Les teufeurs : nouveaux prolétaires ?

…sur une certaine ruralité prolétaire des teufeurs

Remarque de Boudjemaa à propos de la brochure Interventions #34 intitulé Canon français et free party : une mise en relation intéressée fabriquée de toutes pièces où l’on trouvait noté le fait suivant :

« … ces ultras urbains que sont les teufeurs… » 

¿ Quien sabe ? Ce qui vaut pour les organisateurs-techniciens ne vaut pas forcément pour celles et ceux des teufeurs précaires lorsqu’ils sont salariés saisonniers par la M.S.A., jeunes et vivent aux marges des campagnes, plutôt que des villes.
Phénomène observé dès 2003 en Lorraine, avec maillages d’économies informelles et de circuits courts à la caravane descendant aux pourtours des régions lyonnaise, de l’Aubrac, du Lauragais, et toujours vivaces, tant la consommation d’assommoirs (« l’éclate »…) côtoie la décompensation de la rudesse des travaux saisonniers des champs, et les « coups de bourre » des petites mains supplétives de la  transformation, comme elle avait autrefois côtoyé les cadences infernales de caristes de P. M. E. …

La remarque de Boudjemaa ci-dessus, selon laquelle les participants aux free party seraient des jeunes prolétaires vivant aux marges des campagnes plutôt que des villes, ne correspond ni à la réalité des free party en général et de la très grande majorité de leurs partisans, ni à la réalité des free party qui se déroulent dans des espaces ruraux. Pourquoi ?

1- Les raves party et leurs suites légales aujourd’hui nommées rave party, puis les free party illégales sont dès leurs origines, des manifestations musicales urbaines. Les participants des unes et des autres sont des urbains ou des périurbains ou des rurbains (des urbains ruraux comme certains Gilets jaunes), c’est-dire des individus plutôt jeunes et même très jeunes qui ont un mode de vie urbain.

Nombre d’études et de recherches sur les free party et leur culture soulignent leur caractère fondamentalement urbain ; par exemple

– Aurélie Chêne, « La free party, une forme urbaine de fête » Géographie et Cultures Cultures urbaines Open édition, 2005.

– Sandy Queudrus, « La free party, sociologie d’un vagabondage festif » Persee 2001

De plus, les lieux investis ou squattés sont à l’origine des lieux péris urbains, comme des hangars désaffectés ; d’anciennes usines ou d’anciennes casernes, des terrains vagues entre des blocs d’immeubles, des terrains de sport, etc.

Avec l’accroissement du nombre de participants et l’augmentation de puissance des murs de son, les organisateurs déplacent les free party dans des lieux isolés en moyenne montagne ou sur des plateaux très peu peuplés. La Bretagne, le Centre de la France, les contre forts de l’Occitanie sont fréquemment choisis. Sur les littoraux et les plaines littorales, qui sont des espaces très urbanisés et très peuplés, les free party ne s’installent pas.

Le week-end dernier, au nord de Montpellier, sur deux communes à la frontière de l’Hérault et du Gard s’est déroulé une free party durant 3 jours. 2.200 personnes 600 voitures, deux poids lourds, sur un terrain privé. 1100 contraventions à la sortie du lieu et confiscations du matériel.


Cf. MIDI LIBRE du 6 juin 2026

Rave géante illégale dans l’Hérault : comment les organisateurs ont déjoué le plan « rave bleue » ?

Dans la nuit du vendredi 5 au samedi 6 juin, des milliers de teufeurs ont débarqué sur le causse du Mas neuf entre Claret et Ferrières-les Verrerieentre le nord de l’Hérault et le Gard. Ils participent à la free-partie « Tankarville la riposte des chaussettes sales ».


2- Les teufeurs viennent de loin et de très loin. Beaucoup sont des habitués et n’hésitent pas à faire 600, 800 ou 1000 km pour se rendre à une free party puis autant dans les semaines suivantes. Dans les free party en France, il y a des étrangers en nombre : des Anglais, des Allemands, des belges, des Italiens, des Espagnols, etc. c’est l’UE de la TEUF.

