapper un « il était très bien ce monsieur » en parlant du policier.

Une personne interviendra quand même pour expliquer à tous que ces fameux personnages sont des « black block d’opérette » et que toute comparaison avec ceux ayant ravagés Paris n’a pas de sens.

A ce sujet, le SO sera unanimement salué pour son bon travail tout au long du cortège.

Il faut aussi mentionner qu’une personne de l’AG Lyon centre était présente à cette réunion car elle faisait également partie de la coordination manif pour le climat. Elle a vivement poussé à la convergence des luttes en cherchant un point de rencontre qui unifierait les deux mouvements qu’elle a nommé tout simplement : l’humain. Elle indiqua qu’elle s’activait dans notre commission convergence et appelait chacun à venir travailler dans ce sens tous les mercredis dans un lieu appelé “l’autre monde” dans le 7e.

Remarques

J’en retiens notamment que je fus, à un moment, renvoyé aux actions de désobéissance civile avec la condescendance de ceux qui ont de l’expérience et se sentent fort d’une organisation très structurée, trop peut-être, ce que je fis remarquer en disant que « vouloir tout contrôler » me semblait illusoire et qu’il fallait accepter une part d’imprévu. Vraisemblablement cela n’est pas de mise chez eux.
Leur obsession de donner une bonne image médiatique va dans le sens d’une ouverture massive à tous les publics et à l’heure où les GJ sont victimes de la répression féroce et d’un travail acharné de sape médiatique, cela me fait dire que la rencontre des deux mouvements est tout simplement impossible, l’opposition organisationnelle étant trop forte.

Le capitalisme comme fondement de ces dérèglements social et climatique ne fut même pas effleuré ni même la remise en question du système économique dans les échanges ce qui aurait pu être imaginé dans une perspective de travail en commun car si dans les faits, les points de convergence sont nombreux, les organisateurs ne me semblent pas prêts à l’entendre de cette oreille. Trop investis qu’ils sont dans leur fonctionnement propre.

Mon camarade me fit remarquer qu’il avait failli intervenir pour leur dire qu’ils fassent attention à ne pas « dépolitiser le mouvement ». Ceci dit, cela montre bien un fonctionnement qui ressemble presque davantage à une étude de marché, ciblage, et passage en revue des moyens pour monter de l’événementiel qu’à une manifestation éventuellement politique. Cela me sera confirmé ultérieurement par la réception sur ma boite mail d’un compte rendu (Debrief 16 mars) accompagné des résultats d’un questionnaire de satisfaction comprenant des questions courtes et de nombreux diagrammes dignes des stratégies commerciales de Carrefour.

 



 

Complément au CR de l’AG Bourse du 25 mars

Ce CR, dans cette forme, ayant suscité quelques remarques et questionnements, nous tenons à préciser que les oppositions que nous signalons ne signifie pas que nous les entérinions, mais relèvent d’abord du simple constat de ce qui se passe pendant l’AG ; ensuite du fait qu’effectivement, dans la confrontation, nous sommes obligés de défendre ce qui peut apparaître comme des positions mouvementistes, immédiatistes et « révolutionnaires ». Mais ce serait une erreur que de prendre cela au pied de la lettre. Ainsi, pour ne prendre que l’exemple le plus parlant, quand l’un d’entre nous a fait état des deux niveaux de temporalité il n’a pas développé l’idée qu’ils étaient incompatibles, mais seulement un niveau d’urgence différent qui permet de garder en tête pourquoi (l’urgence sociale) et à partir de quoi (l’action directe) l’événement-Gilets jaunes a bouleversé l’ordre établi.

Nous en revenons toujours à la même chose, à savoir que l’AG (en tant qu’elle ne se voudrait que le réceptacle du travail des commissions) est de plus en plus déconnectée du mouvement (et il en sera sûrement de même de « l’assemblée des assemblées ») au point de se concevoir comme le mouvement lui-même, un mouvement qui continue pourtant à lui échapper parce que certains meneurs, via Facebook, continuent à être les plus capables de mobilisation au niveau national (Drouet et Nicolle par exemple). Le problème à Lyon et sûrement dans d’autres villes est que les formes anciennes de luttes, comme l’assemblée y joue encore un rôle qui fausse l’appréciation générale, dans un mouvement qui a bouleversé justement toutes les formes classiques. Et si nous accordons nous-mêmes de l’importance à l’AG, c’est du fait de cette situation, c’est-à-dire, que pendant un court temps, disons pendant la seconde et troisième AG on a pu croire qu’elle pourrait réunir et contenir tout le mouvement. Nous en sommes loin aujourd’hui qu’il ne reste pratiquement plus qu’un des quatre groupes GJ de la région à participer aux AG. Il n’empêche que l’AG garde une utilité comme on peut le voir avec des salariés en lutte qui y interviennent comme si elle était un point d’appui pour leur lutte. Elle permet aussi de brasser plus large et y accueillir des personnes nouvelles ou des intermittents de la lutte en quelque sorte. C’est pour cela qu’il faut continuer à s’y rendre et aussi parce qu’on y discute, pendant et après, que s’y fait et s’y défait l’unité des Gilets jaunes au grand dam de ceux qui voudraient que les commissions représentent le niveau réflexif de l’organisation générale, celui chargé de faire les propositions qui permettent « d’avancer » et d’être productifs.. D’où aussi le fait que toutes les oppositions ou critiques y sont souvent conçues, par eux, comme des querelles d’ego.

Problème concret posé à votre réflexion : comment faire pour que la semaine prochaine cela ne se reproduise pas. Si on reprend l’exemple de la proposition de constituante et pour répondre à la question de L. cette proposition est censée préparer le demain du mouvement, mais qu’il faudrait entreprendre dès aujourd’hui pour ne pas être pris au dépourvu le moment venu. C’est une tendance qui inverse ce qu’on a connu historiquement dans la mesure où les constituantes suivaient les révolutions et non pas l’inverse. C’est peut-être pour cela que semble se rejouer l’opposition entre réformistes et révolutionnaires.

Apparemment, d’après les dernières nouvelles des propositions d’ordre du jour seraient faites au début de l’AG et quant aux retours des commissions il ne serait pas systématique, mais uniquement si cela apporte des éléments nouveaux.

 



 

Mobilisation enseignante du jeudi 28.03.2019
Le contexte :

Les enseignants étaient entre 60 à 70 présents à la Bourse. Ils répondaient à la journée d’action qui avait été votée à l’AG qui s’était tenue à l’issue de la manif intersyndicale du mardi. Les principales organisations syndicales avaient signé l’appel, excepté le SNUipp-FSU qui bien que « moralement d’accord » n’a pas voulu se joindre à ce mouvement. Cette journée d’action a été perçue comme un échec compte tenu de la faible mobilisation à l’AG [mais pas de chiffre communiqué au niveau des grévistes]. Beaucoup de déception parmi les enseignants présents.

Au sortir de l’AG, une vingtaine d’enseignants rejoignent la Place Guichard où les attendaient une trentaine de Gilets jaunes.

Aucune prise de parole de la part des enseignants pour expliquer la situation à tous ceux qui les attendaient.

La convergence semble difficile car si quelques enseignants se mêlent aux GJ et engagent des discussions, la plupart se regroupent dans un coin de la place, à l’écart des GJ.

Certains enseignants iront même jusqu’à traiter une Gilet jaune qui s’était rapproché d’eux, de fasciste sous prétexte que les GJ chantent la Marseillaise et brandissent le drapeau bleu/blanc/rouge !!!

Flottement.

Que faire ? Partir en manif comme cela avait été prévu (manif déclarée jusqu’au rectorat) ? On assiste à des discussions en aparté entre responsables syndicaux et un GJ (reconnu sans doute comme représentant GJ même si il ne revendique pas de l’être et que Place Guichard il ne représente que lui-même).

Les GJ s’impatientent et entendent bien ne pas s’être déplacés pour rien.

Un autre représentant syndical qui se tient dans le cercle des enseignants finit par prendre un mégaphone pour annoncer qu’ils renoncent [les enseignants] à partir en manif : décision prise lors de l’assemblée générale.

Les GJ, eux, ont décidé : ils veulent manifester. Ils ne seront suivis que par 5/6 enseignants qui regrettent le comportement frileux de leurs collègues – et pour l’attitude discriminante de certains à l’égard du mouvement des Gilets jaunes.

Les GJ empruntent un parcours improvisé qui n’a rien à voir avec le trajet déclaré. Les forces de l’ordre et les RG dédiés aux enseignants nous laissent faire.

Gilets jaunes et les quelques enseignants présents profitent de cette ballade pour discuter.

Nous rejoignons les quais du Rhône jusqu’à Lyon 2 que nous traversons en direction du Rectorat. Là devant 3 « bleus en tenues légères », un GJ enseignant prend la parole pour dénoncer Blanquer et la « réforme » en marche de l’éducation nationale : inégalité accrue, privatisation en vue, etc.

Pour conclure, les enseignants présents demandent aux GJ de venir nombreux au rassemblement qui se tiendra samedi à 10h30 devant le palais de justice, les 24 Colonnes à Saint Jean. Et de ne pas tenir compte de la morgue que manifestent certains enseignants à leur égard.

Ce rassemblement aura la particularité d’associer enseignants et parents d’élèves.

 



 

CR de la manifestation du 26 mars en soutien à la manifestante blessée à Nice

A partir d’informations passé par Facebook nous nous sommes retrouvés à une soixantaine place Bellecour à 18h. Nous avons attendu un moment, trois motards sont arrivés à la rescousse, mais pas l’ombre de la participation d’Attac, l’organisation à laquelle semblait participer Josiane Legay.

Finalement on a décidé de partir en cortège, mais pas de banderole, en direction de la rue de la République, avec juste un porte voix. Une voiture et trois cars de police à la suite, mais à distance, deux motards à l’avant et de côté.
Nos slogans : «soutien aux gilets jaunes blessés », « manifester est un droit », « on est là … ». Manifestation sans anicroche jusqu’à l’opéra ; petite prise de parole et retour par le même trajet.

 



 

CR de l’AG de Lyon Bourse du travail, le 25 mars 2019

Environ 150 personnes au plus gros de l’AG.

L’AG est censée commencer par un CR des commissions de la semaine dernière qui planchaient sur d’éventuelles remontées de questions à St-Nazaire tout en présentant ce qui se fait à Lyon.
Après un premier rapport sur un bilan qui frise l’auto-congratulation, on s’aperçoit bien vite :

    1) Que les autres rapporteurs de commission ne sont pas là
    2) Que de toute façon ce n’étaient pas des synthèses qui allaient être présentées mais des énoncés de points.

Se pose à nouveau la question de savoir si on doit se focaliser sur la prochaine assemblée de Saint-Nazaire et ce qu’on peut en attendre ; alors que pour certains la seule question est celle des mandats, pour d’autres de savoir quel contenu on y porte, ce qui n’est pas vraiment discuté et ressemble comme deux gouttes d’eau au programme de LFI et enfin d’autres n’en attendent rien.
Situation de blocage qui se débloque par l’énumération des actions de la semaine, effectivement nombreuses et riches d’enseignement.

– Une action a eu lieu devant l’ENS où Blanquer devait se rendre. Des GJ étaient présents accompagnés d’enseignants non syndiqués plus la de la CGT. Blanquer espérait avoir échappé à ses poursuivants en allant à l’Hôtel de Ville mais il a été rapidement rejoint. Tout ce petit monde reprenant le fameux « On est là… ». Une coordination d’enseignants en lutte hors syndicat est en train de se créer, suite à la forte présence des enseignants à la dernière interpro, certains d’entre eux ont fait grève aussi vendredi. Un rassemblement est prévu jeudi à 13 h 30 place Guichard et un autre samedi matin à 10 h aux 24 colonnes.

