Tous les articles du journal de bord de juillet 2019

Récapitulatif des publications sur les Gilets jaunes du Journal de bord regroupées par dates sur le blog Temps critiques

Les parutions sont à lire de bas en haut pour suivre chronologiquement le mois de juillet 2019.

 



Compte-rendu de l’action du 27 juillet 2019 place Bellecour

À 18 h nous étions plus nombreux qu’à 14 h à Antonin-Poncet. Nous avons attendu les derniers arrivants et un petit groupe s’est déplacé discrètement vers la statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour. La base de celle-ci a été recouverte de film noir. Une voiture de police s’est avancée vers nous pour finalement ne pas intervenir. Deuxième phase : scotchage de photos de Zineb et Steve et autres messages sur le même sujet. Ça avait de la gueule et quelques journalistes sur place ont pris des photos. Nous quittons la statue cinq minutes et revenons d’urgence quand nous comprenons qu’une dizaine de flics enlèvent notre œuvre. Proximité tendue entre nous et eux. Nous scandons « Où est Steve ? » et autres… Après discussion avec la capitaine, ils se retirent et se postent loin de nous. Une dizaine de voitures de police a alors tourné autour de la place. Nous étions à peine une trentaine. Une banderole de fortune, avec deux trois affiches collées, est à nouveau tendue. Les Gilets jaunes se prennent en photo. Satisfaction partagée. Action bien plus productive, qu’une ribambelle de vingt Gilets jaunes qui déambulent ces dernières semaines.

Discussion avec des passants sur « qui est Steve » et on apprend par une autre discussion avec des Gilets jaunes présents sur le rond-point de la Croix-Rousse qu’une balle a été tirée d’un immeuble voisin.



CR des actions de samedi 20/07/19 à Lyon

Une douzaine de personnes au RV des 24 colonnes pour manifester à l’appel de différents groupes (Appel FB) contre les violences diverses de la police (banlieues, Nantes, contre les GJ). Visiblement aucun de ces groupes n’est présent confirmant leur caractère de coquille vide juste bonne à relayer des appels. Des petites affiches contre la répression policière sont mises contre les grilles du Palais de Justice, mais les personnes qui passeront avec une demie- heure de retard s’apercevront que les affiches ont déjà été enlevées. D’ailleurs une voiture de police et une voiture banalisée stationnent devant le Palais.

Nous nous retrouvons à 30-40 place A. Poncet un RV finalement voté par l’assemblée de Lyon à la Bourse le lundi 15 juillet en vue d’action de levées de barrière dans les hôpitaux en appui de la toujours potentielle mobilisation des hospitaliers et soi-disant avec l’appui du syndicat SUD qu’on attendra vainement. Comme d’habitude, le travailleur du bâtiment spécialisé dans l’annonce aux Gilets jaunes des luttes hospitalières essaie de « vendre » son action et se plaint de ne pas être écouté. Aucun rapport avec l’action aux 24 colonnes ! Et en plus, la presque totalité des présents ne répond pas à l’appel de l’AG, mais à l’habituel RV du samedi 14H qui s’est légèrement décalé depuis deux mois, de la place Bellecour à Antonin Poncet à cause de la sanctuarisation de Bellecour par les forces de l’ordre. La confusion règne parce qu’un membre de Lyon-centre distribue des pancartes contre la répression policière comme si il y allait avoir une manifestation dans l’hyper-centre, alors que la première action proposée est celle pour la levée des barrières de parking et comme par hasard celles de l’hôpital de la Croix-Rousse, « QG » des Gilets jaunes d’après Le Progrès. Une quinzaine de personnes semblent finalement s’y rendre tandis qu’une dizaine se rend en métro à HEH où elles sont rejointes par une quinzaine d’autres, venues en voiture.

Une fois les barrières ouvertes, des tracts sont distribués aux usagers qui quittent l’hôpital, avec une pétition à signer. L’impression de ces documents constituait la participation des syndicats à l’opération. Au bout d’une heure, une partie des participants se sont rendus à HFME pour affecter un troisième hôpital. Plusieurs centaines de signatures seront ainsi obtenues dans l’après-midi pour demander la gratuité des parkings pour les usagers.

