Contre toute politique identitaire

Ici contre une pseudo identité juive révolutionnaire

Cet échange de lettres est à replacer dans le cadre de la parution de nos brochures autour des luttes de libération des années 1969-1970, de la question de la communauté humaine et des particularismes (l’exemple des juifs). Elle fait suite à une réponse de J.Wajnsztejn à l’appel d’un comité de jeunes juifs de gauche aux « juifs révolutionnaires », mais dans une perspective très différente de celle de l’UJFP.


Appel 2024-05-23
Réunion publique : “Qui a peur de la lutte contre l’antisémitisme ? Pour une gauche réellement antiraciste” avec Golem, JJR et RAAR

Face à l’augmentation massive des actes antisémites partout dans le monde depuis le 7 octobre 2023, et alors que les crimes de guerre de l’armée israélienne se multiplient, menaçant l’existence des Palestinien·ne·s de Gaza, nos collectifs ( Golem , JJR , RAAR ) souhaitent engager un débat dans et avec l’ensemble du camp progressiste .

Nous avons besoin de parler et d’échanger afin d’échapper aux pièges qui empoisonnent les débats actuels.

Dans nos espaces politiques, nous constatons une indifférence toujours plus grande face à l’explosion des actes anti-juifs, comme si l’appropriation malhonnête de la lutte contre l’antisémitisme par les forces réactionnaires disqualifiait cette question pourtant bien réelle.

Nous sommes aussi inquiet·e·s de la stigmatisation systématique de groupes juifs exprimant une condamnation des crimes du Hamas, qui se voient dénigrés comme “sionistes”, terme proclamé comme une injure, voire comme “fascistes”.

A cela s’ajoute une montée généralisée du complotisme et du confusionnisme, qui ne restent malheureusement pas cantonnés à la fachosphère et déboussolent aussi le camp progressiste.
Concernant la droite et l’extrême-droite, nous condamnons la manière dont elles utilisent la lutte contre l’antisémitisme à des fins islamophobes ou pour attaquer les mouvements progressistes.
Tout cela a été rendu possible en raison de l’abandon par une partie de la gauche de la lutte contre l’antisémitisme.

Cette situation nécessite des prises de positions claires dans lesquelles on n’oublie rien et ne sacrifie rien de nos exigences progressistes.

Il s’agit d’une véritable “ligne de crête” :

  • ne rien lâcher, ni sur la lutte contre l’antisémitisme, ni sur le combat contre tous les racismes ;
    lutter contre la tendance à nier les exactions du 7 octobre 2023, d’un côté, manifester l’horreur que nous
  • inspire ce que le peuple palestinien endure en ce moment et depuis trop longtemps, de l’autre ;
    garder intacte la mémoire des victimes du Hamas d’un côté, dénoncer la banalisation du carnage
  • quotidien que subissent les Palestinien·ne·s, de l’autre ;
  • réclamer la libération des otages, d’un côté, réclamer un cessez-le feu immédiat et total à Gaza, de l’autre.

Nous appelons tou·te·s les camarades, ami·e·s et organisations progressistes à venir discuter de ces questions avec nous à la Bourse du Travail (Salle Hénaff), le 23 mai 2024, à 19h.

Venez en débattre avec nous !
Rejoignez-nous sur cette ligne de crête !
Ne laissons pas le terrain de la lutte contre l’antisémitisme à la droite et l’extrême-droite !
Venez nombreux·ses !

Organisations :
Collectif Golem (Golem)
Juives et Juifs Révolutionnaires (JJR)
Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR)


Remarques sur l’appel
Pour moi cet appel est politiquement inacceptable.

1) Le titre déjà. Alors même que le contenu de l’appel en appelle à des prises de positions claires, l’antisémitisme est assimilé à un simple racisme, or on sait bien que c’est uniquement cette confusion qui permet aux confusionnistes de gauche de faire un appel commun parce que l’antiracisme y cohabite très bien avec l’antisémitisme parce que le second n’est pas soluble dans le premier. L’antisémitisme de Proudhon ou des anarchistes ou syndicalistes révolutionnaires fin de siècle ou même de Marx n’a pas grand-chose à voir avec un racisme et est plus lié à une vision du capital comme dominée par la finance dont les juifs seraient les porteurs ou représentants (un racisme social en quelque sorte).
Plus actuel, la Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance de 2001, au cours de laquelle, certains pays arabes et du « Sud global » comme on dit aujourd’hui, ainsi qu’une partie de la gauche altermondialiste en fournit un autre exemple avec la tentative d’assimiler sionisme et racisme ; enfin, les « indigènes de la république en sont une autre variante, qui assimile les juifs aux « blancs ».