Un ou deux jours avant, par messagerie privée ou cryptée, les participants sont peu à peu informés du lieu exact avec ses coordonnées géographiques.

Ils ont pris la route, mais ne savent pas précisément où ils vont. De grandes villes sont d’abord indiquées comme de premiers repères, puis la destination se précise sans être définitive. Il s’agit d’aller plus vite que les services de la préfecture et la gendarmerie. Certains arrivent alors que les accès sont déjà bloqués.

Ceci pour dire qu’on est loin de l’imagerie de jeunes saisonniers indemnisés par la MSA (la Mutualité sociale agricole n’attribue pas de salaires) qui vont se défouler à la free party comme d’autres vont en boîte de nuit.

Quant aux agriculteurs et aux habitants, ils s’opposent à la free party et parfois n’hésitent pas à la combattre. Par exemple, début septembre 2025, dans l’Aude, à Fontjoncousse, dans des hectares du massif des Corbières qui avaient brûlé l’été précédent, une free party s’est installée. Le surlendemain, un commando de jeunes viticulteurs et de jeunes de la commune armés de bâtons a chassé les teufeurs, endommagé leurs voitures et malmené le sound system. Dans d’autres cas, les agriculteurs (notamment appartenant à la Coordination rurale) répandent du lisier sur le terrain de danse et renversent des voitures avec leurs tracteurs. Globalement, le monde rural et agricole est étranger à l’univers techno des free party. Des technologies, parfois très sophistiquées sont utilisées par les agriculteurs, mais pour des fonctions productives, commerciales ou de services.

3- Dans les communes rurales lointaines où s’installent les free party, il n’y a quasiment pas de jeunes. Il n’y a que des adultes ou des vieillards. Les rares jeunes locaux sont partis dans les concentrations urbaines, les métropoles et leurs environnements urbains. Dans les communes rurbaines (rural-urbaines), les jeunes précaires, chômeurs, en échecs scolaires ou autres, vont « faire la fête » dans les boites de nuit proches. L’été ils font la tournée des fêtes communales traditionnelles, mais qui ne sont traditionnelles que pour leur date fixée sur l’ancien calendrier religieux ; elles aussi ont leurs mini murs de sons.

En bref, imaginer un quasi prolétariat rural qui participerait à la free party qui s’est installée pas très loin est une fiction. Les free party sont hors sol et sans temporalité locale. 

Par ailleurs, les récoltes de fruits ou de légumes sont assez automatisées. En Languedoc, à part quelques exploitations viticoles de haute qualité, depuis longtemps, toutes les vendanges sont faites avec des machines à vendanger.

Aujourd’hui, dans les exploitations de fruits et légumes, les saisonniers sont peu nombreux et ils sont quasiment tous étrangers : maghrébins, roumains et fait nouveau, sud américains. Bien sûr, ils ne fréquentent pas les free party. Ils les ignorent.

De toutes façons, les free party ne s’installent pas dansces régions-là.

4- En 2020, la free party cévenole que j’ai analysée dans mon texte : « Comment l’État réseau accompagne sa rave party cévenole » (cf. site de Temps critiques) s’est déroulée sur le Causse Méjean dans le Parc national des Cévennes dans la commune de Hures-La-Parade (224 habitants). Avec les éleveurs voisins, ils ont bloqué des routes et ont manifesté devant la préfecture de Milhaud pour demander une évacuation de leurs terres et de leurs pâtures. Pas un seul ouvrier agricole ni un seul individu « en marge des campagnes ».

5- Chercher une composition de classe dans les free party est illusoire. Les adeptes des free party sont sociologiquement très divers ; ils forment une population très hétérogène. Ils sont là en tant qu’individu à la recherche d’états modifiés de conscience. Seule prime l’expérience individuelle dans le moment vécu de la danse. Il n’y a pas de continuité entre une free party et une autre. Les adeptes de la free sont souvent dépendants à leur passion ; seule la répétition est recherchée. Il y a succession de moments particuliers où le temps est suspendu. C’est une pratique profondément individuelle. Une solidarité entre teufeurs peut se manifester, mais elle s’exprime en dehors de la free party.