Écoeurés, une quinzaine de Gilets jaunes continuent de discuter un moment avant de se disperser. D’autres se dirigent avec des pancartes anti-répression qui sont très regardées vers le commissariat de l’opéra où ; là ; ils scandent : « Où est Steve » en référence avec le disparu de Nantes pendant la fête de la musique. Un manifestant est contrôlé puis embarqué par la police, prétendument pour des tags. Retour vers A. Poncet à 16 H-16h30. Discussions pendant une bonne heure puis dispersion sans problème.



Compte-rendu de la manifestation du 13 juillet à Lyon

Une soixante de personnes sous les quelques arbres de la place Antonin-Poncet. La place Bellecour est de nouveau accessible, mais un peu d’ombre fait du bien par ces chaleurs estivales. Aucun objectif se décide et nous embrayons sur la rue de la République suite à l’invitation du groupe Article 35 de se rendre devant le Printemps, car il organise un « live » en lien avec l’appel de la marche des oubliés prévue le lendemain. Arrivé là-bas, c’est le flop. Nous apprenons que l’un des principaux organisateurs est absent, car malade, et le matériel prévu (banderoles et sono) fait défaut. Nous poursuivons donc notre route. Au niveau des Cordeliers, nous bifurquons en direction du pont Lafayette. Léger incident avec une jeune conductrice ayant invectivé quelques Gilets jaunes au passage du quai Jules-Courmont. À l’entrée du pont se pose la question : que faire ?

La proposition d’un tour à la Part-Dieu est vite abandonnée et l’on décide de prendre la direction de l’Hôtel de Ville. La curiosité nous amène à nous détourner de l’objectif, car un hélicoptère de la marine nationale est installé au milieu du pont Morand, ouvert à la visite, en marge du défilé militaire ayant eu lieu le matin. Les policiers nous voient arriver sur le pont d’un mauvais œil et quelques minutes plus tard, on aperçoit du quai 2 ou 3 véhicules des FO qui foncent vers nous. Manque de bol, le pont est bloqué de chaque côté par des véhicules de police et du plan Vigipirate, donc ils doivent faire le tour un peu plus haut. Nous passons tranquillement devant les installations et certains entament quelques échanges avec un des gradés, car « l’armée est l’alliée des GJ » nous disent nos compagnons de lutte ! Nous arrivons place Lyautey. Un point de fixation se forme faute d’objectif motivant. Les véhicules de police finissent par arriver mais ne tentent rien, car la situation est très calme dans les rangs. Finalement, retour vers la Presqu’île et nous redescendons la rue de la République dans un silence consternant. Un bacqueu et quelques GM nous suivent de près mais les travaux ne leur facilitent pas la tâche. Peu avant le Printemps, nous retrouvons 3 personnes d’Article 35 qui se sont finalement reportées sur une opération communication en direction des passants pour le lendemain. Le Printemps, comme lors de notre précédent passage, ferme ses portes un court instant… Finalement une idée surgit qui ravive un peu la motivation de la troupe. Faire une action à la Fnac. Malgré tout, place de la République nous perdons quelques personnes sans trop savoir pourquoi. Moitié moins, c’est une vingtaine de GJ sans gilets qui s’introduit dans le magasin par l’entrée principale puis se regroupent dans le hall. L’attroupement sème la panique chez les vigiles qui restreignent l’entrée immédiatement. Faute d’idée et surtout de motivation, nous sortons peu après dans le dispositif mis en place par les vigiles pour filtrer. On entendra à la question d’une dame, un vigile répondre : c’est des Gilets jaunes en civil ! Ne voulant pas en rester là, nous nous attroupons autour de l’entrée et les grilles finissent par descendre. Enfin, nous nous rendons rue Bellecordière du côté de l’autre entrée et tentons la même chose mais le vigile est déjà présent et laisse sortir uniquement. Fatigués, nous restons à une petite dizaine à discuter pendant près de 1 h 30 puis décidons de nous disperser. Il est aux environs de 18 h 30.



CR AG départementale du 8/07/2019

Environ 80 personnes sur la place Guichard finalement préférée à la salle de la Bourse sans micro.

