Tous les articles du Journal de bord de 2018

Récapitulatif des publications sur les Gilets jaunes dont celles du Journal de bord regroupées par dates sur le blog Temps critiques

Les parutions sont à lire de bas en haut pour suivre chronologiquement les mois de novembre-décembre 2018.



Salut,

Un petit témoignage de ce qui a pu se vivre ce samedi 29 décembre à Montauban.

À quelques uns nous sommes arrivés vers 14h du fin fond de notre cambrousse tarn-et-garonnaise.

Le rassemblement se met juste en marche. Cette fois-ci nous allons non pas directement vers le rond-point d’Aussonne, mais vers les rues piétonnes et commerçantes du centre. Nous sommes moins nombreux que les samedi précédents. Mais tout le monde s’accorde à dire que nombreux sont les absents qui ont promis de revenir début janvier aux rassemblements du samedi et sur le rond-point.

Premières halte à la préfecture avec quelques prises de paroles inaudibles au mini-méga-phone.

Quelques drapeaux rouge-blanc-bleu et la marseillaise qui se chante aussi deci delà.

Il y a aussi une minute, non pas de silence, mais d’applaudissements en la mémoire des gilets jaunes morts au cours de ces dernières semaines.

On reprend la marche et on s’arrête devant le commissariat, la porte y est ouverte et certains y hurlent la marseillaise le point levé dans le couloir d’entrée pendant que d’autres seraient allés porter plainte contre Macron et d’autres encore réclamer la libération de gilets jaunes qui ont été arrêtés les jours précédents sur Montauban. Nous sommes plus loin, ça discute à bâtons rompus…

Ensuite, on redémarre vers la place des fontaines d’où nous étions partis plus tôt.

Là, on laisse les personnes qui ne peuvent rejoindre à pied le rond-point d’Aussonne et nous continuons la marche au travers de la ville puis nous nous engageons dans la zone industrielle et commerciale. La circulation est bloquée, nous marchons lentement, les gendarmes à motos ouvrant et fermant le pas. Trois quart d’heure plus tard nous arrivons au rond point d’Aussonne que longe l’autoroute A20. Là nous retrouvons beaucoup de monde, l’ambiance est joyeuse, ça grouille de partout, plein de vie, de discussions, de sourires, de feux de palettes, de traces de gommes brûlées, le rond-point est investi, les voitures sont pour ainsi dire presque à l’arrêt tout autour.

L’autoroute est rapidement bloquée. Pneus et autres objets sont placés en travers des deux voies. Ce qui fait plaisir aujourd’hui c’est que ce sont les camions qui sont directement visés. « Faut bloquer la marchandise ! » Voilà ce que j’ai pu entendre à plusieurs reprises et c’est nouveau… Les camions sont donc bloqués pendant plus de trois heures. Ils sont moins nombreux qu’il y a deux semaines où il y avait plusieurs kilomètres de camions bloqués. Après plus de deux heures, l’autoroute a du être fermée car il n’y a plus ni nouveaux camions ni voitures qui arrivent, ni du sud de Montauban ni de Caussade…

Au centre du rond-point ça discute malgré le froid. On nous offre un bol d’une très bonne soupe aux légumes, bien venue, suivi de raviolis « faits maison », succulents, on se jette un canon et ça discute encore…

De très belles rencontres, de longs coups de gueule, des témoignages poignants, des vies qui se racontent en toute simplicité, le bonheur de les partager, palettes en feu, saucisses grillées, le groupe électrogène qui gueule lui aussi, tables et canapés sous les étoiles – Les flics ont brûlé les cabanes « Élysée I » et « Élysée II » – et toujours ces sourires…

Nous repartons dans la soirée vers la campagne.

Chargés de nouvelles et belles énergie, nous avons vécus ici en quelques heures de vrais et beaux moments…


 



CR de la journée de manifestation sur Lyon du 29/12/2018 (non exhaustif)

Un rendez-vous a été fixé via Facebook sur le groupe « Article 35 – insurrection» en référence à la constitution de 1793 et à son article sur le droit de se révolter contre un pouvoir jugé illégitime même s’il a été élu. Le RV est à 9H45 au parking des Cuirassiers à la Part-Dieu, mais la police nous y attend et amorce des fouilles systématiques des personnes portant des gilets jaunes.

Certains alors les rangent précipitamment, d’autres, comme nous n’en avons pas. Après une valse hésitation un nouveau RV qui constituait en fait le but de l’opération nous conduit devant l’immeuble de France 3 où nous attendent des journalistes des médias régionaux + CNews et même TF1. La police encadre, la BAC fait quelques contrôles mais n’interrompt pas les discussions entre journalistes et la petite centaine de personnes qui a réussi à échapper aux différents barrages. Les journalistes « font le job » malgré une forte incompréhension des GJ qui parlent de désinformation volontaire de journalistes aux ordres du pouvoir. Nous apprendrons par la suite que l’initiative d’aller rencontrer les médias « chez elles » en quelque sorte est une initiative qui va se reproduire dans plusieurs villes ce matin.

Pendant ce temps environ 150 à 200 personnes se retrouvent à 11H vers l’Hôtel de ville pour une manifestation pour les victimes des manifestations et les brutalités policières. Les organisateurs ont apparemment averti la préfecture sans pour cela avoir reçu une autorisation ferme mais la manifestation se déroule sans incident, après un passage au commissariat du 1er arrondissement pour exiger la libération de la dizaine d’interpellés de la Part-Dieu. RV est pris pour tout le monde place Bellecour à 14H. A cette heure là, nous ne sommes pas très nombreux, moins de 500. Nous nous dirigeons vers la seule sortie que nous laisse la police et très rapidement le flot des manifestants grossi jusqu’à environ 1500-2000 personnes. Il est très dur de rendre compte des chiffres (même pour la police et les médias) car il y a vraiment beaucoup de personnes (au moins une moitié) qui n’a pas de GJ et dans l’autre moitié on peut dire qu’il y en a à peu près autant qui n’arrête pas d’enlever et de remettre le gilet en fonction des barrages ou contrôles.

Nous suivons un temps l’axe Nord-Sud en direction du Sud quand à hauteur de la gare de Perrache, quelques gentils animateurs GJ essaient de négocier avec les motards de la gendarmerie qui ouvrent la route, un trajet possible. Mais la foule renâcle et nous nous orientons vers l’échangeur de Perrache pendant qu’un autre groupe continue sur l’axe avec le même but : gagner le centre commercial Confluence.

A partir de ce point 2 cortèges vont coexister :

  • L’un coté Perrache avec une manif ultra mobile, avec des jeunes qui montent à toute vitesse dans la gare par l’escalier suivi par des forces de police, pendant que nous passons sous les voûtes vers le cours Charlemagne en hurlant de toutes nos forces « Lyon debout, soulève-toi ! Avec une bonne caisse de résonnance due aux voûtes. De quelque côté qu’on arrive sur Confluence on est accueilli par des tirs nourris de grenades lacrymogènes et quelques charges qui les suivent. Nous refluons sur les quais de Saône où nous essayons de nous protéger de la police en laissant passer à toute petite vitesse les voitures à contre-sens tout en étant au milieu d’elles. La police ne voulant pas grenader les automobilistes, elle nous charge et nous nous dispersons dans les petites rues du quartier d’Ainay, très pratiques à cet effet. Regroupement Bellecour.
  • L’autre avec une remontée de l’A7 jusqu’à la sortie Confluence justement.

Puis retour par le cours Charlemagne avec barrage de fourgons de GM et gazage qui va rediviser la manif en 2, l’un coté Saône, l’autre coté A7/Rhône. Il y a alors, au total, 3 cortèges dont 2 qui se dirigent selon des chemins plus ou moins directs vers Bellecour !

Il est 16H. Valse hésitation pour ceux déjà présents à Bellecour. Nous sommes presque encerclés mais un groupe décide de forcer le passage sur une rue qui semble libre (Emile Zola, la plus petite). Par manque d’esprit de décision (dur quand il n’y a pas de « chefs »), la nasse se referme. En conséquence de quoi, l’idée circule de se rendre individuellement à l’Hôtel de ville, côté place des Terreaux.

L’état actuel de la place en travaux avec les grands cafés aux terrasses fermées ne présente aucun intérêt pour nous car il y a très peu de personnes qui la traversent à part celles qui viennent du musée, sauf à vouloir « prendre » la mairie, mais le rapport de force paraît peu favorable, c’est le moins qu’on puisse dire. Nous remontons peu à peu mais en perdant du monde vers les Cordeliers et tout à coup nous tournons rue Mercière, direction St-Jean où nous retrouvons une sorte de batucada de GJ ardéchois qui créent une ambiance terrible. Le ridicule ne tuant pas nous faisons toute la rue St-Jean avec les flics casqués et visière fermée derrière l’orchestre avec tous les touristes qui font des photos.