Ainsi, le 30 mai dernier, à Montpellier, une « manifestive » s’est déroulée dans les rues et devant la mairie. Il s’agissait de demander l’abrogation de la future loi RIPOST qui aggrave les sanctions contre les free party. Parmi slogans ont pouvait lire : « Danser n’est pas un crime » ; « non à la répression, monte le son » ; « danser pour ma liberté » ; « touche pas à ma culture ». Une manifestante témoigne : « Le son, la techno, c’est un moyen de s’échapper de la vie et ça fait du bien ». Présent dans le cortège, le syndicat FSU soutien les manifestants : « On ne peut pas considérer que la jeunesse est dangereuse » affirme l’un de ses membres.

Comme c’était le cas dès les débuts des free party, la dimension politique est toujours très présente. Des mesures de régulation et de répression se sont accompagnées de tentatives pour négocier des compromis avec les organisateurs (nommés Sound system). Par exemple, Sarkozy alors ministre de l’intérieur, a entamé des négociations qui n’ont pas abouties. Depuis plusieurs décennies (Pasqua a commencé à la fin des années 80), les dispositions législatives à tendance répressive n’ont pas empêché les free party de se développer. En France, on en compte plus de 300 depuis le début de l’année 2026. Il est peu probable que la loi RIPOST soit proposée au vote des députés avant les vacances d’été. L’analyseur politique et anthropologique free party continue.

J.Guigou

13 juin 2026

Fascisme et antifascismes : les références italiennes

Gato Soriano, que nous avons cité dans nos notes 14 et 15 de Quelques notes à propos du fascisme qui viendrait, nous a adressé les remarques suivantes …


Je l’ai lu et dans l’ensemble l’analyse me semble sensée et cohérente.

Evidemment je suis flatté par les citations de Soriano.

Je me borne à signaler deux imprécisions.

– Si c’est vrai que « le mouvement italien des années 1968-78 (…) ne cède pas à cette spécialisation antifasciste », Il faut reconnaître que les tendances majoritaires de l’extrême gauche italienne sont marxistes-léninistes (staliniennes) entre 1968 et 1971-72, et c’est à partir des premières années 70 que les groupes d’origine opéraïste deviennent majoritaires.

Si l’antifascisme n’est pas une priorité, il est très présent dans la vie de tous les groupes extraparlementaires, mais reste important (voir la bataille contre « fanfascisme » (le fascisme de Fanfani) pour Lotta Continua, contre l’utilisation des fascistes par les services secrets dans la « stratégie de la tension », ainsi que pour des affrontements récurrents dans certaines villes, pour toute la gauche et l’extrême gauche. Erri De Luca ne le nie pas.

Ce sont d’ailleurs des militants de Potere Operaio (dont Achille Lollo) qui  mettent le feu le 16 avril 1973 au logement de Mario Mattei,  secrétaire de la section MSI de Primavalle à Rome où perdent la vie ses  fils, Virgilio et Stefano Mattei.

Je ne partage pas pour ma part la boutade de Bordiga quand il assène que « Le pire héritage du fascisme, c’est l’antifascisme », ni l’idée un peu saugrenue de Pasolini affirmant que : « Le fascisme peut revenir sur la scène à condition qu’il s’appelle antifascisme », et qui se contredit lui-même quand il dit qu’«//Il s’agit d’un antifascisme facile, qui a  pour objet et objectif un fascisme archaïque qui n’existe plus et qui  n’existera plus jamais ».

Je ne me lance pas dans une critique de l’ultraléninisme sectaire de Bordiga, quand il était à la tête du PCd’I, et boycottait l’action des Arditi del Popolo, qui ont été la seule forme d’action antifasciste armée – efficace – et qui auraient pu, sans doute, barrer la route au fascisme montant si le PSI et le PCd’I ne les avaient pas boycottés avec des justifications différentes. Mais il ne faut pas l’oublier.

– Roberto Vannacci n’est pas général des « forces spéciales » mais des paras de la brigade « Folgore » (foudre).