2) Dès la première phrase le décor est planté avec d’un côté les actes antisémites et de l’autre les crimes de guerre … de l’armée israélienne…qui menaceraient l’existence des palestiniens (le mot génocide n’est pas prononcé ouvertement, par prudence mais c’est l’idée). Et dans tout ça, évidemment, pas un mot sur l’attaque du Hamas (une sorte de pogrom même si quelques thaïlandais passaient par là ?).

3) Dès le second paragraphe argumenté il s’agit de bien se démarquer en tant que camp progressiste face aux « forces réactionnaires » qui utilisent de façon malhonnête la lutte contre l’antisémitisme. En conséquence, le problème est reporté à l’extérieur de nos « espaces politiques », alors que ce problème est justement le développement de l’antisémitisme de gauche et d’extrême gauche. Comme dans tout frontisme, cela revient, consciemment ou non, à noyer le poisson dans une unité de façade entre antisionistes, anti-impérialistes, antifascistes ou décoloniaux. fonctionnant comme un certificat de virginité par rapport à un quelconque soupçon d’antisémitisme en leur sein .

4) Les « crimes » du Hamas ne sont mentionnés qu’en fin de première page et encore ils ne sont pas même qualifiés, par égalité de jugement, de « crimes de guerre », mais de simples crimes comme s’ils relevaient de la délinquance de rue et n’avaient rien de politique.

5) Le fait que le problème soit interne et lié au confusionnisme du camp « progressiste » n’apparaît là aussi qu’en fin de première page.

Bref, ce qui est fondamental et pose problème est dilué et on ne me fera pas croire que des personnes qui font autant attention, par exemple, à bien glisser dans leur appel, l’écriture inclusive, qui, à ce que je sache, ne correspond pas vraiment à une pratique frontiste, placeraient, comme par inadvertance, des paragraphes dans le mauvais ordre ou au hasard. Nous n’avons certes pas pour habitude d’avancer des positions politiques sous des angles moraux, mais puisque les « appelistes » parlent de malhonnêteté des forces réactionnaires dans leur lutte contre l’antisémitisme, il s’avère tentant de les affubler du même vocable.

JW, le 19/05/2023


Le 20 mai 2024 – Jacques Wajnsztejn

Je vous joins aussi une dernière remarque d’YC par rapport au fichier précédent. Si on écrit autour de ça (Larry était tenté), il faut tenir compte de tout ça et je compte d’ailleurs intégrer une partie de sa dernière phrase à mes « remarques »…
A plus tard et bonne journée
JW


Message de YC sur l’appel ci-dessus

C’est un des mythes identitaires que partagent à la fois le Collectif Tsedek et l’UJFP d’un côté; Golem, les JJR et d’autres.
Tu retrouves cela aussi chez Michael Loewy.

C’est l’idée que le judaïsme aurait toujours eu des tendances révolutionnaires, que cela aurait influencé de nombreux philosophes juifs, que cela aurait poussé de nombreux juifs vers le mouvement ouvrier, le Bund, la Troisième Internationale, etc.

C’est en quelque sorte l’autre face du mythe antisémite du Juif perturbateur, incapable de s’intégrer nulle part, qui organise le chaos jusqu’à organiser l’immigration pour saper les sociétés occidentales.
Ces différentes tendances retournent le mythe antisémite et en font un autre mythe fondé sur la notion d’un judaïsme ayant un très fort potentiel révolutionnaire et libérateur pluriséculaire.

Pour moi, cela ressemble aux écrits des théologiens de la libération que je lisais quand j’étais un catho influencé par les franciscains marxistes de la revue Terres du monde ou Terres des hommes (je crois) : le Nouveau Testament comme Evangile révolutionnaire.

Simplement, aujourd’hui (enfin depuis les années 60 car un rabbin américain théologien de la libération et antisioniste a écrit un bouquin sur ce sujet dès les années 60) pour ces juifs sionistes de gauche/antisionistes d’extrême gauche/asionistes de gauche et d’extrême gauche, etc., cela tombe bien parce qu’ils peuvent espérer nager dans le courant identitaire qui prend les couleurs du féminisme, ou de l’anticolonialisme, ou du mouvement LGBTQI, etc

Y.Coleman


Le 20 mai 2024 – Larry Cohen

Bonsoir,
Si je peux adhérer à plusieurs des remarques d’Yves sur les mythes identitaires (du genre, « Nous, les juifs, on a une longue et glorieuse histoire d’avoir été du bon côté »), j’avoue ne pas bien comprendre ce qu’il recherche dans son texte et la suite. Dénoncer l’inculture des universitaires ? C’est salutaire, mais pas très pertinent. En plus, plaider que les idées reçues sur la forte présence des juifs dans la gauche/extrême gauche ne reposent que sur des éléments anecdotiques, c’est esquiver une évidence, un peu comme l’argument commode selon lequel tout est toujours plus complexe qu’on ne le croit.