– Une « artiste » vient présenter son nouveau collectif d’artistes contre la violence policière, mais son tract s’adresse à « nos frères et sœurs policiers » !!!

– Une autre participante confirme la continuité de l’occupation d’un rond-point à la Feyssine tous les jours de 17 à 20 h.

– Enfin, après compte-rendu de notre intervention à Primark la semaine dernière et nos contacts pris avec la Cogepart à cette occasion, ce sont quelques salariés en grève de cette entreprise sous-traitante de Carrefour (livraisons) qui viennent nous présenter leur lutte et nous demandent de participer à une action sur Carrefour la Part-Dieu, ce vendredi vers 16 h.
Dimanche 31 mars fin de la trêve hivernale avec une manif contre toutes les expulsions à 10 h 45 à Charpennes direction le squat « Amphi Z » où se déroulera la journée culturelle.
Deux participantes à l’AG de Saint-Étienne viennent rappeler l’inter-région de samedi prochain dans leur ville et nous demandent d’y aller nombreux. Néanmoins elles sont assez mécontentes de la situation stéphanoise, avec des AG qui se passent mal et apparemment une mobilisation aux manifs en baisse. C’est pour cela que depuis quelques semaines elles viennent aux manifs lyonnaises et qu’elles demandent à assister à l’AG lyonnaise ce soir pour avoir une idée de son fonctionnement.

Le groupe TEO présente ensuite son site internet : printemps-jaune.fr

Sont aussi présentés deux journaux : Bonheur en bas (sinon malheur en haut) et Komposit.

Après cela, le groupe GJ-Lyon-centre essaie maladroitement, car bureaucratiquement, de faire passer les membres de l’AG en plus petit groupe sans discussion préalable, sous prétexte que cela ferait quinze jours qu’on s’est mis d’accord sur cette procédure. Ils organisent un vote qui pour une fois se retourne contre eux puisque nous avons décidé de voter alors que la plupart du temps on s’abstient (quand je dis « on » c’est au-delà du « groupe non-groupe » (comme on disait en 68) du Journal de bord, les « mouvementistes » par rapport aux « organisationnels »).
La discussion se poursuit et on peut schématiser les oppositions suivant deux axes.

D’habitude (par exemple dans notre « Adresse à l’AG des GJ », du 17 mars, elle se présentait comme celle entre forme (le type d’organisation, AG ou commissions) et fond/contenu (on ne vote rien sans discuter, on définit les priorités en fonction de la lutte) ; mais là ça s’est un peu précisé, puisqu’il si cette division continue à exister (et d’ailleurs on y retrouve les mêmes personnes qui se transfèrent simplement d’un clivage à l’autre avec une certaine cohérence), elle est rendue plus concrète par le fait que se dégagent deux niveaux de pratiques qui ne sont pas dans la même temporalité :

    – La première est celle d’une vision de long terme du mouvement qui doit jeter des bases pour autre chose. C’est-à-dire recréer une perspective émancipatrice à travers la démocratie « réelle ». Dans cette optique il s’agit d’être « constructifs », de gagner des gens à notre cause, de les conscientiser, de faire de l’éducation populaire qui n’existe plus, etc.
    – La seconde est celle du court terme et de l’urgence sociale qui, on doit le rappeler, est au point de départ du mouvement. Dans cette perspective-là, c’est l’action directe qu’il faut privilégier et essayer de faire mal et le plus possible et le plus immédiatement possible au pouvoir en place que ce soit celui de Macron, de l’État ou des patrons.

On va avoir l’illustration concrète de cette opposition dans une discussion finale autour de la question de « l’assemblée constituante » qui, pour caricaturer, est ramenée à une opposition traditionnelle entre « réformistes » et « révolutionnaires », alors que ces deux positions sont avancées le plus souvent en dehors d’une analyse du rapport de force actuel.

 



 

Communiqué d’un action contre le fabricant des LBD B&T (siège social à Thoune en Suisse alémanique) et en soutien aux Gilets jaunes.

Reçu par e-mail, nous proposons la traduction du passage d’un communiqué en anglais. Les lecteurs alémanique auront la chance de lire l’entier du communiqué.
Ajoutons qu’il existe un appel ici à agir contre les entreprises qui fabrique l’armement des forces de l’ordre français.

GiletJaunes: Pyrotechnical attack against weapons company in Wallisellen, Switzerland

Aujourd’hui, 25 mars 2019 nous avons attaqué avec des feux d’artifices le bureau de l’entreprise B+T situé 1 rue Widenholzstrasse à Wallisellen en Suisse (canton de Zurich).
Parmi d’autres produits, cette entreprise fabrique les fusils (LDB) utilisés par la police française pour tirer des flashballs. Au cours des mois précédents, ces armes ont blessé et handicapé pour la vie les yeux et les membres de nombreux Gilets jaunes. Nous sommes solidaires avec le soulèvement des Gilets jaunes. Notre action s’inscrit dans le cadre de l’appel pour dénoncer les violences policières contre les Gilets jaunes. Cet appel a conduit à la mobilisation massive et militante du 16 mars à Paris. Une manifestation qui montre que la protestation a repris de la puissance et que le combat a été porté au cœur de la capitale française.

Today (3-25-19) we attacked the office of weapons company B+T at the Widenholzstrasse 1 in 8304 Wallisellen (Switzerland) with fireworks. Among other things, this company produces the guns used by the French police to fire flashballs. These have injured many in the past months and permanently damaged the eyes and limbs of many of the Gilets Jaunes. We stand in solidarity with the uprising of the Gilets Jaunes. Our action is part of the call to focus on police violence against the Gilets Jaunes. This call led to a massive and militant mobilization in Paris on March 16 during which the protests in the streets regained power and the fight was carried into the heart of french capital.

Angriff gegen Rüstungsfirma B+T

Wir haben heute 25.3.19 den Sitz der Rüstungsfirma B+T an der Widenholzstrasse 1 in 8304 Wallisellen mit Feuerwerk angegriffen. Die Firma produziert unter anderem die Granatwerfer der französischen Polizei, deren Einsatz gegen die Gilets Jaunes in den vergangenen Monaten zu zahlreichen Verletzungen wie ausgeschossenen Augen geführt haben. Wir solidarisieren uns mit dem Aufstand der Gelbwesten. Diese Aktion bettet sich in den Aufruf ein, die Polizeigewalt in den Fokus der Proteste zu rücken. Unter anderem drückte sich dieser Aufruf in einer massenhaften und militanten Mobilisierung nach Paris auf den 16. März aus, bei der die Strasse die Dynamik an sich riss und unerschrocken den Kampf erneut und intensiviert in das Herz des französischen Kapitals trug.

Seit dem letzten November erfasst ein Aufstand ganz Frankreich. Jedes Wochenende sind über 100’000 Menschen in ganz Frankreich auf der Strasse. Die Bewegung der Gilets Jaunes hat mit Protesten und Blockaden gegen Dieselsteuern begonnen und ist zu einem der stärksten und militantesten Klassenkämpfen geworden, der das politische System Frankreichs in seinen Grundfesten angreift.

Die Gilets Jaunes stehen exemplarisch für die Krise der bestehenden Herrschaftsverhältnisse. Die Politik von Macron zeigt mit welcher Arroganz die Bourgeoisie ihren Angriff auf das Proletariat weitertreibt. Mit der ständigen Drohung reaktionärer Kräfte im Rücken haben die Herrschenden jegliche Zurückhaltung verloren. So kündete Macron just nach Steuersenkungen für die Bourgeoisie die Dieselsteuern an, die die Arbeitenden hart treffen sollten.

Die Gilets Jaunes zeigen aber auch auf, in welcher desolaten Situation sich Reformisten und Gewerkschaften befinden. Gegen alle Angriffe der Klasse wollten und konnten die Reformisten und die Gewerkschaften nichts entgegensetzen.

In diese Krise der bisherigen Herrschaftsform haben die Gilets Jaunes einen Keil getrieben. Mit ihnen hat sich ein neuer Teil des Proletariats auf das Parkett gehievt – radikal, militant und vor allem mit entschlossenem Durchhaltewillen. Was grosse Gewerkschaftskampagnen nicht geschafft haben, ist den Gilets Jaunes gelungen. Sie waren die einzigen, die eine solche Stärke bewiesen haben, dass sie die Macht der Regierung herausfordern konnten. Wenn es bisher auch eher taktische Mänöver waren, so musste Macron doch auf den Druck der Strasse eingehen und seine Pläne teilweise zurücknehmen.

Damit ist die Gilets Jaunes Bewegung längst nicht mehr nur eine Bewegung mit ökonomischen Forderungen, sondern eine politische Kraft.

Alle Versuche der Regierung, dieser Bewegung die Zähne zu ziehen, sind gescheitert: Integrationsversuche durch Gespräche mit « Anführern » wurden abgelehnt. Der Vorschlag, die Bewegung auf parlamentarsiche Politik zu lenken und Wahllisten aufzustellen, verlief im Sand. Der Einfluss faschistischer und reaktionärer Kräfte in der Bewegung wird immer wieder zurückgedrängt. Die Lügen der bürgerlichen Medien über sinkende Protestzahlen und die elitäre Stigmatisierung der Bewegung als dumpfer reaktionärer Protest offenbaren nur noch die Distanz zu den Erfahrungen der kämpfenden Massen. Die Bewegung ist unbeeindruckt und erfasst Woche für Woche neue Menschen, organisiert sich und wird politischer. Sie greift verschiedene soziale und politische Brennpunkte auf, verhält sich dazu und ist damit verbunden mit den verschiedensten Kämpfen der Klasse (bspw. die Solidarisierung mit Streikenden bei Amazon, der Kampf gegen die rassistische Bullengewalt oder der antifaschistischen Praxis).

Natürlich setzt Macron umso stärker und umso erbarmungsloser immer mehr auf pure Repression. Die Bewegung soll mit Gewalt niedergeschlagen werden.Zahlreich sind mittlerweile die Toten, die Zahl der Verletzte geht in die Hunderte und tausenden soll der Prozess gemacht werden. Brutal soll dieser Aufstand von unten abgewehrt werden. Darin spielen die Gummigeschosswerfer der Schweizer Firma B+T ihre eigene Rolle. Viele sind schwer verletzt worden, als die französische Polizei auf Kopfhöhe zielend aus nächster Distanz in die Demonstrationen schossen. Nebst den Flashballs und Schlagstöcken sind dies wohl die Waffen, welche zahlenmässig am meisten verletzten. Darum haben wir diese Firma herausgegriffen, die mit ihrem Rüstungsexport so exemplarisch für die Rüstungsindustrie in der Schweiz ist, und angegriffen.

Für eine revolutionäre Perspektive!

 



 

Compte-rendu de la manifestation du samedi 23 mars à Lyon (non exhaustif)

10 h Place Guichard

Une manifestation ce samedi matin contre les lieux de pouvoir, comme déjà réalisé le 16 février 2019. 100 personnes maximum au départ à 10 h 45 après un petit atelier pancartes. Nous allons donc remonter l’Avenue de Saxe faire une prise de parole devant le Cercle du Prisme, 8 rue Godefroy, pour ensuite prendre le pont Morand et aller en direction de Bellecour par la rue de Brest, pour finir vers 13 h sur une autre prise de parole devant le Cercle de l’Union (déjà visité mardi dernier après la manif interpro). La manif garde sa spécificité bon enfant et les slogans évoluent avec un anglais qui initie un « Macron entend cette petite musique, les services publics c’est l’égalité, sur tout le territoire il faut les développer » accompagné par des prises de paroles d’apaisement envers les forces de l’ordre (nous y reviendrons)…

Bellecour, 14 h

Peu de monde au départ : 500 manifestants.