Pour ce qui concerne la mise en accusation de la LFI par l’ensemble des médias de droite et des partis politiques, ça me rappelle ce qui s’est  passé en Italie aux dernières élections politiques qui ont porté Meloni  au pouvoir :  la disparition dans le discours politique des cordons sanitaires antifascistes, la naissance d’un anti-antifascisme, le  renversement de cette stigmatisation historique pour diviser la gauche  et droitiser l’axe du débat politique tout entier. On peut dire que pour l’instant la droite y est parvenue.

Amitiés.

Gianni


Nous lui avons répondu ceci :

1) Gato S. rejette l’affirmation de Bordiga avec seulement des références historiques et politiques qui toutes sont datées d’avant la Seconde Guerre mondiale, alors que la formulation de Bordiga que nous citons n’a de sens qu’après la Seconde Guerre mondiale.

2) La référence de Gato à propos du lien qui existerait entre l’expression publique d’un anti-antifascisme et la victoire électorale de Meloni nous semble très discutable à la fois comme simple résultat de cause à effet et comme qualification de la présidente du Conseil des ministres d’Italie.

J. Guigou

3) L’attaque criminelle contre le responsable romain du MSI citée par Gato et mise au compte de Potere operaio (PotOp) est bien réelle, mais à préciser.

En effet, à l’origine, la position de PotOp, le principal groupe organisé se réclamant de l’opéraïsme1, est que le fascisme n’est qu’un vestige désormais impraticable dans un pays à capitalisme avancé tel que l’Italie et par conséquent il considère les mots d’ordre antifascistes comme un gaspillage inutile des énergies militantes. Comme le rappelle un des dirigeants de la section romaine, Paolo Lapponi, pour les opéraïstes le péril réel était représenté par le développement technologique du capital, voué à mieux rationaliser l’exploitation du travail et à pacifier les masses prolétaires grâce à l’hégémonie sur les médias2. Mais à l’approche du cinquantenaire de la « marche sur Rome » et vu la croissance électorale du MSI, les débats à l’extrême gauche autour du retour possible d’un squadrisme de type mussolinien reprennent avec l’idée que l’illégalité de masse ne peut plus se contenter de la vigilance et de l’autodéfense. Elle nécessiterait un effort offensif capable de résoudre définitivement le problème de la « menace noire », notamment dans les périphéries urbaines. C’est la position qu’adopte l’autre groupe gauchiste radical de l’époque, Lotta Continua, qui prend la tête de cette dimension d’antagonisme et pousse à la radicalisation.

Dans le climat particulier de Rome qui concentre beaucoup de fascistes et dans laquelle d’une part, les luttes ouvrières ont moins d’importance qu’à Milan, Turin ou en Vénétie et d’autre part, les luttes de territoire une plus grande importance, PotOp rejoint la ligne résistancialiste dans un éditorial du 28 janvier 1973 : « Intimider et détruire les bandes fascistes n’est pas […] l’activité dominante de l’initiative politique des avant-gardes communistes du mouvement de classe. Cependant, l’extension de la pratique de la lutte militante contre les fascistes est sans doute un résultat positif, car cela bloque, paralyse et tend à éliminer un moyen hostile à la lutte et à l’organisation ouvrière et prolétaire. […] Voilà la raison qui nous fait nous intéresser […] à la question de l’épuration des fascistes dans la ceinture prolétaire, voire dans les quartiers rouges. […] nous pensons qu’il faut élever la portée de l’attaque3. »

L’attaque lancée contre le responsable romain du MSI mentionnée par Gato Soriano est le fruit indirect de ce revirement. Ses auteurs le revendiquent comme un acte de justice prolétaire. Il est le fait de trois jeunes de PotOp, mais ayant récemment commencé à agir de façon autonome – et à l’insu des responsables militaires du groupe – sous le sigle de « Brigade Tanas » du nom d’un ancien résistant tué par la police en 1947.