La thèse de Löwy, Traverso et d’autres sur le messianisme juif comme source d’un radicalisme politique moderne n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais elle n’est pas à écarter d’un revers de main non plus. Pour ma part, je mettrais plus l’accent sur les conditions très particulières des juifs dans l’empire tsariste (ou vivant à proximité), qui, elles, ont incontestablement débouché sur une forte politisation à gauche qui a eu des échos, via l’immigration, dans des pays comme l’Angleterre, les Etats-Unis, l’Argentine et j’en passe. Et même si une majorité des juifs russes s’orientaient plutôt vers les « Cadets » en 1917, la population juive aura été, selon Lénine, parmi les soutiens les plus fiables de la révolution. C’était en somme l’aspiration à faire entièrement partie de leur société, à pouvoir enfin dépasser le statut d’éternelle minorité, souvent persécutée.


De même, à quoi ça sert de mettre l’accent sur ceux qui essaient par la suite de justifier d’avoir retourné leur veste ? Cela n’apporte aucune réponse à la question sur les origines de l’engagement à gauche de certains juifs, encore moins sur l’anti-sionisme qu’ils ont pu manifester. Et auquel d’ailleurs j’ai moi-même adhéré, mais par internationalisme et rejet de tous les nationalismes…

Par ailleurs, Yves se débarrasse un peu vite du problème du tiers-mondisme. Il suffit d’avoir fréquenté, comme je l’ai fait il y a longtemps, les milieux de gauche en Allemagne pour se rendre compte de l’omniprésence de ce thème à l’époque.

Maintenant, sur l’appel de Golem et compagnie à une réunion politique, j’aurais sans doute été moins catégorique que Jacques W. Je ne connais pas ces groupes-là, mais ce que je devine, c’est la crainte de se faire plus ou moins exclure de la famille de la gauche où ils se sentaient auparavant chez eux et en sécurité. SI on ne veut pas se focaliser sur l’actualité de ce conflit (voir les propos de Jacques G.) et qu’on préfère approfondir le sujet, il faudrait à mon avis se pencher sur la notion du progressisme (qu’on retrouve jusque dans le titre de l’organisation sœur de l’UJFP, l’Union des progressistes juifs de Belgique), qui me semble à bout de souffle aujourd’hui.

Dans le prolongement de cette idée, il faudrait repenser l’anti-fascisme, pas pour réchauffer les formules choc de la gauche italienne, mais comme une grande source justement de l’identité de gauche actuellement, signe que tout le reste a foutu le camp et qu’il ne reste plus que ça. Comme je l’ai dit à la rencontre fin mars, on pourrait en dire autant du fort engagement en faveur des Palestiniens : c’est un conflit qui présente l’avantage rassurant de nous rappeler les luttes des peuples colonisés d’autrefois contre l’impérialisme occidental. Or, une bonne partie des hécatombes de ces dernières années ont été le fait de régimes non occidentaux (avec ou sans soutien logistique ou politique occidental, peu importe), mais n’ont pas mobilisé grand monde. Bref, on s’accroche coûte que coûte à une identité simple et sans nuances. Et enfin surtout, quel rapport avec des gens comme nous qui avons autre chose en tête ?

Larry


Le 22 mai 2024 – J.Guigou

Bonsoir,
Je partage les remarques de Larry sur le texte d’YC. L’accent mis par YC sur les dimensions de classe et de luttes ouvrières des groupes d’extrême gauche des années 60/70 n’est pas inutile, mais à condition de ne pas oublier les tensions et les contestations qui s’exprimaient dans ses groupes et surtout à l’extérieur d’eux : critiques de l’autoritarisme et du clanisme des dirigeants ; critiques des organisations politiques elles-mêmes en tant qu’elles voulaient agir « comme si la révolution était déjà réalisée » ; abandons de la conduite militante et de tout activisme, exaltation du « drop out » et de la contre-culture, etc.

Contrairement à ce que l’historiographie de gauche, d’extrême gauche ou anarchiste présente comme des périodes différentes : la montée communiste du mouvement puis son échec « individualiste » ou « petites bourgeoises » ou « réactionnaire », ces pratiques étaient contemporaines. Et bien sûr, elles n’étaient pas corrélées à des appartenances et des identités religieuses ou culturelles particulières. Nous étions dans le rapport individu/communauté humaine.