On attend, un peu plus de monde, mais grande dispersion sur une place devenue tout à coup trop grande. Un appel est lancé pour quitter la place en direction du Vieux-Lyon et en cas de blocage de passer rue de la République après avoir ôté les gilets. On démarre vers 14 h 30 pour une sortie qui semble libre sur le quai de Saône, mais une motivation moyenne et au lieu d’y aller au pas de course on s’y traîne littéralement laissant le temps aux flics à bande bleue (pas les CRS = bande jaune) de rapidement se positionner. Au début, ils ne sont pas très nombreux, mais l’indécision de la manif leur permet de se renforcer. Après hésitations on se rapproche des flics et certains sont au contact avec une banderole Gilets jaunes Lyon. Nous sommes donc au plus près, situation la plus embarrassante pour la police puisque jusqu’à maintenant, ils ont reçu l’ordre de ne pas y aller (et ils s’en plaignent d’ailleurs à leurs supérieurs). Problème, nous sommes 50 pas vraiment soudés et le reste de la manif est cinquante mètres en arrière. Là encore, manque de détermination. Après gazage et une petite manœuvre de dégagement des flics, ils balancent beaucoup de lacrymos à main, très toxiques, et font reculer tout le monde. Un manifestant se trouve blessé à la tête (utilisation du LBD ?) et il se voit secouru par les street medics.

L’entreprise de terrorisation fait son œuvre par rapport aux manifestations de décembre et les Gilets jaunes sont de moins en moins mobiles, de plus en plus hésitants sur la tactique à suivre. Résultat : le contact se faisant plus lâche, les CRS se mettent à grenader, comme au tir aux pigeons. Reflux. Direction comme d’habitude au pont de la Guille et devant le magasin Gibert Joseph. Gazage massif à plusieurs reprises. Aucune solution. Les flics sont comme à l’entraînement et les CRS, ces rois du maintien de l’ordre, tirent des lacrymos à tir tendu. Au moins une personne la prend en pleine poitrine. Des flash-balls sont aussi envoyés (un GJ touché à la cuisse).

Par la simple présence des GJ sur le quai Gailleton, l’axe Nord-Sud est bloqué.

Le mot d’ordre, à cet endroit, de quitter les gilets et de se rejoindre sur la Presqu’île commence à bien circuler, mais il est difficile pour les GJ de quitter ce qui est devenu leur seconde peau. Donc cela va prendre du temps, mais peu à peu et par petits groupes nous passons les barrages et gagnons la Presqu’île ce qui, entre parenthèses, montre la bêtise du dispositif policier.
Regroupement général devant le Printemps. L’ambiance est autre, surtout que les magasins vont fermer en plein samedi après-midi suite à des gazages massifs.
La manif se déplace sur la rue de la Ré quand elle se retrouve en face d’un nid de flic à bande bleue, peu nombreux à ce moment-là. Au lieu de forcer le passage, ceux qui tiennent le micro de Lyon-centre à ce moment-là, cherchent à ce qu’on les laisse passer, car ils sont pacifiques et que les FO devraient être du côté du peuple. La foule est même invitée à s’asseoir. Le cordon de flics s’est renforcé, mais une partie des manifestants l’a contourné et hurle des slogans dans leur dos. Situation tendue, d’autant que les CRS (flics à bande jaune) se positionnent derrière ceux qui entourent les flics. Le sandwich GJ/flics devient très compliqué.

Tout d’un coup les flics reculent. Pendant un instant ceux qui ont la sono peuvent croire que leur stratégie pacifique/républicaine fonctionne, la force rejoint le peuple en marche.

Las, les flics se replient derrière la rangée de CRS qui gazent à mort avec les grenades à main et les lance-patates.
Là il y a une véritable charge de CRS avec tout le tremblement : cris de guerre, rythme donné en tapant avec la matraque sur leur bouclier. Une partie de la manif se fait gazer sévèrement dans le Passage de l’Argue. Les manifestants suffoquent.

Tout ce temps a servi à renforcer leur dispositif pour tenter de casser la manif. Ce devrait être une donnée de base dans nos manifs : on ne cause pas avec les flics, s’ils sont peu nombreux on doit les déborder, les empêcher de structurer leur dispositif : bref il faut aller vite.

Il y a une question qu’il faudra poser en AG. Qui a « mandaté », puisque c’est un de leurs mots-clés, les membres du groupe GJ-Lyon-centre pour pratiquer cette politique d’apaisement avec la police en en appelant, par exemple, à une alliance entre smicards de la police et smicards Gilets jaunes ? Bien sûr ils ont le droit, mais comme ce sont eux qui ont la sono, cela ne fait pas le même effet qu’un « tout le monde déteste la police » repris spontanément par les manifestants en fonction de l’attitude des forces de l’ordre.

Or, aujourd’hui, sur le terrain et malgré la lassitude qui gagne peut-être certains policiers et le doute sur les ordres reçus pour les officiers, on a encore pu voir in vivo que leur attitude est au durcissement, alors même que nous avons rarement été aussi sages que ce samedi.

Nous tenons bon place de la République, mais d’autres forces sont à Bellecour. Un cortège à peine reformé va parcourir la rue Mercière avant de se faire gazer là aussi. A 15 h 30 une vingtaine de personnes rue Sainte-Hélène ont été nassées par 2 équipes de la BAC puis 4 a 5 d’entre eux ont été gratuitement tabassés, résultat pour l’un : 6 agrafes au crâne, 13 marques ou hématomes : cuisses, fesses, épaules, avant-bras… Une femme aurait tout filmé avec une GoPro mais les bacqueux lui ont fait tout effacer. Pour le gros du cortège nous prenons la rue de Brest direction les Terreaux. Un épisode curieux se passe avec un véhicule de la fourrière qui nous sert de protection pour progresser. À nouveau la détermination a baissé et les mêmes personnes qui prennent des grenades à tout va hésitent à avancer en terrain découvert quand la situation apparaît favorable comme s’ils s’étonnaient de la trop grande latitude qu’on leur laissait. On recule donc sans raison pour se retrouver à nouveau place de la République. On est cernés par les flics, et comme eux, nous soufflons un peu. Temps mort. Mi-temps.

Et tout à coup des renforts nous arrivent de Bellecour avec la présence de beaucoup de jeunes. Nous devons atteindre les 1000-1500 à ce moment. La foule gronde, la tension monte et les motards GJ arrivent en faisant un boucan d’enfer et une sorte de rodéo qui visiblement agace les flics. Si bien qu’aussitôt fini la démonstration des motards, qui forcément fait son effet aussi au niveau des passants, et que quelques projectiles volent, les flics arrosent de grenades très virulentes, incapacitantes. Contrairement à la plupart du temps les flics chargent, mais vraiment, c’est-à-dire en ne s’arrêtant pas au bout de dix mètres. La foule reflue, des personnes s’évanouissent, une est matraquée et tombe. Des personnes avec enfants ont par ailleurs été molestées, sans qu’on sache si elles participaient à la manifestation. Les magasins leur ouvrent les portes. Une déléguée syndicale d’Habitat secourt une GJ, active dans les commissions, qui s’est évanouie. Une autre manifestante est dans le même cas. Le bilan politique est quand même extrêmement favorable pour nous parce que nous avons fait fermer presque tous les magasins du centre-ville entre 15 h et 19 h, et ce malgré le dispositif policier. Une remarque d’ailleurs, pas de présence des gardes mobiles qui d’habitude sanctuarisent la Presqu’île laissant aux CRS la tâche de suivre les manifestants. Étaient-ils tous à Paris ?

On se disperse et on se regroupe vers 18 h aux Jacobins où on salue ou/et insulte les dizaines de cars de CRS qui apparemment abandonnent le terrain et rentrent à la caserne.

Vers 18 h 30 on remonte la rue Mercière avec des slogans très variés pour le rendez-vous aux Terreaux de 19 h. On n’est plus très nombreux, mais le bordel est à son maximum ; les bus TCL ont pris tellement de retard et ont été tellement entravés que, comme les cars de police, ils n’arrêtent pas de se succéder. Beaucoup nous font signe de leur accord ou au moins de leur compréhension. On se dirige à nouveau vers Bellecour par la rue de la République et à hauteur du Printemps nouvel accrochage avec la police. Une scène incroyable : une partie des manifestants empruntent le passage de l’Argue, a priori une souricière, mais bon, comme les flics n’ont aucun plan et n’ont rien prévu ça marche, mais comme c’est une galerie marchande les ordres doivent être de sécuriser la zone et voilà qu’ils se jettent à la poursuite des manifestants, mais nous qui sommes restés sur le côté les prenons par derrière simplement en leur hurlant dessus. Panique chez eux d’autant qu’ils ne connaissent pas Lyon et que ce sont eux qui risquent d’être nassés. Comme quoi si on voulait passer à la phase offensive, on a de la marge et on pourrait faire mal. Finalement, complètement désemparés et se touchant les épaules comme des paumés qu’ils sont, ils ressortent de ce qui aurait pu être une souricière. Ouf, on l’a échappé belle, doivent-ils se dire. Pas étonnant que chaque fin de samedi, ils nous fassent des gestes en nous disant à samedi prochain.

Retour vers les Terreaux au rendez-vous de 19 h. On est moins nombreux. Certains veulent aller vers BFM-TV, mais c’est trop tard. Finalement le reste de la troupe se dirige vers Saint-Jean.
En réalité la manif oblique et attaque les pentes de la Croix-Rousse en passant par la Montée de la Grande-Côte. Les flics semblent très mal à l’aise sur ce territoire et restent en bas de la Montée, d’abord plaqués contre les murs, puis vaguement en ligne. La manif continue sur les Pentes et se dirige vers la montée Saint-Sébastien.

Arrivé sur la Montée, une discussion s’ouvre sur quelle direction prendre. Finalement il est décidé de redescendre malgré la présence des forces de l’ordre, car poursuivre l’ascension signifierait s’isoler dans des endroits faiblement fréquentés à cette heure-là. Le groupe finira par rejoindre l’Opéra aux environs de 20 h (cf. site Rebellyon).

 



 

CR action de ce mercredi 20 mars en soutien à la grève de certains salariés de Primark, grande surface du Centre commercial Part-Dieu.

C’est évidemment à l’initiative des salariés que nous sommes intervenus pour soutenir la grève des salariés de l’entreprise et particulièrement des agents de sécurité dont les activités ont été sous-louées à l’agence de sécurité Protectim.

La décision de soutien a été prise en AG de lundi soir et ce matin nous étions une quarantaine de GJ dès 10h à nous couler dans le dispositif des organisateurs de la grève et de l’action (une vingtaine), pour appuyer leur demande d’ouverture des négociations. Nous avons ensemble bloqué le niveau 1 du magasin à 10h45, tout en laissant libre la montée extérieure vers le niveau II, mais en fin de compte peu de personnes l’ont emprunté vu l’ambiance au niveau inférieur, à la fois combatif (slogans et petites pancartes préparées à l’avance), joyeux (chansons) et ouvert, mais ferme. La presse était là et particulièrement FR3. Beaucoup de photos prises malgré l’interdiction qui en est faite dans le Centre commercial ! Une vingtaine de salariés de la société Cogemat, sous-traitante de Carrefour en grève depuis plusieurs jours à quelques pas de là, sont venus apporter leur soutien avec leurs propres banderoles. Trois ou quatre activistes de la COP 21 sont aussi présents. « Tous ensemble », c’est le cas de le dire, et c’est là un bon exemple de l’unité à atteindre dans notre lutte commune qui est bien au-delà d’une convergence abstraite ou décidée au sommet.
La pression est forte, les invectives contre la direction se font plus fortes et tout à coup le bruit court qu’un membre de la direction va venir ouvrir les négociations. La condition en étant que nous nous retirions de coté pour laisser passer les clients pendant qu’une délégation de salariés est reçue pour discuter et négocier. Contrairement à la Cogemat où le syndicat SUD est partie prenante de la lutte, les salariés semblent s’être ici auto-organisés (en fait un syndicat UNITI était bien organisateur).