On prend le pont la Feuillée et on reprend les quais direction Cordeliers en nous mêlant aux automobilistes, mais les flics coupent la circulation et tout à coup gazent et chargent. Nous nous égayons dans les petites rues Chavanne et autres et la police occupe la place St-Nizier. Pour certains d’entre nous, ça été juste, mais on a quand même l’impression, quand on a un peu de bouteille, que les flics n’ont pas l’ordre de faire mal en rentrant en contact physique. A mon avis, ils ne sont pas assez nombreux car disséminés dans toute la ville et les techniques répressives ont évolué. Toute proportion gardée, comme avec les drones, il s’agit de combattre l’ennemi à distance en profitant de sa supériorité technologique. A remarquer aussi que les manifestants le permettent puisque le mouvement est finalement assez pacifique et que les « armes » utilisées en mai 68 comme les lance-pierres avec billes d’acier qui permettaient d’attaquer à distance ne sont pas du tout employées alors pourtant qu’ici, elles seraient particulièrement adaptées à cet affrontement à distance. En conséquence de quoi quel que soit notre nombre nous sommes en position défensive et désarmés.

Bref, nous repartons vers les Jacobins et prenons la riche rue Emile Zola où les gens terminent leur course en sens inverse de nous. Contre toute attente la police nous bombarde à nouveau de lacrymo, direct dans la gueule des consommateurs et de quelques poussettes.

On arrive finalement sur Bellecour. Nous ne sommes plus très nombreux et assez dispersés, mais les flics aussi et on peut se demander quels sont leurs ordres. Il n’y a pas que les GJ qui sont désorganisés.

  • 18 interpellations, une blessée légère d’après la presse.

A noter que ce sont surtout les très jeunes manifestants qui ont été ciblés toute l’après-midi par les forces de police et ont subi des contrôles et palpations du fait de cette seule caractéristique.

J et G


Le 28.12.2018

Parution du supplément #3 au numéro 19 Une tenue jaune qui fait communauté.


Le 24.12.2018

Bonjour,

La photo du GJ avec le mot rien écrit au dos (voir ci-dessous ndlr) est intéressante à plus d’un titre par son ambiguïté. Rien; comme un constat amer après six semaines de mobilisation .En effet rien d’obtenu si ce n’est des miettes et peut -être l’aveu d’un constat d’impuissance malgré ce début d’humeur insurrectionnelle. Ces « soviets » des ronds points vont-t-ils tenir ?

Il n’y pas d’horizons critiques qui soudent ces groupes hétérogènes si ce n’est une forme de dégagisme une fois les 45 propositions couchés sur le papier.
Jugement hâtif et impérieux je ne pense pas au regard de la dernière période insurrectionnelle : mai 68 mais je vous laisse juge en la matière sur ce point.

Ici aucune présence d’un désir d’utopie réaliste, d’un changement de mode vie radicale la plupart des gj veulent accéder à une consommation « normale ». Quant à la vidéo du motard, bien évidemment les médias ont soigneusement mise en scène cette pseudo « agression » en pratiquant un montage/censure éhonté : plus de trace de l’action initial du flic qui vient délibérément balancer une grenade sur une foule calme.

Je l’ai impression que le mouvement cale faute de carburant « idéologique ». Hormis le RIC véritable épouvantail qui semble monopoliser l’attention d’une part non négligeable des GJ, lorsque que l’on aborde le sujet avec eux un grand nombre se refuse à dessiller les yeux sur l’impasse qu’est ce bibelot pour constitutionnalistes et autres chieurs d’encre, soucieux de coucher sur papier la teinte de la domination en cours.

C’est on jamais ce jeu de chat et la souris avec un exécutif à la ramasse débordé et Macron engagé dans une fuite perpétuelle , courant de sommets internationaux en réveillon auprès de bidasses englués dans une lutte contre le « terrorisme  » pour mieux sécuriser l’approvisionnement de matières premières peut nous réserver bien des rebondissements .

a+
David



Lyon, le samedi 22/12/2018

Plusieurs rassemblements devaient converger à hauteur des Cordeliers cet après-midi en direction de la place Guichard. Il s’avère que, pour la première fois, le trajet avait été négocié avec la Préfecture par des porte-paroles dont personne ne connaît bien la légitimité, même si dans les rares assemblées qui se tiennent (il y en a une hier à Vénissieux, à laquelle participaient environ trois cent personnes, il est souvent question d’élire des délégués). Bizarrement, ils s’adressent à nous en nous donnant plein de consignes de sécurité en cas de répression policière, alors que pour la première fois, en principe, il n’y a pas de danger puisque ce n’est pas une manifestation « sauvage ».

Nous sommes environ 200-250 en haut de la montée de la Grande côte à la Croix Rousse pour le départ d’un premier cortège, de tonalité très anticapitaliste au niveau des slogans, malgré la présence de deux drapeaux français. Mais il nous a été recommandé de marcher lentement pour s’adapter à l’aptitude physique de chaque manifestant, ce qui transforme la manifestation en procession alors que ces devancières avaient été dynamiques et mobiles.

Arrivés près des Terreaux nous prenons la rue Paul Chenavard en direction des Cordeliers. Sur le trajet un autre groupe de Gilets jaunes nous rejoint par l’arrière et gonfle notre nombre autour de 5-600 manifestants. Nous traversons le Rhône par le Pont Lafayette et le longeons ainsi que la Préfecture protégée par ses cordons de CRS, mais là aussi, pour la première fois, par une sorte de service d’ordre des GJ qui fait la chaîne alors que l’ambiance est tranquille et, pour tout dire, aussi morne que le temps.

Arrivée place Guichard, la réalité de l’entourloupe apparaît à de nombreux manifestants car évidemment la Bourse du travail est fermée et d’ailleurs il n’a apparemment jamais été prévu que s’y tienne une assemblée générale. Il y a comme un bug, mais finalement la majorité des manifestants repart vers le cours de la Liberté alors que des membres supposés du service d’ordre des GJ se mettent à courir de tous les côtés. On voit nettement qu’il leur manque l’expérience syndicale de l’encadrement des cortèges, surtout qu’ils ont affaire à une sorte de multitude aux réactions assez imprévisibles, la police en sait d’ailleurs quelque chose depuis quatre semaines que cela dure.

A Saxe-Gambetta, nouvel arrêt et la confusion est à son comble. La plus grande partie des manifestants prend la direction Gambetta, mais sans dire clairement qu’elle se dirige vers la Part-Dieu. Devant ce manque de lisibilité des objectifs, une partie voudrait partir sur Bellecour mais finalement rejoint le gros de la manif qui part en direction de la Manufacture des Tabacs. Arrivé rue Garibaldi la manif remonte jusqu’à la Par-Dieu.

Autour de la Part-Dieu les forces policières sont nombreuses et les premiers gazages se produisent, les bus sont à l’arrêt, la porte de l’esplanade qui donne sur le côté de la bibliothèque est fermée et la police filtre les entrées de la porte centrale Vivier Merle. La dispersion est rapide et par petits groupes. La situation de confusion donne lieu à des scènes ubuesques : alors que des familles de Gilets jaunes discutent tranquillement avec des CRS, deux femmes en provenance de Dôle se font légèrement molestées et insultées (retournez d’où vous venez salopes !) alors qu’elles quittent leur voiture et enfilent leur gilets jaunes.

Reformation d’un cortège sur l’Av. Maréchal de Saxe qui va se diriger sur Jean-Macé et déboucher rue de l’Université. A ce moment les manifestants tentent de repasser sur la rive droite par le pont de l’Université, mais ils en sont empêchés par les tirs de lacrymogènes. Par petits groupes certains manifestants rejoignent la place Bellecour où ont lieu quelques discussions à bâton rompu sur l’état du rapport de forces.

La journée n’est pas finie car des regroupements ont lieux rue Victor Hugo où quelques dégâts sont commis contre les magasins Naturalia, Micromania, le Mac Do et la Caisse d’épargne. Une tentative de blocage de la Fnac amène sa fermeture à 18H45 ainsi que celle de magasins de la rue de la République. De même plus tôt dans la journée des Gilets jaunes se sont rendu cours Charlemagne et Confluences à fermé son centre commercial (entre 15 et 17H) par pure panique, sans que les Gilets jaunes fassent un quelconque forcing.