La référence au « messianisme juif » comme ferment de l’adhésion au prophétisme de la révolution communiste est ancienne.

J’ai connu des socialistes et des communistes d’origine juive chez qui cette dimension n’était pas absente.
Je pense à Serge Jonas, fils d’un socialiste révolutionnaire russe, chassé de Russie en 1920 par les bolcheviks, ayant séjourné en Israël pendant la Seconde Guerre mondiale, puis installé en France et qui, après un parcours professionnel fructueux, il a fondé en 1965, les éditions Anthropos. Il a publié nombre de théoriciens et d’activistes anarchistes ou communistes du XIXe et du XXe s. Quelques temps après la publication de mon premier livre (1972) où je fais une critique prolétarienne de la formation continue, Serge est devenu un ami. J’ai discuté avec lui des jours entiers ; il dressait de vastes fresques sur les mouvements de l’histoire sociale depuis la Révolution française. Il prônait la fondation de petites communautés rurales autosuffisantes qui seraient porteuses d’un devenir plus humain de l’humanité.
Cette dimension messianique n’était pas absente chez lui. Il était d’autant plus attaché à Israël qu’une sœur de sa mère était la veuve d’Eliezer Ben Yehouda, le fondateur de l’hébreu moderne. Après sa mort, j’ai écrit avec sa fille, une chronique sur sa vie et son œuvre, ici.

Les propos qui sont dits là sur les Juifs pourraient également être tenus sur les protestants, notamment dans la version calviniste de la Réforme. Et là, je sais que quoi je parle !

On y trouve les mêmes composantes politiques et prophétiques ; le même caractère de groupe de minoritaires et de persécutés. Et l’on trouve parmi les protestants de nombreuses figures révolutionnaires. À commencer par le pasteur nîmois Jean-Paul Rabaud Saint-Etienne, député du Tiers-État, président de l’Assemblée Constituante et rédacteur un des principaux rédacteurs de la Constitution de 1791. Mais aussi Barnave, Boissy d’Anglas, Marat, etc,

De même, les étudiants protestants furent nombreux dans les Comités d’action de mai 68. Fin 68, après un numéro pro-situationniste, leur revue « Le Semeur », s’est autodissoute pour se fondre dans le mouvement…

On peut citer aussi les groupes « Jeunes femmes » protestantes qui, au début des années 60, ont fondé le Planning familial.

Depuis la révolution française, c’est un fait que les minoritaires protestants furent des innovateurs (cf. Les banques ), des réformateurs (Ferdinand Buisson), des révolutionnaires anarchistes (Ferdinand Buisson, Sébatien Faure).

Tout cela est donc à relativiser…

Autre point.
Je partage la remarque de Larry sur l’antifascisme (de ces groupes antisionistes d’extrême gauche), comme ultime recours politique alors que leurs anciennes certitudes prolétariennes/communistes se sont effondrées.

Mais ce recours n’est guère plus qu’incantatoire, puisque l’antifascisme, après avoir puissamment opéré dans les prémices puis dans la réalisation de la société capitalisée, n’est plus aujourd’hui qu’un mantra agité électoralement ou médiatiquement.

En va-t-il de même du progressisme ? Oui et Non.

Oui, parce que le progrès étant partout, il ne peut plus caractériser un camp contre un autre.

Non, parce que le mythe (la religion) du progrès s’inscrit dans le temps long : celui qui, annoncé par les

Lumières, devient opérant, politiquement actif avec la révolution française. Les deux camps se forment et s’opposent : les révolutionnaires, tous progressistes et les contre-révolutionnaires (conservateurs puis..réactionnaires au XIXe).

Ces juifs antisionistes de gauche, en se rattachant au camp des progressistes, cherchent à se mettre en continuité avec les mouvements révolutionnaires historiques dans la modernité. C’est pour eux un marqueur dans le rapport ami/ennemi.

J’ai sommeil, je poursuivrai plus tard…
JG


Le 22 mai 2024 – J.Wajnsztejn

Bonsoir,

Pas d’accord avec le dernier paragraphe : le progressisme de l’appel n’est pas du tout en réf avec le mouvement prolétarien mais avec les théories postmodernes de l’émancipation et comme le dit YC d’une émancipation des identités à vocations intersectionniste. C’est patent aussi bien chez le fils de Sophie que je connais perso et qui milite à Golem que chez le mouvement des juifs pour la paix de Stamboul, Hazan et a fortiori chez les juives lesbiennes du RAAR. S’ils englobent quelques vieux cadres trotskistes, c’est parce que ceux-ci, dans le cadre du passage de la LCR au NPA ont abandonné toute référence à ce même prolétariat comme le montre le discours de Besancenot. Quant à l’antifascisme des autonomes ou libertaires et compte tenu qu’il y a au moins 4 tendances différentes antifa en France, leurs slogans ne comportent que très peu de réf au « fil rouge » et ils ne chantent jamais l’Internationale dans les manifs contrairement aux groupes traditionnels comme Lutte ouvrière.