Il est 11h30 alors. La police a montré son nez, mais avec discrétion.

Message reçu dans la journée :

Après 8h de négociations, les représentants des salariés Protectim sortent avec de premières victoires : régularisation des heures non rémunérées, remboursement des frais de transport, limite du temps de trajet domicile-travail, limite du nombre de plannings et respect des 48h de remise en avance. D’autres demandes sont en cours d’étude. La lutte paie et continue pour aller arracher les prochaines victoires ! Merci à tous M. UNITI

 



 

CR manifestation inter-professionnelle du 19 mars à Lyon

Rassemblement Manufacture des tabacs, 11H30. Du monde, mais affluence en baisse par rapport à celle du 5 février.

9000 selon les syndicats, 5000 selon les flics . « Selon Jérôme Bation, responsable CGT, « la participation est satisfaisante. Plus importante que le 5 février dernier. » (Progrès)
Comme il y avait un fort contingent d’enseignants, il paraît difficile que la mobilisation soit en baisse.
Nous distribuons un tract en début de manifestation qui a été rédigé par la commission Convergence des luttes. Bon accueil. Des cégétistes nous demandent de nous joindre à eux, de ne pas rester aux abords de la manifestation comme le sont par exemple les militants de Lutte ouvrière.

Un responsable de l’organisation de la manifestation pour le climat de samedi 16 nous aborde pour nous demander notre ressenti sur la manifestation et les rapports entre JG et manifestants GJ car, comme nous, ils ont eu de nombreuses remontées de frictions/incompréhension entre les deux groupes. Il trouve un peu dommage que les deux groupes se méprisent mutuellement et qu’il faut que chacun fasse un effort d’ouverture. Il ne semble pas relever la différence sociale entre ces deux groupes et retient plutôt la fixation, des deux côtés, sur l’incident au moment du passage des motards. Néanmoins la discussion est assez fructueuse et il fait remarquer que l’on risque de se rejoindre davantage ou plus facilement à partir de leurs prochaines actions visant à bloquer l’économie.
Comme finalement rien n’avait été tranché à l’AG de la veille pour savoir si nous formions un cortège dans le cortège ou non, nous nous insérons finalement dans la manifestation, plus ou moins en groupe GJ, mais il faut dire que nous ne sommes pas nombreux. Tout au plus 200 ou 300.

Nous sommes intercalés entre deux groupes cégétistes et le premier camion rappelle que nous sommes « Tous ensemble ».
Une nouveauté cependant : la reprise régulière par la sono CGT de slogans GJ et par les GJ de slogans syndicaux ou anticapitalistes.

Rien de particulier sur le trajet, pas l’ombre d’un policier jusqu’aux abords de la Préfecture avec un cordon de policiers et des camions sur le Pont Wilson fermé à la circulation.
À l’arrivée, la CGT appelle à la dispersion de la manif syndicale mais précise que si des gens veulent continuer, ils peuvent.

Discussions sur place et pendant que la CGT prépare sa délégation, un mot d’ordre circule parmi les Gilets jaunes : RV devant le cinéma Pathé près de Bellecour à 14H30. Nous enlevons les Gilets et nous passons le pont sans encombre la police passant du barrage total au barrage filtrant.

Au lieu de RV, hésitations sur la conduite à tenir car nous ne sommes qu’une petite centaine. Le Cercle de l’Union, un cercle privé très ancien de l’aristocratie et de la bourgeoisie lyonnaise, longtemps interdite aux israélites (avec un procès à ce sujet en 1994) et aux femmes jusqu’à peu, est pris pour cible et est l’objet d’une prise de parole. La police vient se placer pour contrôler une manifestation assez sage.

Certains manifestants vont continuer en direction de St-Jean. Le petit groupe (30) est rapidement encerclé par les flics près de la place. Ils nous demandent d’ôter les gilets et racontent que tous les attroupements sont interdits. Après cela, le groupe retourne à Bellecour en chantant et poussant quelques slogans. Dispersion vers 16 heures.

 



 

CR AG Gilets jaunes, Bourse du travail, le 18 mars

120 personnes seulement. Nous distribuons notre « Adresse » à l’AG (voir sur ce journal de bord ndr) et discutons avec quelques personnes pour expliquer notre démarche qui ne se veut pas contre l’AG et l’activité de ses commissions, mais poser des questionnements qui permettent une meilleure définition de son rôle et de son fonctionnement. Le principe du tract est bien accueilli même si la lecture n’en est pas faite sur place vu sa longueur. Seul un contact à qui nous l’avons envoyé dans l’après-midi nous fait une critique virulente sur notre vaine dialectique et l’absence de propositions constructives. Sans doute voit-il ça comme une entreprise concurrente à son projet de journal auquel, pourtant, il nous a proposé de participer, pas plus tard que samedi au cours de la manif.

En début d’AG sont présentées des actions extérieures comme l’occupation régulière d’un rond point à la Doua tous les jours à partir de 18h.

Un tract est lu qui sera diffusé sur différents lieux de pouvoir samedi matin à partir de 10h.

Mercredi à 10h un soutien à des salariés précaires de Pimark à la Part-Dieu, mais les détails restent à régler et ne sont pas publics.

Quelques salariés de Carrefour qui sont en contact avec les GJ demandent à leur direction, l’effectivité de la prime que certains patrons de grosse entreprise avait promise courant décembre.
La distribution de tract sur le marché de Vénissieux semble avoir été un succès et une autre est prévue ce samedi à Vaulx-en-Velin.
Une autre diffusion de popularisation est prévue pour ce mardi 19 juste avant la manifestation interprofessionnelle.

Intervention d’un Collectif des familles victimes des violences policières qui explique ses actions, dans la région et en liaison avec d’autres.

Appel à venir à l’occupation tout les jours de 17h à 21h du rond-point de Feyssine derrière le cimetière militaire.

Un participant présente son projet de journal du mouvement (Komposit).

Au sujet de la manifestation interprofessionnelle, il est recommandé d’y participer, mais la question de savoir si nous nous mêlons comme la fois précédente aux syndicalistes, mais avec le gilet jaune ou si nous nous regroupons n’est pas discutée ni tranchée.

Ensuite une passe d’arme interminable va opposer, d’un côté ceux qui, derrière la commission organisation et de fait les responsables du groupe GJ-Lyon-centre, défendent la fin de l’AG plénière au profit de « ruches » de discussion autour des questions qui pourraient être portées à l’assemblée des assemblées de St-Nazaire et de l’autre, ceux (en fait « nous » au sens large) qui refusent en disant que les thèmes de discussion n’ont pas fait l’objet de débat. Un vote, auquel d’ailleurs nous ne participons pas fait que l’AG éclate en diverses « ruches ». Après un moment d’hésitation pendant lequel les opposants à cette méthode se demandent s’ils doivent rester ou parti, la plupart rejoignent les groupes constitués.

Difficile de faire un bilan :

    Dans les groupe mandat pour St-Nazaire, la discussion est assez ouverte et porte sur le statut des mandatés et leur marge de manœuvre. Sur le fait qu’il faut se faire confiance, même si ils ont à répondre à des questions imprévues non traitées dans les AG de base à partir du moment où les deux mandatés plus les deux observateurs seraient unanimes. Mais problème technique, L’AG des AG, depuis la rencontre de Commercy, a pour règle d’interdire tout contact entre mandatés et observateurs ! L’autre point qui fait problème est que, pour le moment, St-Nazaire n’a pas fait parvenir les questions auxquelles les assemblées de base doivent répondre ; quant aux questions portées par l’AG de base lyonnaise, elles sont reportées à la semaine prochaine. Une discussion a lieu sur l’attente qu’on peut avoir de l’assemblée des assemblées. Pour certains, il s’agit de mettre en place une coordination nationale, mais parmi eux il y a ceux qui veulent arriver à une sorte de programme de type politique et ceux qui opteraient pour une plateforme revendicative permettant de négocier ; enfin, pour d’autres, il s’agit surtout d’une coordination technique qui ne doit pas être conçue comme pyramidale. Car c’est la crainte qu’ont d’autres personnes qui verraient plutôt une fédération d’assemblée ou même qui n’attendent rien ou pas grand-chose de l’assemblée des assemblées dans la mesure où, de toute façon, elle n’est représentative que d’elle-même et pas d’un mouvement des GJ qui ne se laisse enfermer ni dans des émissions de télé avec représentants auto-proclamés, ni dans des assemblées et continue à privilégier l’action directe sans représentants.
    Dans Le groupe “poursuite du mouvement” des personnes viennent prendre la parole pour exprimer avec leur ressenti un bilan du mouvement et ses voies futures. Il en ressort un grand sentiment de fraternité retrouvé fort de ces longs mois de lutte en commun. Le sentiment d’avoir accompli une grande œuvre collective est bien présent. Des anecdotes émaillent les interventions où l’affect prend une grande place. Une certaine lassitude que les GJ soit considérés comme dangereux est soulignée par une intervenante, mais contrebalancée par la portée progressiste du mouvement qui pousse  vers une vrai légitimité des GJ sur le terrain des luttes.
    Globalement, le bilan du mouvement et de ces « acquis » est vu comme positif et la lutte doit se poursuivre par les différentes stratégies actuelles (reprise des ronds-points, convergence jaune vert). Quelques jeunes gens viennent saluer la coordination des black blocs sur les champs Elysées samedi dernier en poussant à utiliser cette force pour muscler le mouvement et montrer davantage de détermination.
    L’un d’entre nous durant ce bilan/perspective intervient pour signifier que ce mouvement doit rester hors norme et pas tomber dans une forme d’institutionnalisation. Il appelle aussi à tirer un bilan de la décrue avec une très faible mobilisation les précédents samedis. Enfin il  conclut en disant que même si on reste confiant sur le devenir du mouvement au sein de l’AG, les résultats ne sont guère satisfaisants.
    Un autre copain tente lui aussi de se détacher des anecdotes pour insister sur les qualités collectives du mouvement GJ sur les ronds-points occupés ou avec des manifestations déterminées. Il l’oppose à la manœuvre du Grand Débat qui aura vidé le mouvement d’une partie des participants en se reportant sur des opinions individuelles. Le RIC et la forme constituante vers une VIème République ne propose qu’une variante de cela signant le retour vers l’isolement de l’isoloir. Malgré tout cela, s’il y a une perspective à tracer, c’est celle scandé par la foule sur les Champs-Élysées ce 16 mars : révolution !

 



 

ADRESSE à l’Assemblée générale des Gilets jaunes de Lyon

Nous, quelques Gilets jaunes participants au mouvement et à un Journal de bord depuis les débuts (http://blog.tempscritiques.net/archives/2231) et présents en AG et commissions, voulons communiquer sur des points qui nous semblent essentiels à la poursuite du mouvement.

L’assemblée est une bulle de démocratie formelle dans sa volonté, mais elle n’arrive que difficilement à la mettre en œuvre, du fait justement de ce formalisme. Elle semble parfois plus proche d’une séance de comptes-rendus que d’une assemblée participative. Se pose également la question du principe d’horizontalité confiné dans un ensemble de règles bridant régulièrement la spontanéité des prises de paroles. Si un temps d’expression « libre » existe, quasiment aucune thématique GJ dans les temps forts du mouvement n’a été véritablement proposée et débattue en AG, pourtant seule possibilité pour tout un chacun d’y jouer un rôle. La plupart des interventions individuelles sont mises en équivalence disqualifiant de fait, toute velléité critique de son fonctionnement. La critique n’est qu’une position comme une autre et en plus elle est souvent perçue comme une négation du travail des personnes qui se pensent les plus investies.