Bilan officiel : deux policiers blessés, un manifestant renversé par une automobile, 6 interpellations.



Le 20.12.2018

Bonjour,

De retour de la réunion publique GJ de Givors du 19/12 au soir. Beaucoup de monde dans la salle Malik Oussekine prêtée par la mairie, soit environ 200 personnes de tous horizons. La réunion a largement été filmée et photographiée, présence d’une journaliste et d’un représentant du député de la région parti rapidement.

Les personnes à la « tribune » posent la nécessité de dialoguer pour réaliser un cahier de doléances. Le déroulé de la soirée est expliqué clairement avec un ordre du jour en 8 points et incitation à signer une pétition pour le RIC (non débattu). Chacun se présente par son prénom, pas besoin de plus.

-Retour sur les débuts du mouvement. Moment choisi par les « coordinateurs » pour présenter leur arrivée, très tôt, dans le mouvement qui semble leur donner toute légitimité à être à la tribune.

– S’ensuit un rappel des actions, notamment avec l’action à l’Hôtel de région et les gardes à vue qui s’en sont suivi. Le comportement des forces de l’ordre est dénoncé. Échauffement sur le fait que si la force devait être employée (exemple de la provocation des CRS qui se sont équipés au niveau d’un rond-point) contre des GJ et leur famille la réponse sera immédiate, ferme et déterminé.

– 1h30 prévu pour les doléances du cahier que certains ont fini par appeler le « cahier des exigences ». Temps de parole annoncé pour ces doléances à 2 minutes mais finalement pas vraiment respecté.

http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article386 – 1er§ – supplément au numéro 19 Sur le mouvement des Gilets jaunes

Il n’est pas irrai­sonné de faire une ana­lo­gie entre les Fédérés et les Gilets jaunes puis­que les uns comme les autres ne contes­tent pas les fon­de­ments républi­cains de l’État, mais deman­dent une reconnais­sance de leur citoyen­neté pro­vin­ciale et la fin de leur condi­tion de sous-citoyens. De la même façon, cer­tai­nes doléances des mani­fes­tants rap­pel­lent les fameux « Cahiers de doléances » des années 1788-89, ainsi que les oppo­si­tions actuel­les aux taxes rap­pel­lent les actions menées contre les fer­miers généraux à l’époque.

Présenter toutes les interventions serait long et inutile, mais quelques aspects sont retenus :

Première intervention par un jeune qui propose un mode d’organisation pour faire émerger des décisions.
Des retraités demandent l’indexation de la retraite sur le coût de la vie.
Le secteur des soins notamment aux personnes âgés était aussi bien présent car en rapport direct avec la souffrance des retraités.
La dénonciation de la finance est revenue plusieurs fois sous l’angle d’une nécessaire prise sur des bénéfices qui dépassent l’entendement.
Demande de faire exister la « maison du peuple » (assemblée nationale) en dehors des lobbys joint à une demande de dignité retrouvée notamment pour les personnes qui travaillent.
Défiance envers le terrain privilégié des politiques, celui de la négociation, cette dernière sur lequel les coordinateurs veulent s’aventurer. Réponse de coordinateurs : tout le monde est largement assez intelligent pour comprendre les pièges qui se présentent à ce mouvement, personne n’est dupe. On entend rapidement un « gouverner c’est trahir le peuple ».
Quelques lyonnais assurément militants pour parler de grève, grève générale ou actions qui prennent en compte le monde du travail comme levier indispensable.
La Maire de Givors présente dans le public depuis le début de la réunion, sans intervenir, se dit aussi Gilets jaunes ce qui provoque de vives réactions. Elle se défend d’être sur les ronds-points pour ne pas être dans la récupération. Le prêt de la salle n’apparaît pas aux yeux de l’assemblée comme devant pacifier les relations présentes et futures face à des élus régionaux élus comme la Maire.
Deux interventions revenant sur la nécessité d’aboutir à une proportionnelle et aussi au RIC.
Dans tout cela la question de l’écologie est abordée mais de façon concrète, par exemple, sous l’angle de la pollution des transports comme les portes conteneurs.

– Futur du mouvement. Une personne relève que la force du mouvement est d’être en dehors du monde du travail et donc qu’une action au long terme est possible. Remerciement à une personne qui soutient le rond-point occupé tous les jours.

-Actions ? Les cibles sont les institutions et les grosses chaînes de commerce. Décision d’un départ samedi de la Croix-rousse pour éviter le piège de la place Bellecour, quadrillée le samedi précédent, mais aussi d’un rendez-vous Place Carnot et ce pour épargner aux familles d’éventuels gaz lacrymogènes comme cela a eu lieu lors des week-ends précédents.

– Mise en place d’une coordination entre différents acteurs du mouvement surtout pour des actions communes et la remontée des doléances. Rôle de coordination notamment par le biais des groupes Facebook.

Fin. La salle un peu vidée par une longue assemblée, s’entament des discussions à bâton rompu entre personnes qui ne se connaissent pas forcément avec partage de bonne humeur et d’idées. Chaleur humaine et écoute étaient la base des discussions, tous le monde à pu s’exprimer s’il avait quelque chose à dire et c’est ce qui a fait la qualité de cette assemblée.

G.



Le 19.12.2018

Vu à un rond-point sortie nord d’Alès samedi 8 décembre, ce panneau en bois bombé à la va-vite : « l’existence précède l’essence ».
Entendu ce jour, mercredi, sur France Culture la correspondante Radio bleue Gard-Lozère affirmer qu’Alès était bloqué depuis 1 moins : c’est faux !
Beaucoup de ronds-points étaient occupés : à ma connaissance 6 (mais 9 le 8 décembre pour bloquer les grandes surfaces) avec une régulation circonstanciée : les uns seulement filtrant, d’autres bloquants : par exemple celui du rond-point de la route qui vient de la vallée du Rhône (Bagnols-sur-Cèze) par lequel transitent beaucoup de camions : ceux-ci étaient retenus par tranche de 24 heures : le 11, il y avait bien une soixantaine de semi-remorques et aussi pas mal de 3,5 t polonais ou roumains, (hors législation « poids lourds, donc, pas de limitation d’heures de conduite ni de repos) de plus en plus affrêtés par exemple par Peugeot (je le tiens d’un chauffeur français de Belfort).
A plus tard,
Venant


Lyon, le 18.12.2018

Salut,

L’AG d’hier (17 décembre) a été un vrai désordre !

Chacun est allé de son témoignage (lycéen, avocat, handicap, travailleurs sociaux, femmes avec les GJ, etc..), on aurai dit Nuit debout!

Une petite poignée Gilets jaunes, beaucoup de gens à tendance marxiste. Une volonté de structurer (ou plutôt récupérer) le mouvement par des militants plus ou moins expérimentés (les 2/3 de la salle qui comptait 300 personnes au début).

Le fameux appelle au référendum RIC battait son plein malgré quelques critiques. On a même eu droit à un ovni qui a rencontré Laurent Wauquiez et qui s’est cru obligé de nous faire part des revendications qu’il lui avait soumis. Hué rapidement son discours a été expédié aux oubliettes. Un cheminot a réaffirmer son engagement et expliqué que l’on allait leur verser des primes exceptionnelles de fin d’année. Au fil du temps, la moitié des gens sont partis faute d’idées ou d’action à monter…

Quelques propositions en toute fin (allez investir les centres commerciaux, bloquer les centres administratifs, bloquer la banque de France à Confluence, empêcher l’accès aux boutiques de luxe dans le centre). Il n’était plus question de vote dans un tel désordre et le coordinateur a fait un récapitulatif de idées proposées après qu’un étudiant de Lyon 3 ai proposé de pérenniser les AG chaque jeudi à 18h.

J.



Lyon, le 15 décembre 2018

Tout d’abord un premier rassemblement à Bron-Parilly à 9H30 avec une quinzaine de motards pour une opération escargot jusqu’au Palais de justice où devait se tenir un autre rassemblement pour la justice fiscale et la justice en général, rassemblement qui ne va pas rassembler grand monde. La vingtaine de personnes à pied qui se trouvait à Parilly renonce en fait à l’action prévue de leur côté à cause de leur faible nombre et décident de rejoindre le centre-ville pour le RV de Bellecour à 14H.