Un délégué de Givors et un de TEO font un CR de l’interégionale qui s’est tenue la veille ; une AG qui ne comprend que des personnes mandatées par les groupes locaux mais qui n’est pas décisionnaire puisque ce qui est discuté à ce niveau doit redescendre afin d’y être voté.
Une fois les points d’organisation énoncés et le sempiternel rappel, ici par le délégué de Givors, que à Lyon, contrairement aux autres villes il est très difficile de s’organiser (on se demande toujours d’où et de qui viennent ces informations sur l’organisation qui règnerait ailleurs), les actions envisagées suivantes sont mises en avant :

S’inviter au tour de France, mais sans le bloquer car c’est un sport populaire.

    Action de blocage des péages au moment du va et vient vacancier du 3 juillet et 1er août.
    Action contre le G7 à Biarritz les 24-28 août. A cette occasion les GJ présents ont l’air de découvrir que les mesures préventives de répression sont une nouveauté macronienne ! Sans doute n’ont-ils jamais entendu parler de Gênes et de Toronto.
    Convergence avec les parents d’élèves ( ?)
    Participation aux élections municipales et là on croît savoir qu’il ne s’agit pas du municipalisme libertaire de Commercy et autres Assemblée des assemblées.
    On apprendra aussi plus tard que le délégué de Givors est aussi (ou déjà !) membre du conseil national de la résistance jaune. On n’a pas bien compris où il fallait place le jaune mais ça nous a fait rire jaune.

Certains autres aspects sont détaillés dans le cadre de cette animation du « groupe » de Givors comme la nécessité de mieux faire ressortir les slogans et pancartes au cours des actions.

L’évocation de la réunion dentelle de Lyon-centre entame un échauffement des esprits. Mais c’est à partir de la question des actions que des TEO interviennent bruyamment pour dénoncer ce qu’ils estiment être un lâchage de la part du groupe Lyon-centre qui a refusé de quitter son « rond-point » pour ne pas participer à une action dans la fan zone de Bellecour, sous prétexte qu’on ne peut être à deux endroits à la fois (c’est bien vrai quand on est qu’une poignée, mais faut-il encore le reconnaître et ce n’est pas une excuse). Les deux groupes en viennent presque aux mains alors que nous tentons de faire remarquer que de leur côté les Gilets Jaunes Lyon Résistance ont fait tourner l’info de l’action à la dernière minute pour la plupart d’entre nous notamment quand on est pas en permanence sur Facebook. Après discussion avec eux on s’aperçoit qu’ils sont toujours dans l’optique de l’opération secrète car autrement la police est au rdv. Un vrai cercle vicieux qui les fait se plaindre de ne pas être rejoints par assez de monde, mais en même temps bomber le torse parce qu’ils seraient les seuls « véritables » GJ ou au moins les seuls qui restent.

Les invectives sont alors souvent disproportionnées comme celle contre un GJ, sans appartenance particulière, mais qui cherche à calmer le différend et se retrouve accusé d’être mou du genou alors qu’il est de toutes les actions !

Finalement une paix précaire est signée par un serrement de mains.

Un GJ intervient alors pour dire que notre nombre est en baisse et qu’il faut donc adapter nos actions en conséquence en gardant à l’esprit que l’action en petit nombre n’est pas toujours négligeable. La tension remonte quand il est parlé d’une éventuelle cagnotte que propose l’inter-départementale pour un policier suspendu 6 mois. En effet, outre qu’il soit quand même policier et qu’on a peut être d’autres cagnottes à remplir, un GJ fait remarquer que c’est un habitué du réseau Voltaire connu pour ses positions complotistes et ses liens avec la fachosphère. Dans la foulée, une action est proposée par TEO contre le syndicat FO-police qui se serait livré à des propos particulièrement dégueulasses contre les gilets jaunes meurtris dans leur chair. Mais personne ne fera remarquer que c’est un syndicat peu important dans la police par rapport à l’UNSA ou surtout à Alliance.