L’assemblée et pas plus les tentatives « d’assemblée des assemblées » ne sont la forme dominante du mouvement. Ainsi, plusieurs groupes de Gilets jaunes (avec une présence sur FB par ex.) coexistent et ces groupes interagissent à un niveau supérieur à celui de l’AG et ne se rendent à l’AG que de manière intermittente. Dès lors quel est réellement le rôle de cette AG et de ces commissions ?

Si un point nous apparaît important à aborder, c’est celui de l’absence de contenu, de définition du mouvement.
Ce que nous portons a été rabattu sur une question d’avis individuel sur le Grand débat, mais aussi le Vrai débat, ce qui nous a largement affaiblis du point de vue organisationnel et opérationnel. Ces débats organisés sur des sujets très vagues nous apparaissent dans une totale contre dépendance au projet macronien de récupération.

Restons concentrés sur notre exigence de justice fiscale et sociale. Quand au RIC il remet à des lendemains hypothétiques et individualistes des choses que nous pourrions arracher dès aujourd’hui et collectivement (hausse des salaires, meilleure prise en charge des personnes en EHPAD, etc.) si la lutte se fixait des objectifs plus concrets (il semble, par exemple que Macron soit prêt à céder sur la question de l’indexation des retraites). Par rapport à ces objectifs nous ne voyons pas l’intérêt que la prochaine AG se fixe comme objectif principal une nouvelle discussion sur les mandats pour une assemblée des assemblées à Saint-Nazaire. En effet, qu’est-ce que notre assemblée peut porter comme parole quand, par exemple, en son sein, le RIC n’a lui-même pas été discuté, et ce malgré des demandes explicites en AG, sans compter un tract (Dans les rets du RIC) qui cherchait à apporter des éléments critiques sur ce sujet ? Comment l’absence de contenu et d’approfondissement collectif pourrait se voir porter à une assemblée quelle qu’elle soit et dans quel but ?

Il y a donc des problèmes non résolus qui laissent le champ libre à toutes les récupérations et engendrent des manifs sans but. Or, il faut faire un bilan des manifestations sur Lyon. La force unitaire que l’on a vu s’exprimer chaque samedi est en berne et les actions hebdomadaires ne sauraient en être le palliatif.

Cela signifie comprendre pourquoi nous avons été bien peu durant 2 samedis ou seuls les lyonnais et sa région étaient appelés à venir (le 23.02 et le 09.03) tout en étant incapables de sortir ou presque d’un dispositif policier qui semble maintenant rodé. Comprendre le dispositif policier et en quoi la détermination semble avoir disparu de notre camp et un préalable avant qu’une catastrophe (la situation du GJ blessé à l’œil pourrait se répéter) n’arrive dans le cadre des manifestations GJ de Lyon. Il est vrai que les « affrontements » des derniers temps (avenue Jean Jaurès) démontrent un cortège aux abois. Dans le même temps, rue de la République des initiatives sont menées à l’intérieur même du dispositif policier. Sensibiliser aux revendications en dénonçant de grandes enseignes qui échappent à l’impôt illustre cette volonté d’aller plus loin et assure un impact fort auprès des gens. Cependant la mobilisation demeure isolée d’une part par méconnaissance et d’autre part par une pratique militante pas du goût de tout le monde. Néanmoins, au fil des samedis, une forme d’intelligence collective émerge (invisibilité temporaire ou mobilité par grappe) pour pallier aux blocages. Ces signes laissent à penser que tout n’est pas en déshérence et appelle cette question : est-il encore possible de reprendre en main les manifestations du samedi à notre avantage ?

Quant aux fameuses « convergences » (syndicats, marche écologiste, féministes, etc.), on ne peut que constater leur impasse, car le mouvement vise au-delà de ses approches segmentées. Le « Tous gilets jaunes » n’est pas un vain mot. Il se veut englobant et n’est pas prêt à rejoindre qui que ce soit, car ses trois mois de lutte ne le mettent à la traîne de personne bien au contraire, ce que les marcheurs du climat n’ont visiblement pas compris, comme ne l’avaient d’ailleurs pas compris les féministes la semaine précédente. Seulement, il faut l’assumer et tirer des enseignements de nos erreurs. Par exemple, ce samedi 16 mars nous nous sommes mélangés au défilé du climat en nous dispersant dans la manifestation. Cela partait d’un bon esprit d’ouverture, mais maintenant nous savons que c’était une erreur, que finalement elle ne faisait que nous tolérer et donc qu’on aurait dû être dans la manifestation générale, mais peut être tous ensemble. L’unité ne se fait pas sur 42 revendications d’un catalogue, mais sur quelques thèmes de base de justice sociale et fiscale, de « pouvoir de vivre » qui laissent de côté les divisions partisanes et autres. Une détermination sans faille qui fait la force du mouvement et sa « violence » symbolique contre l’état des choses existant, bien au-delà de la violence réelle qu’il exerce effectivement.

Il faut arrêter aussi, dans nos AG de faire comme si toutes ces luttes étaient équivalentes, comme si on attendait le soutien de quelques étudiants, lycéens ou autres qui disent être en lutte et se présentent à l’AG en ne représentant souvent qu’eux-mêmes. Même si on admettait qu’il puisse y avoir « convergence », faut-il encore qu’il y ait des luttes. Or, si on regarde bien la seule lutte concomitante au mouvement des Gilets jaunes a été celle des lycéens en décembre. Il y a eu quelques contacts, mais la mayonnaise n’a pas pris. Mais pour le reste, ce n’est pas en allant distribuer des tracts dans les usines ou les plateformes qu’on va créer la convergence. Le nom même de la commission en question est un non-sens. Si encore elle s’appelait commission extension du domaine de la lutte, on comprendrait, mais là c’est prendre les choses à l’envers.

Sur tous ces points nous vous appelons à débattre, à émettre un avis critique, non pas dans une plénière exceptionnelle comme il a été proposé récemment, mais dans l’AG même si l’on estime qu’elle est en capacité de recevoir et d’entendre tout ce que nous exprimons ici. Il serait bon et temps, pour ne pas dire urgent que les paroles ne fassent pas que s’envoler, mais comme cet écrit, restent.

Lyon, le 17 mars 2019

 



 

Compte-rendu des manifestations du 16 mars à Lyon

13 h Place Guichard

Plus de 300 personnes au départ de cette manif déclarée dont le thème est clair avec des banderoles du type : « Violences policières, racisme d’État » — « Sans justice vous n’aurez pas la paix ». Des Gilets jaunes sont bien présents quand le cortège s’élance vers 13 h 30 et ne suscitent aucune hostilité. Les slogans « pas de justice pas de paix » et « on n’oublie pas, on pardonne pas » prennent, mais moins qu’un « tout le monde déteste la police ». Il y a plusieurs prises de paroles mais autrement on circule à une allure correcte rue de la Part-Dieu, rue Servient, TGI, avenue de Saxe, Préfecture, quai Augagneur et arrêt de la manif officielle devant le Pont de la Guillotière. Flottement, mais cela redémarre direction Bellecour. Rue de la Barre changement de tonalité avec des slogans antifas dont on aimerait comprendre le sens à ce moment-là, mais l’objectif de Bellecour est atteint. Nous sommes rejoints par les motards qui mettent l’ambiance et le cortège ne passe même pas par le centre de Bellecour pour tracer directement aux 24 colonnes. Il faut dire qu’on a du retard.

14 h Bellecour

Très peu de monde 300 personnes environ en attendant la manif Guichard, mais comme d’habitude la place se remplit et une Gilet jaune, de son propre chef, mais tout le monde la connaît, donne le signe du départ et ça marche alors pourtant que la manif contre la violence a accumulé le retard. Mais l’ADN des GJ c’est que ça n’attend pas, c’est bien connu. Presque pas de présence policière. La manifestation s’ébranle sans problème en direction du lieu de convergence avec la manifestation climat, à savoir l’ancien Palais de Justice. Bientôt beaucoup de monde et après des prises de paroles style Greenpeace, la manif s’écoule lentement car l’espace est restreint et la densité est énorme. Dans le cadre d’une convergence des luttes toujours mise en avant nous nous mêlons à la manif du climat alors que logiquement vu l’antériorité de notre lutte ce devrait être l’inverse, mais enfin ce sont des choses qui se sont imposées, on ne sait comment à l’AG de lundi dernier. Et nous marchons dans une ambiance à la fois joyeuse et passive. Les manifestants du climat rigolent et sont joyeux, ils sont en débardeurs et avec des enfants, nous nous sommes en tenue de semi-combat pour éviter comme d’habitude les grenades alors qu’on crève de chaud et nous avons la rage au ventre. Deux mondes… et ça ne s’arrange pas quand pétaradent les motards Gilets jaunes, accusés de polluer par « les climats », qui leur répondent : « et vous vous n’avez pas de voitures, vous ne prenez pas l’avion ? ». Sale ambiance. Des « climats » accusent les GJ d’être fermés dans leur monde alors que les Gilets jaunes leur renvoient la même imprécation.

Parenthèse, des sortes de jeunes Black blocs se ridiculisent avec leur habillement noir et camouflage, alors qu’ils ne cassent rien, ce qui aurait été facile, vu que nous occupions toute la rue Grenette y compris les trottoirs et que les flics ne pouvaient donc intervenir. Les banques étaient à portée de main, mais rien juste une posture à la con.

Il y en a marre, des Gilets se regroupent sur les trottoirs et de fait refusent de suivre la manifestation. Valse hésitation : quitter la manif ou continuer, comme d’habitude chacun fera comme il le sent. Certains d’entre nous quittent la manif et se répandent dans la Presqu’île, d’autres vont traverser le pont Lafayette, mais mêmes hésitations et on remonte le quai pour reprendre le pont Wilson et repasser en Presqu’île. Les flics trop peu nombreux ne contrôlent rien et nous ne rencontrons aucune difficulté. Mais toujours les mêmes hésitations une fois en centre-ville : nous sommes aussi inorganisés que les flics ce qui n’est pas peu dire. Finalement retour à Bellecour, même si certains d’entre nous se sont aventurés jusqu’à l’Opéra. Les premières grenades éclatent. Nouvelles hésitations et repassage rue de la République. Un incident avec les consommateurs du café de Négociants et un pétard lancé dans le café. Passage devant le Printemps où nous invectivons gentiment les consommateurs avec la semi-complicité des vigiles. Un peu plus haut en direction de Bellecour, intervention des flics qui balancent quelques grenades lacrymos et se livrent à des charges, mais ils n’ont toujours pas d’ordres précis. Il semble que le seul ordre général qui ait été donné en province, c’est pas de vague et isoler Paris et en faire un cas à part. A 19 h, on se disperse.