Bon tout ça c’est un peu des détails, mais même si on ne fait rien paraître directement là-dessus il faudrait peut être, Gzav que tu archives tous ces courriers et ma lettre dans un doc « correspondance ».
En général j’essaie de tout archiver sur ma clé, mais là il me manque des choses.
A plus tard,
JW


Le 22 mai 2024 – J.Guigou

Bonjour,
Je n’ai pas du tout écrit que le progressisme de l’appel était en référence avec le mouvement prolétarien.
J’ai dit que le progressisme historique (républicain comme socialiste) est la seule référence historique à laquelle ils peuvent avoir recours, dès l’instant où ils se veulent de gauche et appellent d’autres groupes de gauche si ne n’est à les rejoindre, au moins à ne pas les rejeter.

Comme le progressisme est depuis longtemps, un fourre-tout idéologique (analogue et complémentaire au républicanisme), ces groupes antisionistes de gauche peuvent facilement le tordre du côté des « émancipations identitaires » et de l’intersectionnisme.

C’est pour cela qu’ils se définissent dans « le camp progressiste » et qu’ils ressentent le besoin de se dire « progressistes ». Bien sût qu’il n’y a plus de références au prolétariat ; cela depuis longtemps…
Il y aurait d’ailleurs matière à approfondir cette réactivation du couple (antagonique mais codépendant) progressistes/réactionnaires. On l’avait bien vu affirmé lors de l’attaque contre Tesson au Printemps des poètes.

J’ai des notes là-dessus…
JG

Le retour de la question juive ?

Suite à notre brochure Dans l’angle mort du 13 novembre (décembre 2015), nous vous faisons part de cet échange qui aborde la question du rapport à « la question juive » et à l’État d’Israël. Le rapport aux attentats du 13 novembre et à nos propres développements pourrait apparaître ténu, mais il n’en est rien. Notre analyse de la révolution du capital est en effet amené à se confronter aux courants qui continuent à faire de l’anti-impérialisme américain et du sionisme israélien, mais aussi de la critique de la finance les principaux axes de leur critique du capitalisme, au risque d’un antisémitisme d’extrême gauche plus ou moins sous-jacent. Que la « question juive » se repose aujourd’hui n’est pas indépendante de la façon dont elle a pu être traitée par Marx à son époque. Le dernier échange aborde ce point qui sera développé plus tard dans un texte ou un ouvrage spécifique sur la question plus générale de la pérennité des formes religieuses. Keep reading →

Réponses aux questions du journal de langue allemande Phase 2

Répondant aux questions du journal de la gauche radicale allemande : Phase 2 – Zeitschrift gegen die Realität, Y.Coleman et J.Wajnsztejn présentent la situation et les positions de la gauche radicale, en France, après les différents attentats de 2015. Ils utilisent et contextualisent à cet effet leurs dernières interventions dans la revue NPNF sur l’antisémitisme de gauche et dans Temps critiques comme L’être humain est la véritable communauté des hommes et Dans l’angle mort du 13 novembre.

Version longue, mise à jour le 25 avril 2016.

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Correspondance suite à un texte sur l’antisémitisme de gauche

Courriel du 26 juillet 2014 :

Bonjour,

Je vous informe du texte d’Yves Coleman sur l’antisémitisme de gauche, écrit il y a trois mois et disponible sur mondialisme.org/spip.php?article2055 mais qui me semble particulièrement d’actualité depuis les dernières manifestations. Il est donc indispensable de lire ce texte avant de se plonger dans la correspondance qui suit. Cette correspondance concerne actuellement plusieurs personnes : Y.Coleman, Yolande, J.Guigou, Okapy et J.Wajnsztejn.

Bien à vous,
J.Wajnsztejn Keep reading →

L’argent, les banques, le complot (« sioniste ») : un anti-capitalisme de façade à vertu fédératrice

Suite à l’article d’Yves Coleman sur Mondialisme.org intitulé Sur les sources de l’antisémitisme de gauche, anticapitaliste et/ou anti-impérialiste s’est mis en place une courte correspondance avec J.Wajnsztejn. En voici l’intégralité au cœur de l’actualité de ce mois de juillet 2014.

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