Une dernière intervention de Givors montre à quel point la tension reste forte même si elle ne concerne pas les mêmes personnes. Alors que le délégué de Givors parle de rencontres avec les syndicats (on n’est vraiment plus chez les GJ, mais c’est dans la continuité de son allusion au CNR et on voit que la tension pourrait être encore bien plus forte si, comme il y a deux ou trois mois nous affirmions vertement notre désaccord), excepté la CFDT parce que soi-disant elle ne veut pas nous voir, G fait juste remarquer qu’on ne va pas se mettre à trier entre les syndicats. Déjà à l’origine on ne s’est pas adressé à eux et ensuite à la base dans les entreprises, il y a des individus et pas que des bureaucrates syndicaux ou des « collabos ». Mais un gars de Météo France ne veut rien entendre et entre dans une colère rouge. Discussion quasiment ubuesque pour des GJ qui partis de « on ne veut pas des syndicats » se mettent maintenant à les évaluer au nom de leurs mérites respectifs bien aléatoires comme le fait remarquer G, car si on ne veut pas de la CFDT que faire de l’UNSA et que dire de FO-police, etc.



CR manifestation du 6 juillet Lyon

Environ 150 personnes sachant que les Lyon-centre sont pour la plupart absents et sur « leur » rond-point à l’hôpital de la Croix-Rousse et qu’une autre opération sur le parking de l’hôpital E. Herriot regroupe une quinzaine de personnes. Les forces de l’ordre peu présentes et pour dire à quel point ils nous négligent, ils n’ont envoyé que la police nationale, les CRS s’occupant de la beaucoup plus importante coupe du monde de foot féminine. On déambule comme d’habitude. Comme d’habitude Le Printemps ferme ses portes momentanément.

On se dirige vers les Terreaux via Mac Do et Starbuck. Le rituel quoi, puis montée à la Croix-Rousse et là les premiers atermoiements avec ceux qui, subrepticement envoyés par Lyon-centre (?) nous poussent à rejoindre leur rond-point. Échec, la fracture est trop importante et la présence de nombreux touristes dans l’hypercentre nous pousse à y rester. Des supportrices américaines ont même levées le point sur notre passage. On redescend. Une station devant l’église de scientologie sans que l’on sache pourquoi, puis une altercation dans une ruelle avec un individu qui balance de l’eau chaude et des bouteilles à partir de sa fenêtre. La police commence à nous filer le train. Dans la rue de Brest en travaux des barrières renversées et la police se met à courir derrière nous mais sans véritable entrain. Qu’est-ce que des barrières de travaux qui tombent si ce n’est un peu de bruit. Un jeune est contrôlé, toujours sans entrain et relâché, mais le journal Le Progrès parle d’une comparution immédiate lundi prochain pour ces faits. Nous continuons jusqu’à Bellecour. Désespérant. Nous lâchons l’affaire alors qu’une poignée de manifestants gagnent la rue de la République à quarante. Une arrestation va être alors à déplorer (elle semble en rapport avec le 1er passage devant le Printemps ?).



Compte-rendu de l’AG Gilets jaunes -Lyon Bourse du 1er juillet 2019

Environ 80 personnes. Comme il fallait s’y attendre à part une personne de TEO et une de Tarare, toutes les deux présentes à Montceau-les-Mines, c’est une AG lyonnaise stricto sensu pour ne pas dire une AG du groupe Lyon-centre aux trois-quarts puisque diverses personnes, dont certaines du « journal de bord » nous ont fait part de leur volonté de ne plus s’y rendre et de ne plus aller qu’aux interdépartementales.

Une affiche gigantesque barre toute la tribune en référence à la lutte des Canuts et appelle à l’action les hospitaliers, pompiers, etc., tout cela en écriture inclusive, pour la première fois depuis le début du mouvement à Lyon et évidemment sans que cela ait été discuté et encore moins voté. On a les putschs qu’on peut à Lyon-centre !