 

Escarmouche avec le groupe TEO FEYZIN
Fin janvier 2019

Des pratiques anti démocratiques, voir autoritaires se sont fait jour fin janvier au sein du groupe Gilet jaune Teo Feyzin sur Facebook à l’occasion de critiques d’une de leur publication. Le « post » en question appelait à mettre en place un Service d’ordre, sujet plusieurs fois rebattu et qui n’a pas manqué de donner lieu à des commentaires très partagés. Le problème c’est qu’une censure des modérateurs apparue rapidement et devant ce passage en force, j’avais décidé de prendre part aux critiques (à partir d’une autre post de la personne à l’initiative) pour exprimer en commentaire et en tant que membre du groupe, mon avis sur la censure exercée ainsi que sur ce type de solution sensé régler un problème complexe lié à la présence de groupes fascistes qui perturbent la manifestation. D’autant que, selon moi, un SO n’est jamais neutre et dépasse souvent ces prérogatives. D’un ton assez péremptoire, il me fut opposé la défense des plus faibles, des notions de solidarité dont je devais être dépourvu étant certainement familier de la bagarre ! Egalement sur le terrain de la division, l’on m’invita à rejoindre une autre manifestation sans SO. Enfin, on m’accorda la possibilité d’exprimer mon avis en me proposant de venir à leur prochaine réunion (ou quelques personnes décident pour l’ensemble). Ultime riposte aux contradicteurs, une charte de bonne conduite fut publiée début février dénonçant les abus sur la boite de discussion et interdisant l’accès notamment à : ceux générant une mauvaise ambiance ou un mauvais esprit (Sic). Pour finir, je me découvris tout bonnement exclu du groupe.

Remarques

Il faut se demander comment un groupe qui se dit périphérique (Teo Feyzin) et qui s’est raccroché aux manifestations des villes aussi vite qu’il a été délogé des points de d’occupation se veut organisationnel au sein d’un cortège par ailleurs très incontrôlable et dont la spontanéité fait pour une grande partie sa force. Ce groupe qui parmi tous les autres, n’a pas plus de prétention à influer sur la manifestation, prend une initiative à grand risque pour tenter de résoudre des accrochages internes et se laisse abuser en pensant (comme j’ai pu le lire dans un commentaire) atténuer ainsi la répression externe du fait de la pacification de la manifestation. Et pourquoi pas reprendre l’aventure des parcours syndicalistes et leurs échecs successifs ! Penser qu’on va rendre plus docile une masse clairement anti autoritaire en prélevant ces éléments les plus violents relève du fantasme ou de la méconnaissance du mouvement la plus significative et bien entendu, la question de qui détermine les éléments dangereux se pose avec les dérives attenantes. Ce mouvement subit de lourdes attaques de toute part et sur le terrain de nombreux blessés et ceci pour l’essentiel du fait de la répression gouvernementale et les quelques agitateurs fascistes que l’on pouvait décrire comme un épiphénomène prennent tout à coup une dimension essentielle si l’on cherche, à mon sens, à instrumentaliser le mouvement à des fins politiques. Diviser, troubler, ajouter de la violence à la violence, voici les conséquences possibles d’un SO dans le contexte actuel. Il faudra tout même rappeler que les manifestants ne sont pas des gamins que l’on doit protéger constamment mais des adultes responsables qui prennent part au cortège en tout état de cause, n’ignorant pas son caractère potentiellement violent sur le terrain du rapport de force avec les FO. Adopter des stratégies collectives et déterminées plutôt que de former une masse aux comportements disparates et qui éclate dès qu’il y a du grabuge serait déjà une belle avancée pendant la manifestation. En somme, responsabiliser les participants qui prennent part à la manifestation en développant une intelligence collective plutôt qu’un organe répressif.

 



 

Annonce du groupe Facebook Article 35 Insurrection qui ferme dimanche soir sa page :

C’est la dernière ligne droite pour Article 35, quoi qu’il se passe ce week end, dimanche minuit on tire le rideau.

3 mois que l’on se bat avec nos petites armes, il est tant de changer de braquet.

Le combat continu, mais autrement, vous en serez plus dans les semaines à venir.

Merci à ceux qui se sont abonnés à notre page, qui nous suivent et nous soutiennent d’une manière ou d’une autre et surtout merci à vous tous qui vous engagez pour notre avenir à tous ✊✊✊

Post plus loin d’Article 35 :

Notre avis est simple, quoi qu’il se passe samedi, nous estimons (à juste titre ou pas) que le mouvement doit évoluer différemment, doit être plus incisif, à notre niveau on a pas la prétention de pouvoir tout changer tout seul, mais peut être qu’un nouveau souffle sous une nouvelle forme est nécessaire, cohésion oui, mais suivre bêtement les directives de certains, pour nous c’est un gros stop. Ce qui compte ce sont les résultats, c’est pourquoi on verra malgré tout ce qu’il va se passersamedi, mais pour l’instant les résultats sont trop éloignés de nos espérances, donc le conformisme jaune qui consiste à dire untel à dit qu’il fallait faire comme ça, sous prétexte que c’est une figure du mouvement, alors on suit sans se poser d’autres questions, nous concernant ce n’est pas viable. On a rien contre Drouet, fly et les autres, mais force est de constater qu’ils ont un pouvoir limité comme tout à chacun et on ne peut pas leur en vouloir pour ça, à condition qu’ils acceptent de passer le témoin, de gré ou de force, pas à nous, mais à des personnes capables de mener un combat d’idées qui peuvent solutionner nos problèmes à court et moyen terme, donc on les remercie pour tous ce qu’ils ont apporté au mouvement, mais dans l’état actuel des choses article 35 ne suivra plus ce mouvement qui est en train de ressembler en terme de méthode à tout ce que l’on combat.

 



 

« Gilets jaunes » : Europe 1 en immersion dans la cellule anti-casseurs de Lyon.

La reporter d’Europe 1 a pu suivre les quatre enquêteurs de la cellule
d’enquête spéciale « gilets jaunes » de l’hôtel de police de Lyon. Ils sont
chargés d’exploiter toutes les vidéos des manifestations pour identifier
les auteurs de violences et de dégradations au sein du mouvement.
REPORTAGE

Alors que la loi anti-casseurs est votée mardi au Sénat, Carole Ferry a pu
suivre en exclusivité pour Europe 1 le travail de la cellule d’enquêtes
spéciale « gilets jaunes » de l’hôtel de police de Lyon. Il en existe 14 à
travers la France, dans les villes particulièrement touchées par les
violences urbaines en marge des manifestations qui durent désormais depuis
plusieurs mois.

Lire la suite sur le site d’origine

Un article quand aux résultats de la cellule GJ sur Lyon : Lyon : un Gilet jaune de 16 ans présenté au parquet ce vendredi

 



Compte-rendu AG Bourse du Travail du 11 mars

200 personnes à 19 h 30 mais cela va se vider au fur et à mesure.

Demande d’une minute de silence pour Alex un jeune Gilet jaune mort à moto il y a peu.
S’en suit les consignes pour une « communication non violente » et ses gestes muets.

On commence par les street medics, l’un d’entre eux nous en explique la philosophie : ils sont prêts à soigner tout le monde (il sera précisé les FO aussi, si nécessaire). Comme il existe plein de groupes de street medics cette règle n’est valable que pour ceux dont il fait partie c’est-à-dire les Medics volontaires de France.
Demande de leur part de matériel plus que d’argent. Il y a toute une infrastructure de distribution du matériel de premier soin, type sérum physiologique ou lingette pour bébé, utilisé en grande quantité.
S’en suit un point sur les medics empoisonnés au cyanure, du fait de la toxicité des lacrymos, appuyé par le témoignage d’une participante à l’AG qui a perdu la voix à cause de ces dernières. Il est dit aussi que la quantité de gaz n’est pas la même qu’au début du mouvement : de par la quantité de grenades utilisées, mais aussi parce que ces grenades ne contiennent plus 7 palets mais 5, avec la même dose de produit.

Les commissions vont s’enchaîner :

La commission Action fait un retour sur une action de blocage, gardée secrète jusqu’au dernier moment, qui a eu lieu dans la plaine de l’Ain, entre dimanche et lundi de 23 h à 5 h du matin, d’une grosse plateforme logistique européenne. Annonce d’un fond de roulement pour les actions et demande d’une avance sur trésorerie de 100 euros pour du matériel et les actions. Cafouillage mais la somme de 70 euros est acceptée.

La commission Trésorerie à en gros 600 euros à disposition et reste à l’écoute.

La commission Communication fait part de son travail sur la mise en place d’un forum sur internet. Grande pertinence pour une personne de cette commission au travers de l’expérience de Nuit debout quant à ce type d’outil en ligne.

La commission Convergences fait un retour sur sa présence devant les boites qui, en dehors de la tour InCity (NDLR : remplie de cadres), a été plutôt bien accueillie, surtout que des primes GJ ont pu être attribuées dans des grosses boites grâce à ce mouvement.

La commission RIC évoque les différents modèles de RIC possibles et il y en plein… Venue de Chouard à Lyon prochainement, mais cela soulève des protestations sur son confusionnisme.
Proposition d’un texte, qui serait porté par l’AG, appelant à la transformer en constituante pour aboutir à une VIe République. Proposition de discussion sur ce texte dans les semaines à venir.
Rappel du débat du mercredi 13 sur inscription, sur le thème justice fiscale et sociale, 22 place des Pavillons dans le 7e.

La commission Poésie nous a lu un poème.

La commission Justice revient sur le besoin de soutenir les interpellés notamment sur les frais de justice.
Nounou jaune mise en place pour la garde d’enfants pour les familles monoparentales qui voudraient aller en manif ou discuter. Alternatiba à déjà prêté ses locaux pour cela. Demande de financement de 40 euros pour des tracts histoire de faire connaître cette initiative de GJ. Tensions entre la personne qui prend la parole et celle qui la donne de façon assez incompréhensible.

Marche pour le climat : 15 h aux 24 colonnes. Les organisateurs précisent le public (enfants, adultes, séniors) de leur cortège et le cadre défini pour un déroulement sécurisé et pacifique et du fait de ces conditions, enjoignent les GJ à les rejoindre au point de rassemblement.

Intervention d’un copain pour dire que l’on est au même point qu’il y a 2 mois et qu’il déplore le manque de volonté des organisateurs d’accorder les deux manifestations en amont.
Il souligne que la force unitaire est chez les Gilets jaunes et que la marche pour le climat continue de se mettre à distance d’un cortège, appréhendé comme dangereux et incontrôlable alors que c’est pourtant le caractère hors du commun des manifs GJ qui a permis de faire bouger les lignes. Que cette détermination-là, dirigée en faisant masse dans des débordements, pourrait être utile, mais cela offusque quelques-uns et il précise qu’il ne s’agit pas de faire l’apologie des casseurs pour autant. Enfin il conclut en fustigeant un certain légalisme trop présent les samedis après-midi et en invitant à accepter pleinement la dimension de désobéissant du mouvement.

Marche contre les violences policières et la loi anti-casseurs, départ 13 h place Guichard. Il est bien dit que c’est eux qui rejoindront à 14 h les GJ à Bellecour, il demande à ce que la manif ne parte pas avant leur arrivée et une prise de parole sur la place.
Les retours des commissions prennent fin pour passer insensiblement à un micro libre. Aucun temps de bilan des manifs du samedi n’a lieu.
Une action est proposée qui consiste simplement à se rendre sur la course cycliste Paris-Nice qui part de Pélussin ce mercredi 13 mars. Ceci accompagné d’un conseil de lecture avec le livre Le président des ultra riches des Pinçon-Charlot. Une autre personne durant l’assemblée ayant aussi parlé du dernier livre de Juan Branco.
Signalement d’un problème sur Givors avec une assemblée à l’initiative d’un seul GJ qui fait son beurre en vue des élections européennes en déclarant ces réunions comme départementales… Ce problème doit être diffusé et être repris dans un communiqué de presse comme celui proposé plus tard.

Coup de gueule d’un participant sur l’AG désormais bien vide (la moitié des participants sont partis). Et un peu plus tard par une autre personne, dans le même ordre d’idées, remise en cause de l’ordre des priorités, car les points essentiels ne sont pas abordés au début quand il pourrait il y avoir débat.
Interventions sur les Gilets jaunes qui vont tout renverser, c’est certain…

Il est signalé une grève des livreurs Cogepart (sous-traitant de Carrefour) en direction du Carrefour de la Part-Dieu ce mardi. Soutien bienvenu.