Il est à noter que cette action se situait dans un quartier de Rome (Primavalle) particulièrement déshérité, mais partagé entre une influence stalinienne ancienne et un travail d’assistance sociale pour les pauvres de la part des fascistes, un terrain dans lequel apparemment PotOp a eu du mal à se faire une place, d’autant que la lutte sur le logement était plutôt la « spécialité » de Lotta Continua.

En tout cas, même s’il n’en est pas la cause principale, cet acte marque la dissolution de PotOp après la quatrième conférence nationale d’organisation (31 mai-3 juin 1973). La question de la violence ouvrière et révolutionnaire et plus seulement vis-à-vis des fascistes y est posée, mais c’est une autre histoire qui a concerné tous les mouvements des années 1960-1970 et dont nous avons abondamment parlé ailleurs4.

JW


Réponse de G. Soriano, 26 février 2026

On peut enlever la référence à Vannacci, qui corrigeait une imprécision du texte de Jacques et n’a aucune importance sur le fond.

Je suis assez d’accord sur ce que Jacques Wajnsztejn écrit de PO (et plus généralement des opéraistes), mais il oublie LC et surtout le climat général qui régnait en Italie, produit de la stratégie de la tension. Dans certains endroits, l’antifascisme n’était pas une question d’analyse théorique mais de survie personnelle, sans compter le fil presque ininterrompu qui liait plusieurs groupes (notamment armés) à la mythologie de la Résistance.

Il ne serait sans doute pas inutile de mettre les liens vers les deux articles publiés dans la brochure, car dans le premier j’essaye de dire ce qu’a été le fascisme (https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2207) et dans le deuxième ce qu’il n’est pas (https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4578).

A bientôt.

  1. Sur la théorie opéraïste, cf. J. Wajnsztejn, L’opéraïsme au crible du temps, A plus d’un titre, 2021. []
  2. Cf. Aldo Grandi, La generazione degli anni perduti, pp. 231-232 ; et aussi de PotOp directement : « Strategia rivoluzionari degli obiettivi. Per costruire il partito della rivoluzione comunista », Potere Operaio, n. 27, juin-juillet 1970, et « 25 aprile: non Resistenza ma lotta per il comunismo », Potere Operaio del lunedì, n. 9, 30 avril 1972. []
  3. « Roma contro i fascisti », Potere operaio del lunedì, n. 26-28, 28 janvier 1973. []
  4. Cf. J. Guigou et J. Wajnsztejn, Mai 1968 et le mai rampant italien, L’Harmattan, 2018 + nombreux compléments sur le site de la revue Temps critiques. []

Le capital : une brève mise à jour

Fond abstrait

A lire : « Le capital une brève mise à jour » – lien : https://www.tempscritiques.net/spip.php?article550 Ce texte constitue un nouveau bilan de notre parcours collectif quant à l’analyse du capital. Il actualise celui que nous avions produit dans la brochure Après la révolution du capital (2018). Que les choses soient claires, malgré nos références encore nombreuses au Marx anticipant certains développements du capital, qui nous paraissent plus que jamais d’actualité, placer Temps critiques dans la continuité des anciens débats internes aux marxismes n’est pas exact. Certes rompre avec toute la problématique de la « valeur » nécessite encore d’en parler et de dire pourquoi. D’où la récurrence toujours présente de notre emploi du terme « d’évanescence de la valeur ».

Du point de vue des sources théoriques, des auteurs comme Polanyi, Braudel, Keynes, le Castoriadis de la fin de la revue Socialisme ou Barbarie, la revue Invariance à partir de sa série II, sont aussi importants pour nous dans cette optique de saisie du rapport social capitaliste. Nous avons aussi précisé en 2019 Pourquoi le communisme n’est-il plus qu’une référence historique pour les membres de Temps critiques ? (brochure de mai 2019), tout en montrant, quasiment dans le même temps, par notre intervention et action dans le mouvement des Gilets jaunes, que pour nous, la rupture du fil rouge des luttes de classes, ne signifiait pas la fin des antagonismes sociaux et des révoltes.

Disponible aussi en brochure à imprimer sur ce lien : https://www.tempscritiques.net/IMG/pdf/le_capital_une_breve_mise_a_jour_livret_.pdf