La séance commence par un compte-rendu de la manifestation de ce dernier samedi où une personne qui est de toutes les manifestations et actions se déclare insatisfaite de celle de samedi qui se serait avérée contre-productive parce qu’elle n’a pas amélioré notre visibilité (la police nous a ignorés pendant un long moment) ; qu’elle aurait attiré la colère des commerçants et donc qu’elle aurait nui à notre image (même rengaine que la semaine dernière). Ce spécialiste du « Gilets jaunes quel est votre métier : aouh, aouh, aouh » trouve tout à coup ça trop simpliste, comme d’ailleurs les « On va aller te chercher » surtout vu notre petit nombre actuel qui rend ce dernier slogan complètement déplacé. Mais de ce constat qui n’est pas faux, il conclut qu’il faut maintenant s’adapter. On ne saura pas à quoi au juste, mais force est de reconnaître le changement d’accent puisque jusqu’à maintenant, c’est le gouvernement qui avait dû s’adapter. Or un mouvement qui a eu la force des Gilets jaunes ne s’adapte pas : il gagne ou il meurt. Cette dernière possibilité n’est certes guère réjouissante, surtout pour celui qui a beaucoup « donné », mais ça ne sert à rien de se bercer d’illusions.

Un autre protagoniste très actif depuis le début du mouvement soutient plutôt que la manifestation a été réussie puisqu’il y a eu, par exemple des affiches placardées contre l’Hôtel de Ville et que la rue Joseph-Serlin a même été rebaptisée du nom de Zineb Redouane, décédée des suites des blessures causées par un tir de grenade policière en plein visage, à Marseille, à une réserve près qui est que renverser des barrières est là aussi assez contre-productif quand on est un si petit nombre, que les gens extérieurs ne comprennent pas.

À noter qu’à chaque critique ou réserve sur la manifestation de samedi, la « claque » de Lyon-centre se fait entendre, marquant bien par là son opposition actuelle à toute manifestation du samedi non déclarée et y opposant comme modèle sa prise du rond-point de l’hôpital Croix-Rousse comme si les deux actions ne pouvaient pas s’avérer complémentaires. D’ailleurs certains Lyon-centre ont bel et bien participé au début de la manifestation de Bellecour.

L’AG passe ensuite au compte-rendu de l’AG des AG de Montceau-les-Mines où environ 50 % des délégués provenaient de la région Rhône-Alpes-Auvergne d’après le délégué de TEO.

Les AG des AG seraient des exemples d’expérimentation de la démocratie directe sur le modèle du théoricien libertaire et écologiste Murray Bookchin. Un processus qui n’est pas celui de tous les Gilets jaunes nous dit-on1.

On passe ensuite aux axes de travail développés en commençant par le RIP dont on apprend avec une certaine surprise qu’il est comme le « bébé du RIC » alors qu’on aurait plutôt pensé le contraire puisque son inscription dans la Constitution date de 2008. On apprend aussi que si 2/3 des délégués sont favorables au RIC, cela laisse quand même 1/3 de défavorables ce qui est beaucoup. On n’aura pas de précision sur les motivations des « contre » mais on apprend que parmi les pour, 20 % le pensent comme une recette magique.

Le second axe oppose les partisans d’un capitalisme vertueux à ceux qui sont pour une sortie du capitalisme. Apparemment, une opposition entre principes dont on ne voit pas comment elle est reliée aux luttes actuelles et particulièrement à la lutte des Gilets jaunes. Une discussion qui, comme à Saint-Nazaire, n’aboutira à aucune synthèse finale.

Le troisième axe est celui de la tenue d’assemblées citoyennes. La notion « d’assemblée populaire » semble être passée à la trappe ou alors il faudrait faire un distinguo entre assemblées populaires de Gilets jaunes et assemblées citoyennes organisées à l’initiative des Gilets jaunes. En l’état actuel du compte-rendu on n’en saura rien.

Le quatrième axe est celui de l’occupation du terrain. Cela passe par tout un tas d’actions, mais qui ne peuvent être révélées comme cela, publiquement. On n’a pourtant pas l’impression qu’il s’agisse d’action de commandos à tenir secrètes, mais enfin…
Pour tous, le maître mot semble être : Comment durer ?

En vrac, dans ce qui est rendu public ; une manifestation le 14 juillet en jaune (l’idée initiale d’une marche-relai Montceau-Paris, du 1er au 14 juillet, semble avoir disparu des écrans, une action pour la nuit du 4 août aussi !) ; une manifestation le 15 juillet devant les tribunaux ; d’autres actions sont en projet mais controversées, comme une action pendant ou contre le Tour de France ; sur les plages et contre le G7 de Biarritz.

Un autre axe sur le type de manifestation : déclarée ou pas.