Bellecour 14H. La plus grande confusion règne devant l’imposant dispositif policier organisé en nasse pas très serrée, alors que nous ne sommes qu’un gros millier. Mais à force de tergiversations, notre nombre augmente rapidement. Un auto-proclamé délégué des gilets jaunes, il est vrai très présent depuis le 17 novembre, prend la parole au porte voix, pour dire que les Gilets jaunes étant pacifistes avant tout il n’est pas possible de faire démarrer la manifestation car forcément les manifestants vont se faire casser la gueule et qu’il y a des enfants, des personnes âgées, des handicapés. Il est copieusement hué, mais l’ambiance n’y est pas. Gros flottement. Et puis tout à coup un groupe entraîne toute la manifestation en direction de la seule trouée laissée dans la nasse et le moral revient aux cris de « on a le droit de manifester », « la rue est à nous », etc.

Nous somme de plus en plus nombreux (3000 personnes environ) et on est étonné de la présence d’une vingtaine d’italiens des Comités de base d’action syndicale (COBAS) avec des pancartes sur lesquelles est marqué « Votre combat est le notre ». Premier gazage au pont de la Guillotière où les forces de l’ordre cherchent à barrer la presqu’île parce que quand même il faut bien que commerce se passe. Quelques gnons sont échangés avec des identitaires d’extrême droite qui se ridiculisent sans qu’on les forces. Même pas le temps de se battre avec eux tellement ils apparaissent comme des cons.

A remarquer que sur les ponts et sur l’axe Nord-Sud beaucoup d’automobilistes manifestent leur soutien par des coup de klaxon et des gestes de soutien.

La manifestation se divise en deux groupes le long du Rhône et remontent en direction des Terreaux et ceux qui sont rive gauche rejoignent les manifestants de la rive droite par le pont Wilson. Et toute la manifestation emprunte la rue de la République en direction de l’Hôtel de ville où attendent les forces de l’ordre. Nombreux grenadages à hauteur du Starbuck avec début de chasse aux jeunes. Les manifestants se dispersent dans toutes les directions mais sans fuir et se divisent à nouveau en plusieurs groupes, un sur St-Jean, un sur les Cordeliers et un autre le long de la rive gauche de la Saône. Quelques grenades sur St-Jean. Tout le monde se retrouve vers Cordeliers et nouvelle tentative de progresser vers Hôtel de ville. Gazage et dispersion dans les rues traversières. Regroupement sur Edouard Herriot et à hauteur du Mac Do début de barricade avec des poubelles mises en travers. Nouvelles charges, les magasins ont fermé. Nous sommes dans toute les rues. La police aussi qui est plus au contact. Nous retournons sur la place de la république où nous nous regroupons autour de la fanfare. Moment de détente. On parle entre nous, certains dansent.

Puis direction Bellecour à nouveau avec quand même moins de monde et là jusqu’à la nuit, vers 18H des gazages continuels contre quelques jets de pierres ou autres. Personne ne veut quitter la place et c’est un mouvement de va et vient incessant. Finalement, la place est dégagée vers 18H avec forces grenadages qui ont coupé en fait tout le côté Victor Hugo-Perrache de la presqu’île. La nasse se referme, mais toujours comme au début une voie de sortie vers les quais nous est laissée qui permet d’éviter l’affrontement direct ou les arrestations de groupes. Malgré cela prêt de 10 interpellations ont eu lieux et aussi 6 blessés coté police. Le but semble toujours être le même, peu politique, normal vu le gouvernement en place, permettre la réouverture des magasins et vogue le commerce et le chiffre d’affaire.

J.



Journée du 14 décembre 2018 vécue côté lycéen

Au rendez vous habituel des lycéens de la presqu’île à Ampère-Bourse dès 8H du matin, environ 300 personnes : tension immédiate jet de projectiles divers contre grenades lachrymo en nombre. Atmosphère difficilement respirable d’Hôtel de ville aux Cordeliers. Certains manifestants se réfugient dans des magasins comme le petit Auchan. Un blessé aux côtes par une grenade (de grosses capsules grises au lieu des noires habituelles). Nous reculons par la rue Neuve jusque vers St Nizier. La police nous poursuit. Nous sommes encerclés à la hauteur de la rue des Farges, mais la police laisse un passage pour rejoindre la rue de la République ; la manifestation se disperse alors et une partie passe par le pont Morand avec blocage momentanée du quai Gl Saraï. Deux minutes plus tard, une dizaine de camionnettes des forces de l’ordre traverse aussi le pont et libère ses policiers. Nous ne sommes plus que 150 environ. Certains manifestants descendent sur le bas port pour ne être nassés.

A partir de là la dispersion est plus importante, il ne reste que quelques petits groupes. Les « baqueux » interviennent matraques au vent et coursent tous les lycéens en train de courir, ignorant ceux qui restent de côté. Un groupe est contrôlé, mais parmi ceux qui ont réussi à échappé au contrôle, un lycéen subit une balayette et est arrêté. Il sera libéré le soir.

Un petit groupe franchit alors à nouveau le pont Morand et ce sont les CRS cette fois qui les poursuivent en courant. C’est là qu’un des lycéens, de St Exupéry, apparemment ciblé par la police, est rattrapé et subit une balayette, est projeté au sol avant d’être arrêté. Tout cela se passe entre 9H et 10H. Il doit passer en comparution immédiate demain matin pour caillassage.

Le reste des manifestants se regroupe vers le lycée Edouard Herriot, une grosse centaine de lycéens décide de rejoindre la manifestation de 11H30 à Jean Macé, par petits groupes pour éviter toute nouvelle arrestation.

Au départ, presque personne quand nous arrivons vers 11H. La manifestation va faire ensuite le plein, mais petit à petit. Elle démarre avec trois quart d’heure de retard. Une certaine confusion au départ quand des jeunes (lycéens ou étudiants) empruntent des drapeaux à une CGT apparemment toute contente de son succès. Mais elle déchante rapidement quand elle s’aperçoit que les jeunes enlèvent les drapeaux pour ne garder que les piques. Le service d’ordre de la CGT intervient alors et récupère sans incident apparent les fameuses piques.

La manifestation plan-plan habituelle peut commencer, même si nous nous sommes regroupés plutôt en tête de la manifestation, sans pour cela faire véritablement « cortège de tête ».

Lelio

Ce qui est exaspérant dans ces manifestations syndicales, en plus du contenu des slogans, c’est le fait d’empêcher tout rythme de la manifestation, de casser toute intensité, toute volonté de confrontation, de ralentir alors qu’il faudrait accélérer ; de se complaire dans la mollesse et le contentement de soi. C’est en revanche le point commun des gilets jaunes et des lycéens de vouloir au contraire toujours accélérer y compris sans attendre ceux qui sont en retard (qu’ils se débrouillent, qu’ils mènent des actions ailleurs car il ne s’agit jamais de faire nombre ou masse), alors que les syndicats espèrent toujours que le retard grossira les rangs. Pour GJ et lycéens, c’est en quelque sorte une course de vitesse qui est menée contre les forces de l’ordre, les médias, les habitudes.

J. et L.



Lyon :

lundi 10 décembre, incidents toute la matinée dans le centre de St Etienne avec les habituels jeux au chat et à la souris avec des manifestants très mobiles. Quelques interpellations.

mardi 11 décembre, rassemblement de lycéens devant le lycée Ampère-Bourse pour un blocus des cours à 8H. Blocage de la porte centrale jusqu’à intervention de la police. La petite centaine de présents se met en position de sit in avant de recevoir l’ordre de dégager par la police. Peu à peu, les lycéens de St-Exupéry et de Diderot descendent de la colline pour rejoindre Ampère qui, depuis deux semaines est devenu le point de départ des manifestations de la presqu’île. Des lycéens d’Ampère-Saxe sont aussi là comme ceux de Colbert. Présence d’un nombre relativement important de lycéens de la JC. On est environ 400 quand la tension monte parce que la police veut dégager la rue qui est bloquée et n’arrête pas de vouloir nous déplacer. Quelques œufs, cailloux et bouteilles commencent à voler ; résultats : gazage plus quelques tirs de flash ball La manifestation reflue où après de nombreux détours et blocages du tramway avenue Berthelot, passage devant Colbert qui semble un lycée mort, nous arrivons vers 11 H au Rectorat. Face à face avec la police qui nous attend. Tension, mais pas trop. Des manifestants discutent avec des policiers, pendant que certains entonnent « tout le monde déteste la police », enfin domine le « une seule solution, la révolution » scandé de nombreuses fois avant que La Marseillaise ne retentisse !!!