Intervention d’un autre copain sur la faiblesse des manifestations du samedi en terme de nombre, mais pas seulement. Le mouvement doit comprendre ce qui se passe, se regarder et ne pas reporter cette question comme conséquence de la seule répression ; mais aussi à une contre-offensive comme celle du Grand Débat. Il appelle à rester centré sur les revendications de justice fiscale et sociale quand une sortie « par le haut » avec une VIe République, signifierait le retour à l’isolement individuel de tous, celui du vote. On ne peut donc qu’être contre ce type de proposition.

Lyon-centre prend la main avec la proposition de faire un communiqué de presse pour appeler à rejoindre (sic) les autres manifestations du week-end alors que par exemple la marche contre les violences policières propose de rejoindre les GJ justement.
Toujours Lyon-centre à la recherche de volontaires pour être délégués à Saint-Nazaire à l’assemblée des assemblées. 4 personnes motivées, car ce n’est pas de tout repos, y vont sur la base du volontariat et une vague présentation de chacun. Des têtes connues de Lyon-centre y seront, réparties entre 2 délégués et 2 observateurs.

 



 

Compte-rendu de la manifestation à Lyon, le 9 mars 2019 (non exhaustif)

14 h 30 départ de la place Bellecour à moins de 1000 vers Antonin-Poncet. À peine engagés sur le quai Gailleton, direction nord, en passant sur le coté fleuve, car le passage par là semble envisageable pour prendre de vitesse les flics : gazage à distance. Observation du coté de Gibert Joseph avec aussi un gazage « préventif » de ce côté-là (pas de contact) avant que certains, mieux équipés, remontent sans être suivis par le reste des présents qui stagne en amont. Sur le trottoir droit, bond offensif des flics et matraquage des manifestants les plus en avant, avec au moins deux blessés. Flottement et pendant tout ce temps gazage régulier. La place Antonin-Poncet se trouve bouclée et plus moyen de revenir sur nos pas.   Les flics vont nous pousser physiquement, et en gazant au fur et à mesure, jusqu’au pont Gallieni. Une tentative de passage en direction de la rue Victor-Hugo, par la rue Franklin, a tout de même lieu, mais le dispositif d’accompagnement latéral de la manif fonctionne correctement, gazage et reflux sur le quai. Le passage que ce soit vers Perrache ou vers l’A7 est fermé par des CRS. Seul débouché : le pont Gallieni. Comme la semaine précédente remontée de l’avenue Berthelot jusqu’à la place Jean-Macé. Gazage sous le tunnel de la gare Jean-Macé qui ravira les passagers d’un train. Direction Gerland avec dispersion suite à de gros gazage et des violences avant la place Jean-Jaurès. Un blessé grave est à déplorer qui donne lieu à ce message Facebook d’appel à témoignage :

Un jeune homme de 23 ans a fini à l’hôpital suite à la manifestation de cet après-midi. Il y a eu une nasse dans une rue parallèle à l’avenue de Jean Jaurès puis gazage, de là il ne se rappelle plus de rien. Il a été assisté par les street medics jusqu’à l’arrivée du SAMU. Il est désormais à l’hôpital pour une chirurgie maxillo-faciale suite au scanner, il a de multiples fractures : pommette et orbite. Maintenant on va voir pour la vue aux urgences ophtalmologiques. Il a en plus le nez cassé, ouvert sous l’œil, un hématome et peut-être la mâchoire cassée (à voir la radio).
De plus, 3 policiers sont venus pour l’interroger alors qu’il était dans le box des urgences.
Par 2 témoins, nous avons appris qu’il a reçu une lacrymogène en tir tendu en plein dans le crâne, elle a explosé à ses pieds pendant qu’il tombait à terre.
Merci de témoigner si vous étiez présents / présentes.
Tout notre soutien au camarade blessé !

Les manifestants encore motivés vont avancer par grappes et une partie va remonter l’avenue de Saxe et passer le pont de la Guillotière pour revenir à Bellecour.

Des Gilets jaunes présents dès le début d’après-midi rue de la République, vont progressivement être rejoints par d’autres qui ont pu décrocher du cortège principal. Au niveau du cinéma Pathé-Bellecour regroupement et départ à 300 en direction de l’Opéra vers 16 h. Arrivée sur la place de la Comédie sans aucun flic à l’horizon, sauf ceux présents derrière les grilles de l’Hôtel de ville de Lyon. Tout le monde profite de ce moment de répit. L’arrivée de fourgons de GM déclenche un mouvement en direction de Bellecour avec retour devant le cinéma Pathé.
Par diverses rues latérales ou non et sans gilets, des manifestants qui étaient à Bellecour rejoignent les forces présentes rue de la République. Les flics vont avancer depuis la place de la République vers le regroupement qui est là et vont, après sommation, copieusement gazer et pousser le maximum de monde sur Bellecour après avoir aussi bouclé la rue Maupin.

À Bellecour 200 personnes vont subir les différentes manœuvres policières et de gros gazages. Certains vont décider d’aller sur la Guillotière, avec quelques petits groupes de jeunes, mais à peine le pont traversé la manif s’est dissoute. Sans gilet et sous la pression policière, il devenait impossible de se reconnaître.

Toujours rue de la République 100 manifestants se retrouvent et vont déambuler dans le but de faire fermer de gros magasins type Printemps mais vont aussi, rapidement, être escortés de près par les flics. Sous pression, mais déterminés, passage par la rue Confort et entrée dans l’Hôtel-Dieu. Sortie du lieu par le quai Jules-Courmont, direction la rue de la République (on ne change pas une idée qui gagne) mais pas de stationnement possible. Le cortège très mobile va être poussé vers le quai de la Pêcherie passant quand même rue Édouard-Herriot et place des Célestins. Direction le Vieux-Lyon mais arrivé devant la Cathédrale blocage devant la rue Saint-Jean et l’escorte arrière est aussi là. Une rue perpendiculaire permet de reprendre Saint-Jean, mais avant Saint-Paul, pris en sandwich, arrêt complet de cette manif : contrôle d’identité pour les moins chanceux peu avant 19 h.

7 interpellations selon la presse, mais rien sur les blessés, dont l’un à cause d’un tir de LBD à bout portant sur la jambe (avec fracture du péroné).



CR de l’assemblée générale des Gilets jaunes Lyon ce 4 mars 2019

Environ 200 personnes au début.

L’AG commence par le rapport des commissions.

La commission convergence parle de son tractage devant les entreprises où on a des contacts Gilets jaunes parce que ces contacts n’osent pas eux-mêmes distribuer ces tracts !

Il est dit que cette commission doit se mettre en rapport avec la commission communication qui, elle-même, diffuse des tracts sur le RIC ou qui en appellent à l’AG du lundi soir. L’alternatibar propose une présentation/débat sur le RIC avec le thésard idoine.
Toujours à propos de tractages des paroles maladroites sur la difficulté de tracter sur le marché de Vénissieux entraînent l’ire de l’assemblée. Un autre insiste sur le côté abstrait du projet RIC, pour l’instant.

La commission revendication/débats rend compte du premier débat sur économie et écologie. Environ 60 personnes réunies en « ruches » de 8. Satisfecit apparent sans qu’on sache précisément ce qui le motive.

La commission poésie semble avoir abandonné son projet d’action sur la colline de Fourvière, pour se tourner vers le thème « On est chez nous », mais pas dans les sens identitaire des fascistes. Dur de savoir ce qui est préparé quand on pense que l’exemple d’action donnée est le référendum de Bavière pour sauver les abeilles alors que c’est le Land le plus réactionnaire (et écolo) d’Allemagne, un point qui ne semble pas avoir retenu l’attention de la commission.

La commission action fait état d’une opération caddies pleins et laissés en l’état aux caisses du supermarché et s’en félicite sans avoir, apparemment, chercher le moindre contact avec les salariés de l’entreprise…qui vont devoir vider et ranger les produits. Aucune allusion n’est faite à la possibilité d’une action où on partirait avec les caddies pour redistribuer la nourriture.
La commission justice fait état de la nécessité de porter le fer dans deux domaines, premièrement celui de ‘illégalité de nombreuses actions de la police et deuxièmement sur celui de la répression physique et pénale. Un kit d’information est en préparation sur ces points et le lien est fait avec la journée mondiale contre les violences policières qui doit avoir lieu le 16 mars, à partir de la place Guichard, à 13h pour ce qui est de Lyon. Le problème se pose de son lien avec la manif habituelle de 14h à Bellecour puisque c’est un samedi. Pourquoi ne pas partir de la place Guichard ce jour là ?

Le même jour a lieu la mobilisation pour le climat à 15h aux 24 colonnes. Là aussi, la question de l’unité et la possibilité de se retrouver sont évoquées, y compris de la part de certains organisateurs de la marche pour le climat. Comme ce vœu était resté lettre morte en décembre on attendra pour voir. Mais comme pour la proposition de se joindre à la manifestation pour les droits des femmes, on a l’impression d’une confusion et même d’une incohérence entre, d’une part les appels à rendre à nouveau visible le mouvement des GJ en se recentrant sur l’essentiel de son combat et de ses revendications ; et d’autre part un suivisme de la convergence sans principe directeur. D’où l’impression que « tout est dans tout et réciproquement ».

Le groupe GJ périphérie, intervient par une personne de Givors qui parle de reprendre les ronds-points dans le cadre d’une action le dimanche 10 mars avec pancartes et tracts pour rappeler les revendications fondamentales des GJ et particulièrement la question du pouvoir d’achat, de la justice sociale et de la démocratie. Le groupe en appelle à de nouvelles « assemblées citoyennes » élisant des référents.

Il est indiqué, par ailleurs, qu’à Paris un point fixe existe depuis 3 semaines place de la République et un autre plus récent place des Lilas dans le XIXème arrdt avec une cabane.
La LDH intervient ensuite pour indiquer un rassemblement le 7 mars à 10h30 à son siège avec une conférence de presse contre la loi anti-casseur. Dans le même ordre d’idée, un rassemblement/manifestation est prévu place Bellecour le mardi 12 mars à 13h contre les violences policières.

Un militant politique, contractuel dans l’EN, intervient ensuite pour nous dire que l’Education nationale va être liquidée et que l’enfer est à notre porte. Aucun questionnement pour savoir pourquoi, dans ces conditions, les profs ne se révoltent pas et encore moins pourquoi non seulement ils ne rejoignent pas les GJ, mais en ont peur comme de la peste (quand ils le font, ils choisissent d’être stylos rouges plutôt que GJ).

Un autre militant politique (de la même organisation) propose de réveiller l’AG assoupie par la mise en place d’AG extraordinaires tous les trois semaines par exemple. Quelqu’un lui demande, mais sur quel contenu ? Pas de réponse. Une intervention d’un copain a lieu pour dire que ce n’est pas l’AG qui fait le mouvement, mais le mouvement qui fait l’AG. Apparemment la dialectique de la chose fait problème pour au moins la moitié de la salle. Mais le comportement de l’intervenant, sans passer par le micro et les tours de parole, lui est reproché en aparté par une personne de Lyon centre car elle perturbe fortement les gens à la tribune qui se sentent attaqués irrespectueusement (le mouvement doit rester sympa et dans l’empathie mutuelle). Réponse pour lui dire qu’un mouvement de lutte n’est pas un monde de bisounours. ll en appelle à plus de « discipline » et « évidemment » à s’écouter alors que justement, c’est au contraire sans ces interventions intempestives (il n’y a quand même pas eu que celles du copain, mais paraît-il qu’il est dans le collimateur depuis plusieurs semaines) que plus personne ne « s’écoute » … et que tout le monde part chez soi : on a dû terminer l’AG à 50, personnes à peine… pour ne plus revenir la fois d’après ! Au niveau de l’anecdote il est possible de constater que plusieurs fois, ces dernières semaines, des personnes parfaitement inconnues sont venus serrer la main de ce copain après une de ces interventions en disant leur accord… mais semblent ne pas être revenues.