Et enfin l’axe convergence des luttes qui, si on comprend bien la synthèse qui nous est faite voit les Gilets jaunes passer de la ligne « Tous Gilets jaunes » (qui est effectivement défaite), à une ligne extension du mouvement par participation aux luttes des autres. Le travail sur cet axe semble avoir été rendu difficile par la présence, parmi les délégués Gilets jaunes, de nombreux cégétistes.

Les délégués membres de Lyon-centre concluent de façon optimiste leur compte-rendu. C’est un peu moins le cas du délégué de TEO qui signale la différence entre un samedi assez productif et un dimanche très difficile et marqué par les divergences et le peu de travail de synthèse.
Un membre de Fakir-jaune vient ensuite faire la promotion de son tract « a-partisan » pour faire voter le RIP, une action qui serait devenue maintenant centrale parce qu’elle pourrait, s’il était obtenu, constituer une victoire contre Macron et le « système ». Les Gilets jaunes doivent donc participer comme des petites mains à cette campagne et faire signer des pétitions partout où ils sont, pour une action qu’ils n’ont pas initiée et surtout pour un ersatz de RIC, alors même qu’ils ne sont pas tous d’accord sur le RIC.

Puisque le bébé RIC n’est pas encore né occupons-nous donc de la mère RIP pour l’instant semblent penser les Gilets jaunes Lyon-centre qui se précipitant vers le tract. Un mauvais esprit fera bien remarquer que Ruffin n’est pas vraiment apolitique, mais bon, de toute façon tout est politique comme dit l’ami P.

Quelques voix s’élèvent bien du côté du petit groupe Black-Bloc-Gilets jaunes lyonnais pour qui tout ça n’est pas de « l’action ». Le ton monte très vite avec les rapporteurs de Montceau-les-Mines qui en appellent au « respect ». L. intervient pour le BB-Gilets jaunes en disant que des actions très différentes peuvent être complémentaires et que le mouvement des Gilets jaunes se caractérise justement par sa capacité à englober le tout. Un autre membre du groupe lit alors un assez long Manifeste de leur groupe.

Une personne présente à Montceau réitère l’idée qu’on ne peut parler de l’action en AG, car c’est le travail de la commission action ; ce qui fait bondir J. qui l’interpelle en disant qu’il n’y a plus personne à cette commission depuis presque un mois (à part un membre de TEO et deux ou trois du « journal de bord »). J. est appelé à expliciter son point de vue, mais comme il l’a déjà fait à l’interdépartementale (car le problème dépasse largement l’attitude/position du groupe Lyon-centre) la semaine précédente, en pure perte, il ne répond pas à cette demande qui, de toute façon, provient d’une déléguée qui n’a jamais participé à cette commission, mais à la commission revendication-débat. Les membres du groupe Lyon-centre qui participaient auparavant à la commission action se gardent bien d’intervenir puisqu’ils sont partie prenante de la mort de cette commission. Devant tant de mauvaise foi ou de calcul politique. J. et d’autres du « journal de bord » ou proches décident de quitter l’AG qui de toute façon est entrée dans son dernier quart d’heure. Peut être est-ce une erreur de ne pas avoir saisi l’occasion de remettre en route la commission au sein de l’AG de Lyon cette fois, mais l’usure pousse plus à l’aquoibonisme qu’à envisager des coups tactiques.

  1. Une réserve qui trouve son écho dans un compte-rendu sur l’AG des AG paru dans le journal Le Monde du 2 juillet 2019 où on trouve cette phrase hautement révélatrice d’une déléguée de Strasbourg (Isabelle Wendling) favorable au dialogue avec les leaders médiatisés des Gilets jaunes travaillant sur l’idée de « socle commun », dialogue refusé par la majorité de l’AG : « Pour mon groupe il est très important d’arriver à unifier le mouvement. Il faut qu’on dialogue avec tous les Gilets jaunes et donc aussi avec ceux qui ont une audience (c’est nous qui soulignons). Un rappel qui souligne à quel point ces assemblées générales sont peu représentatives de l’ensemble du mouvement.

    Pour revenir au compte-rendu lyonnais de l’AG, nulle mention d’un vote à ce sujet et de son résultat, ou comment occulter ce qui fâche. []