Lelio

Pendant ce temps, au rond point de Feyzin une Pussy riot qui avait troublé la finale de la coupe du monde à Moscou, de passage à Lyon, est venu se rendre compte par elle-même de la nature et de l’ampleur du mouvement. Après des discussions qui se déroulent en anglais (!), elle affirme son soutien au mouvement de résistance

J. (info Le Progrès)



Tarare/Anse/ Villefranche

Voilà ce que j’ai vu et ressenti samedi:

Tout d’abord j’ai voulu allez sur Tarare pour allez voir à un des ronds points qui est à la sortie du péage gratuit, où celui ci est aménager en petite maison faite en palettes pour rencontrer, parler avec les personnes présentes. Je me suis présenté avec du café à 7h mais personne à mon arrivée en faite le rdv était fixé à 9h . Dans cet endroit les gilets jaunes dorment le samedi matin alors que les jours de semaine ils sont présents vers 6h30. Donc retour à la maison..

Je suis allez sur Villefranche (quartier de Beligny) de 14h00 à 17h30 sur la route à Anse sur un des ronds points , beaucoup d’hommes tout âge présents qui font un léger ralentissement de voitures , on se croirait un peu au “Tour de France” quand les personnes encerclent les cyclistes sauf que là ce sont les voitures. Plusieurs panneaux “ répartition des richesses; Macron démission”
J’arrive sur le quartier de Beligny où les gendarmes mobiles sont bien présents + drone au dessus de nos têtes . Les gendarmes bloquent l’accès à l’Autoroute, paraît t’il depuis ce matin .

La Zone Commerciale de Décathlon et plusieurs grandes enseignes est éteinte , l’ensemble des magasins ont baisser leur rideau. Pas de société de consommation aujourd’hui à 3 semaines de Noël . On est une centaine sur ce rond point (beaucoup de femmes des tranches d’âge très variés, pas beaucoup de jeunes , quelques habitants du quartier sont en bas des bars d’immeubles le long de l’avenue les CRS sont sur le parking. Le blocage des voitures est plus présent il y a plus de ralentissement mais aucune agressivité de la part des gilets jaunes.

Sur les 3 heures où je suis resté , il y a eu une charge des CRS avec gazage nous avons pu nous rapatrier et bloquer l’avenue Edouard avec des barrières de chantier , à ce moment là on était une vingtaine, l’essentiel des autres personnes préférant laisser passé les CRS sur le rond point de blocage . Pas de blessés graves, 2/3 gars ont pris des coups de matraque . Sur ce moment difficile de discuter , beaucoup de petits groupes qui restent ensemble j’y ai retrouvé un pote qui faisait partie du projet de départ de la Ruche .

L’ambiance est tendue liée à la présence des CRS et je ressens un sentiment d’étrangeté que viennent précisément défendre comme -projet de société- les personnes autour de moi .

Autant dans une manif/rassemblement on sait plus ce qui nous lie; là c’est plus compliqué ; mais contrairement aux manifs/rassemblements beaucoup de personnes en voiture klaxonne et soutienne le mouvement . Vers un magasin, une mère de famille me dit avec un sourire que sa fille de 7 ans veut être un gilet jaune..je n’ai pu que lui répondre avec un sourire…

On me dit que les péages sont ouverts notamment par l’Etat qui a négocier cela avec les sociétés qui gère les péages car ces sociétés peuvent ainsi se faire rembourser par l’Etat leur manque à gagner… information à vérifier.
Je n’ai croisé aucun militant (des orgas,collectifs) de Villefranche durant cette après midi..

R.



Apport sur le 8 décembre lyonnais

Une vidéo : https://youtu.be/xzGWzhk_Q2k

Et un témoignage :

Arrivé aux alentours de 14h à la Guillotière, la tension était vive entre les forces de l’ordre et les manifestants. Les premiers bloquant l’accès au pont et devant l’impossibilité d’avancer, il fallut rebrousser chemin le long du quai Claude Bernard vers les universités. Puis un groupe commença à traverser le pont de l’université suivi d’autres vagues de GJ. Quelques CRS se trouvait de l’autre côté du pont et nous pensions avoir de nouveau affaire à un barrage mais ces forces de l’ordre ne bloquait pas tout le flux et nous pûmes passer par la droite dans un passage étroit sans heurts ni accrochage. Nous suivîmes la direction de Bellecour et arrivés sur la place, nous fîmes la jonction avec ceux déjà présents dans une ambiance festive. Une fois tous rassemblé, le cortège se mit en marche rue de la République en direction de l’Hôtel de ville. Arrivée sur la place de la comédie, les manifestants en recouvrirent toute la surface. Quelques appels « macron démission ! » retentirent et chacun resta en mode « on occupe la place ». A un moment, les esprits s’échauffèrent. Après un refus du garde de les laisser entrer, des jeunes qui se trouvaient près des grilles de l’Hôtel de ville commencèrent à les secouer violemment. Au bout de quelques minutes, elles cédèrent et la porte s’ouvrit ! Aussitôt, certains rentrèrent en courant. Aucun GJ ne les accompagna dans cette escapade qui se termina aussitôt par une course poursuite en sens inverse avec les gardiens de police. Une fois les protagonistes dehors, les grilles furent refermées.

A partir de là, la réplique fut radicale. Pendant que des GJ s’était agenouillés en scandant : « Mantes la jolies, on n’oublie pas ! », un groupe de CRS arriva par la rue Joseph Serlin et se mit à lancer des bombes lacrymogènes sur toute la place. Le résultat fut que tout le monde détala sur les côtés puis des camions de gendarmerie arrivèrent en force suivis de nouvelles équipes de CRS et en dix minutes, la place était quadrillée et bouclée.

J.M.



Paris, 9 décembre 2018

Bonjour,
De retour de Chine, j’ai été aux différents lieus de manifs samedi à Paris. A République, mélanges d’écolos et de gilets jaunes qui oont participé à la même manifestation pour le climat. Beaucoup de ceux qui portaient des gilets jaunes étaient aussi des gens qui ne manifestaient pas pour la première fois (des syndiqués, etc.), il y avait aussi pas mal d’écolos en gilets jaunes. Il y avait énormément de flics qui bloquaient et qui ne permettaient beaucoup de débordements. Assez grosses manifestation quand même.
Je me suis rendu ensuite sur les Champs, Grands-boulevards, etc. Tout était bloqué mais il y a eu pas mal de dégâts du côté de l’Opéra (magasins), pas d’agressions de riches comme on l’entendait parfois. Là aussi les gilets jaunes que j’ai vus ne correspondaient pas à l’image que que l’on donnait d’eux. La plupart des gens avaient déjà participé à des mouvements comme le montrait leur façon de parler, les comparaisons qu’ils faisaient, etc. Les destructions ont été le fait de jeunes de banlieue et de quelques black blocks. Pas vu de gilets jaunes. Pas vu non plus beaucoup de drapeaux français. Très peu même, un peu de Marseillaise quand même.
Mais on est à Paris.
On a vu comment la stratégie de la peur avait été assez bien organisé. Des tas de bruits sur les 10 à 30 morts qu’il y aurait dans la journée, les riches qui seraient lynchés, etc. Dans les quartiers du sud de Paris c’était la panique, les gens disaient faire leurs courses rapidement pour rester le week-end calfeutré chez eux. Tout cela a été repris par la presse internationale. Des copains chinois et italiens m’ont fortement conseillé de rester chez moi, que c’était le chaos partout.
Au total, je n’ai pas vu plus de destruction que pour n’importe quelle manifestation du printemps dernier. Les lieux ont changé mais le résultats est à peu près le même.

J-L



Lyon, journée du samedi 8 décembre (compte rendu non exhaustif).

Manifestation pour le climat le matin, très fournie. Des Gilets jaunes puisqu’ils ont été invités, mais pas en très grand nombre car ils mènent conjointement des actions dans la ville. A 12H les forces de l’ordre empêchent le passage sur la presqu’île où doit se tenir la manifestation des Gilets jaunes. Les organisations écologistes et vertes jouent leur rôle en donnant la consigne de se répandre sur le bas port comme pour un pique-nique, d’autant que la manifestation de Bellecour est dite interdite, mais progressivement une part non négligeable des 7-8 mille manifestants pour le climat vont emprunter les autres ponts que celui de la Guillotière qui est bloqué. A 14H, la foule grossit ; il arrive aussi des Gilets jaunes de tous les côtés. La manifestation part rue de la République au milieu des touristes de la fête des lumières.