En fin d’AG, enfin une amorce de discussion intéressante à propos du RIC. En effet une personne est intervenue pour dire que le RIC n’apparaissait pas sur un tract des GJ Lyon qui circulait et qui ne parlait que des 15 premières revendications qui avaient été mises en avant au moment où l’AG avait fait cocher les revendications préférentielles. Avis renforcé par une autre intervention faisant remarquer que Lyon serait la seule assemblée à ne pas avoir développer ses positions sur le RIC. Or le RIC n’apparaissait qu’en trentième position sur le vote préférentiel. organisé début décembre. Une marque évidente de la différence d’approche des urbains par rapport aux ronds-points des périphéries. A partir de cette donnée de base objective, plusieurs interventions contradictoires, l’une pour dire donc que le RIC est bien une revendication fondamentale du mouvement, l’autre pour dire que le RIC n’est pas à proprement parler une revendication, mais plutôt un moyen de les faire aboutir. Sur ce une camarde intervient pour dire que le problème c’est qu’il n’y a jamais de discussion sur le RIC en AG et que ce n’est pas normal. On fait comme si il n’y avait aucun problème, par exemple dans le cadre ultra restrictif de la Véme République.

 



Compte-rendu de la manifestation à Lyon, le 2 mars 2019

    – Préalable

Un service de « prévention » est prévu qui se rassemble dès 11 h aux 24 colonnes avec l’appui de la plupart des groupes lyonnais (notamment ceux qui ont l’expérience des manifs « encadrées ») avec brassard vert (les street médics ne voulant pas de brassard blanc !). La manif n’est pas réellement déclarée car ils n’ont pas trouvé 3 signatures pour le faire, c’est significatif. Par contre le parcours a été négocié avec la préfecture dont le passage par les Terreaux en travaux. Départ réel 14 h – 24 colonnes, mais ce lieu de départ, c’est une évidence, recueillera difficilement une grande foule. Certains pensent quand même partir de Bellecour. En bref, malgré leur « responsabilisation » les initiateurs savent que ce sera une manif lyonnaise un peu comme une autre… sauf avec plus de rumeurs que toutes les autres. Typique de cet imbroglio, sur la page Facebook du groupe Article 35 on peut lire : « Vu le nombre de conneries diffusées autour de l’évènement de samedi, la vérité c’est celle-ci : la manif n’a pas été déclarée en préfecture mais les autorités sont au jus du parcours, tout le reste, tout ce que vous trouverez sur n’importe quel groupe pas diffusé par nous, c’est d’la merde. Pour ceux dont le principe est de déclarer ne nous en voulez pas, c’était impossible pour pleins de raisons. Quant à ceux qui ne souhaitent pas se joindre à cette marche, c’est leur droit et nous ne nous interdisons pas de converger d’autres fois avec vous.
Pour finir et malgré des critiques nombreuses, nous n’allons pas manifester pour tout casser, mais pour passer un message, tout a été dit clairement depuis près d’un mois, donc ceux qui sont étonnés aujourd’hui de ce qu’on a proposé, mettez à jour votre bigo et votre cerveau ».

    – 13h

Rassemblement effectif aux 24 colonnes (ancien Palais de Justice) comme prévu avec lecture d’un communiqué du groupe Article 35-insurrection, chargé d’organiser cette « marche noire » (tous en noir y compris avec le gilet jaune par-dessus) interrégionale pour faire le deuil des institutions et pour que d’autres naissent. Un millier de personnes environ en ce lieu se dirigent ensuite vers les Terreaux où elles seront progressivement rejointes par les manifestants qui se sont rassemblés comme d’habitude à Bellecour à 14 h, car beaucoup ne sont même pas au courant du rassemblement de 13 h. La manifestation gonfle jusqu’à comprendre environ 3000 personnes.

Les premiers gazages ont lieu une fois franchi le pont Lafayette sans que les causes en soient connues. La manifestation emprunte alors la rue Garibaldi en direction de la cité administrative où elle se retrouve à nouveau copieusement gazée. Des manifestants ripostent par des jets de divers objets en direction de la police. On voit certains d’entre eux viser délibérément avec leurs flash-balls.

De nombreux fachos se sont regroupés pour cibler des individus et arrivés place Guichard a lieu une rapide altercation, mais contrairement à ce qu’a dit le journal Le Progrès, il ne s’agit pas d’un affrontement fafs/antifa, mais de fascistes qui se mettent à faire le service d’ordre et chassent le présumé casseur en faisant en fit le boulot de la BAC. Un jeune va ainsi se faire défoncer la tête et sera soigné ensuite par les street medics.

La manif repasse le Rhône et on se retrouve vers Bellecour où les Gardes mobiles bloquent la rue de la République. Les grilles sont dressées, les camions positionnés, mais il y a tout au plus une dizaine de Gardes mobiles pour filtrer. Il suffirait d’aller au contact et de pousser, car les GM n’ont que de petites bombinettes lacrymos et leurs matraques à nous opposer, mais seulement une cinquantaine de manifestants se rapprochent. Voyant le peu de détermination générale les GM se contentent de balancer les nouvelles variétés de lacrymogènes à ras de terre. Comme pendant toute la journée, nous ne pouvons que constater que ce n’est pas le nombre de manifestants qui compte, mais une détermination qui est en baisse. Un pacifisme déterminé est une violence contre le pouvoir, mais un pacifisme mollasson ne peut être que démobilisateur. La manifestation repart de Bellecour en direction du sud de l’axe Nord-Sud. Très rapidement nous sommes bombardés, car il est net que les forces de police ne veulent pas nous laisser bloquer l’autoroute. Alors que certains d’entre-nous nous mêlons aux voitures de façon à nous protéger et à ce que les forces de police soient obligées de bombarder aussi les voitures, la plupart des manifestants se rangent tranquillement sur le trottoir et s’apprêtent à franchir le Rhône, enterrement annoncé de toutes les manifestations lyonnaises.

Quinze semaines de manifestations ne semblent pas servir de leçon aux manifestants. Quant aux « organisateurs », quand on les rencontre, ils n’ont même pas de mégaphone pour proposer un mot d’ordre quelconque en rapport avec le parcours initial. Si cela conduisait à un « débordement spontané », d’accord, cela aurait son intérêt, mais là il ne s’agit pas de déborder un service d’ordre ou des chefs, mais de se laisser pousser là où les flics veulent nous emmener. C’est ce qui se passera pendant tout le reste du trajet conduisant au fin fond de Gerland dans un no man’s land presque sans voitures et personne aux fenêtres, sur de larges avenues sur lesquelles les flics peuvent s’en donner à cœur joie. Ce qu’ils font sans se faire prier. Pour finir, ils nous bloquent tous les ponts de retour et dispersent la manifestation par gazage. Certains d’entre-nous descendent par petits groupes sur le bas port pour regagner la presqu’île. Les quelques dizaines de flics qui surveillent l’opération nous regardent, goguenards, en nous souhaitant « à la semaine prochaine » (sic). C’est sûrement notre plus grande défaite sur le terrain depuis novembre car cette fois, vu le temps perdu dans Gerland et l’impasse du lieu par rapport à la stratégie des forces de l’ordre, il y a trop à marcher et il est trop tard pour qu’on puisse se regrouper à nouveau vers Bellecour et la presqu’île, toujours en état de siège à 19 h-19 h30, mais sans présence de manifestants.

A noter que vers 18h un petit groupe d’une trentaine de gilets jaunes au niveau de Cordeliers remontaient la rue de la République. Ils ont mené une action avec discours au mégaphone contre Starbucks en milieu d’après-midi avec 100 à 200 participants remportant un certain succès car l’enseigne avait dû fermer ses portes un temps. Le groupe, à présent peau de chagrin, se dirigeait vers le Mac do (suivit quand même par une bagnole de flic !). Arrivé devant, il y eu de nouveau un discours au mégaphone dénonçant notamment la provenance de la viande avec revendications, banderoles et tout le toutim puis le groupe redescendit tranquillement en direction de Bellecour.

Un autre groupe, coincé à la hauteur du pont Raymond Barre (récemment construit, réservé au tram et aux piétons et vélos il est en oblique par rapport au pont Pasteur), des berges et de la place Mérieux retourne en direction de Jean-Macé en passant par l’avenue Yves Farge. Il est régulièrement gazé et chargé par les bacqueux et les CDS.
à Bellecour quand nous sommes partis, vers 20 heures, il restait une centaine de personnes sur la place, surveillées par des flics.

Il faut noter la nouvelle agressivité des poulets : charges, matraquages, utilisation de leurs véhicules pour gazer des manifestants pacifiques, bloquer les manifestants et les repousser hors de la chaussée (cela s’est passé sur le blvd Farge). Initiatives individuelles ou non, cela questionne pour la suite.
En bref, déclarées, tolérées, négociées les manifs se font toujours interdire leurs déplacements les flics utilisant le moindre prétexte (et parfois pas) pour gazer et tenter d’orienter le cortège là où ils veulent.

 



 

À propos du journal de bord

Le journal de bord est né au début du mouvement des Gilets jaunes à l’initiative de participants à la revue Temps critiques qui l’héberge sur son blog.  Par la suite, des rencontres pendant les actions et une certaine perception commune pour une participation directe au mouvement ont élargi le cercle d’origine en donnant corps à une collaboration informelle entre une douzaine de personnes participant aux différentes manifestations, AG, commissions et actions et en rendant compte. Ni sociologique, ni documentaire, le journal de bord est le reflet de cette activité au sein du mouvement des Gilets jaunes. Pour exemple, les CR de manifestations compilent souvent plusieurs vues du seul fait de l’étirement des manifestations et de leur caractère évolutif et dispersé avec pour seul souci d’en rendre compte au plus près et le plus complètement possible. Mais comme nous y participons nous-mêmes ces « vues » peuvent aussi donner lieu à un ou des points de vue qui relèvent de nos interprétations subjectives et politiques que nous essayons alors de rendre collectives et cohérentes après échanges et discussions. Cet aspect est a fortiori aussi présent dans les CR d’AG où nous sommes amenés à prendre des positions, sans pour cela former un groupe Gilet jaune spécifique de plus, mais sans non plus intervenir « de l’extérieur. C’est du moins la volonté que nous avons, même si nous sommes plus dans le « mouvement » que « Gilets jaunes » proprement dit.

2 Commentaires for “Journal de bord autour du mouvement des Gilets jaunes”

dit:

Les gilets jaunes sont, pour moi, la pointe avancée d’une France qui se désintègre ou se désagrège. Ou plutôt que l’on détruit. Ils parlent à un pouvoir qui n’en veut plus alors que eux, y croient encore. Ils croient encore qu’ils peuvent convaincre, attendrir le pouvoir. mais celui-ci n’aurait rien lâché s’il n’avait pas eu peur de perdre des choses auxquelles il tient (à commencer par son poste) .
Après tout, c’est dans les périodes de décomposition, de destruction que l’on peut reconstruire. Le grand challenge pour le peuple, ce serait d’être l’acteur de cette reconstruction. (bien sûr, je suis à fond pour le RIC. entre autres)
Maintenant que la juste rage est un peu retombée, et qu’elle n’a pas été remplacée par la juste haine, il me semble qu’il faudrait s’entendre politiquement pour exister et avancer..

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