La foule grossit, peut-être 5000 personnes et se dirige vers l’hôtel de ville par la rue de la République. Elle bifurque et en passant par les Terreaux rejoint les quais de Saône puis les Gilets jaunes poussent à un passage sur l’autre rive du Rhône. Pour certains l’objectif est la préfecture.

Mauvais choix tactique parce que nous nous trouvons en plein après-midi à découvert dans un no-man’s land où il n’y a quasiment personne à part nous. On ne peut passer et ce sont les premiers gazages. Nous repassons sur la presqu’île, Bellecour puis à nouveau l’Hôtel de ville ? Cette fois la tension monte et très rapidement les portes en fer de la mairie cèdent sous les coups et s’ouvrent. La police riposte et referme les portes. Une cinquantaine de Gilets jaunes se mettent alors en position « lycéens de Mantes la jolie », mais riposte immédiate et disproportionnée ils sont gazés.

Nous reculons et retournons direction Bellecour où un jeu du chat et de la souris commence entre la police et nous. Des unités mobiles sont en place et les gendarmes mobiles se positionnent en haut de la place Louis Pradel. Nous refluons sur Bellecour sous les gaz. Touristes et personnes âgées dégustent et on les aiguille dans les petites rues, mais nous sommes moins nombreux et on remonte sur Bellecour qu’on occupe à nouveau. Nouveaux gazages. Des gilets jaunes jouent avec des installations de la fête des lumières et tout à coup la décision est prise, on ne sait par qui, mais appliquée par la police, d’éteindre toute les lumières de la place et de l’interdire au public.

Chose essayée mais impossible à tenir, nous la réinvestissons ainsi que le coin du métro à côté du Mac Do. De plus en plus de lascars nous ont rejoints. Ils ne pillent rien, mais provoquent un peu comme par jeu. La police riposte maladroitement en repoussant à l’aide de bouclier deux femmes qui manifestaient. La tension monte, les premiers jets de bouteilles ou autres commence et la police lance grenade sur grenade pour dégager l’espace, nous nous replions à grand peine le long de la rue de la République en direction de la place des Jacobins. Toutes les barrières de triage de la fête des lumières sont descendues ou installées en obstacle pour empêcher l’avancée de la police. Mais soudain, il est 18H30 elles attaquent par les unités mobiles. Quelques arrestations. De fait nous nous disloquons.

Mais ce n’est pas un échec, il y a eu un grand nombre de personnes de la manifestation pour le climat qui ont rejoint la manifestation Gilets jaunes, ainsi que pas mal de gens qui jusque-là restaient méfiants par rapport au mouvement. Beaucoup de discussions, mais toujours aussi peu d’organisation. De mémoire de lyonnais, c’est la première fois que la fête des lumières a été troublée de cette façon. Même en décembre 68 quand nous avions décidé de troubler le caractère religieux de la fête et avons cru, dans le sillage de Mai, que la chose serait facile, nous avions lamentablement échoué devant la masse de forces de police déployée et la stupeur des promeneurs de la fête qui nous prenaient pour des zombis alors que là ce n’était pas du tout le cas. Tout le monde était au courant même si tous n’était pas d’accord.
J.



Lyon, vendredi 7 décembre

Premier rassemblement pour les lycées du centre au lycée Ampère. Une centaine d’élèves des trois lycées de la Croix-Rousse qui avaient décidé de se concentrer tôt le matin sur le lycée Amère, plus facilement blocable, se fait gazer dès 7H20. Heurts physiques entre deux lycéens et deux policiers. Pas d’arrestation, mais premier gazage. Des pentes de la Croix-Rousse les élèves de Diderot haut et Diderot bas ainsi que ceux de ST-Exupéry nous rejoignent. Des élèves des différents lycées villeurbannais et de Décines arrivent vers 9H avec d’autres de St-Just et défilent à environ 2000-2500 sous l’arche du lycée. A 9H30 tout le monde arrive vers Jean Macé, environ 3 à 4000 élèves avec le renfort des élèves du 8ème arrondissement et de la banlieue Est. On se fait à nouveau gazer, avant de se diriger vers Saxe-Gambetta où se produit le plus gros gazage. Dispersion et direction place Guichard, but initial de la manifestation. Il y a eu un peu de perte d’élèves car la manifestation s’est effritée mais nous restons nombreux (2000 ?) sur la place où les CRS barre le passage et finalement tout cela se traduit par un nouveau gazage et l’installation d’une nasse qui laisse toutefois une voie de sortie et un passage pour entrer dans la Bourse du travail où est prévue une AG sous haute surveillance syndicale des adultes qui ont « offert » la salle. Quelques chiens policiers sont aussi sortis des camions, on ne sait trop pour quel usage. Mais il n’y a pas de tabassage, visiblement les flics n’ayant pas reçu les mêmes ordres qu’en banlieue.

L’AG est pleine à craquer, mais alors que ce sont les élèves des lycées périphériques qui sont les plus actifs dans la lutte depuis 8 jours, ce sont ceux qui sont le moins tentés d’entrer dans la Bourse et de participer à l’AG. Cela a une conséquence directe sur la tenue de l’AG où les lycéens deslycées de centre-ville sont les moins enclins à vouloir rejoindre les Gilets jaunes demain faisant valoir leurs valeurs et en avant d’entonner cette bêtise italienne du Siamo tutti antifascisti qui tombe chaque fois comme un cheveu sur la soupe.

L’intervention la plus intéressante est celle d’une jeune fille (voilée) qui tient à peu près ce langage : peu importe la présence chez les Gilets jaunes, de fascistes, racistes, homophobes, croyants de différentes religions, ce qui nous réunit est plus fort que ce qui nous sépare à partir du moment où nous faisons confiance au mouvement, à sa capacité à nous transformer. Chapeau !

Des propositions de blocage général pour la semaine prochaine et surtout à partir de mardi où une grève des enseignants semble se profiler, sont avancés, mais sans qu’une coordination se mettent véritablement en place. En gros, le mouvement lycéen reste dans la même phase que celui des gilets jaunes. La spontanéité avant tout.

A noter que quelques enseignants, surtout de la banlieue, ont accompagné leurs élèves jusqu’au rassemblement de centre-ville. Par contre, dans certains lycées du centre, des enseignants ont plutôt joué le rôle de chien de garde de l’établissement, comme à Ampère, en campant devant les entrées.

Lelio et J.



A Lyon,

-Jeudi 6 décembre

Blocages de lycées. 33 interpellations surtout regroupés après les affrontements dans le 8ème arrondissements autour de plusieurs lycées généraux, techniques et professionnels. Tous les lycéens interpellés sont inscrits en lycée. Comme chez les Gilets jaunes, le « casseur«  n’est pas un Ovni.

J.



De Belgique

Bonjour,

C’est un exercice difficile que tu me demandes. Je suis tellement débordé que je n’ai pas encore réussi à lire votre analyse mieux qu’en diagonale. Je crois en partager l’essentiel, je reviens vers toi si j’ai des remarques critiques.

Dimanche passé, 75 000 personnes prenaient la rue pour défendre le climat dans une grande marche citoyenne consensuelle, soutenue par les autorités. Autorités qui se sont empressées de… se montrer timorées à la COP24, ce qui a le don d’en énerver certains1. Mais est-ce que ce sera au point de sauter ce qui semble être un profond fossé sociologique et faire le lien avec les gilets jaunes ?

Vendredi passé, ambiance bien différente, les gilets jaunes appelaient à venir manifester à Bruxelles. C’était un moment assez fort2, d’autant plus qu’on est plutôt habitués aux défilés bien policés par ici. Il y avait relativement peu de personnes, quelques centaines seulement, mais bien plus déterminés que les gens qu’on croise habituellement aux diverses manifestations. Ça a aussi pété à Charleroi, mais je n’ai pas d’info particulière sur le sujet.

Il est difficile d’y voir clair, car les mouvements semblent très spontanés et hésitent entre rejet total de la politique et rencontre avec le Premier Ministre3, listes de revendications (de gauche d’ailleurs)4, ou encore volonté d’aller aux élections fédérales à venir5.

Au niveau des forces politiques organisées, le parti NATION, un groupe de fachos qui balance entre les élections et l’agitation de rue, est très présent dans les rassemblements, mais pas de façon ouverte : ils viennent avec des drapeaux belges et wallons, lancent des slogans, se mettent au premier rang mais ne semblent pas assumer leur appartenance partisane. À voir s’ils seront encore acceptés ce samedi ou s’il sera possible de les dégager.

Les gauchistes étaient eux totalement absents vendredi passé. Bien qu’entre eux, ils se disent qu’ils devraient soutenir, ils ont trop peur de se mouiller, trop peur de sortir de leur zone de confort, trop peur de la récupération d’extrême droite, trop peur des « gueux ». Mais ça bouge ! Le « front social », un regroupement d’associations et syndicats se réunissaient mercredi soir6 et des trotskistes appelaient à une discussion jeudi7. Un premier appel à manifester est sorti sur facebook8 avec des revendications de gauche, et le « front social » appelle à rejoindre les gilets jaunes ce samedi9. Fait exceptionnel, ils demandent « à chacun-e de respecter la volonté d’indépendance des Gilets Jaunes, de venir sans couleur politique et sans intention avant-gardiste. ».

Par ailleurs, il y a quelques initiatives antiautoritaires pour s’impliquer concrètement dans les mouvements, faire des blocages, des actions, aller aux rassemblements et y apporter des éléments de critique anticapitaliste, antiautoritaire, antinationaliste, antisexiste, contre le travail, ou sur les limites de la « non-violence » et des revendications, etc. On verra bien si ça réagit positivement ou non.
à mes yeux, tout ça reflète des évolutions importantes, notamment sur la perte d’emprise des syndicats, pourtant encore très forts en Belgique. Mais il va falloir plus de temps pour analyser ça sérieusement.

Amicalement,
Lukas



Mardi 4 décembre dans les lycées de Lyon et région.

Dix lycées concernés par les actions. Nombreux heurts avec la police : 19 interpellations et trois blessés chez les policiers, un à Bron devant J-P. Sartre, un dans le 8ème arrdt vers La Martinière-Montplaisir. Des postes de police municipaux attaqués par des lycéens de Faÿs et de Brossolette et blocage momentané du cours Tolstoï.

Caillassage contre la police devant Condorcet (St-Priest) et véhicules incendiés à Vénissieux (Marcel Sembat et J. Brel).

Des incidents à la Croix-Rousse à hauteur de la place Rouville et du lycée Diderot ou une voiture C3 est déplacée en travers de la chaussée pour bloquer les bus. Incidents aussi à Colbert et Lumière (8ème arrdt) avec des feux de poubelle et situation plus tendue à Lacassagne (toujours dans le 8ème) ou une dizaine de policiers ont essayé d’endiguer l’avancée/charge d’une centaine d’élèves. Des tensions aussi à Branly dans le 5ème arrdt.

Instagram et snapchat relaient les échanges des élèves en dehors des organisations, mais les positions sont très variables :

-quant au rapport aux Gilets jaunes

-au respect de la légalité et à la violence

L’UNEF de son côté freine des quatre fers et au moins sur Lyon n’appelle pas à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes ni d’ailleurs celui des lycéens car le syndicat est polarisé sur la défense des étudiants étrangers assujettis à une augmentation des droits d’inscription (une campagne nationale initiée avant les événements actuels).

J.



Lyon, mardi 4 décembre

Après la relation du mouvement lycéen en centre ville de Lyon, quelques nouvelles du 8éme arrondissement et de la banlieue.

Plusieurs rassemblements dans ces établissements qui se sont organisés indépendamment des organisations lycéennes qui ont joué un rôle dans la mobilisation des lycées de centre-ville. Là, la mobilisation semble être passée par snapchat au nom d’une « revanche lycéenne ».

Si le plus gros des rassemblements a eu lieu à jean-Paul Sartre (600 élèves), c’est là aussi que l’administration a réagi le plus vite en fermant tout bonnement l’établissement sous prétexte qu’une camionnette garée devant l’établissement devenait la cible des manifestants (stratégie de « lock out » utilisée massivement à Montpellier et depuis fort longtemps pour couper l’herbe sous le pied aux agitateurs lycéens dès le début du mouvement et empêcher blocages et occupations).

La police est intervenue pour délogés les bloqueurs à Doisneau (Vaulx-en Velin) et Jean-Paul Sartre (Bron), ainsi qu’à La Martinière-Montplaisir, Charlie Chaplin (Décines) et Albert Camus, tous établissements de l’est lyonnais.

Dans tous ces établissements, c’est l’intervention de la police qui a entraîné les caillassages, feux de poubelle. A Bron, les vitres du tram ont été brisées et le trafic momentanément interrompu. 4 blessés légers. A Sembat échange projectiles-gaz lacrymo et une centaine de jeunes ont bloqué l’avenue. C’est à la Martinière que les incidents ont été les plus importants entre 300 jeunes et la police après que les deux entrées de l’établissement ont été bloquées par barrières et poubelles. Une lycéenne a été blessée au visage et conduite à l’hôpital.

Visiblement le mouvement hésite entre une organisation autonome par les réseaux sociaux (plus en provenance des lycées de banlieue) qui sont pour le reconduction d’une action quotidienne et les organisations qui prévoient des temps forts sur le modèle des syndicats de salariés (FIDEL jeudi, UNL vendredi).

Jacques



De Lyon, lundi 3 décembre

Mouvement de blocage ce matin dans plusieurs lycées : l’objectif : A 10H rassemblement au rectorat et chaque lycée doit bloquer ou faire passer l’info dès 8H. Les plus mobilisés : lycée Lumière (300) et lycées professionnels du coin (200) (8eme arrdt et Vénissieux) et environ 60 de St-Ex (40)-Ampère (20)-St-Just (20) plus une trentaine de militants étudiants ou autres plus âgés qui étaient restés après que leur premier groupe (100 environ + des lycéens en avance) réuni au Rectorat dès 9H se soit fait chassé après de légers affrontements avec la police. Total vers 10H30 : 700-800 au rectorat. Slogans contre la Réforme et parcours-sup (« Plus de places à la fac pour ne pas finir à la BAC », « Lycées sans options, lycées sans passion »).

Peu dynamique.

« >Puis blocage du tram de Lyon 2 à Guillotière-G. Péri. Pas d’intervention de la police. Beaucoup de bruit puis blocage du carrefour de la place du pont puis avancée par le quai jusqu’au pont Wilson, traversée et blocage de l’axe nord-sud sur 200 m pendant un quart d’heure. Beaucoup d’automobilistes sortaient les gilets jaunes des voitures et klaxon plutôt favorables, encouragement par la parole de la part de personnes âgées. Passage bruyant sous le passage Ampère, on fait le siège se mettent sur les voitures, tapent sur les portes d’entrée d’Ampère. Les militants anars ou autonomes cherchent à encadrer le mouvement en évitant des incidents qui auraient pu faire intervenir la police qui a pris l’habitude d’intervenir depuis la manif pour Théo a Ampère. A 11H des lycéens qui jusque-là étaient en cours (pas de blocage à 8H) rejoignent la manifestation alerté par le bruit d’enfer qui raisonne particulière sous l’arche. Puis direction Terreaux pour attendre les retardataires (les lycéens n’ont pas de rythme et ceux de l’avant décroche ceux de derrière. Puis direction St Ex pour rameuter les élèves comme il avait été fait à Ampère par montée de la grande côte car la police a manœuvré pour imposer cette large voie piétonne alors que nous avions prévu de monter par la ligne du 13 et du 18. A la deuxième rue perpendiculaire à la montée , deux cars de CRS se mettent en position. La manif s’arrête, hésite puis repart. Une vingtaine de CRS sortent alors des cars et sans sommation chargent les manifestants qui reculent ou fuient. Arrestation violente de deux manifestants qui étaient simplement restés sur le côté au lieu de se retirer franchement. Retour vers Hôtel de ville de ceux qui ne se sont pas dispersés complètement (environ 200 personnes, vers 12H). Discussion avec les CRS pour remonter sur St-Ex et par quel trajet autorisé. Quelques accrochages entre « radicaux » (antifa) plus âgés qui veulent s’approprier la parole du mouvement (ou au minimum jouer les frères ainés) et les lycéens dont une large majorité d’élèves de classe de seconde. Pendant la réflexion collective qui suit sur la suite à donner, la police manoeuvre insidieusement de façon à encercler le rassemblement. Devant cela dispersion car au bout d’un quart d’heure de parcage, une seule solution la dispersion puisque la police impose de fait des départs individuels ou par touts petits groupes.

Mais le mouvement n’est pas terminé, une AG était prévue à Lyon 2 dans la journée.

Lelio, classe de seconde au lycée St Exupéry de Lyon Croix-Rousse



Le 3 décembre 2018

Salut,

Nous avons participé avec un groupe de cheminots aux manifestations sur Paris le 24/11 et le 01/12 et il faut bien avouer si il y a des du drapeau tricolore les significations sont variées . Des groupuscules fascistes étaient présent sur les champs ou rue de rivoli ou nous avons assister à ce qui ressemble fort à une émeute/insurrection aux mots d’ordres divers : macron démission, paris soulève toi, du pognon il y en dans les caisses du patronat. En discutant sur des barrages filtrants sauvages à bastille ce qui m’a le plus frappé est de voir des groupes hétérogènes n’ayant jamais manifesté mais qui effectuent leurs premiers baptême du feu et sont parfaitement conscient de la suite à donner au mouvement : blocage de l’économie pour peser dans le rapport de force .

En 3 semaines ils invalident les positions réformistes de toutes les OS sur le dialogue sociale et le : « tout sauf la chaise vide ». Ils sont déterminés et leurs désir de s’autorganiser en dehors de toute forme de structure de prise de décision verticale afin de « négocier » en direct avec l’exécutif est d’une fraicheur revigorante. L’aile la plus modéré ; il faut regarder en replay sur bfm tv l’émission du 02/12/2018 intitulé : en même temps ou « les trois représentants » détonne par leurs lucidité certes ils ne parlent pas de l’abolition du capitalisme mais leurs déterminations ne faiblit pas.

Pour une minorité fascisante le drapeau tricolore est le symbole identitaire, racialiste mais pour un plus grand nombre nullement politisé cela renvoi à l’imaginaire de la révolution française. Il se passe quelque chose c’est évident et c’est la première fois ou je vois cette armée de l’ombre des travailleurs pauvres toutes origines confondues réunis autour d’un désir commun d’en découdre pour vivre dignement de son salaire

David



Le 2 décembre 2018

Quelques remarques sur samedi 1er décembre à Lyon

– le rassemblement du matin place Bellecour : une centaine de personnes à 10H tourne en AG où les gilets jaunes « élisent » quelques représentants qui se présentent tour à tour, chômeurs, femmes au RSA, retraités à 800 euros par mois, c’est la tendance. Mais quand on écoute ce qui se dit dans les petits groupes, on voit que la question de la représentation n’est pas réglée et qu’elle se discute entre personnes qui semblent plus au fait des choses, mais qui, pour des raisons X ne se présentent pas là où ça pourrait compter c’est-à-dire au niveau national des porte-paroles.

-à la manif à Lyon (je parle de celle qui a rejoint le rassemblement étudiant pour marcher sur la préfecture entre 13 et 16H et non de celle de la presqu’île qui allait d’Hôtel de ville à Bellecour et qui a fini par qq escarmouches. Aucun drapeau tricolore à part un enroulé autour d’un manifestant donc discret et en plus j’ai discuté avec lui pas patriote du tout, mais c’est vrai qu’il y a un aspect « peuple français » marqué, par exemple sur une banderole du rassemblement quotidien à la raffinerie de Feyzin. Par contre, à Paris, il y a beaucoup de drapeaux tricolores.

Pas beaucoup de monde au grand maximum 1000 personnes se sont réunies dont un tiers d’étudiants, mais les gilets jaunes sont très éclatés et il y en a toujours à plusieurs endroits en même temps ou alors en temps décalé.

Les manifestants se sont mélangés et ont discuté, mais bon. Les étudiants d’un collectif récent : « université jaune »avaient sortis un tract un peu minimaliste, sans genrisation d’orthographe, c’est à signaler, à peu près du niveau gilets jaunes, c-à-d basique et très anti Macron, très anti. A certains moments des « radicaux » pavloviens gueulaient en italien « nous sommes tous des antifascistes », mais c’est resté un peu isolé comme les référence aussi aux travailleurs immigrés. A noter aussi pas de drapeau rouge, un ou deux drapeau noirs mais pas tout le temps. Bref, c’est passé, mais le nombre de gilets jaunes est allé en décroissant au fur et à mesure. D’après ce que j’ai vu et entendu, mais c’est forcément partiel une première anicroche a eu lieu quand les étudiants qui avaient pris la tête de la manifestation ont pris la direction du Rectorat, dans la mesure où ils avaient quelques revendications propres et non celle de la préfecture. Certains gilets jaunes et d’après moi les plus combatifs se sont sentis trahis et se sont séparés de la manifestation pour rejoindre Bellecour. Pour ceux qui restaient il s’est agit de savoir qui prendrait la tête de la manifestation commune ou plus exactement il semble que c’était une exigence des étudiants les plus politisés. Finalement les gilets jaunes et un représentant de la coordination récente « Université jaune », à l’origine du tract ont « imposé » un mélange général qui s’est effectué même si les gilets jaunes traînaient un peu la savate et se plaignaient du train trop soutenu des étudiants (les gilets jaunes sont relativement âgés, ont peu l’habitude de rythmer une marche pour lui donner tonus et combativité et ils attendent toujours des renforts que leur promettent les réseaux sociaux car leurs actions sont éparpillées et là ils espéraient être rejoints par ceux du rassemblement de Feyzin qui sont en fait directement allés sur Bellecour ou d’autres les attendaient et non sur la préfecture !)

– le mot « fédérer » au sens le plus simple revient souvent chez les manifestants. Cela change du « convergence » que la CGT vient encore d’avancer. Je ne pense pas que ce soit parce que comme le dit JG les manifestants remettent toutes les formes précédentes en question, mais peut être parce qu’ils ont du mal à concevoir leur mouvement comme une lutte à côté d’autres luttes. Pour eux finalement leur lutte (celle du « peuple ») engloberait toutes les autres et il suffirait donc de fédérer les initiatives. Mais c’est un peu abstrait comme on a pu le voir hier avec les étudiants.

– à regarder les images à la télévision il est évident que les ordres de la police, une fois décidé l’interdiction des Champs et tous les moyens ont été bons pour le faire, était de simplement refouler les manifestants y compris en allant au contact et en gazant … mais après ils ont complètement laissé le champ libre aux manifestants et à la casse. Sur toutes les images je n’ai pas vu un flic courir et ils n’ont pas employé de moyens motorisés pour se déplacer. Stratégie ou simple tactique de containment ou incompétence/débordé devant des manifestants qui ne respectent pas de parcours précis.

En tout cas, si c’est voulu c’est prendre un risque car un gouvernement ne peut se permettre ces débordements que si il est fort (même Joffrin le rappelle dans Libération de samedi, donc avant même les derniers affrontements, la révolution c’est qand le peuple ne veut plus et que le pouvoir ne peut plus), or celui-ci n’est fort que de l’acceptation démocratique (élections) et syndicale (eux qui acceptent toujours les parcours et d’être parqués par la police). C’est une des raisons de l’échec de la lutte contre la loi travail. Imaginons non pas une « convergence des luttes », mais une conjonction du temps à ce moment là !

– les destructions parisiennes laissent place à toutes les interprétations, mais un phénomène comme la prise de la préfecture du Puy en partie brulée raisonne un peu comme une prise de château ! Dernière nouvelle d’un contact de la région de Bourg. Il y a eu des affrontements qui font la première page du Progrès de l’Ain. Des tracteurs étaient présents. Des blessés et interpellations.

Pour en savoir plus :

https://www.leprogres.fr/ain-01/2018/12/02/gilets-jaunes-revivez-les-affrontements-de-bourg-en-bresse et https://www.leprogres.fr/ain-01/2018/12/01/gilets-jaunes-800-manifestants-a-bourg-dans-un-face-a-face-tendu

Voilà pour le moment

JW

  1. https://www.lesoir.be/193827/article/2018-12-04/bouli-lanners-tres-enerve-contre-la-ministre-de-lenvironnement-faudra-pas-vous []
  2. https://www.rtl.be/info/regions/bruxelles/direct-gilets-jaunes-a-bruxelles-nous-sommes-a-arts-loi–1081254.aspx []
  3. https://www.sudinfo.be/id89194/article/2018-12-04/la-rencontre-entre-des-gilets-jaunes-et-charles-michel-seme-la-zizanie-au-sein []
  4. https://www.lesoir.be/193749/article/2018-12-04/les-gilets-jaunes-de-liege-reclament-linstauration-du-referendum-dans-la []
  5. https://www.lavenir.net/cnt/dmf20181118_01258357/les-gilets-jaunes-creent-un-mouvement-politique-en-vue-des-prochaines-elections []
  6. https://bxl.demosphere.net/rv/13852 []
  7. https://bxl.demosphere.net/rv/13874 []
  8. https://www.facebook.com/events/549535642124423/ []
  9. https://www.facebook.com/events/271932513524299/ []